Compagnie des wagons-lits

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L'Orient Express vers 1930
Compagnie des Wagons-Lits

CIWL-Logo-bleu.jpg

Création 1872
Fondateur(s) Georges Nagelmackers

La Compagnie internationale des wagons-lits (et des Grands Express Européens) (CWL) est une entreprise française d'origine belge, créée en 1872, prestataire de services dans le domaine ferroviaire : hôtellerie ferroviaire (voitures-lits et couchettes) mais aussi restauration à bord (voiture-restaurant, restauration à la place, voiture-bar et mini-bar) et à terre (buffet de gare). Présente à l'origine dans de nombreux pays, elle s'est recentrée ces dernières années sur l'Europe mais va connaître de nouveau une implantation mondiale grâce à sa filiatisation récente. Elle jouit notamment du monopole de la restauration ferroviaire en Italie ou Autriche et assure, entre autres, la restauration sur les TGV et Intercités de la SNCF, les Rapides AVE de la Renfe (Chemins de fer espagnols) sur la nouvelle ligne Madrid-Barcelone et poursuit sa mission d'origine: le service à bord de la grande majorité des wagons-lits européens. Le groupe Accor n'est plus son actionnaire majoritaire suite à la revente de ses parts au groupe Newrest[1] Afin de lutter contre les utilisations en contrefaçon de ses marques, Wagons-Lits Diffusion SA gère depuis 1996 tous les droits sur les marques anciennes, logos et archives historiques de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits (CIWL)[2]

De 1872 à 1945[modifier | modifier le code]

Georges Nagelmackers
Le guide continental de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits, Decembre 1901
L'Orient-Express 1883-1914

Cette société fut fondée en 1872 par l'homme d'affaires belge, Georges Nagelmackers. S'inspirant du modèle des trains de nuit lancés aux États-Unis par la société du colonel Pullman, avec lequel il s'associa dans les premiers temps, il fit construire les premières voitures-lits et voitures-restaurant d'Europe, et lança en 1883 le grand express d'Orient entre Paris et Constantinople, qui deviendra le fameux Orient-Express et le Rome-Express entre Calais et Rome, via Paris[3].

En 1883, la société prend le nom de « Compagnie internationale des wagons-lits et des grands express européens », et adopte le célèbre monogramme aux deux lions. Si le siège est alors à Bruxelles, le centre nerveux de la compagnie est à Paris, ce qui justifie la construction d’un immeuble, au 40, rue de l’Arcade, dans un style flamand à pignons inhabituel à Paris (abandonné par la compagnie, il est toujours visible, avec son horloge typique et un moulage aux lettres W-L de « Wagons-lits », à l'angle de la rue de l’Arcade et de la rue des Mathurins).

L'ambition de Nagelmackers est de créer un réseau international de trains de luxe, évitant les changements aux frontières. C'est un précurseur visionnaire des voyages modernes.

Le Nord-Express passe sans arrêt en gare de Noyon, au début du XXe siècle

Au fil des ans, il lancera le Sud-Express de Paris vers Madrid et Lisbonne, le Nord-Express vers la Scandinavie, la Pologne et la Russie, le Transsibérien de Moscou vers la Chine et le Japon par la Sibérie. Il créera même la première chaîne hôtelière pour ses voyageurs, "Les grands hôtels des Wagons-lits", dont un exemplaire demeure à Paris, sous la forme de la banque HSBC au 103-107, Champs-Elysées (Pour l'anecdote, André Malraux écrira La Condition humaine au "Grand-Hôtel des Wagons-lits" de Pékin) Après la mort du fondateur, son œuvre perdurera.

En 1926, afin d'assurer pour les trains de jours le même confort que les wagons-lits de nuit, est imaginé le wagon-salon-Pullman, sorte d'"appartement de luxe roulant", où les repas sont servis à la place même du voyageur, lui évitant d'avoir à se déplacer au wagon-restaurant. Les petites lampes roses sur les tables marqueront d'un style "Années folles" le "Pullman". Des trains entiers seront formés de ces voitures, "La Flèche d'or" Paris-Calais, qui a son pendant côté britannique, la "Golden Arrow", de Douvres à Londres et bien d'autres encore, mais certaines seront incorporées dans des trains à la composition panachée. Les toutes dernières voitures Pullman circuleront jusqu'en 1971. La Compagnie des wagons-lits, puis le groupe Accor, ont décidé de baptiser leurs établissements haut-de-gamme du nom d'Hôtels Pullman.

En 1930, association avec Cook pour former le premier réseau mondial d'agences de voyages sous le nom de "Wagons-lits/Cook". La compagnie est de nouveau un précurseur. Cet attelage tiendra plus de soixante ans jusqu'au rachat par Accor et à la vente des agences à un groupe américain qui les commercialisera sous le nom de "Carlson-Wagon-lit".

En 1936, est créé le premier train direct Paris-Londres, le "Train-Ferry", composé de wagons-lits spéciaux pouvant être embarqués sur le transbordeur Dunkerque-Douvres et circuler sur le réseau britannique, d'un gabarit plus étroit que le continental. Ce train, interrompu pendant la guerre, circulera jusqu'à la fin de 1980, sous le nom de "Night Ferry", lorsque l'âge vénérable de son matériel l'obligera à quitter la scène. Une décennie plus tard, son successeur, l'Eurostar prendra le relais en passant sous la mer.

De 1945 à ...[modifier | modifier le code]

Modèle réduit de la voiture-lit type P de la CIWL

En 1945, le matériel de la compagnie a subi de très lourdes pertes, dues à la guerre. La reconstruction commence dans un monde qui a changé.

De 1955 à 1957: Lancement du nouveau wagon-lits de l'après-guerre, le "P", tout en inox, selon le procédé américain de "Budd" et réception de nouveaux wagons-lits, les Hansa, construits en Allemagne pour "réparation de guerre".

En 1957, lancement du réseau des Trans-Europ-Express (TEE), ces trains de prestige modernes qui relieront entre elles, pendant trente ans, près de deux cents grandes villes européennes, avant l'arrivée du TGV. La Compagnie des wagons-lits est partie prenante dans cette entreprise, assurant le service à bord pour la majorité des trains.

En 1967, s'étant diversifiée dans l'hôtellerie et le tourisme, elle transforme sa raison sociale en "Compagnie internationale des wagons-lits ET du tourisme" (CIWLT)

En 1968, la compagnie lance la révolutionnaire voiture-lits T2 qui permet à la clientèle de seconde classe, pour la première fois, de voyager en couple. Le succès sera tel qu'en moins d'une décennie le nombre de voyageurs wagons-lits en France atteindra le million annuel. Ce sera aussi le dernier matériel construit directement par la compagnie.

En 1969, création d'une nouvelle chaîne hôtelière économique, "Etape-Hôtels".

En 1971, elle se recentre sur les prestations de services et revend son parc de voitures, à l'exception des voitures historiques, à la SNCF et aux autres compagnies européennes de chemins de fer. Un pool européen est alors créé pour assurer les services de voitures-lits, dénommé Trans-Euro-Nuit (TEN) sorte de pendant nocturne aux trains de jour Trans-Europ-Express (TEE). Étant choisie pour assurer le service à bord, pour la majorité des lignes, la Compagnie maintient l'image de marque de qualité liée aux wagons-lits. L'essor de la réservation électronique, généralisée progressivement dans toutes les gares, permet la promotion du voyage en voiture-lits, soutenue par des campagnes publicitaires. Ce sera une grande période pour la Compagnie, dégagée désormais de la construction du matériel. Son activité d'entretien de matériel ferroviaire continuera néanmoins jusqu'en 2001, où elle sera finalement cédée aux chemins de fer.

En 1975, elle crée un autre chaîne hôtelière, de catégorie intermédiaire, les "Hôtels Arcade" (du nom de la rue de l'Arcade, alors siège parisien) qui deviendront les "Hôtels Ibis".

En 1976, elle célèbre son centenaire avec faste. La Compagnie des Wagons-lits se voit aussi confier à cette époque la restauration ferroviaire à bord des trains régionaux et lignes transversales ne passant pas par Paris (axes Rennes - Nice via Toulouse, Lyon - Bordeaux via Limoges, Toulouse - Lyon via Montpellier, etc...). Elle crée à cette occasion une filiale SOREFI (SOciété de Restauration Ferroviaire Inter-régionale).

En 1981, arrivée du TGV qui va révolutionner le monde des transports. La Compagnie des wagons-lits est choisie pour assurer le service à bord (voiture-bar et restauration à la place en première classe. La compagnie des Wagons-lits crée à cette occasion une filiale SORENOLIF (Société de REstauration de la NOuvelle LIgne Ferroviaire). Le nom commercial sera "Service 260", en référence à la vitesse en exploitation du TGV en 1981.

En 1986 des voitures restaurées dans les ateliers S.N.C.B. d'Ostende sont exposées à l'intention du public à Bruxelles et à Paris avant d'être affectées à la ligne du Venise-Simplon-Orient-Express.

En 1991, la Compagnie des wagons-lits, dont le siège est à Bruxelles, au boulevard Clovis, 51-53, est rachetée par le groupe Accor qui désormais gère directement les hôtels de la compagnie qui devient ainsi française.

Aujourd'hui, la compagnie s'est recentrée sur son activité traditionnelle, voitures-lits (et voitures-couchettes) ainsi que les services de restauration à bord des trains, en France et en Europe.

Outre ses activités sur les trains de jour et de nuit réguliers, la Compagnie des wagons-lits a organisé des dîners-voyages et des circuits à la carte, sous le label Pullman-Orient-Express avec un train composé de sept voitures datant des années 1920, restaurées en 2003 (quatre sont classées monument historique) : une voiture-bar, une voiture bar-restaurant, trois voitures-restaurant et deux voitures-salon. Avec la crise, la fréquentation du Pullman-Orient-Express a marqué une baisse certaine et le groupe Accor a décidé la vente de ce train, cédé en 2011 à la SNCF qui l'exploite désormais.

Pour répondre aux nombreuses demandes ou atteintes aux droits sur son patrimoine historique, la Compagnie des Wagons-Lits a créé Wagons-Lits Diffusion en 1996, pour la gestion des trademarks/TM et copyrights/(c) sur les marques, archives, photothèque et collection d'affiches.

Perte de marchés en France et redressement[modifier | modifier le code]

Le 9 décembre 2007, après une cascade de suppressions dans les années 2000, les trois derniers services nationaux de voitures-lits, le Train bleu et le Lorazur (respectivement de Paris et l'Est vers le Sud-Est) ainsi que le Val de Durance (Paris-Hautes-Alpes) disparaissent, condamnés par la SNCF qui privilégie le TGV. Les services internationaux de voitures-lits transitant par la France n'ont pas été touchés par ces suppressions.

  • Les voitures-lits SNCF ont été vendues d'occasion aux chemins de fer grecs ("Amitié-Express" Salonique-Istamboul) serbes et monténégrins (Trains autos-couchettes Belgrade-Bar) et aux Chemins de fer marocains ("Train-Hôtel" Casablanca-Rabat-Fès-Oujda/Frontière algérienne) Deux voitures-lits SNCF de type T2 ont toutefois été conservées pour la location (particuliers ou trains spéciaux)
  • Exception en Europe, la France est actuellement le seul grand pays du continent à ne pas exploiter de lignes intérieures de voitures-lits[réf. nécessaire] alors que ses voisins ont investi dans du matériel neuf. Cette situation pourrait évoluer avec la perte du monopole, imposée par Bruxelles.

En 2009, le renouvellement de la concession des services de restauration en France a profité principalement à une société italienne, Cremonini, proposant des tarifs plus économiques mais des prestations de niveau inférieur (gobelets et couverts en plastique, tenues du personnel style fast-food) Une très longue grève ainsi que l'annonce rapide d'un déficit d'exploitation record ont provoqué une renégociation ultérieure de cette concession, en 2013.

  • La compagnie, avec l'obtention successive, en 2010, du contrat de restauration sur les TGV-Est et Alleo (France-Allemagne hors Thalys) et celui du service à bord des nouveaux trains de nuit Thello France-Italie, puis, en 2013, sur l'ensemble des TGV et Intercités, marque un retour en force sur le marché ferroviaire français.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.lefigaro.fr/societes/2010/07/06/04015-20100706ARTFIG00665-accor-se-deleste-de-la-compagnie-des-wagons-lits.php
  2. http://www.wagons-lits-diffusion.com
  3. Henry Peyret, Histoire des chemins de fer en France et dans le monde, Societe des editions francaises, 1949, p. 180 extrait (consulté le 24 novembre 2013).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert van Dievoet, "Monographies industrielles." "Compagnie Internationale des Wagons-Lits et des Grands Express Européens", dans, L'expansion belge, revue mensuelle illustrée, Bruxelles, décembre 1908, n° XI, p. 485 à 489.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]