Alexandre Yersin

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Alexandre Yersin
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Alexandre Yersin
Photographie de Pierre Petit

Naissance
Aubonne, Canton de Vaud (Suisse)
Décès (à 79 ans)
Nha Trang (Indochine française)
Nationalité Drapeau de Suisse Suisse puis Drapeau de France Français
Institutions Institut Pasteur
Renommé pour co-découvreur de la toxine diphtérique avec Émile Roux, découvreur du bacille de la peste, explorateur de l'Indochine

Alexandre Émile John Yersin, né le à Aubonne dans le canton de Vaud en Suisse et mort le à Nha Trang, en Indochine française, en Annam (Province du Centre), est un médecin, bactériologiste et explorateur franco-suisse. En 1888, à 25 ans, Alexandre Yersin devient médecin à Paris avec sa thèse : "Études sur le développement du tubercule expérimental" devenu classique sous le nom de "Tuberculose type Yersin". En 1889, il prend la nationalité française. Disciple de Pasteur, Yersin suivait toujours la méthode d'une science exacte du Maître ; "la méthode Pasteurienne". En 1893, il crée la ville de Dalat avec l'aide du Gouverneur Paul Doumer.

On doit surtout à Yersin la découverte du bacille de la peste (Yersinia pestis) en 1894, la préparation du premier sérum anti-pesteux et l'étude de la toxine diphtérique. En 1899, Yersin introduit l'hévéa dans la région de Nha Trang. Il est fondateur de l'École de Médecine de Hanoi en 1902 (actuelle faculté de Médecine de Hanoi) dont il est le premier directeur. Alexandre Yersin a été nommé à titre posthume Citoyen d'honneur du Vietnam.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alexandre Yersin est le troisième et dernier d'une fratrie de trois enfants. Les Yersin sont membres de l'Église évangélique libre du canton de Vaud. Sa mère a une ancêtre originaire des Cévennes chassée par la Révocation de l’édit de Nantes. Son père, qui se prénomme également Alexandre (1825-1863), intendant des Poudres de la Suisse romande mais également professeur de sciences naturelles aux collèges d'Aubonne et de Morges, meurt d'une hémorragie cérébrale peu avant sa naissance[1],[2]. Sa mère élève seule leurs trois enfants (Émilie, Franck et Alexandre) et s'installe à Morges, où elle ouvre une institution pour jeunes filles. En 1882, Alexandre Yersin obtient son baccalauréat ès lettres au Gymnase de Morges, et entame des études de médecine, en 1883, à l'ancienne Académie de Lausanne, où il porte les couleurs de la Société d'étudiants Stella Valdensis. Il poursuit sa formation médicale Marbourg en Allemagne. Puis, en 1885, Yersin arrive en France, où il continue ses études à l'Hôtel-Dieu de Paris. Là, il fait une rencontre déterminante en la personne d'Émile Roux. Ce dernier lui ouvre les portes de l'Institut Pasteur et lui permet de participer aux séances de vaccination contre la rage. Avec lui il découvre en 1886 la toxine diphtérique. En 1888, il passe son doctorat en soutenant une thèse sur la tuberculose expérimentale où il décrivait les lésions d'un lapin atteint de tuberculose, ce qui lui valut la médaille de bronze de la Faculté de médecine de Paris en 1889. Il suit à Berlin le cours de bactériologie de Robert Koch. En 1889, il devient le premier préparateur du cours de microbiologie de l'Institut Pasteur. Ce cours marque la très grande influence de la recherche française à l'étranger. Après de nombreuses formalités, il obtient la nationalité française cette même année.

Les expéditions en Indochine[modifier | modifier le code]

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Dès 1890, Yersin éprouve le besoin de voyager après des mois de travail acharné sur la tuberculose et la diphtérie à l’Institut Pasteur. Après de courts séjours en Normandie, où il découvre la mer, il décide de partir dans les colonies françaises. En septembre 1890, il rejoint l’Indochine française, où il devient médecin des Messageries maritimes. Épris de ce pays, il réussit, en 1891, à obtenir des Messageries maritimes la permission d’explorer l’Indochine. De là, prendront naissance trois expéditions à travers la jungle d’Indochine, région peu connue, sauvage et réputée dangereuse. Durant l’année 1891, Alexandre Yersin traverse fleuves et forêts tropicales et apprend à vivre dans ces lieux. Il s'établira et restera attaché à ce qui fut à cette époque un petit village de pêcheur Nha Trang. C'est au cours de cette première expédition qu'il découvre le site et l'excellent climat de ce qui deviendra Đà Lạt.

En 1892, il s'engage comme médecin de Santé coloniale en Indochine sur les conseils de Calmette. Il franchit tous les gardes de médecin de 2e classe jusqu’à celui de médecin principal de 1re classe (cinq galons) le 23 juin 1913, avant d’être admis à la retraite en 1920, en qualité de médecin colonel. C’est sous le képi rouge à l’ancre de marine qu'il fit toute sa carrière en Indochine

Il part cette fois officiellement mandaté pour explorer la région de l’Annam, il sillonne les reliefs de la région de Nha Trang. Il se révèle excellent explorateur, par la réalisation de cartes d’une grande précision et par de nombreuses observations (populations locales, ressources, économieetc.). À la fin de cette mission, Yersin rentre en France pour faire part de ses découvertes, et donne quelques conférences.

Il repart rapidement, et prend, le 24 décembre 1892, le bateau de Marseille à Saïgon. Là-bas, une mission scientifique lui a été confiée par l’Instruction publique afin d’explorer les forêts et les rivières[3] de la Cochinchine au Sud de l'Annam; ces explorations dangereuses lui vaudront d'élogieux compliments dont ceux Louis Pasteur lui-même. Après sept mois de voyage auprès des populations indigènes, Yersin rejoint Saïgon. Cette dernière expédition n'est que partiellement réussie : il n’a pu explorer qu’une partie du territoire qu'il lui avait été demandé de cartographier. Yersin a cependant notablement contribué à la connaissance de la topographie du pays, mais également à l’anthropologie ; il a pris l’habitude de décrire très précisément les coutumes, mœurs et habitats des tribus rencontrées. Par exemple : « Quoique formant pour ainsi dire une seule et même famille, les Moïs (ethnies des haut-plateaux) n’ont aucune espèce d’unité politique. Non seulement il n’y a pas de chef de tribu mais on peut même dire qu’il n’y a pas de chef de village. »

La rigueur avec laquelle Alexandre Yersin a exploré ces terres inconnues n’étonne pas, puisqu'il connaissait la rigueur des laboratoires ; on peut s'étonner, en revanche, de sa surprenante condition physique, conservée dans des conditions de vie et climats aussi difficiles. À sa mère, qui lui demande par lettre s'il n'a pas maigri, il répond : « Je continue à me bien porter et je pèse comme toujours entre 58 et 60 kilos ! »

En 1894, Yersin met fin à sa carrière de grand explorateur et se lance dans l'élevage de chevaux et de bovins pour la production de ses sérums.

La découverte du bacille de la peste[modifier | modifier le code]

Quand une épidémie de peste originaire de Mongolie atteint en 1894 la côte sud de la Chine et notamment Hong Kong, le gouvernement français ainsi que l’Institut Pasteur mandatent Yersin pour y étudier les raisons de l’épidémie. Entre le 12 et le 15 juin, Yersin voyage à Hong Kong et emmène avec lui un matériel très précaire qu’il a emprunté auparavant au laboratoire de microbiologie de l’hôpital de Saïgon. À son arrivée, il apprend qu’une équipe de savants japonais menée par Kitasato Shibasaburō envoyée par le Gouvernement japonais, est également présente pour étudier la nature de cette maladie. Du 17 au 19 juin, Yersin réalise sur des cadavres de pestiférés plusieurs autopsies qui s’avèreront infructueuses. Ces autopsies nécessitent des droits délivrés par l’État anglais et Yersin réalise bien vite que les Japonais en bénéficient plus fréquemment ; il apprendra par la suite que les Japonais achetaient ces droits. Il décide alors de se faire construire une annexe à l’hôpital de Hong Kong afin d'y travailler plus librement, c'est-à-dire une paillotte.

Le 20 juin, Yersin prélève des bubons et des ganglions [4] sur des cadavres, alors que Kitasato effectue ses recherches dans le sang à partir d'hémocultures. Yersin constate que la bactérie est véhiculée par des puces (Xenopsylla cheopis) infectant notamment des rats, si ceux-ci sont décimés, les puces peuvent chercher des hôtes inhabituels tel l'homme. Yersin observe alors une nouvelle bactérie Enterobacteriaceae.

Kitasato refusa à Yersin l'accès à ses étuves à 37°C, Yersin eût à faire ses cultures bactériennes à température ambiante 27°C, dans sa paillotte. Ce fut en réalité une circonstance favorable Yersin constata le développement de la bactérie à Gram négatif apparaissant rose sous son microscope alors que les cultures de Kitasato ne se développaient pas. En effet, dans des conditions de laboratoire Yersinia pestis se développe mieux à des températures plus basses que celle du corps humain. Yersin put alors envoyer à Emile Roux le résultat de ses recherches.

Le 3 août 1894 Alexandre Yersin quitta Hong Kong pour l'Indochine. Il annonce alors au monde entier la découverte en collaboration avec le savant japonais Kitasato du « bacille Kitasato-Yersin » responsable de la peste. Le mérite de Yersin sera officiellement reconnu en 1970. Le «Yersinia pestis» fut utilisé pour la préparation du vaccin contre la peste[5].

Bien qu’ayant réussi à isoler ce microbe responsable de millions de morts durant l’histoire, Yersin ne parviendra jamais à résoudre le problème de la transmission de la maladie du rat à l’homme. Atteint d'un paludisme sévère, il doit quitter la région. Il faut attendre 1898 pour voir un autre pasteurien, Paul-Louis Simond établir avec certitude à Karachi que c’est la puce qui transmet le bacille par sa piqûre.

La mise au point du sérum antipesteux[modifier | modifier le code]

En octobre 1894, Yersin entre dans une période d’activité relativement fébrile et réfléchit sérieusement à la possibilité de créer un vaccin pour prévenir la peste et un sérum pour la guérir. Les chances de réussite paraissent particulièrement bonnes puisque Yersin a auparavant réussi à immuniser des lapins ainsi que de nombreux autres animaux. Il repart donc pour l’Indochine et s’installe à Nha Trang au Sud de l' Annam, endroit qu’il avait déjà visité durant ses expéditions. Cet endroit était judicieux pour plusieurs raisons. Il offrait la possibilité d’être isolé tout en restant proche de Saïgon et donc en communication avec la Chine et l’Inde, deux grands foyers de la peste. En 1895, il crée l'Institut Pasteur à Nha Trang et met en place un laboratoire et tous les équipements nécessaires à la préparation du vaccin contre la peste. L’année 1896 voit une nouvelle grande épidémie de peste se déclarer à Canton, en Chine. Yersin décide alors de s'y rendre pour tester son sérum antipesteux, fraîchement préparé par l’Institut Pasteur de Paris, sur des humains infectés par le microbe. Il retourne en août à Nha Trang puis à Paris pour bénéficier des conseils d’Émile Roux. De juin 1897 à juin 1898, Alexandre Yersin sillonne l’Inde en suivant les différentes épidémies de peste afin de perfectionner son sérum qui s’avère trop peu efficace et met, de ce fait, de nombreuses vies humaines en danger. Yersin n’y parvient que partiellement et Paul Louis Simond vient le relayer pour tenter de mieux faire. Car, comme l'a souligné Jean-Jacques Dreifuss, dans le 24 heures (Suisse) du jeudi , « Identifier le bacille ne signifie hélas pas encore trouver le traitement de la maladie[6] ».

Les activités agricoles de Yersin  : Hevea et Quinine[modifier | modifier le code]

Ainsi, dès 1898, Yersin s’intéresse à la cultures[7]d’Hevea brasiliensis, autrement dit l'arbre à caoutchouc qu'il importe et acclimate. Il réussit à l'introduire en 1899 après plusieurs essais, et ses récoltes de latex sont achetées dès 1903 par les frères Michelin. D'ailleurs, une forêt d'hévéas est proche de Nha Trang. Il fournira la firme Michelin pour la première récolte du latex. Yersin suit alors de très près les problèmes agronomiques des plantations d'hévéas et les problèmes techniques du caoutchouc produit, pour en tirer le profit maximal et ainsi financer ses recherches médicales[8]. Cet arbre est encore à l’heure actuelle l'une des ressources du Viêt Nam. Yersin essaye d’autres cultures comme celle du cacao, du café, du manioc, du palmier à huile, du cocotier ainsi que de plusieurs espèces tropicales aux vertus thérapeutiques. Ces différents essais rencontrent un succès mitigé et Yersin se tourne, en 1915, vers la plantation des Cinchonas pour produire la quinine qui permet de traiter le paludisme. Ces plantations lui permettent de subvenir à ses besoins en bétail et matériel, et de développer l’agriculture indochinoise.

Le laboratoire de Nha Trang[modifier | modifier le code]

La maison de Yersin à Nha Trang, vers 1900.

Son laboratoire de Nha Trang s’oriente donc vers les maladies infectieuses chez les animaux, et Yersin étudie activement une autre sorte de peste, la peste bovine, avec laquelle il obtient beaucoup plus de succès. Bien qu'échouant à isoler l’agent de cette seconde peste, il réussit à préparer de grandes quantités de sérum antipestique, à ne pas confondre avec le sérum antipesteux qui soigne la peste « humaine » dite bubonique. Un élevage étant nécessaire pour la création de ce sérum, Alexandre Yersin tente, avec peu de succès, de faire venir des vaches et des poules de Suisse afin d'améliorer le cheptel local par croisements. Tout ceci ayant un prix, Yersin se lance également dans la culture de l'hévéa et de la Quinine pour trouver les financements nécessaires.

Durant cette période s'est développée Dalat, tout d'abord un centre de sanatoriums, la ville est devenue par la suite une station de villégiature d'altitude pour les riches saïgonnais, d'où la multitude de superbes villas coloniales et autres bâtiments de style Art déco. Yersin développe les cultures florales, maraîchères, de caféiers et d'hévéas dans les collines autour de Dalat, encore aujourd'hui grand centre de ces productions. Une avenue, une rue ou même une université ou deux lycée nommés Yersin devenu lycée Yersin International à Hanoi, et le Lycée Yersin à Dalat crée en 1927 qui prit le nom de Yersin en 1935 et fut inauguré en 1941, illustrent la reconnaissance qu'en ont les vietnamiens.

Distinctions et récompenses[modifier | modifier le code]

Parallèlement à ses activités agricoles, Yersin reste présent dans le monde scientifique indochinois. En 1902, le gouverneur général de l’Indochine française l'appelle à Hanoï pour créer l’École de Médecine et en prendre la direction. Après deux années passées en tant que Doyen de cette institution, Yersin désire être remplacé et retourne à Nha Trang où il poursuit ses activités de recherche. En 1904, son laboratoire reçoit le nom d’ « Institut Pasteur de Nha Trang » et l’Institut Pasteur de Paris lui donne la responsabilité de l'Institut Pasteur de Saïgon[9] fondé en 1890 par Albert Calmette. Yersin accepte cette responsabilité et délègue Paul Brau pour l’Institut de Saigon, le Dr Paul Brau écrira en 1931, trois siècles de médecine coloniale française. À cela, on peut ajouter le fait qu’il est élu membre correspondant non-résident[10] pour la section de médecine et de chirurgie de l’Académie des sciences. Il exercera la charge de directeur des Instituts Pasteur d’Indochine jusqu’en 1924, année où il devient, à titre honorifique, inspecteur général des établissements de l’Institut Pasteur d’Indochine. En 1933, suite aux décès successifs d'Albert Calmette en octobre et d'Emile Roux en novembre, tous deux fidèles pasteuriens et amis de Yersin, le conseil d’administration de l’Institut Pasteur crée le Conseil scientifique de l’Institut Pasteur et prend pour membre, entre autres, Alexandre Yersin. De plus, il est nommé directeur honoraire de l’Institut Pasteur de Paris où il viendra chaque année pour présider l’Assemblée générale.

C’est grâce à son statut de médecin du Corps de Santé colonial, qu’il put, à la fois découvrir le bacille de la peste, créer le deuxième Institut Pasteur en Indochine, explorer la chaîne annamitique, être à l’origine de la ville de Dalat, ouvrir l’École de médecine de Hanoï, introduire la culture de l’hévéa, du quinquina. Les touristes ne connaissent généralement de ses explorations que la découverte du site sur lequel fut fondée la ville de Dalat, sous le regard du Lang-Bian.

Il est fait Grand Officier de Légion d'Honneur en 1939[11]

Alexandre Yersin est surtout connu comme découvreur du bacille de la peste et comme principal acteur du gigantesque développement qu’a connu l’Indochine.

Obsèques[modifier | modifier le code]

Alexandre Yersin décède le d'une myocardite, à l'âge de 79 ans dans sa maison de Nha Trang. Le cercueil est suivi par une foule immense qui tient à rendre hommage à cet homme qui respectait les personnes âgées, soignait gratuitement les plus démunis et adorait les enfants. Il avait, en effet, toujours une friandise pour eux ou les aidait volontiers à construire des cerfs-volants. Son corps est inhumé sur une petite colline de laquelle il pouvait contempler la montagne où il avait réussi à faire pousser l’arbre à quinine.

Postérité en Europe[modifier | modifier le code]

Alexandre Yersin reste relativement peu connu en Suisse et en France, son pays d’adoption, comparés à sa notoriété au Viêt Nam.

En Suisse, on trouve à son nom une rue à Aubonne (avec plaque sur sa maison), ainsi qu'à Morges. Des bâtiments portent aussi son nom, un auditoire au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) à Lausanne et une plaque sur le Gymnase de la Cité à Lausanne. Un amphithéâtre du Centre hospitalier universitaire vaudois, affilié à la Faculté de biologie et de médecine de l'Université de Lausanne, porte également son nom

En France, une rue lui a été dédiée à Lille, mais aussi deux places, une place du Docteur-Yersin à Paris dans le 13e arrondissement et une place Alexandre-Yersin à Montpellier. Un amphithéâtre de l'Institut de médecine tropicale du service de santé des armées à Marseille, situé à l'entrée du parc du Pharo, portait son nom.

En juin 2015, un navire écologique le "Yersin " construite à Concarneau a été inauguré à Monaco par SAS Prince Albert II, c'est un navire propre classé cleanship et qui a pour vocation de d'être un navire de recherches et d'explorations. Le projet contribue à la mémoire de l'éminent scientifique. C'est un navire à propulsion électrique qui ne rejette rien à la mer car il recycle ses eaux usées. La devise du bateau est une des devises favorites de Yersin :""ce n'est pas vivre que de ne pas bouger".

Littérature[modifier | modifier le code]

En 1985, dans Alexandre Yersin ou le vainqueur de la peste, Henri Mollaret et Jacqueline Brossolet notent le caractère « secret jusqu’à l’outrance » de Yersin dont « assurément [la] vocation n’était pas matrimoniale. » Ils notent qu'il a été soupçonné de pédérastie, puis écartent cette hypothèse. Celle-ci a cependant été reprise et argumentée par la suite sur la base de leur propre ouvrage[12],[13].

En 2012, un roman lui est consacré, Peste et Choléra de Patrick Deville, aux éditions du Seuil (Prix du roman Fnac et Prix Femina)[14].

Postérité au Viêt Nam[modifier | modifier le code]

Au Viêt Nam, comme le prouve ce témoignage de M. Dang Anh Trai, dernier survivant à avoir travaillé avec le docteur Yersin, dans le 24 Heures du samedi et dimanche 7-8 juillet 1996 : « On le considérait comme un Bouddha vivant[15] » "un Bodhisattva qui a sauvé le monde et les humains, plaçant son portrait au premier rang à côté des Bouddhas" .

En 1943-1944, la poste de l'Indochine a émis un timbre à son effigie.

On peut également remarquer que le Vietnam, à l’histoire pour le moins mouvementée où toutes les rues de l'Indochine ont été rebaptisées avec des noms vietnamiens, conserve encore au XXIe siècle des rues aux noms français ceux : de Pasteur, Calmette et Yersin. En effet, les vietnamiens considèrent que ces hommes ont vraiment été bénéfiques pour leur pays. De plus, Alexandre Yersin possède, à côté de sa tombe, un petit pagodon toujours orné de fleurs et d’encens, ce qui représente un honneur sans précédent pour un étranger. En septembre 2012 était présentée une statue de granite de 4,6 m de hauteur (piédestal de 0,6 m compris) d’Alexandre Yersin, devant être installée dans le parc Yersin de Nha Trang, en témoignage de la reconnaissance de la population de la province de Khánh Hòa[16]. Yersin y est vénéré.

Un musée lui est consacré dans l'enceinte de l'Institut Pasteur de Nha Trang[17].

Alexandre Yersin a donné son nom aux lycées français de l'Institut Pasteur Đà Lạt et de Hanoï. Le Consulat Général de France à Hong Kong a également baptisé sa bourse d'excellence Alexandre Yersin.

Au Vietnam, il est surnommé Ong Nam[18] ou Monsieur Nam. En fait Ong Nam veut dire « Monsieur Cinq » en rapport avec ses cinq galons[Informations douteuses] [?] de médecin-colonel du Service de Santé Colonial dans lequel il s'était engagé en 1892 pour assurer son avenir et sur les instances de Calmette lui-même médecin militaire. Il sera admis à la retraite en 1920 après 28 ans de service.

L'ancien lycée Yersin de Dalat, aujourd'hui collège pédagogique de Dalat

Par ailleurs :

Prix Alexandre Yersin[modifier | modifier le code]

En 2013, pour la célébration de la naissance et du décès du savant humaniste, l'association caritative le Liseron de France créé le prix Alexandre Yersin. Ce prix s'inscrit dans le cadre de l'année croisée France-Viêt Nam, sur la base d'un concours de nouvelles, il récompense les étudiants vietnamiens francophones de moins de 23 ans[20].

Œuvres et publications[modifier | modifier le code]

  • « La peste bubonique à Hong Kong », in: Ann Inst Pasteur, 1894, Vol. 8, p. 662–7, Texte intégral.
  • « Sur la peste bubonique (sérothérapie) », in: Ann Inst Pasteur, 1897, vol. 11, p. 81-93.
  • « Note sur un cas de fièvre récurrente observée en Indo-Chine », in: Compt. rend. Soc. de biol., t. 60, 1906, p. 1057.
  • « Historique du premier cas de peste traité et guéri par l’emploi du sérum antipesteux », in: Bulletin de l’Académie de médecine, 36 (1897): 195-199.
  • « Les Mois de la Cochinchine et du Sud-Annam », in: Revue Indochinoise Illustrée (1893):42-51, 52-81.
  • « Voyage de Nha Trang à Stung Treng », Bulletin de la Société de Géographie Commerciale, 1892, 80-86.
  • « Sept mois chez les Moïs », in: Variétés sur les pays moïs, Gouvernement de la Cochinchine, 1935 : 166-205.
  • « Essais d'acclimatation des arbres à Quinquina en Indochine », in: Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale:
  1. [Deuxième note] avec Lambert A., 7e année, bulletin no 76, décembre 1927. p. 809–816, doi : 10.3406/jatba.1927.4583 , Texte intégral.
  2. [Sixième note], 19e année, bulletin no 212, avril 1939. p. 237–242. doi : 10.3406/jatba.1939.5971 , Texte intégral.
  3. [Suite et fin], in: Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale, 7e année, bulletin no 69, mai 1927. p. 332–338, Texte intégral.
  • « La Station d'altitude du Hon-Bà (Annam) », [Les essais agricoles qui y sont poursuivis. ], In: Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale, 5e année, bulletin no 48, 31 août 1925. p. 574–582. doi : 10.3406/jatba.1925.4315 , Texte intégral.
  • « Note sur divers essais agricoles entrepris aux stations d'altitude des Instituts Pasteur de l'Indochine ». In: Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale, 8e année, bulletin no 78, février 1928. p. 119–122. doi : 10.3406/jatba.1928.4519 , Texte intégral.
  • http://www.pasteur.fr/infosci/biblio/ressources/histoire/yersin.php
En collaboration
  • avec J.J. Vassal: « Une maladie rappelant le typhus exanthématique observée en Indo-Chine », in: Bulletin de la Société de pathologie exotique, 1908, t. 1-3, p. 156-64, Texte intégral.

Citations[modifier | modifier le code]

Dans une des lettres à sa mère il écrit : « Tu me demandes si je prends goût à la pratique médicale. Oui et non. J'ai beaucoup de plaisir à soigner ceux qui viennent me demander conseil, mais je ne voudrais pas faire de la médecine un métier, c'est-à-dire que je ne pourrais jamais demander à un malade de me payer pour des soins. » Plus tard dans une autre lettre, alors qu'il soigne gratuitement des Annamites, il écrit encore : « Je ne fais pas payer ces gens, la médecine c'est mon pastorat. Demander de l'argent pour soigner un de ces malades, c'est un peu lui dire la bourse ou la vie[21]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. Forel: « Notice sur A. Yersin, membre de la Société vaudoise des sciences naturelles », in : Bulletin de la Société vaudoise des sciences naturelles, 1868, Volume 8, p. 228-33 Texte intégral
  2. Henri de Saussure : Notice sur la vie et les écrits d'Alexandre Yersin, Schaffhouse (1866), Texte intégral.
  3. Froidevaux Henri : « Reconnaissance du Dr Yersin en Indo-Chine. » In: Annales de Géographie. 1893, t. 2, no 6. p. 264, Texte intégral.
  4. Gabriel Vital-Durand: « Vingt juin 1894: Alexandre Yersin isole le bacille de la peste », in: Herodote.net [en ligne], Texte intégral.
  5. (en) Butler T.: « Plague history: Yersin's discovery of the causative bacterium in 1894 enabled, in the subsequent century, scientific progress in understanding the disease and the development of treatments and vaccines. », in: Clin Microbiol Infect, 2014 Mar;20(3):202-9. doi: 10.1111/1469-0691.12540
  6. Francine BRUNSCHWIG, « Petite plaque pour un extraordinaire destin », in 24 Heures, Lausanne, Edipresse, 27 octobre 1994, 1 p.
  7. Chevalier Auguste: « Les observations d'Alexandre Yersin sur diverses cultures d'Indochine et sur quelques plantes remarquables de cette contrée », in: Journal d'agriculture tropicale et de botanique appliquée, Vol. 2, N°7-9, Juillet-août-septembre 1955. pp. 452-453. doi : 10.3406/jatba.1955.2246 Texte intégral.
  8. Saveurs et Traditions du Viêt Nam, par Jean-Baptiste Serier (1996), Montpellier - CIRAD
  9. Instituts Pasteur d'Indochine dans les archives du site de l'Institut Pasteur
  10. Alexandre Yersin dans le site de la Bibliothèque de l'Académie nationale de médecine.
  11. « Notice no 19800035/576/65483 »
  12. Henri H. Mollaret et Jacqueline Brossollet, Alexandre Yersin ou le vainqueur de la peste, Fayard, 1985.
  13. [PDF]Un savant estimable peut-il être pédophile ? Le cas Alexandre Yersin, par Louis Geschenk, 2009.
  14. Jean-Yves Nau: « «Peste & Choléra»: les lettres qui fâchent », dans Slate.fr [en ligne], Article intégral en ligne
  15. Marie AMSTEL, « Parcours d’un humaniste vaudois », Journal 24 Heures, Lausanne, Edipresse, 6-7 juillet 1996, 1 p.
  16. Une statue de Yersin à Nha Trang sur Le Courrier du Viêt Nam. Éditeur : Agence Vietnamienne d'Information - 21 septembre 2012.
  17. Musée Yersin
  18. (en)Siang Yong Tan, Joy K Zia: « Alexandre Yersin (1863–1943): Vietnam’s ‘Fifth Uncle’ », in: Singapore Med J, 2012; 53(9) : 564-5 Texte intégral
  19. Lycée français Alexandre Yersin
  20. En août 2013, la première remise du prix s'est déroulée à Hanoï à l'Espace de l'Institut français en présence des représentants du ministère de la culture et du tourisme vietnamien, de l'ambassade de France au Viêt Nam et de madame Hoàng Thị Phượng vice présidente de l'Association d'Amitié et de Coopération Viêt Nam-France.
  21. [PDF]Alexandre Yersin v/o Ozone (1863-1943).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages documentaires ou de fictions
  • Henri Jacotot, Le docteur Alexandre Yersin : esquisse de ce qu'il fut et de ce qu'il fit, Société des études indo-chinoises de Saigon,‎ , 46 p.
  • Noël Bernard, Yersin : pionnier, savant, explorateur, La Colombe,‎
  • Bertil Galland, L’Histoire Vaudoise, 24 Heure,‎
  • Eugène Olivier, Pestes dans les pays de Vaud, F. Rouge & Cie,‎
  • Guy Saudan, La médecine à Lausanne du XVIe au XXe siècle, Le Verseau,‎
  • Henri H. Mollaret et Jacqueline Brossollet, Alexandre Yersin ou le vainqueur de la peste, Fayard,‎
  • Patrick Deville, Peste et choléra, Seuil, coll. « Fiction & Cie »,‎
  • Élisabeth Du Cosel, Docteur Namibie, Paris, Albin Michel,‎
  • J-H. Penseyres, La vie d’Alexandre Yersin en 20 tableaux,‎ (lire en ligne)
  • Pierre Le Roux, Alexandre Yersin, un passe-muraille (1863-1943), Paris, Connaissances et Savoirs,‎
Articles dans des périodiques
  • Alfred Lacroix, « Notice nécrologique d'Alexandre Yersin », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, vol. 216,‎ , p. 361-4 (lire en ligne)
  • Christian Colombani, « Saint Yersin de Nha-Trang », Le Monde,‎
  • Émile C. Bonard, « La peste et Alexandre Yersin (1863-1943) », Revue Médicale de la Suisse romande,‎ , p. 389-91
  • Vera Koebling-Waldis, « La peste en Suisse », Revue Médicale de la Suisse romande,‎ , p. 397-403
  • Bernardino Fantini, « Un jeune pastorien chez Koch : Yersin, 1888 », Revue Médicale de la Suisse romande,‎ , p. 429-37
  • Jacqueline Brossolet, « Autour des lettres d’Alexandre Yersin à sa famille », Revue Médicale de la Suisse romande,‎ , p. 445-450
  • Bernard Brisou, « Les pionniers de la peste, médecins coloniaux et pasteuriens : Yersin, Simond, Girard et Robic », Histoire des sciences médicales,‎ , p. 325–36 (lire en ligne)
  • Jean-F Brisou, « L'épidémie de peste survenue à Sidi Abdallah-Ferryville en 1944-1945 », Histoire des sciences médicales,‎ , p. 337–42 (lire en ligne)
  • Jacqueline Brossollet, « Les prépasteuriens à la recherche du bacille de Yersin », Histoire des sciences médicales,‎ , p. 353–56 (lire en ligne)
  • Jean Des Cilleuls, « Adieu à Robert Hérisson le compagnon du Père de Foucauld, du général Laperrine et d'Alexandre Yersin », Histoire des sciences médicales,‎ , p. 357–71 (lire en ligne)
  • Jacques Gonzalès, « Histoire de la naissance et du développement de l'Ecole de médecine de Hanoï », Histoire des sciences médicales,‎ , p. 61–70 (lire en ligne)
  • (en) T. Solomon, « Alexandre Yersin and the plague bacillus », The Journal of tropical medicine and hygiene,‎ , p. 209-12
  • Ngoc Quynh, « L’odyssée du Docteur Yersin au Viet Nam »
  • Annick Perrot et Jean-Pierre Dedet, « Alexandre Yersin, un pastorien en Indochine : sa vie et son œuvre scientifique »
  • Pierre Delaveau, « Production de quinquina dans l'Empire français : A.Yersin et E. Perrot », Revue d'histoire de la pharmacie, no 304,‎ , p. 75–84 (lire en ligne)
  • A. Yersin., « Nécrologie », Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale, no 257-259,‎ , p. 70–80 (lire en ligne)
  • J.-M. Milleliri, « Quelques figures de médecins militaires français d'Outre-mer », Bulletin de la Société de pathologie exotique,‎ (lire en ligne)
  • Alice Lebreton-Mansuy, « La mise en évidence du bacille de la peste, Hong-Kong 1894 »

Liens externes[modifier | modifier le code]