Si (poème)

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Si, en anglais « If— », est un poème de Rudyard Kipling, écrit en 1895, et publié en 1910 dans Rewards and Fairies. Il lui a été inspiré par le Raid Jameson[1]. Évocation de la vertu britannique de l'ère victorienne, comme Invictus de William Ernest Henley vingt ans plus tôt, ce poème est rapidement devenu très célèbre. Deux de ses vers sont notamment reproduits à l'entrée des joueurs du court central de Wimbledon.

Traductions et adaptations[modifier | modifier le code]

André Maurois l'a adapté dans son livre Les Silences du colonel Bramble (publié en 1918) sous le titre Tu seras un homme, mon fils. Soucieux de maintenir la pureté de la langue et de rester fidèle au sens plutôt qu'à la lettre des textes, Maurois a écrit une version se composant de vers parfaitement réguliers et sans rime approximative qui reprend l'idée fondamentale du poème de Kipling tout en ne traduisant directement que quelques vers.

Le 14 juin 1940, Paul Rivet placarde le poème sur les portes du Musée de l'Homme, en signe de résistance à l'occupant allemand.

Le poème a connu d'autres traductions françaises, d'inégal bonheur, dont celles de Germaine Bernard-Cherchevsky (1942) et de Jules Castier (1949)[2].

La traduction (ou réécriture) par André Maurois de ce poème a été chantée par Bernard Lavilliers en 1988 dans son album intitulé If. Signe de succès, elle est aussi reprise dans de nombreuses anthologies et cartes postales, et désignée directement comme "poème de Kipling",

Avis divergent[modifier | modifier le code]

Dans son essai Une folle solitude : le fantasme de l'homme auto-construit (2006), p. 116, Olivier Rey déclare :

« On trouve des effets délétères de la tyrannie paternelle jusque dans ses modalités d'effacement. Par exemple, dans ce poème mondialement connu et célébré de Rudyard Kipling, If — adapté en français par André Maurois sous le titre « Tu seras un homme mon fils » — où le père n'abandonne ses anciennes exigences qu'en imprégnant son renoncement de venin. Oh, certes, le fils est libre : pas de contraintes ! Juste une liste égrenée de conditions à remplir pour être un homme, plus exorbitantes les unes que les autres. Voir tout ce qu'on a accompli anéanti d'un coup et repartir de zéro avec une énergie intacte, endurer la calomnie sans un soupir, garder confiance quand tout le monde doute et sans reprocher aux autres de douter, etc. — ce genre de choses qui sont plus du ressort du divin que de l’humain. Une liste aussi délirante ne peut signifier qu'une chose : tu ne seras jamais un homme mon fils. Ou comment rester castrateur, l'être davantage encore en prétendant ne plus l'être. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Halsall, Modern History Sourcebook: Rudyard Kipling: If, sur le site officiel de l'Université Fordham, 1998.
  2. On peut les comparer, avec d'autres plus récemment traduites, ici : Pierre Crescenzo, « Rudyard Kipling »

Sources[modifier | modifier le code]

  • Olivier Rey, Une folle solitude : le fantasme de l'homme auto-construit, Le Seuil, 2006 (spéc. p. 116).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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