Toux

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Toux
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Image illustrative de l'article Toux
Un garçon pris d'une toux sévère.
CIM-10 R05
CIM-9 786.2
MedlinePlus 003072
eMedicine ENT/1048560 
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La toux est un acte réflexe destiné à protéger les voies aériennes, en éliminant les sécrétions bronchiques et les particules inhalées. C'est une expiration brusque précédée et suivie d'une inspiration forcée, elle peut être accompagnée d'un son dit glottique.

L'expulsion violente d'air des poumons qui en résulte, peut s'effectuer jusqu'à une vitesse de 250 m/s, soit une vitesse proche de celle du son [1].

On classifie les toux en toux aiguë dont la durée est inférieure à 3 semaines et en toux chronique dont la durée est supérieure à 3 à 8 semaines, le seuil de 3 semaines sans améliorations est habituellement retenu [2].

Les étiologies associées à chacune de ces catégories sont très différentes. La toux est un motif fréquent de consultation chez le généraliste et chez le pneumologue (10% à 30% des consultations [3]).

Mécanisme[modifier | modifier le code]

La toux consiste à bloquer la circulation de l'air dans les voies aériennes par fermeture volontaire de la glotte après une inspiration forcée, puis à augmenter la pression intra-thoracique par contraction des muscles respiratoires. Cela entraîne une augmentation de la pression de l'air piégé dans les voies aériennes. Un relâchement rapide de la glotte permet une expulsion de l'air à haute vitesse du fait de cette pression, entraînant avec lui les éléments éventuellement présents dans les voies respiratoires (centrales et périphériques).

« La toux débute par une inspiration profonde, rapide, dont le volume, supérieur au volume courant, est très variable. Cette phase inspiratoire est suivie d’une phase de compression gazeuse, d’une durée moyenne de 0,2 sec, liée à la contraction des muscles expiratoires, essentiellement abdominaux, et d’une fermeture pratiquement simultanée de la glotte. Durant cette véritable période de contraction isométrique des muscles, les pressions pleurales et alvéolaires atteignent des valeurs instantanées considérables pouvant aller jusqu’à 300 cm d'eau. Une contraction brève du diaphragme précède l’ouverture rapide et active de la glotte et donc l’expulsion d’air à une vitesse initiale de 6 à 12l.sec-1, la vitesse de l’air expiré atteint alors 250 m.sec-1, soit proche de la vitesse du son. Ce pic de vitesse dure environ 0,3 à 0,5 sec et est suivi par un plateau lié au collapsus des voies aériennes secondaire au mécanisme de compression dynamique extrinsèque[1]. »

Physiologie[modifier | modifier le code]

La toux est un arc réflexe, c'est-à-dire qu'il s'agit d'une réponse automatisée et non stéréotypée de l'organisme, déclenchée par l'activation d'un circuit neuronal, ayant pour conséquence une désorganisation de la ventilation. Ce circuit est constitué d'un ou plusieurs neurones afférents en relation avec des récepteurs réflexogènes, des neurones situés dans le tronc cérébral qui forment le centre de la toux, et enfin des neurones efférents commandant les muscles respiratoires dont le diaphragme et les muscles laryngés.

Toux chronique[modifier | modifier le code]

Une toux est dite chronique, si après plusieurs semaines elle ne disparait pas spontanément. C'est alors un signe d'alerte pour le médecin[4]. Même si aucune cause n'est retrouvée, elle peut être invalidante ou nuire à la qualité de vie[5].

80 % des toux chroniques ont une cause identifiée par le malade et/ou le médecin… et amélioré par un traitement adapté dans 75 % des cas. Les 20 % restant sont associés à un « syndrome d’hyper-réactivité sensorielle des voies aériennes », ces dernières réagissant pour un stimulus habituellement sans conséquence[6].

Hygiène[modifier | modifier le code]

Les gouttelettes de salive projetées (gouttelettes de Plüge[7]) font de la toux et de l'éternuement des facteurs de contagion. On protège son entourage des germes pathogènes en toussant contre son bras et non dans sa main, qui est un important vecteur de contamination.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

La toux concerne environ 20 % de la population générale, elle représente 20 % des consultations en pneumologie et 5 % des nouvelles consultations en médecine générale[8].

La prévalence de la toux chronique est comprise en 8 et 10% de la population adulte[9], avec une prédominance féminine[10].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b J. MOINARD, « Physiologie de la toux », Rev Mal Respir, vol. 17,‎ , p. 23-28 (lire en ligne)
  2. [PNP] Collège des enseignants de pneumologie, La toux chronique de l'adulte Item 200,‎
  3. Jankowski R., « Définition, prévalence et méthodes de mesure de la toux chronique. », Rev Pneumol Clin, vol. 69,‎ , p. 291-2
  4. a, b, c, d, e et f Source : 16e congrès de pneumologie de langue française à Lyon, le 30 janvier 2012. Qu'y a-t-il derrière une toux chronique ?, 2012-01-31
  5. Chamberlain SA, Garrod R, Douiri A et al. The impact of chronic cough: a cross-sectional European survey, Lung, 2015;193:401-8
  6. Morice AH, Millqvist E, Belvisi MG et al. Expert opinion on the cough hypersensitivity syndrome in respiratory medicine, Eur Respir J, 2014;44:1132-48
  7. Images de la capture de gouttelettes lors d'un éternuement sur le site du figaro.fr lire en ligne
  8. Cahier des ECN : Pneumologie, D. Montani, C. Tcherakian, Ed. Masson, 2009
  9. Gibson PG, Vertigan AE, Management of chronic refractory cough, BMJ, 2015;351:h5590
  10. Morice AH, Jakes AD, Faruqi S et al. A worldwide survey of chronic cough: a manifestation of enhanced somatosensory response, Eur Respir J, 2014;44:1149-55