Berthe Sylva

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Berthe Sylva

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Berthe Sylva vers 1925

Informations générales
Nom de naissance Berthe Faquet
Naissance 7 février 1885
Décès 24 mai 1941 (à 56 ans)
Marseille
Activité principale Chanteuse
Genre musical Chanson réaliste, opérette
Années actives 1910 - 1937

Berthe Sylva, pseudonyme de Berthe Francine Ernestine Faquet, est une chanteuse française, née le 7 février 1885 à Lambézellec[1],[2] (commune fusionnée avec Brest en 1945), morte le 24 mai 1941 à Marseille.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Joseph Faquet (1860-1946), un marin, et d'Anne Poher (1863-1923), une couturière, Berthe Faquet aurait passé son enfance à Brest avant de se faire employer comme femme de chambre. Elle se serait mise à la chanson vers 1910. Lors de la naissance de son premier enfant, elle n'est encore que femme de chambre ; elle a 16 ans. Bien qu'elle ait reconnu son fils le 27 décembre 1901, elle ne s'en occupera jamais, laissant l'éducation de l'enfant à ses grands-parents. Il est donc élevé à Brest et ne vit sa mère que trois fois dans sa vie. Elle aura également une fille.

De ses débuts, on ne possède pas beaucoup de témoignages, excepté une interview où elle évoque des voyages en Amérique du Sud, en Russie, en Roumanie et en Égypte, ainsi qu'une photo prise pendant la Première Guerre mondiale où on la voit aux côtés d'Eugénie Buffet et du chansonnier aveugle René de Buxeuil (enterré au cimetière du Père-Lachaise).

En 1928, Berthe Sylva se produit au caveau de la République. L'accordéoniste et compositeur Léon Raiter la remarque et lui propose de passer à l'antenne de Radio Tour Eiffel. C'est grâce à Léon Raiter, l'auteur des Roses blanches, qu'elle se met à enregistrer, tout d'abord chez Idéal puis chez Odéon, firme pour laquelle elle aura gravé en tout près de 250 titres pour de bien maigres profits…

Le succès est foudroyant. Le Raccommodeur de faïence, enregistré en 1929, se serait vendu à 200 000 exemplaires en deux ans. Les tournées en province se multiplient. À Paris, on l'entend à Pacra, à l'Européen, au Bataclan, à la Gaîté-Montparnasse, mais les salles les plus prestigieuses la boudent. Elle partage un moment l'affiche avec Fred Gouin, chanteur très prolixe en enregistrements (450 faces de 78 tours pour Odéon entre 1927 et 1935), aujourd'hui tombé dans l'oubli. Elle grave avec lui des duos tels Ferme tes jolis yeux (1932) et Un soir à La Havane (1933). Leur relation est passionnelle. Fred Gouin fut très affecté par la perte de son amante et amie. Il prit le maquis durant les années de guerre, puis quitta le monde de la chanson pour se reconvertir dans le commerce des frites.

Quelques anecdotes d'une authenticité plus ou moins douteuse jalonnent le parcours flamboyant de Berthe Sylva. En 1935, ses admirateurs marseillais lacèrent les banquettes de l'Alcazar, où elle joue à guichets fermés au début de la guerre, et enfoncent la porte de sa loge. En 1936, à l'enquête « quelle est votre chanteuse préférée ? », une majorité de jeunes filles entre 13 et 15 ans répondent « Berthe Sylva ». Une autre source mentionne un passage sur Radio-Toulouse en 1925 qui lui aurait valu 16 000 lettres d'admirateurs.

Berthe Sylva se fixe à Marseille au moment de l'Armistice de 1940. Le chanteur Darcelys y fut l'un de ses amis les plus fidèles. Elle meurt minée par la boisson et la pauvreté. Sa maison de disques finance des obsèques auxquelles seuls quelques amis assistent. Sa dépouille fut transférée à la fosse commune du cimetière Saint-Pierre de Marseille, lorsque, plusieurs années après, il ne se trouva personne pour renouveler la concession.

Les légendes entourant Berthe Sylva auraient été créées de toutes pièces ou à partir d'extrapolations journalistiques de faits réels après sa disparition. La diffusion de ces légendes fut facilitée par le fait qu'on ne possède quasiment aucun témoignage solide de nature biographique et par l'absence de documents cinématographiques. En outre, si l'on relativise l'importance de ses prestations sur scène, l'immense succès de Berthe Sylva est avant tout lié à ses nombreux enregistrements.

Sa voix précise qui se marie très bien avec la technologie en plein essor du microphone et de l'enregistrement électrique, son registre vocal étendu, la qualité de son interprétation, tantôt pathétique, tantôt enjouée, son physique ingrat de femme meurtrie par la vie furent les clefs du succès qu'elle connut de son vivant. Sa discographie puise à toutes les sources, sauf américaines : succès anciens des années 1900, succès d'opérette comme de cabaret, chanson réaliste, musette, musiques de films à grand succès. Berthe Sylva excelle dans la chanson narrative.

Après sa disparition, on retiendra d'elle, les chansons qui racontent non pas les bluettes et les joies du bal, mais celles qui dénoncent la misère, l'injustice, l'enfance blessée, la perte d'un être cher, la désillusion et l'échec sentimental.

Il faut noter que les "masters" d'un grand nombre de ses enregistrement des années 1930 ont été conservés et ont pu permettre des rééditions d'une très bonne qualité sonore. Encore aujourd'hui il se vend chaque année un nombre non négligeable de ses enregistrements.

Discographie sommaire[modifier | modifier le code]

  • 1920
    • L'Enfant de la misère
  • 1929
    • Le Raccommodeur de faïence
    • À Paname un soir
    • Adieu Paris (Adios muchachos)
    • Gelosa (Si je pouvais n'avoir plus d'yeux)
  • 1931
    • Si l'on ne s'était pas connu.
    • Du gris, paroles de Ernest Dumont, musique de F.L. Bénech (1920, sans cotage).
    • Sous les toits de Paris (du film de René Clair).
    • Amoureuse de la tête aux pieds (du film L'Ange bleu : Ich bin von Kopf bis Fuß auf Liebe eingestellt) chantée par Marlene Dietrich.
    • Tu ne sais pas aimer
    • Le tango des fauvettes
    • Viens, maman
    • La légende des flots bleus
    • Adoration, musique Mario Cazes
    • Aimer,souffrir,mourir, musique Mario Cazes
  • 1932
    • La Voix de maman (C. Fortin/R. de Buxeuil)
    • Mousmé d'amour (avec Fred Gouin)
    • Ferme tes jolis yeux (avec Fred Gouin)
    • Les Tisseurs de rêves
    • Rends moi mon papa
  • 1933
    • Un soir à la Havane (avec Fred Gouin)
    • Le Clown et l'enfant
    • Lilas-blanc
    • Les Mômes de la cloche
    • Viens danser quand même
    • Le petit ballon rouge
    • Berceuse tendre (avec Fred Gouin)
  • 1934
    • Mon vieux pataud
    • Toute pâle
    • Les nocturnes
  • 1935
    • Le P'tit Boscot
    • On n'a pas tous les jours vingt ans, musique de Léon Raiter
    • Comme un moineau
    • Où sont tous mes amants?
    • Tout près de la source
  • 1936
    • V'la l'marchand d'chiffons
  • 1937
    • Arrêter les aiguilles (Si l'on pouvait arrêter les aiguilles)
    • Si tu reviens
    • Du soleil dans ses yeux
    • Le Joli Fusil (chanson coquine)
    • Les Nuits
    • Les Yeux de maman
    • La Madone aux fleurs
  • Pas de date
    • La Dernière Berceuse

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]