Alfred Stevens (peintre belge)

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Alfred Stevens
Stevens, Alfred, Erwin Hanfstaengl phot., album Manet, BNF Gallica.jpg

Alfred Stevens
Photographie de l'album Manet, BNF Gallica

Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Formation
Mouvement
Influencé par
Œuvres réputées

Ce que l'on appelle le vagabondage, Chez soi, Tous les bonheurs

Ophelia. Le Bouquet effeuillé,
Compléments

Alfred Stevens, né le à Bruxelles et mort le à Paris, est un peintre belge. Élève de Ingres à École nationale supérieure des beaux-arts de Paris à partir de 1844, sa carrière a connu une ascension fulgurante tant en Belgique qu'en France où il a passé la plus grande partie de sa vie. Très introduit dans les milieux artistiques et mondains de la capitale, il était l'ami d'Édouard Manet, Berthe Morisot, tandis que son frère, Arthur Stevens, marchand d'art installé à Paris et à Bruxelles, œuvrait pour faire connaître les peintres français. Stevens a en commun avec Manet un modèle féminin : Victorine Meurant qui pose pour Olympia

D'abord en retrait du courant impressionniste, aimé pour ses scènes de genre dont le sujet est en majorité de jeunes élégantes, ses tableaux se vendent à des prix très élevés. Mais à partir de 1883, saisi d'un doute devant la montée de l'impressionnisme, Stevens a reconsidéré sa peinture et a réalisé des paysages impressionnistes. Pour l'Exposition universelle de Paris de 1889, il reçoit la commande d'une fresque, aujourd'hui disparue  : Le Panorama du siècle

1844-1866 : une ascension rapide[modifier | modifier le code]

Fils du bruxellois Léopold Stevens (mort en 1837) ancien officier passionné de peinture et collectionneur en particulier des œuvres de Théodore Géricault et Eugène Delacroix, Alfred Émile Stevens est le frère du peintre Joseph Stevens et du marchand de tableaux Arthur Stevens (1825-1890)[1]. Il est aussi le père du peintre Léopold Stevens.

Très vite lancé à Paris où il s’est installé en 1844 sur les conseils de Camille Roqueplan, il devient l'ami d'Édouard Manet, Charles Baudelaire, Aurélien Scholl. Il a été admis à l'École nationale supérieure des beaux-arts, dans l'atelier de Ingres. Cinq ans plus tard, il retourne à Bruxelles où il expose en 1851 des tableaux parmi lesquels Le Soldat blessé, première esquisse d'un genre qu'il approfondit avec les œuvres témoignant de la misère comme Ce que l'on appelle le vagabondage huile sur toile 130 × 160 cm, conservée au Musée d'Orsay à Paris[2].

De retour à Paris, il présente à l'Exposition universelle de 1855 quatre tableaux : La Sieste, Le Premier jour du dévouement, La Mendiante, et aussi Les Chasseurs de Vincennes que Émilien de Nieuwerkerke voulait faire retirer car le sujet déconsidérait l'armée impériale, l'œuvre présentant des soldats arrêtant des vagabonds[3].

Le peintre abandonne bientôt les miséreux comme veine d'inspiration pour se consacrer aux représentations de la femme contemporaine, alternant encore avec des scènes militaires. Au Salon d'Anvers, la même année, l'artiste est décoré par le roi des Belges pour son tableau Chez soi, représentant une jeune femme se chauffant. En 1958, il épouse Marie Blanc. Il a pour témoins Alexandre Dumas fils, Eugène Delacroix et un grand nombre de personnalités des arts[3].

À partir de 1860, il connaît un énorme succès grâce à ses tableaux de jeunes femmes habillées à la dernière mode posant dans des intérieurs élégants, à la fois intimistes et mondains. Ceux exposés au Salon de peinture et de sculpture de 1961 lui valent un grand nombre d'admirateurs. Il présente entre autres : Tous les bonheurs ayant pour sujet une femme allaitant, huile sur toile, 116,5 × 89,5 cm, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, à Bruxelles[4],Une Veuve et ses enfants, huile sur toile, 114,5 × 160,5 cm, Musée royaux[5], Mauvaise nouvelle[3], encore intitulée La Lettre de rupture, huile sur toile 745 × 54 cm conservée au musée d'Orsay[6], Le Bouquet surprise, Une mère, Le convalescent[3]..

1867-1872 l'apogée et le courage[modifier | modifier le code]

Dans les années qui vont suivre, Alfred Stevens est non seulement un peintre reconnu, mais c'est aussi le plus parisien des Belges, qui va tenter avec son frère Arthur d'introduire les artistes français en Belgique. Arthur propose d'ailleurs un contrat à Edgar Degas pour douze mille francs par an, Alfred pousse Manet à envoyer un tableau au Salon de beaux arts de Bruxelles de 1869 Clair de lune sur le port de Boulogne[3]. Dans les années 1960, Arthur est le propagandiste de l'école de Barbizon dont le succès ne se révèlera pleinement qu'à partir de 1870 avec la présence à Bruxelles d'une succursale de la Galerie Durand-Ruel[7].

Dès 1867, Alfred a triomphé à l'Exposition universelle où il a présenté dix-huit toiles parmi lesquelles :Le Bain et L'Inde à Paris (intitulé aussi Le Bibelot exotique), huile sur toile, 73,7 × 59,7 cm , collection privée[8] que le critique d'art Robert de Montesquiou salue dans la Gazette des beaux-arts ainsi : « Le portrait est celui de Cachemire. Il l'a peint comme son maître Vermeer aurait fait d'une de ces cartes de géographie qu'il donnait pour fond à des femmes pensives[9]. »

Stevens est devenu un habitué du café Guerbois, du Café Tortoni, ami de Bazille. Il est aussi un des tout premiers peintres de l'époque à s'intéresser aux objets d'Extrême-Orient qu'il trouve dans le magasin La Porte chinoise que fréquentent aussi ses amis Baudelaire, Félix Bracquemond. Adolphe Tabarant, confirmé par Claude Pichois révèle aussi que, sous le pseudonyme de J. Graham, il a donné au journal Le Figaro plusieurs chroniques vantant le talent de Manet dont Le Déjeuner sur l'herbe figure au salon des refusés[3].

Sa carrière encouragée par Mathilde Bonaparte et la princesse de Metternich a connu une ascension fulgurante. Mais en dépit du confort que procure la célébrité, Alfred demande à Étienne Arago, maire de Paris, l'autorisation de s'engager dans la Garde nationale pour combattre aux côtés de ses amis lors du Siège de Paris (1870). « Je suis à Paris depuis vingt ans, j'ai épousé une parisienne, mes enfants sont nés à Paris, mon talent, si j'en ai, je le dois en grande partie à la France[9]. »

C'est encore par l'intermédiaire d'Alfred Stevens que Manet va faire la connaissance du marchand de tableaux Paul Durand-Ruel, et de son cercle de relations : Degas, Morisot. Tout-Paris fréquente désormais l'atelier de Stevens situé d'abord rue Laval, puis rue des Martyrs et à partir de 1880, rue de Calais. Les Goncourt qui lui rendent souvent visite décrivent le luxe dans lequel il vit. À cette même époque, Stevens a créé un atelier de peinture pour dames avenue Frochot, fréquenté par Sarah Bernhardt dont le peintre fera le portrait[9].

La mort de Manet, en 1883 va beaucoup l'affecter. Stevens traverse une période de doute devant l'arrivée de l'impressionnisme. Commence alors une période de recherche dans laquelle Berthe Morisot joue un rôle prépondérant[10].

La remise en question[modifier | modifier le code]

Dans les années 1880 Stevens traverse une crise morale qui l'amène à remettre en question tout ce qu'il fait. Élève d'Ingres, souvent proche de Gustave Courbet, ou de Manet avec Ophelia. Le Bouquet effeuillé, 1867, huile sur toile, 70 5 × 51 cm, Musées royaux des beaux-arts de Belgique[11], il a peint jusque-là avec une rigueur qu'il abandonne parfois sous l'influence d'autres peintres. C'est le cas de La Jeune mère, 1868, huile sur toile, 39,37 × 29,21 cm Dumbarton Oaks Museum, Washington DC[12] qui rappelle au style de Berthe Morisot[9]. Ses peintures s'arrachent, le roi des Belges lui commande Les Quatre saisons, les Vanderbilt lui achète des toiles au prix fort, et pourtant, vers 1883, saisit à la fois d'une grande fatigue physique et d'un doute sur on travail, Stevens part à Menton sur les conseils de son medecin. Et là, il se livre à des expérimentations : des paysages impressionnistes

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Baudelaire et Eugène Delacroix qui le cite dans son journal du 13 mars 1855 pour le prêt d'une tunique turque.

Il influence James Whistler avec il partage un enthousiasme pour les estampes japonaises. Il peint aussi des marines et des scènes côtières dans un style plus libre, presque impressionniste, proche d'Eugène Boudin ou de Johan Barthold Jongkind.

Vers la fin de sa vie, son style n’est pas sans similitude avec celui de son contemporain John Singer Sargent.

Il publie en 1886 « Impressions sur la peinture », qui connaît un grand succès.

C'est, en 1900, le premier artiste vivant à obtenir une exposition individuelle à l’École des beaux-arts de Paris.

Il arrête de peindre à partir des années 1890 à la suite de problèmes de santé et il meurt à Paris en 1906.

Ses tableaux ont été très populaires jusqu'en Amérique, où les tout-puissants Vanderbilt aux États-Unis en achetèrent plusieurs. La plupart restèrent cependant en France ou en Belgique.

Sélection d'œuvres[modifier | modifier le code]

Exposition[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. 1, Paris, Robert Laffont,‎ , 997 p. (ISBN 978-2-221-05412-3)
  • Sophie Monneret, L'Impressionnisme et son époque, vol. 2, t. II, Paris, Robert Laffont,‎ , 1185 p. (ISBN 978-2-221-05413-0)
  • François Boucher, Alfred Stevens, Éditeur Rieder, Paris, 1930.
  • G. Van Zype, Les frères Stevens, 1936.
  • Alfred Stevens, Fonds Mercator, Bruxelles, 2009, 207 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Plusieurs rues portent son nom : Rue Alfred-Stevens Page d'aide sur l'homonymie.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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