Cinquième circonscription de la Moselle

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La cinquième circonscription de la Moselle est une circonscription législative située dans la partie nord-est du département de la Moselle, en région Grand Est.

Description géographique et démographique[modifier | modifier le code]

Le découpage du département de la Moselle en circonscriptions législatives a été modifié pour la dernière fois lors du redécoupage de 2010. La 5e circonscription est composée de six cantons: les cantons de Bitche, Rohrbach-lès-Bitche, Sarralbe, Sarreguemines, Sarreguemines-Campagne et Volmunster.

En 2014 a lieu un redécoupage cantonal, qui a modifié les cantons de Bitche, Sarralbe et Sarreguemines et fait disparaitre les cantons de Rohrbach-lès-Bitche, Sarreguemines-Campagne et Volmunster, mais ce redécoupage cantonal n'a pas modifié le découpage des circonscriptions législatives. La 5e circonscription est donc en 2017 identique à ce qu'elle était en 2012[1],[2].

Les cantons de Bitche, Rohrbach-lès-Bitche et Volmunster constituent un ensemble culturel cohérent, le « Bitscherland » (Pays de Bitche), alors que les autres cantons sont très fortement polarisés autour de la ville-chef-lieu de Sarreguemines.

Le dialecte francique parlé dans toute la circonscription est une variété du francique rhénan lorrain (Lothringer Rheinfränkisch), également parlé dans l'Alsace bossue voisine et différent des dialectes alsaciens alémaniques.

Description politique[modifier | modifier le code]

La 5e circonscription de Moselle a longtemps été considérée comme un fief inexpugnable de la droite gaulliste puis démocrate-chrétienne. En 1965 le général de Gaulle y réalisait l'un de ses meilleurs score nationaux (86 % des voix au 2e tour contre F. Mitterrand). Par la suite, la circonscription est retournée à ses anciennes tendances de droite plus démocrate-chrétienne. En 1973 elle a élu Jean Seitlinger, ancien proche de Robert Schuman et conseiller général de Rohrbach les Bitche déjà élu député en 1956 et 1958, contre le député sortant gaulliste E.Hinsberger. J.Seitlinger fut réélu facilement en 1978, 1981 et 1986 (où il menait la liste UDF), et ce malgré son opposition à la personnalité de Pierre Messmer, député de la circonscription voisine de Sarrebourg. Ainsi, en 1986 Jean Seitlinger ne put être nommé ministre aux affaires européennes en raison du véto émis par P. Messmer à ce choix. À partir de 1988 cependant, le leadership de Jean Seitlinger sur la droite locale fut contesté par une série de candidat locaux.

En 1988, il fut réélu en triangulaire contre le maire de Bitche J. Schaeffer (divers-droite) et le candidat de gauche R.Rossler. Seitlinger obtint 39 % des voix contre 30 % à chacun de ses deux opposants. En 1993 le député sortant fut à nouveau mis en ballotage par un candidat divers-droite H.Roth, dont il triompha difficilement (51,5 % des voix au 2e tour). Marquées une fois de plus par ces rivalités récurrentes à droite, les élections de 1997 provoquèrent, dans cette circonscription qui paraissait ancrée à droite, un véritable choc. Le candidat PS G.Maurer, bien implanté dans le canton de Bitche, l'emporta d'une très courte tête (50,2 %) contre le nouveau candidat de droite H.Roth. Les querelles de succession de J.Seitlinger à droite, qui ne se représentait pas, entre H.Roth de Sarralbe et le maire divers-droite de Sarreguemines R.Ludwig favorisèrent cette élection-surprise. On nota par ailleurs une très forte différenciation géographique entre le "Bitscherland" qui choisit largement G.Maurer, et la région de Sarreguemines qui lui préféra H.Roth. En 2002 le maire UMP de Sarreguemines C.Lett l'emporta assez nettement sur le député sortant (57 %). On nota cependant que les divisions de la droite entre candidats du « Bitscherland » et candidat de Sarreguemines se sont à nouveau fait sentir (le divers-droite de Rorhbach lès Bitche D.Zintz obtint 19 % au premier tour) et le candidat PS l'emporta encore dans les 3 cantons du « Bitscherland » au second tour. Le candidat UMP récolta lui des majorités considérables dans les cantons de Sarreguemines et alentours.

Circonscription mi-rurale mi-urbaine, dont la polarisation autour de Sarreguemines reste très largement imparfaite, la 5e circonscription est donc assez orientée à droite. On note cependant que le PS a pu gagner le siège en 1997 grâce aux divisions de la droite et à la très forte implantation locale de son candidat. Par ailleurs l'opposition droite-gauche laisse souvent la place à une opposition régionale entre les candidats du « Bitscherland » et ceux de Sarreguemines, ce dont J. Seitlinger comme G. Maurer ont su jouer. Le FN a connu un succès grandissant aussi bien dans la région de Sarreguemines que dans le « Bitscherland », J.M. Le Pen réalise des scores importants dans l'ensemble de la circonscription et esta arrivé en tête en 2002.

Lors de l'élection présidentielle de 1988, la circonscription s'était (à la surprise de beaucoup) prononcée pour F. Mitterrand (52,4 %). En 1995 elle plaçait E. Balladur (25,5 %) en tête devant J.-M. Le Pen (24,9 %), J. Chirac (16 %) et L. Jospin (16 %). Au second tour elle avait choisi J. Chirac (53,9 %). En 2002 elle plaçait J.-M. Le Pen en tête (26,8 %) devant J. Chirac (20,5 %), L. Jospin (11,6 %).

Les échéances présidentielle et législatives de 2007 ont nettement affirmé l’ancrage à droite de la circonscription, accentuant le résultat départemental favorable à celle-ci. Le premier tour de la présidentielle permettait en effet à N. Sarkozy de se placer en tête, obtenant 30,5 % des voix, et augmentant de 10 points le résultat obtenu par J. Chirac en 2002. F. Bayrou obtenait avec un 20,8 % un score nettement supérieur à sa moyenne départementale, et se rapprochant des résultats alsaciens voisins. Il faisait plus que doubler son résultat de 2002, bénéficiant du vote d’un électorat de centre-droit très présent ici. À l’inverse, J-M. Le Pen, qui était arrivé en têt en 2002, chutait de près de 10 points par rapport au score Mégret+ Le Pen de 2002, et ne récoltant plus que 18,3 % des voix. Une partie importante de son électorat s’est à cette occasion déplacée vers N. Sarkozy, voire vers F. Bayrou. Enfin, S. Royal n’obtenait que 16,6 %, un résultat assez proche de celui de L. Jospin en 1995, mais qui se situait nettement en deçà de sa moyenne départementale. Le second tour de scrutin devait amplifier l’avance de N. Sarkozy, qui ralliait sur son nom une très large partie des électeurs UDF et FN du premier tour, et dépassait ici 60 % (61,9 %), réalisant du même coup la meilleure performance d’un candidat de droite dans la circonscription depuis V. Giscard d’Estaing en 1974. Le candidat UMP dépassait 68 % à Volmunster, l’un de ses meilleurs scores mosellans, dépassait 62 % dans l’ensemble des cantons ruraux et s’approchait des 58 % à Sarreguemines. S. Royal réalisait une assez faible performance, en net retrait du résultat de L. Jospin en 1995 (46 %), et était devancée dans l’ensemble des communes de la circonscription, très largement dans les communes rurales d’une partie du Bitscherland et de la région de Sarreguemines Sarralbe.

En dépit de ce très fort score de N. Sarkozy, l’ampleur de la réélection du député sortant, C. Lett, a surpris plus d’un observateur. Opposé à nouveau à l’ancien député PS G. Maurer, par ailleurs conseiller général de Bitche, le maire de Sarreguemines a en effet obtenu un score remarquable, étant réélu dès le premier tour avec 61,4 % des voix, ce qui en fait l’un des députés les mieux élu de France. C. Lett a dépassé la barre des 60 % dans l’ensemble des cantons, à l’exception de celui de Bitche, réalisant même son meilleur résultat au cœur du Bitscherland, à Volmunster, un canton qui avait voté pour G. Maurer en 2002 avec 68,9 %. Il obtenait plus de 62 % à Sarreguemines, Sarralbe, Sarreguemines Campagne et Rohrbach-lès-Bitche, et réalisait même près de 52 % à Bitche, dans le canton de son rival, G. Maurer. Celui-ci subissait par ailleurs une érosion importante, n’obtenant plus que 18,7 % contre 27,1 % en 2002. Il ne dépassait 20 % qu’à Bitche (29 %) et subissait un net recul dans l’ensemble des cantons, aussi à Sarreguemines (17 %) et Sarralbe (15 %) que dans le reste du Bitscherland (17 % à Rohrbach-lès-Bitche, 13 % à Volmunster). La revanche annoncée laissait donc la place à une nette réélection du sortant, dont l’implantation locale s’était désormais étendue à l’ensemble de la circonscription, atténuant de fait les différences électorales en Bitscherland et région de Sarreguemines et Sarralbe. Les candidats Modem et FN ne recueillaient que de faibles scores, 5 % tous les deux, signifiant le report d’une partie importante des électorats de f. Bayrou et de J-M. Le Pen vers le député sortant dès le premier tour.

Si les élections présidentielle et législatives de 2007 ont nettement confirmé l’ancrage à droite de la circonscription, l’amplifiant même nettement tant dans le résultat obtenu par N. Sarkozy au second tour que par la réélection très facile de C. Lett le 10 juin, la géographie électorale de la circonscription a été modifiée précisément par cette évolution. Les différences géographiques entre Bitscherland et pays de Sarreguemines ont de fait été nettement atténuées, tant par la présidentielle que – et c’est plus surprenant – aux législatives, confirmant la force de l’évolution à droite de la circonscription. Les fiefs de N. Sarkozy et C. Lett se confondent à peu près : ils réalisant tous deux leur meilleur score à Volmunster (33,9 % pur Sarkozy au premier tour, 68 % au second, 68 % au premier tour pour C. Lett) confirmant l’orientation à droite de ce canton, où V. Giscard d’Estaing réalisait son meilleur résultat mosellan en 1981 (52 %). Ailleurs, le candidat UMP réalise des performances proches, dépassant 30 % dans l’ensemble des cantons au premier et 60 % au second, de même que C. Lett dépassa 60 % dans tous ces cantons, à l’exception de Bitche, le 10 juin. Le bon score de F. Bayrou dans cette terre marquée par la démocratie chrétienne s’illustre, lui aussi par une forte homogénéité, son meilleur résultat étant de 21,2 % à Rohrbach-lès-Bitche (ancien canton de Jean Seitlinger) et son plus mauvais de 18,8 % à Sarralbe, ailleurs le candidat UDF se situe toujours entre 20 % et 21 % des voix, tant au Bitscherland qu’à Sarreguemines. Cependant, une large partie de ses électeurs n’a pas suivi sa position lors du second tour, et a voté pour N. Sarkozy le 6 mai puis C. Lett le 10 juin, en s’inscrivant ainsi nettement au centre-droit. Installé depuis 1988 à plus de 20 % des voix dans cette circonscription, J-M. Le Pen y assez nettement régressé, tout en réalisant encore 18,3 %. Il résiste plus fortement à Sarralbe (21,3 %) et dans une partie du Bitscherland (19 % à Volmunster et Rohrbach-lès-Bitche) qu’à Sarreguemines et Bitche (16 %). Enfin, la gauche est ici en nette régression, ce qui est visible dans la faible performance réalisée par G. Maurer, pourtant ancien député et élu local, aux législatives : S. Royal a légèrement dépassé 20 % à Sarreguemines, 17 % à Bitche, mais a réalisé des performances très faibles dans le reste du Bitscherland et à Sarralbe. Ce faisant, la gauche est apparue encore plus nettement minoritaire dans cette circonscription, ne dépassant pas 40 % à la présidentielle et ne réussissant pas à mettre C. Lett en ballottage, faisant apparaître les élections de 1997 comme un lointain souvenir. La force des partis de droite est donc sortie plus nette de ces élections.

Historique des élections[modifier | modifier le code]

Députés de la circonscription élus à l'Assemblée nationale pour les législatures de la Ve République v · d · m )
Législature Début de mandat Fin de mandat Député Parti politique Observations

Ire Jean Seitlinger MRP Conseiller général de Rohrbach-lès-Bitche
Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par Charles de Gaulle.
IIe Étienne Hinsberger UNR-UDT Conseiller général de Sarreguemines
IIIe Étienne Hinsberger UDVe Conseiller général de Sarreguemines
Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par Charles de Gaulle.
IVe Étienne Hinsberger UDR Conseiller général de Sarreguemines
Ve Jean Seitlinger CDP/CDS Conseiller général de Rohrbach-les-Bitche
VIe Jean Seitlinger UDF-CDS Conseiller général de Rohrbach-les-Bitche
Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par François Mitterrand.
VIIe Jean Seitlinger UDF-CDS Conseiller général de Rohrbach-les-Bitche
VIIIe Jean Seitlinger UDF-CDS Conseiller général de Rohrbach-les-Bitche
Proportionnelle par département, pas de député par circonscription.
Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par François Mitterrand.
IXe Jean Seitlinger UDF-CDS Conseiller général de Rohrbach-les-Bitche
Xe Jean Seitlinger UDF-CDS Conseiller général de Rohrbach-les-Bitche
Mandat écourté à la suite d'une dissolution parlementaire décidée par Jacques Chirac.
XIe Gilbert Maurer PS Conseiller général de Bitche
XIIe Céleste Lett UMP Maire de Sarreguemines
XIIIe Céleste Lett UMP Maire de Sarreguemines
XIVe Céleste Lett UMP Maire de Sarreguemines
XVe Nicole Gries-Trisse REM

Élections de 2012[modifier | modifier le code]

Résultats des élections législatives des 10 et 17 juin 2012 de la 5e circonscription de la Moselle[3]
Candidat Parti Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Céleste Lett* UMP 16 744 43,00 21 719 60,24
Angèle Dufflo PS 9 174 24,94 14 334 39,76
Philippe-Marcel Armand FN 8 071 20,73
Michel Uhring SE 1 663 4,27
Alphonse Walter FG (GU) 1 294 3,32
Sandra Pépino MEI 639 1,64
Carmen Eichert POI 284 0,73
Arnaud Santimaria DLR 270 0,69
Yann Lucas LO 263 0,68
Inscrits 74 626 100,00 100,00
Abstentions 34 833 46,68
Votants 39 793 53,32
Blancs et nuls 851 2,14
Exprimés 38 942 97,86 36 053
* député sortant


Élections de 2017[modifier | modifier le code]

Résultats des élections législatives des et de la 5e circonscription de la Moselle
Premier tour

Second tour

Nombre % des inscrits Nombre % des inscrits
Inscrits 73 982 100,00 73 972 100,00
Abstentions 41 438 56,01 43 460 58,75
Votants 32 544 43,99 30 512 41,25
% des votants % des votants
Bulletins blancs 564 1,73 1 585 5,19
Bulletins nuls 211 0,65 722 2,37
Suffrages exprimés 31 769 97,62 28 205 92,44
Candidat
Étiquette politique (partis et alliances)
Voix % des exprimés Voix % des exprimés
Céleste Lett (député sortant)
Les Républicains (Union des démocrates et indépendants)
9 123 28,72 13 676 48,49
Nicole Gries-Trisse
La République en marche
7 775 24,47 14 529 51,51
Pascal Jenft
Front national
5 478 17,24
David Suck
Union des démocrates et indépendants
4 193 13,20
Brigitte Blang
La France insoumise
2 092 6,59
Angèle Dufflo
Parti socialiste
823 2,59
Élisabeth Parachini
Europe Écologie Les Verts
549 1,73
Solenne Schaff
Debout la France
457 1,44
Chantal Uhring
Régionaliste (57-Le Parti des Mosellans)
264 0,83
Bernadette Hilpert
Parti communiste français
218 0,69
Sébastien Ollier
Lutte ouvrière
193 0,61
Ramazan Dogan
Divers (Parti égalité et justice)
193 0,61
Yvonne Wentzel
Divers (Union populaire républicaine)
145 0,46
Jacqueline Berger
Divers (Civitas)
142 0,45
Daniella Bettenfeld
Extrême gauche (Parti ouvrier indépendant démocratique)
124 0,39
Source : Ministère de l'Intérieur - Cinquième circonscription de la Moselle

Notes et références[modifier | modifier le code]