Cattenom

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Cattenom
Husange, Sentzich
Hôtel de ville.
Hôtel de ville.
Blason de CattenomHusange, Sentzich
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Moselle
Arrondissement Thionville
Canton Yutz
Intercommunalité Communauté de communes de Cattenom et environs
Maire
Mandat
Michel Schibi
2014-2020
Code postal 57570
Code commune 57124
Démographie
Gentilé Cattenomois, Cattenomoise
Population
municipale
2 775 hab. (2014)
Densité 109 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 24′ 24″ nord, 6° 14′ 44″ est
Altitude Min. 148 m – Max. 237 m
Superficie 25,53 km2
Localisation

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Liens
Site web www.mairie-cattenom.fr

Cattenom est une commune française située dans le département de la Moselle. Située en Lorraine, la commune fait partie depuis 2016 de la région administrative Grand Est.

La commune est essentiellement connue pour sa centrale nucléaire et pour être le plus grand musée à ciel ouvert de la Ligne Maginot. En effet, lors de l'édification du célèbre système de fortifications, un nombre impressionnant d'ouvrages militaires de différents types et aux fonctions variées a été construit dans la forêt communale et ses abords, aménagée pour l'occasion comme un véritable saillant défensif renforcé. Ainsi la commune de Cattenom bénéficie-t-elle de la présence de deux projets d'ingénierie majeurs du 20e siècle. Si les vocations des deux projets sont évidemment différentes, on y retrouve toutefois des similitudes inattendues. Il s'agit d’œuvres de génie civil complexes où le meilleur de la France s'est investi.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville est située à neuf kilomètres environ au nord-est de Thionville, à 42 km de Metz et à onze kilomètres de la frontière franco-luxembourgeoise. Cattenom est réputée pour ses plans d’eau.

Écarts et lieux-dits[modifier | modifier le code]

  • Homeldange
  • Husange : hameau et zone artisanale faisant partie de la commune.
  • Sentzich : commune réunie à Cattenom en 1970.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Le premier élément est probablement l'anthroponyme germanique Catto que l'on retrouve dans Catonvielle et dans Chatonrupt. Le second élément est apparemment le germanique haim, foyer, village (cf. allemand Heim). Il semble qu'une forme en hof (cour, ferme) ait coexisté, comme c'est parfois le cas en toponymie. Selon Ernest Nègre, Cattonhem par interversion de o et e serait devenu Catten(h)om. Toponyme similaire : Kettenheim en Rhénanie.
  • Le nom de Cattenom est attesté sous les formes[1],[2]: Cathenem (1182), Kettenem (1214), Kettenhem (1329), Kettenheim (1400), Kerthenhem (1426), Katenem (1432), Kettenheim (1481), Keluchem / Ketenhon / Cetenhem / Kentuchen / Kettenoffen (1544), Kettenhoven (1568-1570), Cettenhouen (1589), Kattenhous (1594), Catnum (XVIe siècle), Katenom (1668), Catnom (1685), Kethenoven (1686), Cathenom (carte de Cassini), Cattenom (1793).
  • Durant le XIXe siècle, Cattenom était également connu au niveau postal sous l'alias de Kettenhowen[3].
  • En allemand : Kattenhofen[1]. En francique lorrain : Kettenuewen[4], Kattenuewen, Kättenowen et Kättewen.

Homeldange[modifier | modifier le code]

Homeldingen (1871-1918), Hommeldéng en francique lorrain.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Au lieu dit "Unterhausen" (Lotissement Les Tanneurs) des fouilles archéologiques préventives ont mis en évidence un habitat rural du Néolithique ancien et de la fin de l'âge du Bronze [5].

Antiquité[modifier | modifier le code]

A Sentzich, en 2000, au lieu-dit "Seeveren", des fouilles préventives ont mis au jour deux fosses circulaires datées de l'époque de la Tène pouvant s'apparenter à des silos et des morceaux de céramique[6]. Le lieu est situé dans la zone de chevauchement entre l'aire d'influence des médiomatriques au sud et celle des trévires au nord.

La grande voie romaine qui relie Divodurum Mediomatricorum à Augusta Treverorum par la rive gauche de la Moselle traverse la forêt de Cattenom et forme une des limites de la commune à l'ouest. Il est admis qu'un diverticulum entre cette voie et la grande voie de la rive droite traversait la Moselle entre Cattenom et Basse-Ham.

Moyen-âge[modifier | modifier le code]

Seigneurie de Cattenom[modifier | modifier le code]

Cette seigneurie, qui renfermait les villages de Breisdorf (en partie), Boler, Evingen, Hettingen-la-grande, Kœking, Sentzig, Sœterich et des parties de Boust, Garsch, Roussy-bourg et Roussy-village, appartenait à la maison ducale de Limbourg et ne fut jointe au comté de Luxembourg qu'en 1214, à l'occasion du mariage de Walram de Limbourg avec la comtesse Ermesinde, héritière du comté de Luxembourg et veuve du comte Thibaut de Bar. Jusqu'à l'époque de ce mariage, Cattenom ressortissait du comté d'Arlon[8].

À partir de la fusion en 1214 du comté d'Arlon avec le comté de Luxembourg, la seigneurie de Cattenom disparait comme telle et se trouva réunie au territoire dit prévôtal de Thionville[8].

Période moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1638, l'ancienne seigneurie ayant été aliénée par l'État à titre d'engagère au profit de Guillaume de la Marguille, seigneur de Copel ; la seigneurie de Cattenom reparut comme telle avec son ancien territoire et ses anciennes prérogatives. Elle se composait à cette époque du bourg de Kettenhoven (Cattenom), des villages de Boler, Breisdorf-la-grande, Sentzig, Kœking et d'un certain nombre de maisons dans les villages de Roussy-le-Bourg et Roussy-le-Village[8].

La commune passa sous la domination française en 1643 après la victoire de Condé à Thionville. Fief de Valter de Meuerbourg jusqu'à la Révolution.

Le 29 avril 1814, cinquante et une maisons de Sentzich brûlèrent par l'imprudence d'un soldat Hessois qui mit le feu à un toit de chaume, en tirant des coups de fusil sur le coq du clocher.

En 1817, à Cattenom, village sur la Moselle fermé de murailles, il y avait à cette époque 1 015 habitants répartis dans 190 maisons. Et à Sentzich, à la même époque, il y avait 739 habitants répartis dans 127 maisons[9].

Deuxième guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Entre 1930 et 1940, aménagement des ouvrages militaires défensifs de la Ligne Maginot. La population de la ville augmente fortement du fait de la présence des ouvriers travaillant sur les nombreux chantiers, ainsi que par l'aménagement du camp de sécurité de Cattenom, avec des équipements collectifs, des baraquements pour les soldats et des villas pour les cadre de métiers et leur famille. Ce casernement était dénommé "Quartier Boler". Il sera occupé par des éléments de la Kriegsmarine durant les années d'annexion au 3e reich.[10]

En septembre 1939, au moment de la déclaration de la guerre, la population de Sentzich est évacuée. En mai 1940, c'est au tour de la population civile de Cattenom d'être évacuée de la zone des combats[11].

En 1944, entre le 9 et le 14 novembre, la forêt de Cattenom est le point de départ du franchissement de la Moselle par la 90e division d'infanterie américaine "Texas-Oklahoma". Le couvert végétal et les ouvrages de la Ligne Maginot ont été utilisés pour dissimuler soldats et matériels. Au cours de cette bataille, un pont flottant est installé sur la rivière pour permettre au matériel lourd et au ravitaillement de rejoindre la rive droite[12]. Les combats sont menés alors que la Moselle est en crue, la plaine complètement inondée et par un temps effroyable (pluie, vent, froid). L'observatoire (bloc 5) de l'ouvrage du Galgenberg, qui domine le champ de bataille semble avoir été utilisé à la suite d'une reconnaissance effectuée par des officiers du 359th Infrantry regiment.[13] Ils ont pu accéder à l'intérieur de l'ouvrage depuis le créneau JM/AC 47 endommagé de l'entrée des munitions. Les derniers occupants allemands avaient en effet procédé au sabotage des canons anti-chars de l'ouvrage.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Cattenom Blason Coupé d'argent et de sable à l'escarboucle pommetée et fleurdelisée de huit rais d'or brochant sur le tout[14].
Détails

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1959 mars 1995 Alphonse Bohler UNR  
mars 1995 en cours Michel Schibi SE  

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[16],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 2 775 habitants, en augmentation de 6,12 % par rapport à 2009 (Moselle : 0,02 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
866 1 067 1 045 916 1 148 1 100 1 163 1 136 1 042
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
943 936 885 858 842 784 819 834 850
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
833 880 1 238 887 1 003 1 121 1 322 2 374 2 209
1990 1999 2007 2011 2014 - - - -
2 190 2 272 2 549 2 704 2 775 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

  • collège public d'enseignement secondaire : collège Charles-Péguy.

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[18][modifier | modifier le code]

vue de cattenom
Panorama sur Cattenom, Yutz et la vallée de la Moselle depuis le sommet du Galgenberg

Lieux[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Église paroissiale Saint-Martin : anciennement chapelle Saint-Étienne[19] de l'Ordre Teutonique construite durant les XIe et XIIe siècles, démolie en 1830, excepté le chœur et la tour clocher. Édifiées par-dessus cette chapelle, les constructions du nouveau cœur et de la tour du clocher furent achevées en 1831. Cette église devint l'église paroissiale Saint -Martin en remplacement de l'ancienne située sur le site du cimetière actuel. L'église est dotée d'un orgue d'Aristide Cavaillé-Coll (1857), composé de deux claviers de 54 et de 37 notes ainsi que d'un pédalier de 30 notes[20].
  • Église paroissiale Saint-Rémi à Husange. Église paroissiale pour l'écart de Husange et les écarts de Kœking et Garche (commune de Thionville), construite en 1708 (date portée sur le linteau du portail), restaurée en 1726 (date portée sur le 1er contrefort côté sud). Dernier niveau de la tour clocher, portail, plafonds de la nef et des bas-côtés, décor stuqué refaits, sacristies sont construits en 1881 (date portée sur le portail).
  • Église paroissiale Saint-Jacques à Sentzich, construite en 1828 (date portée sur la façade occidentale). La date 1846, portée sur la clef de la porte au chevet rappelle sans doute l’érection de la croix qui la surmonte. Tour clocher 4e quart XIXe siècle.
  • Chapelle de cimetière.
  • Synagogue à Sentzich, construite au XIXe siècle ; transformée en atelier de menuiserie au XXe siècle, située rue de la Synagogue.

Edifices militaires[modifier | modifier le code]

Carte des constructions de la Ligne Maginot dans le bois de Cattenom
Carte des constructions de la Ligne Maginot dans le bois de Cattenom

La commune abrite sur son territoire plusieurs ouvrages de la ligne Maginot. Lors de l'élaboration du projet de ligne de défense, il a été reconnu stratégiquement indispensable d'englober la forêt et ses hauteurs dans le territoire défendu, sous peine de voir l'adversaire s'y installer en cas de guerre et tenir les vallées de la Moselle et de la Canner sous son contrôle et son feu d'artillerie. Un saillant a donc été aménagé dans le tracé de la ligne avec pour corollaire, afin d'en limiter la faiblesse potentielle (attaque par deux côtés),une concentration d'ouvrages inédite et impressionnante sur un petit périmètre. Ainsi y trouve-t-on quatre ouvrages importants :

Article détaillé : Ouvrage du Kobenbusch.
Article détaillé : Ouvrage de l'Oberheid.
Article détaillé : Ouvrage du Galgenberg.
Article détaillé : Ouvrage de Sentzich.
Ligne Maginot, Abri du bois de Cattenom

Outre ces ouvrages, on a aménagé également sur le ban de la commune une casemate d'infanterie (Sonnenberg), trois abris de surface pour la troupe (Bois Karre, Rippert et Bois de Cattenom), un observatoire et des nombreux petits blockhaus chargés de renforcer la ligne de front. Il y avait aussi, en lieu et place de la centrale nucléaire, un casernement de temps de paix pour accueillir les militaires. D'autres ouvrages avaient été planifiés pour renforcer le saillant mais, faute de crédits, ils n'ont jamais été mis en chantier.

En ajoutant ceux construits sur le ban voisin (ouvrage du Bois Karre et casemate de Basse-Parthe), cette forte concentration d'ouvrages à vocation différente fait de la forêt de Cattenom le plus grand musée à ciel ouvert de la Ligne Maginot.

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert-Louis Piernet (dir.), Hemechtsland a Sprooch : Kättewen, H.A.S. (no 3), (ISSN 0762-7440)
  • S. Chimello, P. Kwiatrowski, Le pays de Cattenom, éd. Serge Domini, 2001 (ISBN 2-912645-34-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868.
  2. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Administration générale des postes, Dictionnaire des postes aux lettres, contenant les noms des villes, communes et principaux lieux habités de la France, Paris, Imprimerie Royale, 1845.
  4. Zesummegestallt vum Henri Leyder - Lëtzebuerger Marienkalender 1997 - iwwerschaft 3/2011
  5. Auteur(s) : Thomashausen, Laurent ; Delnef, Hélène ; Wiethold, Julian ; Blouet, Vincent . Collab. ; Petitdidier, Marie-Pierre . Collab. Publication : Metz : Inrap GEN , 2011
  6. Clément Féliu 2008 - Leuques et Médiomatriques à La Tène moyenne et finale - SRA 57124-028
  7. Historique de Cattenom, Mairie de Cattenom (consultée le 19 décembre 2007)
  8. a, b et c Publications de la Société pour la Recherche et la Conservation des Monuments Historiques dans le Grand-Duché de Luxembourg, Volume 18, Imprimerie-Librairie V. Buck, 1863.
  9. Viville, Dictionnaire du département de la Moselle, 1817.
  10. « Wikimaginot Camp de Cattenom »
  11. De l’évacuation à la libération dans La région de Thionville et de Cattenom - Jean Paul Paradeis
  12. Hugh Mac Cole, The Lorraine Campaign
  13. After Combat Report, 359th IR, november 1944
  14. http://www.genealogie-lorraine.fr/blasons/index.php?dept=57&blason=CATTENOM
  15. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  18. Inventaire du patrimoine
  19. « Eglise Paroissiale Saint-Martin, Saint-Etienne », notice no IA00053161, base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. Restauration de l'orgue Cavaillé-Coll de Cattenom