Nocardiose

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Nocardiose
Description de l'image Nocardia Brain Autopsy.jpg.
Spécialité InfectiologieVoir et modifier les données sur Wikidata
CIM-9 039.9Voir et modifier les données sur Wikidata
DiseasesDB 9058
eMedicine 224123, 1052944 et 966919Voir et modifier les données sur Wikidata
MeSH D009617
Médicament Sulfadiazine, sulfaméthoxazole, sulfisoxazole (en) et Sulfamethoxazole / Trimethoprim (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

La nocardiose est une maladie infectieuse, bactériose due à des bactéries du genre Nocardia (bactéries à Gram positif, aérobies strictes)[1] qui chez l'Homme peut gravement affecter les poumons, le cerveau, la peau ou tout l'organisme (forme « disséminée »). Cette bactérie est aussi trouvée chez l'animal. La bactérie en cause peut avoir une croissance lente, et elle infecte rarement l'homme, faisant que son diagnostic est souvent retardé[2].

Cette infection opportuniste, exceptionnellement nosocomiale ou post-opératoire[2], affecte essentiellement des personnes immunodéprimées chroniques ou utilisant un médicament immunosuppresseur (c'est alors une complications infectieuses, de greffe d'organe, de transplantation de cellules souches hématopoïétiques de certaines maladies systémiques ou de cancers solides), mais 10 à 20% des cas restent non expliqués, apparaissant chez des individus a priori sains[1],[3].

C'est une « infection granulomateuse et suppurative, localisée ou disséminée, qui résulte généralement de l’inhalation d'une aérosolisation de germes (a priori issus du sol)[4] et, plus rarement, de la contamination d’une plaie »[5] ;
Autrefois très rare, la nocardiose, nocardiose pulmonaire notamment, est en pleine expansion depuis la fin du XXe siècle[5], en raison notamment de la diffusion du VIH/SIDA[6] et d'une utilisation croissante de médicaments déprimant l'immunité.

Étiologie[modifier | modifier le code]

La bactérie peut contaminer l'organisme en étant inhalée ou via une plaie (traumatisme cutané, intrabuccal, oculaire...) ;

Outre l'infection opportuniste (facile à concevoir puisque les bactéries du genre Nocardia sont très ubiquitaires, retrouvées dans le sol, l’eau, l’air, les poussières et chez divers animaux), un lien a été suggéré entre plusieurs souches de Nocardia et des cas de maladie de Parkinson[5] ;

La maladie peut aussi survenir quand un patient doit arrêter la prise d'un immunosuppresseur pour cause d'intolérance à la molécule[6] ou plus rarement rarement, en cas de déficits constitutionnels de l'immunité (ex. : granulomatose septique chronique[7].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

L’épidémiologie de cette maladie a récemment évolué, pour sa prévalence mais aussi concernant la connaissance des souches et espèces responsables. La biologie moléculaire permettrait de la mieux comprendre[5].

En 2008, 80 à 90 % des cas de nocardiose étaient dus à Nocardia abscessus et N. cyriacigeorgica (précédemment associées sous le nom de Nocardia asteroides type VI), Nocardia farcinica, Nocardia nova et plus rarement, Nocardia brasiliensis, Nocardia otitidiscaviarum, et Nocardia veterana, Nocardia paucivorans, etc. plus récemment découvertes[5].

La maladie n'est a priori pas contagieuse, sauf entre personnes immunodéprimées.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Il est souvent tardif, rendu difficile par des signes cliniques polymorphes et peu spécifiques, parfois réalisé face à un nodule pulmonaire ou un abcès cérébral[2] ; les premières manifestations clinique sont essentiellement de nature pulmonaires[1], mais la bactérie attaque parfois aussi le système nerveux central et/ou développe des symptômes cutanées, sous-cutanées et lymphocutanées[1]. Au début des années 2000, les tests nécessitaient plusieurs dizaines de jours d’incubation çar la bactérie croît lentement. Les techniques moléculaires de PCR-RFLP ont ensuite permis des résultats beaucoup plus rapides. Selon F Laurent & al. (2008) : « La technique de RAPD assure un typage moléculaire performant permettant une meilleure connaissance des modes de transmission, des niches écologiques et des réservoirs épidémiques »[1].

Le genre Nocardia présentant une forte hétérogénéité phénotypique, se traduisant par des profils variés d'antibiorésistance, le diagnostic nécessite de préciser l'espèce ou les espèces en cause [1].

Traitements[modifier | modifier le code]

La maladie est chronique ou subaigüe, traitée par des antibiotiques (ex : cotrimoxazole ou association imipénème + amikacine en intraveineuse en première intention, associée ou non au cotrimoxazole en relais per os durant plusieurs mois (3 mois au moins pour les formes cutanées primaires), en général 6 mois pour la nocardiose pulmonaire et au moins 12 mois voire à vie pour les formes disséminées touchant les immunodéprimés)[5]. Nota : Des nocardiose ont été observées chez des patients recevant déjà du cotrimoxazole (en prophylaxie d'infections opportunistes (pneumocystose/toxoplasmose)[4].

Le cas particulier de la nocardiose pulmonaire[modifier | modifier le code]

L'incidence de cette pneumopathie augmente[5]. Par exemple en cas de sarcoïdose (qui n'est pas en tant que telle un facteur de risque infectieux), le traitement par corticoïdes et la fibrose pulmonaire peuvent (rarement) conduire à une nocardiose.
Son tableau clinique passe par des cycles de poussées et rémissions, pouvant être aiguës, subaiguës ou chronique. La lymphopénie (courante en cas de sarcoïdose), n’est pas dans ce cas un facteur déterminant.
Le diagnostic se base sur l'analyse d'un prélèvement endobronchique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f F. Laurent, V. Mick et P. Boiron, « Clinique et biologie de la nocardiose », Annales de Biologie Clinique, vol. 57, no 5,‎ (ISSN 0003-3898, lire en ligne, consulté le 29 mars 2020)
  2. a b et c F. Bonnet, J. -L. Donay, F. Fieux et O. Marie, « Nocardiose postopératoire à Nocardia otitidiscaviarum : pièges et retard de diagnostic », Annales françaises d'anesthésie et de réanimation, vol. 26, no 7,‎ , p. 680–684 (ISSN 0750-7658, DOI 10.1016/j.annfar.2007.03.032, lire en ligne, consulté le 29 mars 2020)
  3. Minero MV, Marin M, Cercenado E, Rabadan PM, Bouza E, Munoz P (2009) Nocardiosis at the turn of the century. Medicine (Baltimore) ;88(4):250-61.
  4. a et b Saubolle MA, Sussland D. (2003) Nocardiosis: review of clinical and laboratory experience. J Clin Microbiol ;41(10):4497- 501.
  5. a b c d e f et g V. Rodriguez-Nava, A. Zoropoguy, F. Laurent et D. Blaha, « La nocardiose, une maladie en expansion », Antibiotiques, vol. 10, no 3,‎ , p. 115–127 (ISSN 1294-5501, DOI 10.1016/j.antib.2008.06.002, lire en ligne, consulté le 29 mars 2020)
  6. a et b B Tissot, B Carles, K Chraibi-Hasseini et J Paccalin, « Nocardiose pulmonaire chez un Africain VIH positif », La Revue de médecine interne, vol. 15, no 2,‎ , p. 116–119 (ISSN 0248-8663, DOI 10.1016/S0248-8663(05)81184-1, lire en ligne, consulté le 29 mars 2020)
  7. Lebeaux, D., Rodriguez-Nava, V., Laurent, F., Mainardi, J. L., Meynard, J. L., Toro, A., ... & Lortholary, O. (2014) De Nocardia aux nocardioses : diagnostic et traitement. bronches, 1,3 Mise au point ; La Lettre de l’infectiologue ; Tome XXIX - no 4 - juillet-août, p 132 et suivantes
  • Petit Larousse de La Médecine