Charles Cros

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Charles Cros

Description de l'image  Charles Cros.jpg.
Naissance
Fabrezan (France)
Décès (45 ans)
Paris
Nationalité Français
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession Poète, écrivain
Autres activités
Distinctions

Charles Cros, né le à Fabrezan (Aude), originaire d'une famille de Lagrasse (Aude) et mort le à Paris, est un poète et inventeur français. Charles Cros possède son musée à Fabrezan.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le père de Guy-Charles Cros.

Le scientifique[modifier | modifier le code]

Passionné de littérature et de sciences, il est pendant un temps, de 1860 à 1863, professeur de chimie à l'Institut parisien des sourds-muets, avant de se consacrer à la recherche scientifique.

En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique à la suite de ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe.

En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.

Le paléophone, ou l'idée du phonographe[modifier | modifier le code]

En avril 1877, il adresse à l'Académie des sciences un mémoire décrivant le principe d'un appareil de reproduction des sons, qu'il nomme « paléophone » (prototype du phonographe). Son document suggère que les vibrations sonores peuvent être gravées dans du métal à l'aide d'un crayon rattaché à une membrane vibrante, et que, par la suite, en faisant glisser un stylet rattaché à une membrane sur cette gravure on parviendrait à reproduire le son initial. Avant que Charles Cros n'eût la possibilité de suivre son idée, voire de construire un prototype, Thomas Edison, aux États-Unis, mettait au point le premier phonographe. Cependant, dans un de ses textes à la mémoire de son ami publié dans "le chat noir" l'écrivain Alphonse Allais prétend avoir vu et entendu les sons restitués par un phonographe construit par Charles Cros bien avant le modèle d'Edison. On pense généralement que les deux hommes ne connaissaient pas leurs travaux respectifs.

En hommage à ses travaux, en 1947 son nom est retenu pour désigner l'Académie Charles-Cros, fondée par des critiques et des spécialistes du disque attribuant chaque année des distinctions très remarquées, les Prix du Disque de l'Académie Charles-Cros.

Le poète[modifier | modifier le code]

Il publie ses premiers poèmes dans le Parnasse contemporain et fréquente les cercles et cafés littéraires de la bohème de l'époque (le Cercle des poètes Zutistes — qu'il a créé —, les Vilains Bonshommes, les Hydropathes), ainsi que le salon de Nina de Villard qui sera sa maîtresse jusqu'en 1877. Mais il est davantage connu pour ses monologues, dont le plus connu est Le Hareng saur, qu'il récite lui-même dans des cabarets parisiens comme Le Chat noir.

Son œuvre de poète, brillante (elle sera plus tard l'une des sources d'inspiration du surréalisme) est cependant ignorée à son époque. Il le résume amèrement dans ce poème caractéristique  :

Je sais faire des vers perpétuels. Les hommes
Sont ravis à ma voix qui dit la vérité.
La suprême raison dont j'ai, fier, hérité
Ne se payerait pas avec toutes les sommes.
 
J'ai tout touché : le feu, les femmes, et les pommes ;
J'ai tout senti : l'hiver, le printemps et l’été ;
J'ai tout trouvé, nul mur ne m'ayant arrêté.
Mais Chance, dis-moi donc de quel nom tu te nommes ?
 
Je me distrais à voir à travers les carreaux
Des boutiques, les gants, les truffes et les chèques
Où le bonheur est un suivi de six zéros.
 
Je m'étonne, valant bien les rois, les évêques,
Les colonels et les receveurs généraux
De n'avoir pas de l’eau, du soleil, des pastèques.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Coffret de santal (1873, augmenté en 1879)
  • Le Fleuve (1874)
  • La Vision du Grand Canal des Deux Mers (1888)
  • Le Collier de griffes (posthume, 1908)
  • Plainte (1873)
  • Charles Cros - Tristan Corbière, Œuvres complètes, édition de Pierre-Olivier Walzer et Louis Forestier, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1970
  • Le Coffret de santal, avec une préface d'Hubert Juin, Gallimard « collection Poésie », 1972
  • Le Coffret de santal - Le Collier de griffes, édition de Louis Forestier, Garnier-Flammarion « GF », 1979
  • Inédits et documents, recueillis par Pierre E. Richard, éditions Jacques Brémond, 1992
  • Vers inédits, recueillis par Pierre E. Richard, éditions l'Autre Tigre, Nîmes, 1992
  • Derniers textes savants retrouvés, recueillis par Pierre E. Richard, chez l'auteur à Nîmes, 1999
  • Œuvres complètes, Éditions du Sandre, 2010

Poèmes célèbres mis en musique[modifier | modifier le code]

  • L'Orgue, mis en musique par Louis Loréal, harmonisé par Larrieu, interprété par Damia.
  • Belle, belle, belle (Paroles d’un miroir à une belle dame), mis en musique par Robert Caby, interprété par Jacques Douai.
  • Moi je vis la vie à côté mis en musique et interprété par Julos Beaucarne.
  • Sidonie (Triolets fantaisistes du Coffret de santal), interprété par Brigitte Bardot, mis en musique par Jean-Max Rivière et Yani Spanos pour le film Vie privée de Louis Malle en 1962, super 45 tours, EP, Barclay 70.436 paru le .
  • Berceuse (« Endormons-nous, petit chat noir... », du Coffret de santal), interprété par Juliette Gréco, mis en musique par Yani Spanos pour l’album Complainte amoureuse, 33 tours, LP, Philips 849.457 BY paru en octobre 1969.
  • Le Hareng saur, Romance, Soir, Aux imbéciles, Sonnet astronomique, Vocation, Le but..., interprété par Jean-Marc Versini, 17 poèmes mis en musique par Jean-Marc Versini pour l’album Charles Cros chanté, CD, LP, Marmottes Productions MAR 445591 paru en 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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