Gonorrhée

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Gonorrhée
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Publicité pour le traitement par la pénicilline de la gonorrhée en 1944.

CIM-10 A54
CIM-9 098
MedlinePlus 007267
eMedicine article/782913 
MeSH D006069
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale
Neutrophiles infectés par Neisseria gonorrhoeae, on retrouve des petits diplocoques gram négatifs caractéristiques.

La blennorragie[1],[2] ou gonorrhée[3],[4],[5] (aussi appelée familièrement chaude-pisse[6],[7], chaude-lance[8], castapiane[9],[10] ou chtouille[11]) est une infection sexuellement transmissible. C'est une infection des organes génito-urinaires, due au gonocoque (Neisseria gonorrhoeae) découvert par Albert Neisser en 1879 dans un pus d’urétrite aiguë et isolé en 1885 par Bumm. Elle fait partie des gonococcies.

Pendant des siècles la blennorragie a été confondue avec la syphilis ; leur non-identité sera définitivement démontrée par Jean-François Hernandez (1812)[12] et surtout par Ricord (1838).

Le traitement préventif est le préservatif. Le traitement curatif était l'antibiothérapies mais on assiste à l'apparition d'un nombre croissant de souches microbienne antibiorésistantes.
Les médicaments de dernier recours sont les céphalosporines dites de troisième génération mais il est confirmé par l'OMS qu'en Afrique du Sud, en Australie, en Autriche, au Canada, en France, au Japon, en Norvège, au Royaume-Uni, en Slovénie et en Suède des souches résistantes sont apparues[13]. Pour les mêmes raisons en 2016, l'OMS a aussi recommandé d'abandonner la prescription de quinolones pour lutter contre la gonorrhée[14]. En 2016, il ne reste donc que les céphalosporines comme antibiotique (dont ma ceftriaxon mais en 2016 selon l'OMS « quarante-six pays ont déjà signalé des souches de gonorrhée moins sensibles à la ceftriaxone, et 10 pays ont signalé des cas résistant à tous les antibiotiques habituellement efficaces »[15]. Il restera les thérapies associant plusieurs antibiotiques, mais très délicates à mettre en œuvre. De nouveaux médicaments pourraient être mis sur le marché mais pas avant 2020.

  • Vers 2008, environ 106 millions de personnes étaient infectées par le gonocoque chaque année (vers 2008). Vers 2015, environ 78 millions de personnes seraient infectées chaque année[15], parfois sans symptômes, parfois avec des douleurs dans les organes génitaux, le rectum et/ou la gorge, avec risques d'infertilité voire d'infection du cerveau ou du cœur sans traitement[15].

Les femmes de 15 à 19 ans et les hommes de 20 à 24 ans sont les groupes les plus touchés ; En 2003 une directives de l'OMS recommande les quinolones (ciprofloxacine notamment) comme traitement, mais en raison d'une antibiorésistance croissante, l'OMS a en 2016 recommandé l'abandon des quinolones contre ce microbe[15].

  • La période d’incubation est habituellement de 2 à 7 jours ;
  • Plus de 50 % des hommes et des femmes peuvent être des porteurs asymptomatiques de ces infections, qui sont le plus souvent localisées dans certaines parties du corps comme le rectum et le pharynx ;
  • Le plus souvent, les contacts sont asymptomatiques ;
  • Une infection chronique asymptomatique est possible ;
  • La présence d’une infection génitale peut faciliter la transmission du VIH.

Facteurs comportementaux[modifier | modifier le code]

  • Sujets ayant des contacts sexuels avec une personne porteuse d’une infection diagnostiquée.
  • Personnes ayant des rapports sexuels non protégés avec un partenaire issu d’une région de forte endémicité et où le taux de résistance risque d’être plus élevé.
  • Voyageurs qui se rendent dans des pays où ces infections sont endémiques et qui ont des relations sexuelles non protégées avec des membres de la population locale (risque plus élevé de résistance).
  • Travailleurs de l’industrie pornographique, prostitution.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Signes cliniques[modifier | modifier le code]

Chez l'homme[modifier | modifier le code]

Émission de pus par le méat urinaire ; signe d'une gonorrhée chez l'homme

Les premiers signes d'alerte sont, chez l'homme:

Les manifestations d'une infection à Neisseria gonorrhoeae peuvent se révéler sous la forme de :

Séquelles chez l'homme :

Chez la femme[modifier | modifier le code]

Gonorrhée chez la femme

Les risques de complication sont plus importants pour la femme. Cette infection, si elle n'est pas traitée, se complique parfois de cystite chronique et surtout de rétrécissement urétral.

Les manifestations d'une infection à Neisseria gonorrhoeae peuvent se révéler sous la forme de :

Séquelle chez la femme :

Dans les deux sexes[modifier | modifier le code]

Chez le nouveau-né[modifier | modifier le code]

Diagnostic bactériologique[modifier | modifier le code]

Évolution et conséquences[modifier | modifier le code]

Sans traitement, les risques d'évolution vers une stérilité irréversible sont très importants, dans les deux sexes. Parfois (moins de 3 à 4 % des infections génitales) les gonocoques diffusent et peuvent se localiser :

  • à la peau (aspect de poussée subite d'acné généralisée),
  • dans les articulations (voir arthrite des genoux)
  • ou même (très exceptionnellement) dans l'endocarde où ils provoquent des lésions mortelles en l'absence de traitement efficace.

Traitement[modifier | modifier le code]

Le traitement consiste en la prise d'antibiotiques.

L'évolution de la résistance aux antibiotiques du germe a modifié sa prise en charge suivant l'époque : de la sulfonamide à la fin des années 1930, on est passé à la pénicilline à doses croissantes, cette dernière n'étant plus utilisée à partir des années 1980. Les fluoroquinolones et les céphalosporines ont pris alors le relais, avec l'apparition de résistances dès les années 1990[16]. Cette évolution pose un réel problème de santé publique d'autant que certaines souches peuvent être résistantes à plusieurs antibiotiques à la fois. La proportion de ces dernières varie de façon importante suivant les pays. La résistance aux Quinolones s'est largement répandue[15].

Tous les patients traités pour une gonococcie devraient également être traités pour une chlamydiose, cette infection étant très fréquemment associée[17].

Un traitement sous observation directe de la prise d’une seule dose est souhaitable pour garantir l’observance.

Tous les partenaires qui ont eu des relations sexuelles avec le malade au moins dans les 60 jours précédant l’apparition des symptômes, ainsi que les parents de nouveau-nés infectés doivent subir le même traitement que le cas index. Les personnes traitées pour une infection gonococcique devraient également être traitées pour une chlamydiose.

Traitement de choix[modifier | modifier le code]

Toujours associer un traitement pour Chlamydia trachomatis :

Traitements alternatifs[modifier | modifier le code]

Pour cause d'allergie au traitement de choix, il y a ces possibilités :

Distribution internationale[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

La gonococcie a reculé en France (et dans certains autres pays) pour des raisons encore indéterminées (les précautions liées à l'épidémie de SIDA y sont certainement pour quelque chose mais le déclin de la gonococcie s'était amorcé avant que le SIDA ne soit connu par le public, peut être suite à des changements de directives de traitement dans les pays riches (ex : Royaume-Uni, Canada) qui visaient à moins favoriser l'antibiorésistance[15]. Mais le tourisme sexuel [infection de Français ayant résidé à l'étranger] est un facteur important de la non-disparition de cette maladie en France).

Dans la culture[modifier | modifier le code]

La gonorrhée a une longue histoire. Elle a été décrite il y a au moins 700 ans comme étant présent dans la section ancienne Le Clapiers de Paris, l'emplacement des maisons de prostitution[18].

  • Dans le film La Ligne Verte, Paul Edgecombe (Tom Hanks), gardien-chef au pénitencier de Cold Mountain en Louisiane, souffre des symptômes de la blennorragie : il urine des « lames de rasoir ». Son infection est soignée par les pouvoirs surnaturels de John Caffey, détenu gentil et doux condamné pour le viol et le meurtre de deux fillettes.
  • Dans le film Lame de fond réalisé par Ridley Scott de 1996, plusieurs élèves du bateau-école sont atteints de blennorragie après avoir eu des expériences sexuelles avec des étudiantes hollandaises en visite. Ils sont soignés par piqûre intramusculaire effectuée par l'infirmière du bateau.
  • Dans l'épisode 3 de la saison 2 de la série The Walking Dead, Daryl donne de la doxycycline à T-Dog pour soigner une septicémie. Elle appartenait à son frère Merle. Pour justifier l'existence de ces médicaments, Daryl explique que Merle était atteint de manière récurrente de blennorragie.
  • Dans le disque Joe's Garage, de Frank Zappa, le personnage Joe parle de sa blénnorragie dans la chanson "Why does it hurt when I pee."

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Entrée « Blennorragie » dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 30 mars 2016).
  2. Entrée « blennorragie » [html], sur Dictionnaires de français (en ligne), Larousse (consulté le 30 mars 2016).
  3. Entrée « Gonorrhée » dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 30 mars 2016).
  4. Définitions lexicographiques et étymologiques de « gonorrhée » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 30 mars 2016).
  5. Entrée « gonorrhée » [html], sur Dictionnaires de français (en ligne), Larousse (consulté le 30 mars 2016).
  6. Définitions lexicographiques et étymologiques de « chaude-pisse » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 30 mars 2016).
  7. Entrée « chaude-pisse » [html], sur Dictionnaires de français (en ligne), Larousse (consulté le 30 mars 2016).
  8. Définitions lexicographiques et étymologiques de « chaude-lance » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 30 mars 2016).
  9. Définitions lexicographiques et étymologiques de « castapiane » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 30 mars 2016).
  10. Dictionnaire vivant de la langue française, « Castapiane », sur dvlf.uchicago.edu (consulté le 9 avril 2014)
  11. Définitions lexicographiques et étymologiques de « chtouille » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 30 mars 2016).
  12. Jean-François Hernandez, Essai analytique sur la non identité des virus gonorrhoïques et syphilitiques, Toulon, 1812
  13. OMS (2014), [Communiqué de presse : Premier rapport de l’OMS sur la résistance aux antibiotiques: une menace grave d’ampleur mondiale ] et rapport
  14. Kupferschmidt K (2016), The world may soon run out of drugs to treat gonorrhea ; 2016-08-30, consulté 2016-09-11
  15. a, b, c, d, e et f Kai Kupferschmidt (2016) The world may soon run out of drugs to treat gonorrhea 2016-08-30
  16. Wang SA, Harvey AB, Conner SM et Als. Antimicrobial resistance for Neisseria gonorrhoeae in the United States, 1988 to 2003: The spread of fluoroquinolone resistance, Ann Int Med, 2007;147:81-84
  17. Datta SD, Sternberg M, Johnson RE et Als. Gonorrhea and chlamydia in the United States among persons 14 to 39 Years of Age, 1999 to 2002, Ann Int Med, 2007;147:89-96
  18. (en) Benjamin I. Baarda et Aleksandra E. Sikora, « Proteomics of Neisseria gonorrhoeae: the treasure hunt for countermeasures against an old disease », Frontiers in Microbiology, vol. 6,‎ (ISSN 1664-302X, DOI 10.3389/fmicb.2015.01190)

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Lien externe[modifier | modifier le code]