Marcel Prévost

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Pour les personnes ayant le même patronyme, voir Prévost.
Marcel Prévost
Description de cette image, également commentée ci-après

Marcel Prévost

Nom de naissance Eugène Marcel Prévost
Naissance
Drapeau de la France Paris (8e arrondissement)
Décès (à 78 ans)
Drapeau de la France Vianne
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

Les Demi-Vierges (roman)

Eugène Marcel Prévost est un romancier et auteur dramatique français, né à Paris (8e arrondissement) le [1] et mort à Vianne le .

Sa vie et son œuvre[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Après des études au petit séminaire d’Orléans, puis à Châtellerault, à Bordeaux (collège Saint-Joseph de Tivoli) et chez les jésuites de Paris, Marcel Prévost intègre l’École polytechnique en 1882. Il est ingénieur des manufactures de tabacs, à Lille où il est aussi examinateur à l'Institut industriel du Nord[2], puis à Tonneins en Lot-et-Garonne, ville où son père avait été sous-directeur des contributions indirectes, avant d'entrer au ministère des Finances à Paris.

Il est l'un des premiers dreyfusards, et participe avec Emile Zola, Louis Sarrut et Louis Leblois au dîner organisé le 13 novembre 1897 par Scheurer-Kestner, Président du Sénat et Alsacien, au cours duquel ce dernier décida de faire part de sa conviction au public.

Écriture[modifier | modifier le code]

En 1881, il commence à publier des nouvelles dans Le Clairon, journal monarchiste sous le pseudonyme de Schlem. Ses premiers écrits sont placés sous l'influence d'Alphonse Daudet et de George Sand. En 1890, après le succès de son second roman Mademoiselle Jaufre (1889), il quitte la fonction publique pour se consacrer à la littérature. Trois périodes semblent se dessiner dans sa carrière. La première concerne les œuvres de jeunesse et s'étend de 1884 à 1894. La seconde prend naissance avec le roman Les Demi-Vierges et s'achève dans les années 1920. Cette période est marquée par la volonté de concilier tradition et modernité, de s'inscrire davantage dans l'actualité en prônant un militantisme féminin dans la veine de Paul Hervieu et de son ouvrage Les Tenailles (1895). Enfin, la troisième période s'échelonne des années 1930 à sa mort et montre que, malgré un essoufflement certain de l'engouement du public, il demeure un écrivain de premier ordre[3] .

Après des premiers romans consacrés à la vie de province – Le Scorpion (1887), Chonchette (1888), Mlle Jaufre (1889) – il s'engage dans la veine qui lui apportera la notoriété : l'étude du caractère des femmes vu d'un point de vue strictement masculin, avec des romans comme Cousine Laura (1890), La Confession d’un amant (1891), Lettres de femmes (1892), L'Automne d'une femme (1893).

Il triomphe en 1894 avec Les Demi-Vierges, son roman le plus célèbre. Il décrit en forçant le trait les ravages que la vie parisienne et l'éducation moderne sont censés faire chez les jeunes filles. Le roman est ensuite adapté à la scène et créé avec un grand succès au Théâtre du Gymnase le . Le terme « demi-vierge », passé dans le langage courant, désigne une jeune fille affranchie mais cependant vierge.

Marcel Prévost à son bureau en 1910.

Dans le même esprit, Marcel Prévost publie ensuite Jardin secret 1897), Les Vierges fortes (1900), Frédérique (1900), Léa (1900), L'Heureux Ménage (1901), Les Lettres à Françoise (1902), La Princesse d'Erminge (1904), L'Accordeur aveugle (1905), Féminités (1912), Mon cher Tommy (1920),Les Don Juanes (1922), La Mort des Ormeaux (1937). Dans une production abondante et uniforme, on peut signaler Monsieur et Madame Moloch (1906), amusante satire du caractère allemand. Les Lettres à Françoise (1902) proposent un programme idéal d'éducation d'une jeune fille, tandis que le mélange de mysticisme et d'érotisme de Retraite ardente (1927) suscite les protestations de l'Église catholique romaine.

Sa pièce en quatre actes La Plus Faible, jouée en 1904 à la Comédie-Française, connaît également un grand succès.

Il dirige la Revue de France de 1922 à 1940 et préside également la Société des gens de lettres. Il est élu à l'Académie française le , au fauteuil de Victorien Sardou.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Marcel Prévost est fait chevalier de la Légion d'honneur [4] en 1894 (et décoré par Philippe Gille), promu officier en 1900 (décoré par Ludovic Halévy de l'Académie française), commandeur en 1913 (décoré par Paul Hervieu de l'Académie française), élevé à la dignité de grand officier le 23 novembre 1927 par Raymond Poincaré, ancien président de la République et membre de l'Académie française, et enfin de grand'croix de la Légion d'honneur en 1935, les insignes lui étant remis en janvier 1936 par le général Charles Nollet, grand chancelier de la Légion d'honneur. Officier supérieur de réserve, remobilisé comme chef du service des informations militaires, il est décoré de la Croix de guerre 1914-1918.

Représentations[modifier | modifier le code]

Il est portraituré par le peintre Paul Chabas (1869-1937) sur le tableau commandé par l'éditeur Alphonse Lemerre, Chez Alphonse Lemerre, à Ville D'Avray (salon de 1895), aux côtés de l'écrivain et académicien français Paul Bourget, de Sully-Prudhomme, de Paul Arène ou de Alphonse Daudet, entre autres.

Action sociale[modifier | modifier le code]

Marcel Prévost a été président de l'Union française pour le sauvetage de l'enfance de 1937 à 1941.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le scorpion, Alphonse Lemerre, 1887.
  • La confession d'un amant, Alphonse Lemerre, 1891.
  • Lettres de femmes, Alphonse Lemerre, 1892.
  • L'automne d'une femme, Alphonse Lemerre, 1893.
  • Nouvelles lettres de femmes, Alphonse Lemerre, 1894.
  • Les demi-vierges, Alphonse Lemerre, 1894.
  • Notre compagne (provinciales et parisiennes), Alphonse Lemerre, 1895.
  • Le mariage de Julienne, Alphonse Lemerre, 1896.
  • Dernières lettres de femmes, Alphonse Lemerre, 1897.
  • Le jardin secret, Alphonse Lemerre, 1897.
  • Chonchette, Alphonse Lemerre, 1898.
  • Les vierges fortes - Léa, Alphonse Lemerre, 1900.
  • Les vierges fortes - Frédérique, Alphonse Lemerre, 1900.
  • Le domino jaune : les palombes, Alphonse Lemerre, 1901.
  • L'heureux ménage, Alphonse Lemerre, 1901.
  • Lettres à Françoise, Félix Juven, 1902.
  • Le pas relevé - Nouvelles, Alphonse Lemerre, 1902.
  • Cousine Laura (mœurs de théâtre), Alphonse Lemerre, 1903.
  • La princesse d'Erminge, Alphonse Lemerre, 1904.
  • La plus faible (comédie en quatre actes), Alphonse Lemerre, 1904.
  • Mademoiselle Jaufre, Alphonse Lemerre, 1905.
  • L'accordeur aveugle, Alphonse Lemerre, 1905.
  • Monsieur et Madame Moloch, Ernest Flammarion, 1906.
  • Lettres à Françoise Mariée, Félix Juven, 1908.
  • Pierre et Thérèse, Alphonse Lemerre, 1909.
  • Lettres à Françoise Maman, Arthème Fayard, 1912.
  • Missette - La paille dans l'acier - Provinciale, Alphonse Lemerre, 1912.
  • Ces temps-ci - Les anges gardiens, Alphonse Lemerre, 1913.
  • Nouvelles féminités, Alphonse Lemerre, 1914.
  • L'Adjudant Benoît, Alphonse Lemerre, 1916.
  • Mon Cher Tommy, Arthème Fayard, 1920.
  • La retraite ardente, Ernest Flammarion, 1927.
  • D'un poste de commandement (P.C. du 21e C.A.) - La bataille de l'Ailette (23 octobre - 2 novembre 1917), Ernest Flammarion, 1918.
  • La nuit finira, Alphonse Lemerre, 1920 (2 vol.).
  • Sa maîtresse et moi, Les éditions de France, 1925.
  • La retraite ardente, Ernest Flammarion, 1927.
  • Nouvelles lettres à Françoise ou la jeune fille d'après-guerre, Ernest Flammarion, 1928.
  • L'homme vierge, Les éditions de France, 1929.
  • Voici ton Maître, Les éditions de France, 1930.
  • Nos grandes écoles : Polytechnique, Nouvelle société d'édition, 1931.
  • L'Américain, Les éditions de France, 1931.
  • Marie-des-Angoisses, Les éditions de France, 1932.
  • Fébronie, Les éditions de France, 1933.
  • Clarisse et sa fille, Les éditions de France, 1935.
  • La Mort des Ormeaux, Les éditions de France, 1937.
  • Adaptations cinématographiques:
  • 1936 : Les Demi-vierges de Pierre Caron (contribution au scénario et dialogues : Marcel Prévost, d'après son roman et sa pièce du même titre)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 8/568/1862 (consulté le 30 septembre 2012)
  2. « M. Marcel Prévost préside à Lille l'assemblée annuelle de l'Institut industriel du Nord de la France », Journal de Roubaix,‎ (lire en ligne)
  3. Declochez (Nathalie), Marcel Prévost, "Le Moulin de Nazareth et autres nouvelles de Gascogne", Nérac, éd. d'Albret, juin 2013, préface.
  4. Sa fiche sur la Base Leonore

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :