Mary Cassatt

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Mary Cassatt

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Autoportrait (vers 1878)
Metropolitan Museum of Art, New York

Naissance
Allegheny City
Décès
Le Mesnil-Théribus
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Activités Peintre Graveur
Mouvement artistique Impressionnisme
Influencé par Edgar Degas, Toulouse-Lautrec, Nabis

Mary Stevenson Cassatt, dite Mary Cassatt, (née le [1],[2] à Allegheny City en Pennsylvanie - morte le au Mesnil-Théribus en France, où elle est enterrée), est une artiste peintre américaine.

Amie de Edgar Degas, elle est souvent rattachée à l'impressionnisme, qui a une grande influence sur son œuvre précoce. Ses peintures, ses gravures et ses dessins de maturité doivent cependant plutôt être comparés à ceux produits par la génération de peintres post-impressionnistes : Toulouse-Lautrec ou encore les Nabis, avec qui elle partage un net intérêt pour les peintres et graveurs de l'Ukiyo-e, période du japonisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Mary Cassatt nait le 22 mai 1844[3] à Allegheny City, qui fait actuellement partie de Pittsburgh en Pennsylvanie. C'est le quatrième enfant de Robert Simpson Cassat (puis Cassatt) et de Katherine Kelso Johnston[4]. La famille Cassatt est une vieille famille américaine issue d'émigrés français arrivés aux États-Unis en 1662 : les Cossart. Tout en revendiquant cette filiation et reconnaissant que sa mère Katherine a reçu une éducation française, langue qu'elle parlait couramment, Mary Cassatt se sent profondément américaine[5].

Elle est âgée de 7 ans environ lorsqu'elle quitte les États-Unis pour l'Europe avec ses parents. Il s'agit de consulter des médecins au sujet de la maladie de son frère Robbie qui mourra d'un cancer des os en 1855[6]. La famille s'installe à Paris. Mary apprend le français et l'allemand, visite les musées et les galeries d'art[7]. En 1855, la famille retourne en Pennsylvanie où Mary prend des cours de dessin.

Formation[modifier | modifier le code]

Sur le balcon durant le carnaval (1872)

En 1860, elle entre à l'Académie des Beaux Arts de Pennsylvanie où elle apprend les rudiments de son art. Mary est déçue de la formation qu'elle y reçoit[8]. Elle quitte donc l'Académie au bout de deux ans. Elle retourne en 1865 à Paris avec sa mère et une compagne d'étude, Eliza Haldeman. Les deux jeunes filles restent à Paris tandis que Katherine rentre aux États-Unis. Elles étudient la peinture avec le peintre Paul-Constant Soyer puis s'inscrivent dans la classe de Charles Chaplin[9] où elles apprennent l'art du portrait et obtiennent leurs cartes de copiste du Louvre. Mary est élève du peintre Jean-Léon Gérôme. Elles visitent Barbizon. C'est un des premiers contacts de Mary avec la peinture impressionniste. En 1868, sa Joueuse de Mandoline est acceptée au Salon de Paris. Elle découvre les œuvres de Manet et Courbet .

En 1870, la guerre éclate en France. Mary rentre en Pennsylvanie. En 1871, elle retourne en Europe, visitant Londres, Paris, Turin puis s'installe à Parme où elle étudie Le Corrège et où elle développe son art de la couleur. C'est également là, auprès de Carlo Raimondi, qu'elle s'initie à l'art de la gravure[10]. Elle part ensuite pour l'Espagne, découvre les Rubens du musée du Prado qui la poussent à visiter Anvers[11]. C'est de cette étude de Rubens qu'elle acquiert le sens de la lumière et le goût des couleurs claires[12].

Le Salon de Paris accepte ses peintures : Sur le balcon durant le carnaval (1872), Le torero et la jeune fille (1873) et Ida (1874). C'est cette dernière peinture qui attire pour la première fois l'attention de Degas pour cette artiste. Mary s'installe à Paris. Elle continue ses études auprès de Couture. En 1875, son Portrait de Lydia est d'abord refusé par le Salon de Paris puis est accepté après qu'elle en eut assombri le fond[13]. Cette année-là, elle fait la connaissance de Degas.

Avec les impressionnistes[modifier | modifier le code]

Lydia dans une loge, portant un collier de perles (1879)
Elsie sur un canapé bleu (1880)

Lorsqu'en 1877, son dernier tableau est refusé par le Salon, Degas l'encourage à exposer au quatrième salon des impressionnistes. Elle y expose en 1879 son tableau Lydia dans une loge portant un collier de perles'[14] et La tasse de thé[15]. Mary Cassatt se sent à l'aise dans le milieu impressionniste[16]. Mary Cassatt est une figure un peu atypique dans le groupe des impressionnistes, portraitiste plus que paysagiste[17], elle les rejoint cependant dans son goût pour le travail à l'extérieur[18], son sens des couleurs[19] et sa recherche du réalisme[20] qui n'est pas incompatible avec une forme de lyrisme et de sentimentalisme qui lui est propre[18]. Sans être à proprement parler un disciple de l'un d'entre eux, elle s'entretient fréquemment avec Degas et admire Pissaro aux côtés duquel le hasard la fait travailler[21]. Elle se lie d'amitié avec Berthe Morisot[15].

Cette période est aussi celle de l'installation à Paris de ses parents et de sa sœur Lydia qui tombe malade, ce qui est l'occasion de nombreux portraits intimistes de femmes (1880). Après la mort de sa sœur en 1882, Mary se lance dans une série de portraits de mères et d'enfants qui devient son sujet d'étude privilégié[22].

À cause du conflit qui oppose Degas à Renoir, Monet, Cézanne et Sisley[23], elle prend progressivement ses distances avec le mouvement, refusant de participer au salon de 1882 mais participant cependant au salon de 1886.

Maturité[modifier | modifier le code]

Femme à la toilette, (1891), pointe sèche et aquatinite

En 1890, la visite d'une exposition sur la gravure japonaise est l'occasion pour elle d'un infléchissement dans son art. Mary tombe en admiration devant les œuvres d'Utamaro et Toyokuni[22]. Elle travaille la gravure sur cuivre[24], la pointe sèche, l'aquatinte et les eaux-fortes. Lors de sa première exposition particulière chez Durand-Ruel en 1891, elle expose ainsi 10 de ses eaux-fortes[25]. Celle-ci sera suivie de quatre autres chez Durand-Ruel,et chez Ambroise Vollard. Ses œuvres s'exposent aussi à l'étranger : New-york (1895 - 1903) - Manchester (1907).

Elle continue sa série de portraits de femmes et d'enfants. Selon Segard, c'est durant la période de 1890-1910 qu'elle atteint le sommet de son art[26], synthèse heureuse entre l'ascétisme de la gravure japonaise et l'abondance de coloris de sa période impressionniste, évoluant au gré de son humeur entre ces différentes tendances[27]

En 1892, elle reçoit commande d'une fresque, aujourd'hui perdue, pour le bâtiment des femmes de l'exposition universelle de Chicago[28]. Elle achète, en 1894 le château de Beaufresne au Mesnil-Théribus qui devient sa résidence d'été. De 1912 à 1924, elle partagera son temps entre Beaufresne et la villa Angellito à Grasse[29].

Son tableau Caresse lui vaut, en 1904, le prix Walter Lippincott qu'elle refuse par esprit d'indépendance[22].La même année, elle est décorée de la Légion d'honneur[30],[31].

Son père meurt en 1891, sa mère en 1895 et son frère Gardner en 1911. Ces décès l'affectent profondément et Mary souffre d'une dépression. Le diabète et la cataracte lui abîment la vue, elle cesse de peindre en 1914. Elle devient définitivement aveugle en 1921. Elle meurt le 14 juin 1926 et est enterrée dans la tombe familiale de Mesnil-Théribus.

Hommage[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

  • Groupe des impressionnistes
    • Avril mai 1879
    • Avril 1880
    • Avril 1881
    • Mai-juin 1886
  • Exposition particulières
    • Galeries Durand-Ruel - avril 1891
    • Galeries Durand-Ruel - novembre-décembre 1893
    • Galerie Ambroise Vollard - 1907
    • Galeries Durand-Ruel - novembre 1908
    • Galerie Bernheim-Jeune mars 1936 : exposition des Femmes Artistes Modernes[32]

États-Unis[modifier | modifier le code]

  • New-York - Galeries Durand-Ruel - Avril 1895
  • New-York - Galeries Durand-Ruel - Novembre 1903
  • Pittsburgh - Centenaire de l'Académie de Pennsylvanie - 1905

Angleterre[modifier | modifier le code]

  • Manchester - New-York - Galeries Durand-Ruel - décembre 1907-janvier 1908

Quelques peintures[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sa tombe au cimetière Saint-Louis de Le Mesnil-Théribus indique 1843
  2. selon son dossier de Légion d'honneur dans la base Leonore
  3. 1844 selon ses biographes, mais on trouve aussi la date de 1843 sur son acte de décès
  4. Women impressionists, p. 17
  5. Segard, p. 3
  6. Women impressionists, p. 21
  7. (en) Lois V. Harris, Mary Cassat, impressionist painter, Pelican Publishing, 2007, p.5.
  8. « A l'académie de Philadelphie, on dessinait tant bien que mal d'après des copies anciennes ou des plâtres antiques. Il n'y avait pas d'enseignement » explique-t-elle à Achille Segard(Segard, p. 6)
  9. Women impressionists, p. 22.
  10. Streissguth, p. 33
  11. Segard, p. 6
  12. Women impressionists, p. 23
  13. Segard, p. 7
  14. Segard, p. 11
  15. a et b Women impressionists, p. 24
  16. « j'avais reconnu quels étaient mes véritables maître; J'admirais Manet, Courbet et Degas. Je haïssais l'art conventionnel. Je commençais à vivre » - Segard, p. 7
  17. Segard, p. 158-171
  18. a et b Segard, p. 49
  19. Segard, p. 48
  20. Segard, p. 68-77
  21. Segard, p. 45
  22. a, b et c Women impressionists, p. 18
  23. Dugas reproche à Renoir, Cézanne et Sisley leur réticence à accepter de nouveaux peintres dans le groupe des impressionnistes
  24. Segard, p. 86-110
  25. Segard, p. 101
  26. Segard, p. 121
  27. Segard, p. 123
  28. Women impressionists, p. 26
  29. Women impressionists, p. 28
  30. Women impressionists, p. 27
  31. « Notice no LH/2550/9 », base Léonore, ministère français de la Culture
  32. Catalogue exposition

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Nancy Hale, Mary Cassatt, Garden City, Doubleday, 1975, 333 p.
  • (en) Thomas Streissguth, Mary Cassatt : Portrait of an American Impressionist, Twenty-First Century Books,‎ 1998, 112 p. (ISBN 9781575052915, lire en ligne)
  • (en) Lois V. Harris, Mary Cassatt : Impressionist Painter, Gretna, Pelican Publishing Company, 2007, 32 p., (ISBN 9781589804524)
  • Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. I, Paris, Robert Laffont,‎ 1987, 997 p. (ISBN 2-22105412-1)
  • Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. II, Paris, Robert Laffont,‎ 1987, 1185 p. (ISBN 2-22105413-X)
  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 3, éditions Gründ,‎ janvier 1999, 13440 p. (ISBN 2700030133), p. 330-331
  • (en) Russel Clement, Ouzé et Christiane Erbolato-Ramsey, The women impressionists : a sourcebook, Greenwood Publishing Group, coll. « art reference collection » (no 24),‎ 2000, 196 p. (ISBN 9780313308482, lire en ligne)
  • Achille Segard, Mary Cassatt : un peintre des enfants et des mères, Paris, P. Ollendorff,‎ 1913, 208 p. (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]