Stuka

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Stuka est l'abréviation du mot allemand « Sturzkampfflugzeug » — composé de trois mots : Sturz (« chute »), Kampf (« combat ») et Flugzeug (« avion ») — soit en français « avion de combat en piqué » ou « bombardier en piqué ». Elle désigne l'ensemble des appareils allemands ayant été utilisés à des fins d'appui-sol rapproché et bombardement en piqué, que ce soit au sein des Stukageschwader (« escadres de bombardement en piqué ») ou au sein d'autres unités de la Luftwaffe.

En France, cette abréviation fut rendue célèbre à partir de la campagne de France de 1940 : la population vivant l'exode sur les routes encombrées vécut la terreur particulièrement traumatisante qu'infligeait le bombardier en piqué le plus répandu de la Luftwaffe de 1940, le Junkers Ju 87 ; à ce point que le terme Stuka est depuis souvent utilisé, à tort, pour désigner ce seul appareil. Les sirènes attachées à l'appareil, se mettant à hurler lors du piqué, sont particulièrement associées à la terreur qu'inspirait cet avion aux populations.

Historique[modifier | modifier le code]

Conception[modifier | modifier le code]

Le premier Stuka naît en 1928[1]. La construction est initiée par la firme Junkers qui émigre en Suède pour contourner l'interdiction faite à l'Allemagne par le traité de Versailles de mettre au point des avions militaires. L'usine AB Flygindustri (sv) produit en 1928 un premier Stuka, le Junkers K 47 (en). En 1933, à la prise de pouvoir d'Hitler, la firme a acheté aux États-Unis deux bombardiers en piqué Curtiss-Hawk. Ramenés en Allemagne, ils sont pris en main puis démontés et analysés. Ils serviront de base, améliorés.

Le premier Stuka est d'abord équipé avec un moteur Rolls-Royce Kestrel. Sur les instructions de Göring, les essais et les développements se poursuivent. Le successeur du K 47 est baptisé Ju87. Une nouvelle version le Ju87-A est motorisé avec le moteur Jumo 210 de 610 CV. Face à des concurrents (Blohm et Voss, Heinkel, Arado), le Ju87 est adopté par la Luftwaffe, par contrat passé en 1936.

Développements[modifier | modifier le code]

En 1936, la guerre civile espagnole offre aux Allemands un banc d'essai de l'avion et des techniques de combat. La Légion Condor commandée par le général Hugo Sperrle avec comme chef d'état-major von Richthofen peut s'exercer à loisir. Le Ju87-B recevra un train d'atterrissage caréné, un moteur plus puissant et un habitacle modifié.

Plus de 23 versions seront créées jusqu'en 1944[2]. Un modèle sera même prévu pour être utilisé à partir d'un porte-avions, le Graf Zeppelin. Ce projet sera abandonné.

Le Ju87 a été armé de deux canons de Flak de 37 mm contre les pantalons du train d'atterrissage. Les obus spéciaux, avec noyau de tungstène, ne font explosion qu'après avoir pénétré le blindage d'un char. Le « canon volant » va faire merveille entre les mains de Hans-Ulrich Rudel en URSS.

Stratégie d'emploi[modifier | modifier le code]

Les Stukas sont, avec les Panzers, des armes qui ont rendu possible le Blitzkrieg (la guerre éclair). Ils sont la création de Ernst Udet, grand pilote de la Première Guerre mondiale. Rien, de prime abord, ne paraissait aussi peu raisonnable que cette spécification portant sur un avion capable de plonger presque à la verticale sur un objectif fortement défendu, sans dévier de sa route. Bien que ce fût la meilleure façon de placer une bombe au but, comme d'éviter l'interception par la chasse adverse ou la DCA (défense contre aviation). L'apparition du bombardier en piqué JU 87, et surtout son utilisation, permit la concrétisation de cette tactique. Sans lui, le succès de l'armée allemande en Pologne, aux Pays-Bas, en Belgique, France, Méditerranée eût été moins éclatant, voire impossible. En effet, avant l'invention des Stuka, la seule possibilité d'attaquer un objectif bien précis était de s'approcher en vol horizontal à basse altitude, donc à s'exposer dangereusement aux tirs de la DCA.

Stratégie d'attaque du Stuka[modifier | modifier le code]

La spécialité du Stuka, le bombardement en piqué d'objectifs précis.
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Les Stukas arrivaient en formation à basse altitude, puis l'un après l'autre se faisaient basculer en fonçant sur leur cible à la manière des oiseaux de proie. L'attaque en piqué soumettait pilote et appareil à des phénomènes physiques à la limite du supportable. À l'altitude voulue l'appareil lâchait sa bombe, qui s'apparentait plus à une torpille. L'aviateur devait obligatoirement se débarrasser de sa bombe, sans quoi, avec le poids, il ne pouvait plus redresser son appareil[3]. Les attaques de Stukas étaient reconnaissables au bruit de sirène strident les accompagnant. Ce son spécifique, dont l'intensité était proportionnelle à la vitesse de l'appareil, était produit par deux petites sirènes en bois et équipées d'hélices, fixées sur le train d'atterrissage de l'appareil. Deux hypothèses peuvent aujourd'hui en expliquer l'usage : selon la croyance la plus répandue, les sirènes des Stukas étaient destinées à provoquer un effet de panique sur l'ennemi. Cependant, certains historiens s'accordent à affirmer qu'elles permettaient simplement d'indiquer au pilote la vitesse de son appareil sans porter son attention à ses instruments de mesure, afin de lui offrir une concentration maximale en cas de combat. Si les historiens reconnaissent aujourd'hui que leur existence est avérée, le pilote de la Luftwaffe Hans-Ulrich Rudel, dans son ouvrage Pilote de Stukas, a pour sa part affirmé que l'usage de telles sirènes ne s'était jamais produit, et qu'il ne relevait que d'une croyance populaire. Après la campagne de Pologne, celles-ci sont retirées des Stukas, pour leur permettre une meilleure discrétion.

Engagements[modifier | modifier le code]

Groupe de Stuka Junkers Ju 87 en Yougoslavie, en octobre 1943.

Guerre civile espagnole[modifier | modifier le code]

La guerre civile espagnole sera un banc d'essai. La Légion Condor engagera trois Stukas à Teruel, en Catalogne et sur le front de l'Ebre. Un bombardement des ports espagnols (Barcelone, Tarragone et Valence) se traduit par des navires coulés et des docks incendiés. La légende du Stuka est née mais donne une fausse impression de puissance et de sécurité face à un adversaire mal équipé.

En Pologne[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Bataille d'Angleterre[modifier | modifier le code]

En URSS[modifier | modifier le code]

Les bombes sont inefficaces contre les chars soviétiques, le Ju-87.G-1,sera équipé de deux canons de 37 mm sous voilure.

Les succès remarquables[modifier | modifier le code]

Les faiblesses[modifier | modifier le code]

Face à un escadron de Spitfires, une formation de Stukas est décimée. Le Stuka est trop lent à réagir. Il est incapable de fuir, il est massacré sur son chemin de retour, sans protection de chasseurs. Les ballons sont aussi une source d'ennuis en empêchant l'avion de descendre suffisamment bas. Les bombes larguées de 1 000 m sont peu précises et atteignent moins souvent leur but.

Liste d'avions[modifier | modifier le code]

Parmi les bombardiers allemands destinés au rôle de Stuka, on peut compter :


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Chaussois 1968, p. 90-91
  2. Chaussois 1968, p. 91-93
  3. Eddy Przybylski, journal La Dernière Heure, 17 mai 2015.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Robert Chaussois, « L’histoire des stukas : redoutables bombardiers en piqué et avions de choc de la Luftwaffe », Historama, no 204,‎ , p. 88-106 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Mister kit et G. Aders, « Junkers Ju-87 STUKA », Spécial la Dernière Guerre, éditions Atlas 1979.
  • Herbert Leonard et André Jouineau, Junkers Ju87 de 1936 à 1945, collection « Avions et Pilotes », édition Histoire et Collections.
  • Hans-Ulrich Rudel, Pilote de Stuka, Déterna, 2008 (ISBN 978-2913044852) et éditions J'ai lu leur aventure, no A21/22.
  • William Green et Gordon Swanborough, Chasseurs Bombardiers de 1916 à 1982, éditions Celiv.

Liens externes[modifier | modifier le code]