Olivia de Havilland

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Olivia de Havilland
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Olivia de Havilland dans La Piste de Santa Fe (1940)

Nom de naissance Olivia Mary de Havilland
Naissance (100 ans)
Tokyo, Japon
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni Britannique (naissance)
Drapeau des États-Unis Américaine (naturalisation)
Profession Actrice
Films notables Capitaine Blood
Les Aventures de Robin des Bois
Autant en emporte le vent
À chacun son destin
La Fosse aux serpents
L'Héritière
Chut... chut, chère Charlotte

Olivia de Havilland est une actrice américaine d'origine britannique[1],[2], née le à Tokyo (Japon).

Ayant joué dans 49 films, elle apparaît aujourd'hui comme l'une des dernières légendes vivantes de l'Âge d'or de Hollywood[3],[4], avec Kirk Douglas et Zsa Zsa Gábor.

Biographie[modifier | modifier le code]

Couverture du magazine Motion Picture de mai 1939.

Olivia Mary de Havilland est la fille de l'avocat Walter de Havilland[5] et de l'actrice Lillian Fontaine. Sa sœur cadette est l'actrice Joan Fontaine (1917-2013).

La famille de Havilland déménage de Tokyo en 1918 pour s'installer à Saratoga, en Californie. Olivia étudie à la Los Gatos High School puis au couvent Notre-Dame à Belmont.

Sa carrière cinématographique débute avec Alibi Ike de Ray Enright en 1935. Elle apparaît sur scène la même année à l'Hollywood Bowl dans le rôle de Hermia du Songe d'une nuit d'été, adaptée au cinéma avec la même distribution. De Havilland partage par la suite l'affiche avec Errol Flynn dans de nombreux films populaires tels que Capitaine Blood et La Charge de la brigade légère en 1936, et Les Aventures de Robin des Bois en 1938. Elle prête ses traits à Melanie Wilkes dans Autant en emporte le vent en 1939[6], ce qui lui vaut une nomination pour l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle (que Hattie McDaniel, qui joue Mama dans le même film, remportera).

En 1941, elle est naturalisée américaine. Elle et sa sœur sont nommées à l'Oscar de la meilleure actrice en 1942. C'est Joan qui l'emporte pour son rôle dans Soupçons d'Alfred Hitchcock face à Olivia dans Par la porte d'or. Le biographe Charles Higham décrivant les évènements de cette cérémonie, déclara que Fontaine s'avançant pour recevoir sa récompense, a singulièrement rejeté les tentatives de félicitations que voulait lui adresser Olivia, et que celle-ci fut blessée et embarrassée par un tel comportement[réf. nécessaire]. Il expliqua que les sœurs avaient une relation compliquée, et que bien que toutes deux aient refusé de commenter l'incident, déclara que cet épisode était le catalyseur de ce qui se veut être deux vies remplies de querelles. Les deux femmes sont restées en mauvais termes depuis ce jour.

Olivia de Havilland en 1938

Pendant la même époque, Olivia devint de plus en plus frustrée par les rôles qui lui étaient assignés. Elle estima être capable de jouer d'autres rôles que les sages demoiselles en détresse stéréotypées et commença à rejeter les scénarios proposés pour ce type de personnages. À cause de la loi permettant aux studios de suspendre les contrats des acteurs en cas de rejet d'un rôle, la période de suspension fut ajoutée à la durée du contrat. En théorie, ceci permettait à un studio de maintenir indéfiniment son contrôle sur un contractuel. Rares furent ceux qui essayèrent de modifier le système ; Bette Davis, avec qui elle était amie, intenta un infructueux procès à la Warner Bros. durant les années 1930. N'acceptant plus cette situation, Olivia De Havilland leur en intenta un dans les années 1940 et celui-ci porta ses fruits ; de ce fait, le pouvoir des studios fut réduit et étendit la liberté des acteurs. Cette décision fut l'un des actes légaux les plus importants et de plus grande envergure jusqu'alors à Hollywood. Le courage d'Olivia en intentant ce procès lui valut le respect et l'admiration de ses collègues[7].

La qualité et la variété de ses rôles commence à s'améliorer. Après trois années d'absence, elle fait son retour dans À chacun son destin (1946). Dans le rôle d'une mère qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, tente de retrouver son fils, elle obtient l'Oscar de la meilleure actrice. Les critiques sont élogieuses envers ses nouveaux rôles. James Agee, dans sa critique de La Double Énigme, note qu'elle est « l'une des plus jolies femmes dans les films. Elle ne possède pas un talent remarquable mais son jeu est sérieux, calme, minutieux et bien soutenu... un vrai plaisir à contempler. »

Olivia de Havilland en 1952

Les critiques sont unanimes quant à sa prestation dans La Fosse aux serpents (1948). Ce film est l'un des premiers à tenter de réaliser un portrait réaliste de la maladie mentale et Olivia de Havilland est louée pour sa volonté de jouer un personnage totalement dénué de glamour et d'être confrontée à tant de sujets controversés. Elle remporte un deuxième oscar pour L'Héritière en 1950. Son interprétation d'une jeune fille riche qui prend conscience que seul son argent intéresse ses soupirants est, selon les critiques, « remarquable[8] » et « à glacer le sang[9]. »

Elle tourne de moins en moins de films à partir des années 1950. Elle refuse le rôle de Blanche Dubois dans Un tramway nommé Désir parce que « je venais de donner naissance à mon fils et je ne pouvais plus le faire[10] » et non parce qu'elle aurait trouvé le script immoral comme cela a été rapporté. Le rôle est finalement attribué à sa partenaire d'Autant en emporte le vent, Vivien Leigh, pour lequel elle remporte un oscar.

Elle est nommée pour un Golden Globe pour sa performance dans Ma cousine Rachel (1952) aux côtés de Richard Burton. Elle est ensuite dirigée par Terence Young dans La Princesse d'Eboli (1955) et Stanley Kramer dans Pour que vivent les hommes (également en 1955) où elle donne la réplique à Robert Mitchum et Frank Sinatra.

En 1964, elle joue, dans le thriller Une femme dans une cage, une femme handicapée persécutée par un groupe de jeunes. La même année, elle donne la réplique à Bette Davis qui la choisit pour succéder à Joan Crawford dans Chut... chut, chère Charlotte. En 1965, elle devint la première femme à être présidente du jury au Festival de Cannes.

Vivant à Paris depuis 1953, elle reste à l'écart du monde du cinéma[11],[12]. Elle a déclaré travailler sur une autobiographie. Elle présenta la 75e cérémonie des Oscars en 2003. Turner Classic Movies a diffusé un documentaire rétrospectif nommé Melanie Remembers et dans lequel Olivia de Havilland est interviewée pour le 65e anniversaire de la sortie de Autant en emporte le vent. À 88 ans, elle se remémore tous les détails de son casting (elle était en contrat avec la Warner qui refusait d'abord de la prêter à Selznick) et du tournage. Elle reçoit la Légion d'honneur le 9 septembre 2010. Lors de la cérémonie des César 2011 au théâtre du Châtelet à laquelle elle assiste, la profession lui rend hommage par une ovation debout.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Olivia de Havilland épouse en 1946 le romancier américain Marcus Goodrich. Elle donne naissance à un fils Benjamin (1949-1991) qui devint mathématicien. Elle divorce en 1954 et épouse en secondes noces en 1955, en Sologne, le journaliste français Pierre Galante dont elle divorce en 1979. De cette union naîtra Gisèle en 1956, qui se consacre au journalisme.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Olivia de Havilland dans Capitaine Blood (1935)

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Olivia de Havilland possède son étoile sur le Hollywood Walk of Fame au 6762 Hollywood Avenue.

Elle a été faite chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur le 9 septembre 2010.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Un prix d'interprétation a été nommé en son honneur par la Los Gatos High School (Californie), qu'elle a fréquentée dans son enfance.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yannick Vely, « Joyeux centenaire, Olivia de Havilland », sur Paris Match,‎
  2. Jean-Noël Mirande, « Olivia de Havilland, une jeune femme de 100 ans ! », sur Le Point,‎
  3. Geoffrey Caillet, « Olivia de Havilland, la légende a 100 ans », sur Le Figaro,‎
  4. Antoine Sire, « Les cent ans d’Olivia de Havilland, la Lady conquérante d’Hollywood », sur Slate,‎
  5. Demi-frère de Charles de Havilland, lui-même père de Geoffrey de Havilland, pionnier de l'aviation et fondateur de la De Havilland Aircraft Company.
  6. « Olivia de Havilland, la Mélanie d'"Autant en emporte le vent", fête ses 100 ans », sur Midi Libre,‎
  7. Antoine Sire, « Olivia De Havilland contre Warner : le procès qui transforma Hollywood », sur Les Échos,‎
  8. Critique de L'Héritière sur TV Guide.
  9. Critique de L'Héritière sur Channel 4.
  10. « Olivia de Havilland Recalls Her Role – in the Cold War », The Wall Street Journal, .
  11. Jean-Noël Mirande, « Olivia de Havilland, une Américaine à Paris », sur Le Point,‎
  12. Richard Gianorio, « Lady Olivia », sur Le Figaro,‎

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Liens externes[modifier | modifier le code]