Robert Merle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Robert Merle

Description de cette image, également commentée ci-après

Robert Merle en 1956

Activités Écrivain
Naissance
Tébessa, Algérie
Décès (à 95 ans)
Grosrouvre, Yvelines, France
Langue d'écriture Français
Genres Roman réaliste, roman historique
Distinctions Prix Goncourt
Prix John Wood Campbell Memorial
Grand prix Jean-Giono
Prix de la Fraternité

Œuvres principales

Robert Merle est un écrivain français, né à Tébessa (en Algérie)[1] le et décédé en son domaine de La Malmaison à Grosrouvre, Yvelines, le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Félix Merle, né en Algérie, envoyé aux Dardanelles en 1915, puis rapatrié à Marseille en raison d'une fièvre typhoïde.

Ancien élève des classes préparatoires (hypokhâgne et khâgne) du lycée Louis-le-Grand, titulaire d'une licence de philosophie, agrégé d'anglais (reçu 1er au concours), Robert Merle consacre sa thèse de doctorat de lettres à Oscar Wilde et devient professeur au lycée de Bordeaux, Marseille, puis à Neuilly-sur-Seine où il fait la connaissance de Jean-Paul Sartre, à l'époque professeur de philosophie. Mobilisé en 1939, Robert Merle est agent de liaison avec les forces britanniques. Il est fait prisonnier à Dunkerque. Il témoigne de son expérience dans la poche de Dunkerque dans un documentaire d'Henri de Turenne[2] et reste en captivité jusqu'en 1943. En 1944, il devient maître de conférences d'anglais à l'université de Rennes, puis Professeur en 1949. Il sera successivement en poste à Toulouse, Caen, Rouen, Alger et enfin Nanterre où il se trouve en mai 1968. Cette dernière expérience a inspiré son roman Derrière la vitre.

Très proche du Parti communiste français, il s'en éloigne à la suite de l'invasion de l'Afghanistan par l'Union soviétique.

En 2008, son fils Pierre Merle a publié une volumineuse biographie illustrée d'une vingtaine de photos : Robert Merle. Une vie de passions (Éditions de l'Aube, 2008, réédition De Fallois, 2013). L'ouvrage débute par une question : « Par quelle alchimie de hasard et de nécessité, Robert Merle, ce gosse courant dans les rues d'Alger, est-il devenu un écrivain ? » L'histoire mouvementée de son enfance, de son adolescence parisienne, de sa captivité en Allemagne, de ses engagements politiques et de ses amours constitue une « main du destin », minutieusement décrite, et la trame fondatrice d'une œuvre d'une grande diversité littéraire. L'ouvrage montre que la grande saga de Fortune de France (13 tomes), très documentée et très fidèle à l'histoire de France, est aussi, à travers les deux personnages de Pierre de Siorac et de son fils Pierre-Emmanuel, une autobiographie romancée de Robert Merle, un mélange continuel de sa vie réelle et de sa vie rêvée. Pour le centenaire de sa naissance, cette biographie est un éclairage particulier de la vie et de l'œuvre de celui que Le Monde a appelé le « plus grand romancier de littérature populaire en France »[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans divers[modifier | modifier le code]

Robert Merle a été marqué par la guerre et par sa captivité de 1940 à 1943. Ceci explique que beaucoup de ses romans traitent de la hantise du lieu clos et de la guerre. Par ailleurs nombre de personnages de ses romans sont inspirés par ses proches et sa vie personnelle.

  • 1949 : Week-end à Zuydcoote (prix Goncourt) : près de Dunkerque assiégé par les allemands en mai-juin 1940 un soldat français tente d'embarquer avec les troupes anglaises pour rejoindre l'Angleterre (adaptation cinématographique d'Henri Verneuil en 1964).
  • 1952 : La mort est mon métier : roman historique inspiré de la biographie de Rudolf Höß, commandant du camp de concentration d'Auschwitz (adaptation cinématographique « Aus einem deutschen Leben » de Theodor Kotulla en 1977).
  • 1962 : L'Île (prix de la Fraternité), inspiré des révoltés du Bounty : un groupe de mutins se réfugie sur une île et tente d'y organiser une société.
  • 1967 : Un animal doué de raison : roman de science/politique-fiction sur ce qui sépare l'homme de l'animal (adaptation cinématographique sous le titre Le Jour du dauphin (The Day of the dolphin) par Mike Nichols en 1973).
  • 1970 : Derrière la vitre : récit romancé de l'occupation de la salle du conseil des professeurs le à l'université de Nanterre.
  • 1972 : Malevil : une communauté de survivants, retranchée dans un château après une guerre nucléaire (adaptation cinématographique de Christian de Chalonge en 1981).
  • 1974 : Les Hommes protégés : la domination soudaine des femmes après que les hommes ont été foudroyés en grand nombre par un type d'encéphalite qui s'attaque exclusivement à eux.
  • 1976 : Madrapour : l'aventure des passagers d'un avion sans équipage, métaphore métaphysique sur le passage à l'au-delà.
  • 1986 : Le jour ne se lève pas pour nous : un récit-reportage sur la vie en mission à bord du sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) français L'Inflexible.
  • 1987 : L'Idole : au XVIe siècle, en Italie, une petite bourgeoise devenue grande dame déchaîne des passions contradictoires.
  • 1989 : Le Propre de l'homme : le défi d'un scientifique qui élève, en famille, une chimpanzé, lui enseigne la langue des signes pour prouver qu'elle possède une forme d'intelligence.
  • 2013 : Dernier été à Primerol, inédit suivi d'une postface de Pierre Merle (Édition de Fallois). Ce texte, premier écrit littéraire de Robert Merle, a été rédigé au cours de sa captivité en Allemagne en 1942-1943. La postface éclaire la genèse du texte lié à la captivité de son auteur et son contexte historique.

Série Fortune de France (romans historiques)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fortune de France.
Robert Merle (1985)

La série Fortune de France est une fresque historique s'étendant de 1547 à 1661.

La première partie (6 premiers tomes) est décrite à travers les yeux de Pierre de Siorac, personnage fictif, noble à la cour.

La seconde partie (7 tomes a priori interrompus par son décès), à travers ceux de son fils, Pierre-Emmanuel.

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1950 : Tome I : Flamineo, Sisyphe et la mort, Les Sonderling
  • 1957 : Tome II : Nouveau Sisyphe, Justice à Miramar, L'Assemblée des femmes (d'après Aristophane)
  • 1992 : Tome III : Le Mort et le Vif suivi de Nanterre la Folie (adaptation de Sylvie Gravagna)
  • 1996 : Pièces pies et impies

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1948 : Oscar Wilde, appréciation d’une œuvre et d’une destinée (essai)
  • 1955 : Oscar Wilde ou la « destinée » de l'homosexuel (essai)
  • 1959 : Vittoria, Princesse Orsini (biographie)
  • 1965 : Moncada, premier combat de Fidel Castro (histoire contemporaine)
  • 1965 : Ahmed Ben Bella (histoire contemporaine)

Récompenses[modifier | modifier le code]

Introductions[modifier | modifier le code]

  • Pour une édition en 1956, par les Éditeurs Français Réunis du roman de Jonathan Swift: Le Voyage à Lilliput (Série Les Voyages du capitaine Gulliver, volume Premier), il rédigea une longue introduction de 59 pages présentant le contexte politique de cette satire.
  • W. Somerset Maugham, Les Nouvelles complètes, préface de Robert Merle, Omnibus, Presses de la cité, 1992 (cf. Wikipedia Somerset Maugham).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopædia Universalis, « ROBERT MERLE », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 27 mars 2014).
  2. La Bataille de France - 69 minutes| http://www.youtube.com/watch?v=in0TLT2zCUA
  3. Le Monde du

Liens externes[modifier | modifier le code]