Phagothérapie

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le traitement médical. Pour les dimensions politiques du traitement médical, voir Phagothérapie (dimensions politiques).
Bactériophage géorgien.

La phagothérapie est l'utilisation de virus bactériophages (simplement appelés bactériophages ou même phages) lytiques afin de traiter certaines maladies infectieuses d’origine bactérienne.

Le traitement bactériophagique a été largement utilisé dans le monde avant la découverte des antibiotiques. Si elle a été progressivement abandonnée par les pays occidentaux séduits par les avantages de l’antibiothérapie, la phagothérapie traditionnelle est toujours employée et développée dans les pays de l'ancienne Union soviétique[1].

Mais depuis les années 1990, l’utilisation des bactériophages est reconsidérée dans de nombreux pays devant le double constat du développement inquiétant des infections nosocomiales à bactéries multirésistantes et de l’absence de nouveaux antibiotiques efficaces. Le début de ce renouveau d'intérêt de l'Occident pour les phages peut être situé en 1994, lorsqu’il a été démontré (dans un modèle animal) que l'utilisation de phages pouvait améliorer le succès des greffes de peau en réduisant l'infection sous-jacente par Pseudomonas aeruginosa. De nombreuses études récentes ont apporté des éléments complémentaires à l'appui de ces résultats[1].

À partir des années 2000, des applications apparaissent non seulement dans le domaine médical, avec le développement accéléré de médicaments bactériophagiques, mais aussi dans les secteurs dentaire, vétérinaire, agricole ou environnemental[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Félix d'Hérelle
Félix d'Hérelle, inventeur de la phagothérapie.
Couverture du Médecin d'Alsace et de Lorraine de 1933 mentionnant le traitement des anthrax et furoncles par bactériophages
Couverture du Médecin d'Alsace et de Lorraine de juillet 1933 mentionnant le traitement des anthrax et furoncles par bactériophages.

Après la découverte des bactériophages par Félix d'Hérelle en 1917, l’utilisation des phages a été rapidement reconnue par un grand nombre de scientifiques comme étant une voie possible pour combattre les infections bactériennes[2].

Outre Félix d’Hérelle qui n’a cessé de propager la phagothérapie et la phagoprophylaxie à travers le monde, un Géorgien, George Eliava (en)[3], qui avait travaillé à l'Institut Pasteur de Paris (en 1918, 1921 et 1926), avec F. d'Hérelle, a fondé en 1923 à Tbilissi (Géorgie) un institut de virologie[4], l'Institut Georges Eliava, qui existe encore aujourd'hui. C’est ensemble, dans des locaux adaptés, qu’ils ont développé à partir de 1930 l’étude des bactériophages et l’application de la phagothérapie pour l’ensemble de l’Union soviétique.

Dans le reste du monde, avant la Seconde Guerre mondiale, la commercialisation de produits phagiques a été entreprise par de grands groupes pharmaceutiques comme Eli Lilly[5] aux États-Unis d'Amérique, Robert & Carrière (absorbé aujourd’hui par Sanofi-Aventis) en France.

L’Institut George Eliava géorgien, possède une grande collection de bactériophages thérapeutiques[6]. Les phagothérapeutes géorgiens ont quatre-vingt-dix ans d'expérience clinique dans ce domaine.

En Pologne, un Institut d’immunologie et de thérapie expérimentale a aussi poursuivi jusqu’à nos jours l’utilisation de la phagothérapie. Moins ouvert sur le monde extérieur que l’Institut Eliava, il n’en a pas moins publié un bilan dans une série d’articles rédigés en anglais[7],[8],[9].

Au Canada, le Centre de référence pour virus bactériens Félix d'Hérelle de l'Université Laval a conservé une banque de phages.

De nos jours, en raison de l'augmentation de la résistance aux antibiotiques et des progrès de la connaissance scientifique, un renouveau d'intérêt se fait jour à l'échelle mondiale concernant la capacité de la phagothérapie d'éradiquer et de prévenir les infections bactériennes en association avec d'autres stratégies[10].

Phagothérapie[modifier | modifier le code]

Spécificité des bactériophages[modifier | modifier le code]

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Il est important de connaître une importante propriété des bactériophages parce qu’elle a une conséquence pratique sur l’application de la phagothérapie : elle réside dans le fait que les bactériophages ont une activité beaucoup plus spécifique que la plupart des médicaments tels que les antibiotiques. Un phage lytique ne détruira qu’une seule souche bactérienne, voire plusieurs souches d’une espèce donnée (Staphylococcus aureus, par exemple), beaucoup plus rarement toutes les espèces des souches appartenant à un genre (Staphylococcus). C’est cette sélectivité de son « hôte », la bactérie, qui est utilisée en épidémiologie pour réaliser un test appelé « lysotypie ». Par conséquent, plus impérativement qu’avec les antibiotiques dont certains ont un spectre très large, la spécificité des phages impose que l’on connaisse précisément la bactérie responsable de l’infection avant de les appliquer dans un traitement. Il est donc nécessaire de prélever, pour les analyser, des échantillons biologiques chez le malade infecté de manière à cultiver et identifier la ou les bactéries réellement responsables. Secondairement, il est essentiel de disposer d’un ou plusieurs phage appropriés capables de lyser la ou les bactéries qui sont à l’origine de l’infection.

La technique d’étude de l’activité d’un ensemble de plusieurs bactériophages sur une bactérie est assez comparable à celle qui permet de vérifier l’activité des antibiotiques et que l’on appelle « antibiogramme ». On vérifie quels sont les bactériophages testés qui empêchent la croissance de la bactérie.

Photographie d'un bactériophage de staphylocoque doré.
Microscopie électronique du bactériophage 3A de Staphylococcus aureus (coloration : acétate d'uranyl ; grossissement : x92 400)

À défaut de satisfaire à ces exigences (absence de bactérie isolée, urgence à commencer un traitement), une option consiste à utiliser des préparations de mélanges polyvalents (ou « cocktails ») de phages afin d'augmenter les probabilités de succès.

Statut officiel de la phagothérapie en France[modifier | modifier le code]

En 2007, des essais cliniques de phase 2a[11] ont fait l'objet de rapports à l'Hôpital Royal National d'Otorhinolaryngologie de Londres concernant des infections par Pseudomonas aeruginosa (otites). La documentation relative à l'étude de phase 1 et de phase 2a n'est pas disponible actuellement.

Des essais cliniques de phase 1 sont en cours au Centre régional de Traitement des Blessures à Lubbock (Texas), concernant un cocktail bactériophagique homologué orienté en particulier vers Pseudomonas aeruginosa, Staphylococcus aureus et Escherichia coli[12].

D’autres essais sont en cours en Inde, en Europe, etc.[13].


Dans l'industrie agroalimentaire, des bactériophages sont utilisés dans le but de détruire certaines bactéries susceptibles de contaminer les produits alimentaires frais. C'est ainsi qu'en août 2006 l'administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments (FDA) a autorisé la pulvérisation sur la viande d’un cocktail de 6 phages non génétiquement modifiés (phages anti-listeria). Bien que ce procédé ait de prime abord suscité des préoccupations du fait que, sans étiquetage obligatoire, les consommateurs ne pouvaient pas savoir si la viande et la volaille avaient été traitées, cette approbation montre que l'exposition par voie orale à certains phages actifs est actuellement considérée comme sans danger pour les consommateurs[14].

En 2012, la DGA, Direction Générale de l’Armement, accepte de financer un projet de recherche pour évaluer l’intérêt des bactériophages contre les brûlures infectées résistantes aux antibiotiques. Un laboratoire a reçu à cet effet un financement de 900 000 euros. « Le projet vise à explorer la place et le potentiel des bactériophages comme moyen de lutte contre les infections bactériennes, en particulier contre les bactéries multirésistantes aux antibiotiques. Il s’agit également de promouvoir l’utilisation des phages comme solution de rechange et complément crédible aux antibiotiques »[15].

Un article publié en 2016 dans le Biotechnology Journal[16] réfléchit au chemin à suivre afin d'arriver à l'utilisation généralisée des bactériophages. Il identifie les causes des délais dans l'acceptation et l'utilisation des bactériophages comme étant à la fois scientifiques (manque d'essais cliniques aux normes occidentales), réglementaires (la force des phages réside dans leur adaptabilité et leur multiplicité lesquelles s'opposent aux réglementations qui demandent un produit stable et unique), financières (difficulté de déposer des brevets pour des organismes vivants) et éducatives (manque d'information du milieu médical et crainte du public envers les virus). L'article propose enfin un ensemble de standards de qualité pour la production future de bactériophages[16].

Le Ministère de la Défense français coordonne également un consortium européen dans le cadre d'un projet de recherche du 7e PCRDT, financé par l'Union européenne à hauteur de 3 838 422 euros, portant sur des essais cliniques de phase I et II. Le projet consiste à "évaluer la phagothérapie, c’est à dire l’usage thérapeutique des bactériophages, prédateurs naturels destructeurs de bactéries, pour traiter les infections cutanées provoquées par les bactéries Escherichia coli et Pseudomonas aeruginosa chez les patients brûlés"[17],[18].

Deux programmes de recherche sont également financés à l’Institut Pasteur en collaboration avec l’association Phagespoirs. Les deux concernent les infections à Pseudomonas aeruginosa multirésistantes : chez les personnes atteintes de mucoviscidose, « MucoPhage », et dans les services de réanimation, « RéapyoPhage ».

Phagespoirs, à l’initiative de ces projets, est une association loi de 1901 visant à promouvoir d’une part la recherche et l’utilisation des bactériophages dans le domaine diagnostique et thérapeutique, et d’autre part visant à soutenir les patients désirant en savoir plus sur les bactériophages.

Devant l'absence de solution par le circuit classique de soins, des organisations de patients se sont montées en France pour faciliter l'accès à la phagothérapie[19],[20].

Article détaillé : Phagespoirs.

Le CSST Phagothérapie[modifier | modifier le code]

En mars 2016, le pôle Maladies infectieuses de l'ANSM a mis en place un Comité scientifique spécialisé temporaire Phagothérapie (CSST)[21]. Le CSST a pour l'instant permis d'établir un cadre d’octroi des ATUn (Autorisation temporaire d'utilisation Nominative) de bactériophages. Les ATUn sont réservées aux infections présentant les caractéristiques suivantes[22]:

  • un pronostic vital engagé ou pronostic fonctionnel menacé,
  • l’impasse thérapeutique,
  • une infection mono-microbienne

S'y ajoutent les restrictions suivantes:

  • la nécessité d’un groupe de validation issu du CSST pour toute demande d’ATUn de bactériophages afin d’obtenir un avis collégial ;
  • la nécessité de disposer des résultats d’un phagogramme avant la décision d’une mise sous traitement

Et enfin que :

"Les seuls médicaments contenant des bactériophages et dont la connaissance de la qualité pharmaceutique par l’ANSM permettrait leur autorisation dans le cadre d’ATU nominatives sont à ce jour (mars 2016) les cocktails de bactériophages anti-Escherichia coli ou anti-Pseudomonas aeruginosa produits par la Société Pherecydes Pharma pour l’essai clinique Phagoburn"[22].

Restriction qui limite donc en plus l'utilisation éventuelle de la phagothérapie à seulement deux germes et sans choix de produits.

Cette porte entrouverte en mars 2016 n'a pas eu l'effet escompté d'encourager la recherche et le développement d'essais thérapeutiques, ni de sauver un nombre significatif de malades condamnés. Le nombre d'ATUn accordées reste confidentiel. En effet, les restrictions imposées et l'obligation de demande d'ATUn découragent les médecins. Dans le même temps, on compte toujours environ 13000 décès par an en France dus à des infections par des germes antibio-résistants dont environ 5000 cas d'infections nosocomiales[23].

Le taux de succès des traitements bactériophagiques est aux environs de 80 %[24] voire 100 % dans les tests de Pherecydes Pharma[25].

Aspects éco-évolutifs[modifier | modifier le code]

La phagothérapie a beaucoup de points communs avec la lutte biologique, car elle consiste à utiliser un organisme (le phage) pour contrer une peste. Les connaissances de dynamique des populations sont donc essentielles pour mettre au point des thérapies efficaces et durables[26]. Un second paramètre essentiel est la dynamique évolutive[27]. Non seulement les populations bactériennes peuvent évoluer pour devenir résistantes à l'infection par certains phages, mais les phages aussi peuvent évoluer. La phagothérapie engendre donc un processus coévolutif entre virus et bactéries.

Phagoprophylaxie[modifier | modifier le code]

La prophylaxie médicale désigne tout processus qui prévient l'apparition ou la propagation d'une maladie. La phagoprophylaxie est l'utilisation de bactériophages (ou phages) lytiques afin d'éviter l’apparition de certaines maladies infectieuses bactériennes. L’idée n’est pas nouvelle puisqu’elle a été utilisée il y a très longtemps pour enrayer certaines épidémies, dont celle du choléra en Inde (dans le cadre plus général du biocontrôle[28]).


Production[modifier | modifier le code]

Il faut avoir à l’esprit la diversité des bactéries qui peuvent être différentes d'une région (ou collectivité médicale) à l'autre ou même dans une même région d’un moment à l’autre, ou encore d'une personne à l’autre en fonction de son histoire médicale. Dans ces conditions, la formulation de préparations normalisées stables est difficilement envisageable. L’ubiquité des phages dans la nature pose des problèmes particuliers pour la protection des droits car il est impossible de faire la différence entre les phages trouvés dans l’environnement et ceux qui sont contenus dans les ampoules du commerce (qui en proviennent d’ailleurs).

Deux voies sont à considérer :

Production industrielle à grande échelle[modifier | modifier le code]

La stratégie actuelle des producteurs identifiés[réf. souhaitée] est d’élaborer des cocktails polyphagiques à large spectre d’hôtes. C’est ce que proposent les producteurs des pays de l’Est pour le traitement d’une pathologie donnée. En Russie la production se fait à grande échelle avec une consommation de plus d'un milliard de boîtes de phagiques par an[29].

Le dépôt de brevets (visant des organismes vivants) pourrait être envisagé après modification génétique par celui qui souhaiterait avoir des droits exclusifs sur son « invention ». Cela ne pousse pas à l’investissement de capitaux pour cette production ni à la commercialisation par une personne morale (laboratoire pharmaceutique).

Production individuelle à la demande[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, en raison de la spécificité des phages individuels et afin d'augmenter les chances de succès, c'est souvent un mélange de phages qui est appliqué. Cela implique que des banques contenant de nombreux phages différents doivent exister et doivent régulièrement mettre à jour leurs stocks avec de nouveaux phages, ce qui rend les essais réglementaires de sécurité plus difficiles et plus coûteux.

Utilisation pratique : présentations, administration et indications[modifier | modifier le code]

Les phages ayant une étroite spécificité avec leur hôte (bactério-spécifiques), il est nécessaire, le plus souvent, de réaliser un prélèvement sur le patient et de le cultiver avant traitement. L'isolement de phages thérapeutiques peut cependant nécessiter plusieurs jours voire semaines de travail. La conservation par les laboratoires de collections d’échantillons des bactériophages correspondant aux souches bactériennes les plus courantes localement (phagothèques) permet de raccourcir ce délai.

Formes galéniques (présentations)[modifier | modifier le code]

Les bactériophages, comme beaucoup de virus, ne sont pas fragiles. Ils supportent la dessiccation, le froid. Ils peuvent être conservés à °C (réfrigérateur) plusieurs mois, voire plusieurs années. Congelés, ils se conservent encore plus longtemps, presque indéfiniment. Les principales conditions physico-chimiques hostiles sont la chaleur (au-dessus de 55 °C), l’acidité et la lumière. Les phages sont altérés progressivement, mais certaines substances comme les antiseptiques peuvent les détruire rapidement. La forme liquide (suspension) est la plus fréquente. Les flacons ou ampoules sont habituellement conservés au réfrigérateur.

La lyophilisation permet de fabriquer des comprimés sans que l'efficacité soit diminuée.
Il est aussi envisageable (et envisagé[réf. souhaitée]) d’imprégner des matériels médicaux (sondes, sutures, cathéters), de décontaminer des locaux (services d’hospitalisation, blocs opératoires) et même les personnes : le nez des chirurgiens, la peau des opérés, les porteurs sains…

Modes d’administration[modifier | modifier le code]

En pratique, l’administration thérapeutique se fait localement sur des blessures infectées (plaie, brûlure, fracture) par irrigation ou dispersion en surface, lors de procédures chirurgicales en introduction par un drain laissé en place après une intervention. L'application locale utilise aussi souvent des gazes ou des mèches imprégnées puis appliquées sur la zone à traiter après élimination du pus et des débris tissulaires en évitant les antiseptiques. La nébulisation est aussi envisageable pour les formes pulmonaires, les instillations pour les infections ORL et des yeux.

L'injection par voie intraveineuse ou dans des cavités comme le péritoine (intra-péritonéale), est possible, mais rarement utilisée car les préparations contiennent des substances indésirables (lysat bactérien, composants du milieu de culture) introduites lors de l'amplification bactérienne. Il faut aussi tenir compte de la réaction du système immunitaire qui pourrait reconnaître ces substances et les virus introduits comme des substances étrangères.

Toutefois, les preuves expérimentales s'accumulent pour démontrer que les phages ont la capacité de diffuser dans un organisme. Ils traversent la barrière méningée afin de combattre des pathologies telles que les méningites bactériennes ou vont détruire in vivo certaines bactéries comme Klebsiella pneumoniae par injection de phages à distance du foyer, par voie intra-péritonéale, intraveineuse ou intranasale[30].

Par voie orale, pour préserver les phages lors de leur passage par l'estomac, il est préférable d’administrer un anti-acide (bicarbonate de soude) pour traiter les gastro-entérites.

Indications[modifier | modifier le code]

La phagothérapie a été appliquée pour le traitement de diverses maladies infectieuses, dans les spécialités médicales suivantes :

Le Dr Alain Dublanchet, l'un des pionniers de la réintroduction de cette thérapie en France, déclarait le 18 février 2016 lors d'un colloque à Paris :

La phagothérapie pourrait être utilisée dans les infections qui touchent les os et les articulations, mais également dans d'autres infections, urinaires, pulmonaires, oculaires[36]

Efficacité[modifier | modifier le code]

L'efficacité de la phagothérapie lors de ses premières années de mise en oeuvre par Félix d'Hérelle n'était guère contestée: dès la Première Guerre Mondiale, les soldats français purent être soignés de la dysenterie par phagothérapie: d'Hérelle se chargea de fournir à l'armée française 12 millions de doses de bactériophagique anti-Shigella[37].[Contradiction] Après la guerre, Pasteur et Robert et Carrière en France, Behring en Allemagne, ainsi que de grands laboratoires américains tels que Parke-Davis, Abbott, Squibb , Eli Lilly[38][5] se sont mis eux aussi à assembler et commercialiser des cocktails bactériophagiques, tandis qu'en Géorgie soviétique l'Institut des Bactériophages en assurait le développement et qu'en France d'Hérelle ouvrait ses Laboratoires du Bactériophage. D'Hérelle publiait parallèlement de nombreux ouvrages scientifiques sur les bactériophages et sur l'utilisation de la phagothérapie qui démontraient son efficacité.

En 1938 survint une épidémie de Choléra en Afghanistan près de la frontière soviétique. Pour éviter que l'épidémie ne se développe en URSS, des cocktails de phages furent distribués aux populations locales et déversés dans les puits et autres sources d'eau. Il en résulta que pas un cas de choléra ne fut observé en URSS. De même lors de la guerre Russo-Finlandaise de 1939-1940, il fut constaté que les bactériophages utilisés dans les premières heures sur la blessure infectée pouvaient stériliser la plaie chez 30% à 40% des patients et permettre de refermer la plaie par chirurgie une semaine plus tôt. Enfin lors de la bataille de Stalingrad, le choléra fut combattu avec succès grâce aux bactériophages[29].

Les troupes allemandes n'étaient pas en reste et les unités de l'Afrika Korps de Rommel étaient munies de cocktails bactériophagiques à utiliser pour les situations d'urgence sur la ligne de front[39]. Les Japonais les utilisèrent aussi pendant la Seconde Guerre Mondiale[40].

Malgré ces bons débuts, l'efficacité des bactériophages fut mise en doute par manque d'études cliniques incluant des placebo. Devant la controverse naissante, le Council on Pharmacy and Chemistry of the American Medical Association fit faire en 1934 une revue de la littérature médicale, réalisée par Eaton et Bayne-Jones. La conclusion était défavorable à la phagothérapie et le rapport reprochait à d'Hérelle de prétendre que les principes impliqués dans la phagothérapie étaient des virus et non pas des enzymes. 7 ans plus tard, Albert Krueger and Jane Scribner firent un rapport complémentaire justifié par l'accumulation de nouvelles données sur les phages et sur leur utilité clinique. Leur conclusion était que les phages étaient une protéine de haut poids moléculaire formée à partir d'un précurseur originaire de la bactérie, ce qui avait été soutenu dès les années 1920 par le prix Nobel français Jules Bordet[41], et non pas des virus comme le soutenait d'Hérelle depuis 1917. Surtout il leur paraissait "évident que les solutions de phages ne possèdent aucun degré mesurable de supériorité par rapport aux préparations bien connues et acceptées". Enfin, en 1945, un dernier rapport de Morton HE et Engley FB Jr., bien que reconnaissant cette fois-ci la nature virale des phages, se montrait dubitatif sur les résultats thérapeutiques. Après ces rapports les recherches cessèrent aux Etats-Unis et la phagothérapie disparut peu à peu d'autant que les antibiotiques prenaient le relais[42].

Plusieurs raisons expliquent le manque de résultat thérapeutique convaincant dont témoignent ces rapports. D'une part la mauvaise qualité des bactériophagiques: dans les années 1930 d'Hérelle et ses collègues analysèrent de nombreux bactériophagiques et la plupart, sinon tous, ne contenaient aucun bactériophage actif[43]. Ce manque de qualité était imputable à la purification insuffisante du cocktail de tout débris bactérien, aux contaminants chimiques, aux conservateurs employés (phénol, merthiolate), ou au fait que les cocktails ne contenaient en quantité que les phages les plus prolifiques[43][44][45].[Contradiction] D'autre part la mauvaise compréhension de ce qu'est un bactériophage et de ce qu'il peut traiter: par exemple les Medical Biological Laboratories de Londres commercialisaient un bactériophagique pouvant soi-disant soigner l'Herpès (maladie virale), l'urticaire (facteur immunitaire) et les calculs biliaires[46].

D'autres raisons semblent avoir aussi remis en cause la croyance en l'efficacité de la phagothérapie. Autodidacte, d'Hérelle n'était pas toujours considéré comme un scientifique sérieux par ses pairs, bien qu'il ait posé les bases de ce qui deviendra la biologie moléculaire, et qu'il ait initié des méthodologies de laboratoire toujours appliquées de nos jours en virologie.[38] Par ailleurs les théories originales de d'Hérelle lui valurent de nombreux ennemis dans le monde médical, particulièrement chez les immunologistes. Pour d'Hérelle, l'immunité loin d'être la cause de la guérison en était la conséquence. De plus "Si la maladie est contagieuse, la guérison l'est aussi; si tout malade est un centre d'infection, tout convalescent est un centre de guérison"[38],[47]. Enfin la phagothérapie fut rapidement perçue comme une médecine soviétique, sans valeur comparée aux antibiotiques occidentaux[38][45].

La phagothérapie ayant été abandonnée en Occident, sauf par quelques rares médecins, et ayant de ce fait progressivement perdu son statut de médecine officielle puis sombré dans l'oubli, la plupart des études scientifiques récentes sur son efficacité viennent soit de Russie, soit de Pologne ou de Géorgie.

Ces études n'ont généralement pas été conduites sous le standard occidental du double aveugle où ni le patient ni le médecin prescripteur ne savent si le patient a reçu le bactériophagique ou bien un placebo. Une des raisons en est que lorsqu'un patient risque l'amputation ou la mort, et que la phagothérapie est la seule solution, il est difficilement concevable de lui expliquer qu'on va peut-être juste lui donner un placebo. Les études évaluent donc généralement le taux de succès de la phagothérapie en % de patients guéris[48].


Toutefois les médecins occidentaux contemporains défenseurs de la phagothérapie qui l'ont utilisée, par exemple dans le cadre hospitalier, témoignent de son efficacité, au moins dans les cas désespérés où ils l'ont employée. Le Manuel de phagothérapie à l'usage des médecins du XXIe siècle du Dr Paul Hervé Riche[49] mentionne de nombreux cas, de même le Dr Patey dans sa présentation de 2017 à l'Observatoire des Médicaments, Dispositifs Médicaux et Innovations Thérapeutiques[40] ou le Dr Alain Dublanchet dans La phagothérapie au XXIe siècle. Deuxième partie : expérience actuelle[50]. Ce dernier témoignait en 2012 sur Télé Matin "sur les quelques patients récents traités par phagothérapie, nous n'avons jamais eu d'échec"[51].

L'efficacité in vitro et in vivo n'est pas forcément identique. Ainsi une étude parue dans le journal Nature a montré que les bactériophages pouvaient être plus efficaces sur la bactérie Clostridium difficile lorsque cette bactérie colonise des cellules humaines que lorsqu'elle est simplement cultivée in vitro.[52]

Plusieurs études ont été conduites sur les bactériophagiques disponibles en vente libre en pharmacie en Russie et dans les autres pays de l'ex URSS. Elles ont démontré que les cocktails bactériophagiques sont actifs in vitro sur les bactéries multi-résistantes[53],[54].

Les nombreuses études scientifiques publiées dans les pays de l'ex bloc soviétique ont donné lieu à plusieurs synthèses d'analyse documentaire à caractère scientifique en anglais: Minireview Bacteriophage Therapy[55], Bacteriophage Therapy of Bacterial Infections: an Update of Our Institute’s Experience[56], Phage Therapy in Clinical Practice: Treatment of Human Infections[57], Phage treatment of human infections [48], Phage therapy of pulmonary infections [58], Applications of Bacteriophages in the Treatment of Localized Infections in Humans[59].


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Publications récentes en français[modifier | modifier le code]

  • Debarbieux L. Dublanchet A. et Patay O. Infection bactérienne : quelle place pour la phagothérapie ? Compte Rendu des organisateurs. Médecine et Maladies Infectieuses, 2008. 38(8):407-9[60].
  • Dublanchet A. La phagothérapie au XXIe siècle. Première partie : que pourrait-elle apporter aujourd’hui ? Antibiotiques, 2008. 10(4):209-18[61].
  • Dublanchet A. La phagothérapie au XXIe siècle. Deuxième partie : expérience actuelle. Antibiotiques, 2008. 10(4):219-25[50].
  • Dufour-Gaume, Frédérique. De l'utilisation des bactériophages comme traitement anti-bactérien. Applications au Service de Santé des Armées, Presses Académiques Francophones, 2012, 156 p. (ISBN 978-3-8381-8827-0)
  • Riche Paul-Hervé. Manuel de phagothérapie pratique à l'usage des médecins du XXIème Siècle, 2013, 272 p. (ISBN 978-2954488509)
  • Samuel Alizon, C'est grave Dr Darwin ? L'évolution, les microbes et nous, 2016, Le Seuil (ISBN 2021102920)
  • Laurent Debarbieux, « La phagothérapie ou soigner avec les virus », Pour la Science, no 469,‎ , p. 92-97.

Publications en anglais[modifier | modifier le code]

  • Abedon ST. Bacteriophage Ecology: Population Growth, Evolution, and Impact of Bacterial Viruses (Advances in Molecular and Cellular Microbiology) Vol. 53. 2008, Cambridge, UK.: Cambridge University Press.
  • McGrath, S. and D. van Sinderen, eds. Bacteriophage: Genetics and Molecular Biology. 2007, Caister Academic Press: Department of Microbiology, and Alimentary Pharmabiotic Centre, University College Cork, Ireland. 344.
  • Summers, W.C., History of Phage Research and Phage Therapy, in Phages: Their Role in Bacterial Pathogenesis and Biotechnology, M.K. Waldor, D.I. Friedman, and S.L. Adhya, Editors. 2005, ASM Press: Washington, DC. p. 3-17.
  • Kutter, E. and A. Sulakvelidze, Bacteriophages – Biology and applications. 2004, Boca Raton, FL: CRC Press.
  • Levin BR, Bull JJ (2004) Population and evolutionary dynamics of phage therapy. Nat. Rev. Microbiol. 2:166-73

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Des virus pour combattre les infections, docteur Alain Dublanchet, éd. Favre, 240 p., 2009.
  2. (en) Summers, W.C. « History of Phage Research and Phage Therapy » in Phages: Their Role in Bacterial Pathogenesis and Biotechnology, M.K. Waldor, D.I. Friedman, and S.L. Adhya, Editors. 2005, ASM Press: Washington, DC. p. 3-17.
  3. (en) Biographie de George Eliava sur le site Internet de sa région natale.
  4. (en) Chanishvili, N. and R. Sharp, Bacteriophage therapy: experience from the Eliava Institute, Georgia. Microbiology Australia, 2008, p. 96-101.
  5. a et b (en) Alexander Sulakvelidze, Zemphira Alavidze et J. Glenn Morris, « Bacteriophage Therapy », Antimicrobial Agents and Chemotherapy, vol. 45, no 3,‎ , p. 649-659 (ISSN 0066-4804, DOI 10.1128/AAC.45.3.649-659.2001, lire en ligne).
  6. (en) M Kutateladze et R Adamia, « Phage therapy experience at the Eliava Institute », Médecine Et Maladies Infectieuses, vol. 38, no 8,‎ , p. 426-430 (ISSN 0399-077X, PMID 18687542, DOI 10.1016/j.medmal.2008.06.023).
  7. (en) B Weber-Dabrowska, M Mulczyk et A Górski, « Bacteriophage therapy of bacterial infections: an update of our institute's experience », Archivum Immunologiae Et Therapiae Experimentalis, vol. 48, no 6,‎ , p. 547-551 (ISSN 0004-069X, PMID 11197610).
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