Puttelange-aux-Lacs

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Puttelange-aux-Lacs
Puttelange-aux-Lacs
Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul.
Blason de Puttelange-aux-Lacs
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle
Arrondissement Sarreguemines
Canton Sarralbe
Intercommunalité Communauté d'agglomération Sarreguemines Confluences
Maire
Mandat
Claude Decker
2014-2020
Code postal 57510
Code commune 57556
Démographie
Gentilé Puttelangeois
Population
municipale
3 080 hab. (2014)
Densité 185 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 03′ 11″ nord, 6° 55′ 54″ est
Altitude Min. 220 m
Max. 277 m
Superficie 16,66 km2
Localisation

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Puttelange-aux-Lacs est une commune française située dans le département de la Moselle et le bassin de vie de la Moselle-Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de la commune.

Écarts et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Puttelange est un toponyme germanique composé de Putilo (un homme d’origine germanique). Son nom sera à l’image de nombreux noms de village de Moselle suivi du suffixe -inga qui désigne un établissement rural appartenant à une famille, francisé en -ange ultérieurement. Le déterminant complémentaire -aux-lacs est ajouté au cours du XXe siècle.

  • Puttelange : Putilinga (1069), Putelenges (1135), Putlingen (1172), Putelinga (1209), Puttelingen & Puthelingen (1224), Hessen-Puttelange (1232), Putlinga (1254), Pittelange (1403), Puttlingen (1409), Hesse-Putlingen (1410), Heseputtlingen (1460), Putelainges (1482), Puttelinga & Puttlange (1544), Hessen-Puttlingen (1565), Pitlingen (XVIIe siècle), Pittling (1645), Putlange (1680 & 1793), Petelange (carte Cassini), Puttelange-les-Sarralbe (1844), Puttelange-lès-Farschviller (1927), Puttelange-aux-Lacs (1971).
    En allemand : Pitlingen[1] et Püttlingen (1871-1918 ET 1940-1944). En francique lorrain : Pettlinge[2] et Pittlinge.
  • Diefenbach : Dieffenbach (1626 et 1751), Dieffenbach et Diffembach (1779), Diffenbach (1801), Dieffembach-Petelange (carte Cassini), Diffembach-lès-Puttelange[3].
  • Thiergarten : Diergarten (1409), Dhiergarten (carte Cassini), Thirgarten (carte de l'état-major).

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque gallo-romaine[modifier | modifier le code]

La route du Hérapel à Guéblange, qui reliait entre elles les grandes routes de Metz à Worms et de Metz à Strasbourg, passait le long de la rive droite du Mutterbach, par Puttelange, Rémering, Holving et Hirbach.

Moyen-âge[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, Puttelange appartient à la famille des comtes de Lunéville, dont une branche possédait le comté de Metz, fief épiscopal, et une autre branche la seigneurie de Blieskastel. En 1135, Folmar, cinquième du nom comme comte de Metz, fonda une abbaye cistercienne à Beaupré (au sud-est de Lunéville, démolie en 1804, aujourd'hui une ferme) et la dota de la forêt de Hériménil qu'il tenait en fief de l’Évêché de Metz. En compensation, dit-on, il céda Puttelange, jusque-là franc alleu, à l'Évêque et le reprenait en fief de l’Évêché. De là date la suzeraineté de l’Évêché sur Puttelange, qui sera plus tard contestée par le duc de Lorraine.

La fille de Folmar, Clémence, héritière de Lunéville et de Puttelange, apporta ses domaines à son époux et cousin Folmar, seigneur de Blieskastel (anciennement appelé comté de Castres, autre fief de l’Évêché). Leur petit-fils Henri II ne laissa que des filles. D'après une convention avec le suzerain l'Évêque, la fille aînée Élisabeth et son époux, Renaud de Lorraine, furent admis à la succession en reconnaissant la suzeraineté de l’Évêché. Mais en 1264, le duc de Lorraine Ferry III investit de ces terres son oncle Renaud, seigneur de Bitche, les revendiquant ainsi comme des fiefs lorrains.

À la mort de Renaud, en 1274, éclata la guerre de succession entre, d'une part Henri comte de Salm, époux de Laurette, sœur d'Élisabeth, soutenu par l'Évêque de Metz, et d'autre part le duc de Lorraine, allié du comte de Sarrebruck. Le comte de Salm fut vainqueur en 1278, mais, fortement endetté, il vendit l’Évêché de Metz, puis la seigneurie de Blieskastel en 1284, et en 1290 le château de Schaumbourg (près de Tholey, Sarre), en gardant seulement Puttelange.

Une petite partie de Puttelange appartenant à la seigneurie de Forbach, fief lorrain, fut acquise par Salm. La suzeraineté, revendiquée par la Lorraine, lui fut reconnue par l’Évêché en 1379. Salm possédait en plus de Salm (Senones et Badonviller) et de Puttelange, encore Morhange (fief de Lorraine) et Viviers (fief de Bar). En 1349, il y eut un partage des domaines : Jean le Jeune, de Salm, eut pour sa part Puttelange et Viviers, mais à sa mort (en 1368 à Ligny-en Barrois dans un combat contre les Messins), l'unité fut rétablie.

En 1475, à la mort de Jacques de Salm, il y eut un partage définitif :

- l'oncle de Jacques : Jean IV de Salm à Badonviller reçut la moitié de Salm, la moitié de Puttelange et la seigneurie de Viviers. La lignée s'éteignit en 1600 et, en 1632, tout l'héritage passa au duc de Lorraine, excepté la moitié de Puttelange.

- la sœur de Jacques, Jeanne, hérite d'une moitié de Salm, d'une moitié de Puttelange et de la seigneurie de Morhange, et apporta ces terres à son époux, Jean V, rhingrave (Rheingraf), comte sauvage (Wildgraf) de Kirbourg et Dhaun et qui prit, lui aussi, le titre de Salm.

À Jean succéda son fils Jean VI, puis le fils cadet du dernier, Jean VII de Kirbourg. Les fils de Jean VII procédèrent à un partage en 1545. L'aîné Jean succéda à Morhange, et Thomas le cadet à Puttelange, dont hérita sa fille Juliane, laquelle épousa en 1603 Ernest, comte de Mansfeld, le fondateur d'Ernestviller. Comme ils n'eurent pas d'enfants, Puttelange passa aux cousins de Morhange qui s'éteignirent en 1688.

En 1688, Puttelange fut attribué à la nouvelle branche des comtes sauvages de Dhaun qui prit fin en 1750 en la personne de Frédéric-Guillaume, mort à l'âge de 5 mois. L'héritière fut sa cousine Catherine de Linange de Klein-Bockenheim (ouest de Worms), qui épousa Théodore-Alexandre, prince de Loewenstein-Wertheim-Rochefort.

Révolution-Empire[modifier | modifier le code]

Leur fils, le prince Dominique-Constantin, perdit tous les droits seigneuriaux par les décrets de l'Assemblée Constituante en 1789. Contre ces décrets, le prince de Salm, le comte de Sarrewerden et le comte de Créhange pouvaient protester en se basant sur le traité de Westphalie de 1648. Mais le comté de Puttelange était un fief du duché de Lorraine, qui en 1766 était passé sous la suzeraineté de la France en vertu du traité de Vienne de 1738. L'Empire ne pouvait donc pas intervenir.

De 1790 à 1802, Puttelange fut le chef-lieu d'un canton qui comprenait les villages de Cappel, Diebling, Diffembach, Ebring, Ellviller, Ernestviller, Farschviller, Grundviller, Guebenhouse, Heckenransbach, Hoste, Loupershouse, Metzing, Nousseviller, Puttelange, Rémering, Richeling, Saint-Jean-Rohrbach et Valette. Le 22 octobre 1801, le canton fut agrandi des neuf communes du canton de Sarralbe et de trois communes du canton de Hellimer (Castviller, Hilsprich, Nelling), mais il fut supprimé le 5 mai 1802 : la plupart des communes forment le nouveau canton de Sarralbe.

Les princes allemands dépossédés reçurent en 1803 de très larges compensations aux dépens des biens ecclésiastiques pour leurs terres confisquées par la France sur la rive gauche du Rhin. Le prince Loewenstein, qui ne pouvait prétendre qu'à une faible compensation pour sa petite seigneurie allemande de Scharfeneck (près de Landau), eut une indemnité qui tenait compte de la perte de la terre de Puttelange, française depuis 1766.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Du au , la commune fut desservie par le chemin de fer de Puttelange à Farschviller (surnommé le « Schengel »), grâce à la volonté des habitants d'avoir accès à ce moyen de transport. En effet, la section Béning – Sarreguemines de la ligne de Haguenau à Hargarten - Falck évitait Puttelange (car passant par Farschviller) lors de sa mise en service, en 1865[4].

En 1927, Puttelange changea de nom et s'appella Puttelange-lès-Farschviller, qui sera ensuite renommée Puttelange-aux-Lacs par référendum, le 26 mars 1971[4].

Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La commune fut évacuée le 1er septembre 1939 dans le département de la Charente, et la mairie repliée à Soyaux.

La ville fut occupée par les Allemands dès le mois de juin 1940, bombardée du 22 novembre au 4 décembre 1944 (13 morts et 280 maisons détruites) et libérée le 4 décembre 1944 par les Américains.

Citation de la commune à l'ordre du Corps d'Armée le 1er juillet 1948 :

" Village de Lorraine particulièrement touché par la guerre, Puttelange-lès-Farschviller a subi de nombreux bombardements, qui ont causé la mort de 42 habitants. Par son attitude courageuse et hostile, s'est attiré la haine d'un ennemi féroce qui a déporté 200 habitants. Par ses sacrifices et son héroïsme, s'est acquis des droits à la reconnaissance du Pays. "

Ces citations comportent l'attribution de la Croix de Guerre avec Étoile de Vermeil.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
14 décembre 1806   Jean Becker    
5 août 1841   Henri Thiebault
(1778-1866)
  Cultivateur, propriétaire, cabaretier
04 septembre 1852   Jean-François Pauly
(1813-1870)
  Tisserand en soie à Courcelles-Chaussy
17 décembre 1876 24 avril 1910 Camille Massing
(1836-1911)
  Attaché militaire de l'ambassade de France à Londres (1887-1890)
Général de brigade
Officier de la Légion d'Honneur (18/12/1870)
25 avril 1910 9 décembre 1912 Docteur Wack    
9 mai 1953 25 mars 1971 Jean Coumaros UDR Médecin
Député (1958-1973)
26 mars 1971 18 mars 2001 Jean Lang SE  
27 mars 2001 16 mars 2008 Laurent Janas UMP  
22 mars 2008 en cours Claude Decker SE  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]


L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[6].

En 2015, la commune comptait 3 033 habitants[Note 1], en diminution de 3,62 % par rapport à 2010 (Moselle : -0,06 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
1 4841 6271 8162 1652 3602 3392 3782 3632 296
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
2 3042 2022 1762 0721 9641 8971 7301 7181 583
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
1 6751 7332 0681 2121 6762 0132 6422 8023 016
1990 1999 2004 2009 2014 2015 - - -
2 9793 1013 1713 1503 0803 033---
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8]. |recens-pr.)
Histogramme de l'évolution démographique

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Puttelange-aux-Lacs Blason Écartelé : au 1er de gueules à deux bars adossés d'argent, cantonnés de quatre croisettes recroisetées au pied fiché du même, au 2e d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules, au 3e d'or à trois fasces d'azur, au 4e de gueules à la rose d'argent.
Détails
Attribué officiellement en 1911.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Vestiges de deux châteaux détruits en 1944. Le premier château, dit « Edelmannhaus », a été construit de 1603 à 1606 par le comte Ernest de Mansfield, reconstruit sur les ruines d’un château fort du XIIIe siècle.
  • Second château, construit en 1715 à 100 mètres du premier château, par Walrad de Dhaun-Salm, major général des armées impériales.
  • Systèmes fortifiés de la ligne Maginot aquatique.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Chapelle Sainte-Croix au cimetière.
Église Saint-Luc-Évangéliste de Diefenbach-lès-Puttelange
  • Église Saint-Pierre-et-Paul 1760, reconstruite.
  • Église Saint-Luc-Évangéliste à (Diefenbach-lès-Puttelange)
  • Chapelle Sainte-Croix 1550, rebâtie 1744 : autel Louis XV, sculptures des boiseries. Ancien arbre remarquable disparu en 2014 : http://www.monumentaltrees.com/fr/fra/moselle/puttelangeauxlacs/9521_cotedelachapelle/18835/
  • Synagogue: la première synagogue de Puttelange date de 1736. Il s'agirait donc d'une des plus anciennes du duché de Lorraine[9]. La seconde, style orientalisant datée de 1867, a été démolie en 1940, l'ancienne école juive a été transformée en appartements.
  • Cimetière israélite attesté en 1854.

Associations[modifier | modifier le code]

  • Football club de Puttelange-aux-lacs (F.C.P)
  • Chœur d'hommes Les Joyeux Compagnons
  • Football club de Diefenbach (F.C.D.)
  • Foyer des Lacs (foyers ruraux) : cinéma-école, danse modern-jazz, animations 3e âge, fête de la Jeunesse
  • Périscolaire : mercredi éducatif et centres aérés.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle rédigé en 1868.
  2. Geoplatt
  3. Mémoires de la Société d'Archéologie et d'Histoire de la Moselle, Volume 4 (1862)
  4. a et b PàL S. Avice, « Histoire de Puttelange », sur cc-albe-lacs.com, (consulté le 13 novembre 2015).
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  9. La synagogue de Puttelange-aux-Lacs