Pou de corps

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Pediculus humanus humanus

Le pou de corps (Pediculus humanus humanus, parfois appelé Pediculus humanus corporis)[1] est un pou qui infeste l'être humain, responsable de la pédiculose corporelle. Il ne doit pas être confondu avec le pou de tête (l'autre sous-espèce de Pediculus humanus) ni avec le pou du pubis (une espèce différente, d'une autre famille).

Cycle de vie et morphologie[modifier | modifier le code]

L'aspect du pou de corps ne se distingue pas de celui du pou de tête (Pediculus humanus capitis), mais ces sous-espèces ne se croisent qu'en laboratoire. Dans la nature, ils occupent des habitats différents. L'évolution a amené notamment le pou de corps à fixer ses œufs (aussi appelés lentes) aux vêtements, alors que celui de tête les fixe à la base des cheveux.

Le cycle de vie du pou de corps comprend trois stades : la lente, la nymphe et l'adulte.

  1. La lente est généralement facile à voir dans les coutures des vêtements d'une personne infestée (notamment à la taille), aux aisselles, voire dans le système pileux. Ovale, elle est d'ordinaire de couleur jaune à blanche. Elle peut prendre de une à deux semaines pour éclore.
  2. La nymphe est un pou immature qui a éclos. Elle ressemble au pou de corps adulte, en plus petit. Il lui faut environ de 9 à 12 jours après l'éclosion pour devenir adulte. Elle doit se nourrir de sang pour vivre.
  3. L'adulte est à peu près de la taille d'une graine de sésame (de 2,5 à 3,5 mm), a six pattes et est de couleur tan à blanc grisâtre. Il doit aussi se nourrir de sang pour vivre. Le pou meurt à la température ambiante s'il est séparé de son hôte.

Origine[modifier | modifier le code]

Le pou de corps a divergé de celui de tête il y a quelque 100 000 ans, ce qui laisse entrevoir la date d'apparition du vêtement[2],[3],[4]. Il a été décrit pour la première fois par Linnée dans la 10e édition de Systema Naturae. L'analyse de la séquence du génome de ce pou fut publiée en 2010[5],[6].

Maladies[modifier | modifier le code]

Le pou de corps peut non seulement causer une maladie appelée pédiculose, mais aussi être vecteur du typhus exanthématique (dû au bacille Rickettsia prowazekii), de la fièvre récurrente mondiale (due à Borrelia recurrentis) et de la fièvre des tranchées (due à la bactérie Bartonella quintana)[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Patrick A. Buxton, « The Anatomy of Pediculus humanus », dans The Louse : an account of the lice which infest man, their medical importance and control, Londres, Edward Arnold, , p. 5–23.
  2. (en) Ralf Kittler, Manfred Kayser et Mark Stoneking, « Molecular evolution of Pediculus humanus and the origin of clothing », Current Biology, vol. 13, no 16,‎ , p. 1414–1417 (PMID 12932325, DOI 10.1016/S0960-9822(03)00507-4, lire en ligne [PDF])
  3. (en) Mark Stoneking, « Erratum: Molecular evolution of Pediculus humanus and the origin of clothing » (consulté le 14 mars 2008)
  4. (en) Melissa A. Toups, Andrew Kitchen†, Jessica E. Light et David L. Reed, « Origin of Clothing Lice Indicates Early Clothing Use by Anatomically Modern Humans in Africa », Molecular Biology and Evolution, vol. 28, no 1,‎ , p. 29–32 (lire en ligne).
  5. (en) B.R. Pittendrigh et al., « Proposed sequencing of a new target genome: the human body louse, Pediculus humanus humanus », Journal of Medical Entomology, vol. 43, no 6,‎ , p. 1103–1111.
  6. (en) Kirkness et al., « Genome sequences of the human body louse and its primary endosymbiont provide insights into the permanent parasitic lifestyle », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 107, no 27,‎ , p. 12168-12173.
  7. Arezki Izri et Claude Guiguen, « Les pédiculoses et le rôle du laboratoire », Revue francophone des laboratoires, vol. 2013, no 454,‎ , p. 33-39 (lire en ligne).