Shigellose

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Shigellose
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Shigella vue dans un échantillon de selles.
Causes Shigelle, Shigella flexneri, Shigella boydii (en), Shigella sonnei et Shigella dysenteriaeVoir et modifier les données sur Wikidata
Transmission Contamination féco-oraleVoir et modifier les données sur Wikidata
Incubation min 2 hVoir et modifier les données sur Wikidata
Incubation max 4 jVoir et modifier les données sur Wikidata
Symptômes Fièvre, frissonnement (en), douleur abdominale, diarrhée, sensation d'évacuation incomplète des selles (en) et hématochézieVoir et modifier les données sur Wikidata

Traitement
Médicament Ciprofloxacine, azithromycine, quinolone, macrolide, ceftriaxone, probiotique et drotaverine (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Spécialité InfectiologieVoir et modifier les données sur Wikidata
Classification et ressources externes
CISP-2 D70Voir et modifier les données sur Wikidata
DiseasesDB 12005
MedlinePlus 000295
eMedicine 182767
Patient UK Bacillary-dysentery

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La shigellose ou dysenterie bacillaire est une maladie infectieuse d'origine bactérienne. Elle est causée par l'un des divers types de la bactérie Shigella. La shigellose est caractérisée par une gastro-entérite aiguë, dont les selles sont habituellement accompagnées de sang et de mucus, causés par des abcès des parois intestinales, provoqués par l'envahissement de ces bactéries[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

La shigellose est une maladie endémique des zones tropicales d'Afrique, d'Amérique centrale et d'Asie du Sud-Est[2]. Elle est également retrouvée dans les pays industrialisés, et parmi les voyageurs des zones endémiques[2].

160 millions de cas sont recensés chaque année[2]. 200 000 personnes meurent de la shigellose chaque année dans le monde. Parmi elles, 65 000 sont des enfants de moins de 5 ans[3].

En janvier 2022, la UK Health Security Agency (en) alerte sur une augmentation du nombre de cas de Shigellose, particulièrement chez les populations homosexuelles et bisexuelles masculines. D'après l'agence, cette recrudescence est corrélée à l'apparition de souches résistantes aux antibiotiques[4].

Transmission[modifier | modifier le code]

La transmission, souvent directe, est féco-orale[3] et interhumaine[2]. La manque d'hygiène favorise la transmission[2]. La transmission existe également via les rapports sexuels anaux[2].

Incubation[modifier | modifier le code]

Symptômes[modifier | modifier le code]

La shigellose se manifeste par des symptômes variés[2]. Sa forme atténuée se caractérise par de la fièvre, de crampes abdominales, de nausées, vomissements, puis diarrhées aqueuses[2].

Elle peut être suivie d'un syndrome dysentérique[2].

Des complications sont possibles[2].

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Traitement[modifier | modifier le code]

L'antibiothérapie dépend de la souche bactérienne de Shigelle, sachant que les souches varient selon la géographie et que plusieurs souches ont développé des antibiorésistances. La ciprofloxacine constitue l'antibiotique de référence[2].

Chez les adultes, la dysenterie causée par les bactéries guérit d'habitude spontanément. Chez les enfants et d'autres groupes vulnérables, des antibiotiques sont nécessaires. Mais au cours des dernières années, Shigella dysenteriae de type 1 (Sd1) est devenue de plus en plus résistante aux médicaments. Chez les personnes qui se sont déshydratées à la suite de la maladie, il faut reconstituer les liquides organiques aussi vite que possible. On peut pour cela utiliser des sels de réhydratation oraux ou de liquides intraveineux.

Le traitement par phagothérapie fait l'objet de nombreuses recherches dans les pays occidentaux[5],[6],[7]. En France, où la phagothérapie a été découverte dans le cadre du traitement de la dysenterie pendant la Première Guerre mondiale, la phagothérapie n'est plus utilisée depuis 2019 que sous le statut de préparations magistrales, après avoir bénéficié d'autorisations temporaires d'utilisation[8].

Prophylaxie[modifier | modifier le code]

L'hygiène est le principal moyen de prévention[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Shigellose sur le site de l'Agence de la santé publique du Canada
  2. a b c d e f g h i j k et l Xavier Nicolas, Hervé Granier et Patrick Le Guen, « Shigellose ou dysenterie bacillaire », La Presse Médicale, vol. 36, no 11, Part 2,‎ , p. 1606–1618 (ISSN 0755-4982, DOI 10.1016/j.lpm.2007.03.001, lire en ligne, consulté le )
  3. a et b « Shigellose », sur Institut Pasteur, (consulté le )
  4. (en) « Rise in extremely drug-resistant Shigella in gay and bisexual men », sur GOV.UK (consulté le )
  5. Gilles Bourdin, Armando Navarro, Shafiqul A. Sarker et Anne-C. Pittet, « Coverage of diarrhoea-associated Escherichia coli isolates from different origins with two types of phage cocktails », Microbial Biotechnology, vol. 7, no 2,‎ , p. 165–176 (ISSN 1751-7915, PMID 24528873, PMCID PMC3937720, DOI 10.1111/1751-7915.12113, lire en ligne, consulté le )
  6. Lawrence D. Goodridge, « Bacteriophages for managing Shigella in various clinical and non-clinical settings », Bacteriophage, vol. 3, no 1,‎ (ISSN 2159-7073, PMID 23819110, PMCID PMC3694061, DOI 10.4161/bact.25098, lire en ligne, consulté le )
  7. (en) Sarah M. Doore, Jason R. Schrad, William F. Dean et John A. Dover, « Shigella phages isolated during a dysentery outbreak reveal uncommon structures and broad species diversity », Journal of Virology,‎ , JVI.02117–17 (ISSN 0022-538X et 1098-5514, PMID 29437962, DOI 10.1128/JVI.02117-17, lire en ligne, consulté le )
  8. « Évènement - Comité Phagothérapie - Retour d'expérience et perspectives - ANSM », sur ansm.sante.fr, (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]