Miguel Ángel Asturias

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Miguel Ángel Asturias
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Miguel Ángel Asturias en 1967.

Naissance
Ciudad de Guatemala
Drapeau du Guatemala Guatemala
Décès (à 74 ans)
Madrid
Drapeau de l'Espagne Espagne
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Espagnol
Mouvement Surréalisme
Genres

Œuvres principales

Miguel Ángel Asturias, né à Guatemala le et mort à Madrid le , est un poète, écrivain et diplomate guatémaltèque, prix Nobel de littérature.

Il est inhumé à Paris, au cimetière du Père-Lachaise (division 10).

Biographie[modifier | modifier le code]

Statue de Miguel Ángel Asturias à Guatemala.

En 1904, alors qu'il n'a que 5 ans, sa famille quitte la capitale pour Salamá, Baja Verapaz, où elle demeure jusqu'en 1908.

En 1917, après un an de médecine, il entame des études de droit à l'Universidad de San Carlos de Guatemala, et obtient le titre d’avocat avec une thèse sur « Le Problème social de l’Indien », un sujet qui lui tiendra toujours à cœur.

Dans les années 1920, il participe au soulèvement contre le dictateur Manuel Estrada Cabrera. À la fin de ses études juridiques, s'intéressant aux cultures précolombiennes, il part étudier l'anthropologie à la Sorbonne (Paris - France), où il suivit les cours de Georges Raynaud.

À Paris, il rencontre artistes et écrivains à Montparnasse, et commence à écrire contes et poésies. La parution de Légendes du Guatemala (Leyendas de Guatemala) en 1930, consacre sa vocation littéraire.

De retour au Guatemala, il se lance dans la politique et est élu député en 1942. Puis, à partir de 1946, il est successivement diplomate au Mexique, en Argentine, au Salvador, puis ambassadeur en France de 1966 à 1970, après un exil en Argentine de 1954 à 1961.

En 1946, il aborde le roman avec Monsieur le Président (El señor Presidente), le portrait satirique d'un dictateur sudaméricain, à la manière de ce qu'avait fait l'écrivain espagnol Ramón del Valle-Inclán avec Tirano Banderas et que le feront après lui Gabriel García Márquez dans L'Automne du patriarche, Augusto Roa Bastos dans Moi, le Suprême et Vargas Llosa dans La Fête au Bouc. En 1949 paraît son chef-d'œuvre Hommes de maïs (Hombres de maíz), œuvre typique du réalisme magique et dénonciation de l'exploitation colonialiste. Ce dernier sujet est approfondi dans sa vaste trilogie romanesque ayant pour toile de fond l'exploitation par une compagnie américaine des travailleurs amérindiens dans les plantations de banane : L'Ouragan (Viento fuerte, 1950) ; Le Pape vert (El Papa verde, 1954) ; Les Yeux des enterrés (Los ojos de los enterrados, 1960).

Il reçoit le Prix Lénine pour la paix en 1966 et le Prix Nobel de littérature en 1967 qui consacre l'ensemble de son œuvre.

En 1972 paraît Vendredi des douleurs (Viernes de dolores), un récit semi-autobiographique généralement considéré comme son testament littéraire, notamment par le critique français Gérard-Humbert Goury dans les pages du journal Le Matin.

Décédé le à Madrid, après une longue maladie, il est inhumé sous un totem maya dans la division 10 du cimetière du Père-Lachaise à Paris[1].

Le romancier[modifier | modifier le code]

Romancier et conteur, il est le promoteur du réalisme magique, influencé à l'origine par le surréalisme, et alimenté par la mythologie indigène, la terre elle-même, le "tellurique", et la lutte des paysans contre l'impérialisme.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Rayito de estrellas (1925)
  • Emulo Lipolidón (1935)
  • Sonetos (1936)
  • Alclasán (1940)
  • Con el rehén en los dientes: Canto a Francia (1942)
  • Anoche, 10 de marzo de 1543 (1943)
  • Poesía: Sien de alondra (1949)
  • Ejercicios poéticos en forma de soneto sobre temas de Horacio (1951)
    Publié en français sous le titre Le Grand Diseur, suivi de Exercices poétiques en forme de sonnets sur des thèmes d'Horace, traduit par Claude Couffon, Julian Garavito et Charles Dobzynski, Les Éditeurs français réunis, coll. « Petite sirène », 1975 (ISBN 2-201-01372-1)
  • Bolivar: Canto al Libertador (1955)
  • Nombre custodio e imagen pasajera (1959)
  • Clarivigilia primaveral (1965)
    Publié en français sous le titre Claireveillée de printemps, traduit par René L. F. Durand, Gallimard, coll. « Poésie du monde entier », no 1, 1965
  • Sonetos de Italia (1965)
  • Poèmes indiens : Messages indiens, Claireveillée de printemps, Le Grand Diseur, anthologie française, Paris, Gallimard, coll. « Poésie » no 242, 1990 (ISBN 2-07-032574-1)

Contes et nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Rayito de estrella (1925)
  • Leyendas de Guatemala (1930)
    Publié en français sous le titre Légendes du Guatemala, traduit par Francis de Miomandre, Marseille, Les Cahiers du Sud, 1932 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « La Croix du Sud » no 6, 1953 ; réédition, Paris, Gallimard, 1967 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio » no 1624, 1985 (ISBN 2-07-037624-9) ; réédition dans une traduction révisée par Vincent Raynaud, Paris, Gallimard, coll. « Folio bilingue » no 121, 2004 (ISBN 2-07-030436-1)
    Transcription de légendes mayas. Œuvre majeure.
  • Week-end en Guatemala (1956)
    Publié en français sous le titre Week-end au Guatemala, traduit par Georges Pillement, Paris, Albin Michel, 1959, Paris, Albin Michel, coll. « Les grandes traductions », 1981
  • Clarivigilia primaveral (1965)
  • El espejo de Lida Sal (1967)
    Publié en français sous le titre Le Miroir de Lida Sal, traduit par Claude Couffon, Paris, Albin Michel, coll. « Les grandes traductions », 1967 ; réédition, Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque Albin Michel », 1987 (ISBN 2-226-02898-6)
  • Tres de cuatro soles (1971)
    Publié en français sous le titre Trois des quatre soleils, traduit par Claude Couffon, Genève/Paris, Skira, coll. « Les sentiers de la création » no 14, 1971 ; réédition, Paris, Flammarion, coll. « Champs » no 179, 1987 (ISBN 2-605-00111-3)
  • Novelas y cuentos de juventud (1990) - publication posthume
    Publié en français sous le titre Deux hivers et autres textes de jeunesse, traduit par Marie-Claude Castro et Claude Couffon, Paris, Ramsay/De Cortanze, 1991 (ISBN 2-85956-905-7)

Romans[modifier | modifier le code]

Trilogie bananière[modifier | modifier le code]

  • Viento fuerte (1950)
    Publié en français sous le titre L'Ouragan, traduit par Georges Pillement, Paris, Gallimard, coll. « La Croix du Sud » no 10, 1955 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Du monde entier », 1967 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « L'Étrangère », 1993 (ISBN 2-07-072835-8)
  • El Papa verde (1954)
    Publié en français sous le titre Le Pape vert, traduit par Francis de Miomandre, Paris, Albin Michel, 1956 ; réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 4808, 1976 (ISBN 2-253-01397-8) ; réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche. Biblio » no 3064, 1985 (ISBN 2-253-03768-0)
  • Los ojos de los enterrados (1960)
    Publié en français sous le titre Les Yeux des enterrés, traduit par Marie Castelan, Paris, Albin Michel, 1962

Autres romans[modifier | modifier le code]

  • El señor Presidente (1946) - Prix du Meilleur livre étranger
    Publié en français sous le titre Monsieur le Président, traduit par Georges Pillement, Francisca Garcias et Yves Malartic, Paris, Bellenand, 1952 ; réédition, Paris, Le Club français du livre, 1953 ; réédition, Paris, LGF, coll. « Le Livre de poche » no 2503, 1968 ; réédition dans une nouvelle traduction de Georges Pillement et Dorita Nouhaud, Paris, Albin Michel, coll. « Les grandes traductions », 1977 (ISBN 2-226-00420-3) ; réédition, Paris, Flammarion, coll. « Garnier-Flammarion » no 455, 1987 (ISBN 2-08-070455-9)
  • Hombres de maíz (1949)
    Publié en français sous le titre Hommes de maïs, traduit par Francis de Miomandre, Givors, A. Martel, 1953 ; réédition, Paris, Albin Michel, coll. « Les grandes traductions », 1967
  • El alhajadito (1961)
    Publié en français sous le titre La Flaque du mendiant, traduit par Dominique Eluard et Alaïde Foppa, Paris, Albin Michel, coll. « Les grandes traductions », 1966
  • Mulata de tal (1963)
    Publié en français sous le titre Une certaine mulâtresse, traduit par Claude Couffon, Paris, Albin Michel, 1965 ; réédition, Paris, Flammarion, coll. « Garnier-Flammarion » no 676, 1994 (ISBN 2-08-070676-4)
  • Maladrón (1969)
    Publié en français sous le titre Le Larron qui ne croyait pas au ciel ou l'Épopée des Andes vertes, traduit par Claude Couffon, Paris, Albin Michel, coll. « Les grandes traductions », 1970 ; réédition, Paris, Seuil, coll. « Points. Roman » no 505, 1992 (ISBN 2-02-012704-0)
  • Viernes de dolores (1972)
    Publié en français sous le titre Vendredi des douleurs, traduit par Claude Couffon, Paris, Albin Michel, coll. « Les grandes traductions », 1977 (ISBN 2-226-00476-9) ; réédition, Paris, Seuil, coll. « Points. Roman » no 457, 1991 (ISBN 2-02-012838-1)
  • El árbol bajo la cruz (posthume - 1993 - écrit dans les derniers mois de 1973)

Livres pour la jeunesse[modifier | modifier le code]

  • El hombre que lo tenía todo todo todo (1981)
    Publié en français sous le titre L'Homme qui avait tout tout tout, traduit par Julian Caravito, Paris, Éditions G.P., coll. « Rouge et or », 1973 ; réédition, Paris, Gallimard, coll. « Folio junior » no 63, 1978 (ISBN 2-07-033063-X) ; réédition, Paris, Seuil, 1999 (ISBN 2-02-038032-3)
  • La Maquinita de hablar (1981)
    Publié en français sous le titre La Machine à parler, Paris, Gallimard jeunesse, coll. « Folio benjamin » no 394, 1999 (ISBN 2-07-052237-7)

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Soluna (1955)
    Publié en français sous le titre Soluna, traduit par Jean et André Camp, Paris, Seuil,coll. « Théâtre » no 18, 1969
  • La audiencia de los confines (1957)
  • Teatro: Chantaje, Dique seco, Soluna, La audiencia de los confines (1964)
  • El Rey de la Altaneria (1968)

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Sociología guatemalteca: El problema social del indio (1923) - thèse
  • La arquitectura de la vida nueva (1928)
  • Carta aérea a mis amigos de América (1952)
  • Rumania; su nueva imagen (1964)
    Publié en français sous le titre Roumanie d'aujourd'hui, traduit par Claude Bourguignon, Paris, Albin Michel, 1969
  • Latinoamérica y otros ensayos (1968) - recueil d'essais
  • Comiendo en Hungría (1969)
  • América, fábula de fábulas y otros ensayos (1972) - recueil d'essais

L'œuvre d'Asturias comprend également des poèmes dont certains en prose, une anthologie de poésie précolombienne (1966), du théâtre et de nombreux articles de journaux.

Études en français[modifier | modifier le code]

  • Beby Auer-Ramanisa, Miguel Ángel Asturias et la révolution guatémaltèque, étude socio-politique de trois romans, Paris, Anthropos, 1981
  • Marc Cheymol, Miguel Ángel Asturias dans le Paris des années folles, Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, 1987.
  • Co-Textes, Miguel Ángel Asturias, 7, Montpellier, novembre 1984.
  • Claude Couffon, Miguel Ángel Asturias, Paris, Seghers, 1970 (Poètes d’aujourd’hui).
    • « Miguel Ángel Asturias ou le double sang d’un poète », introduction à Miguel Ángel Asturias, Poèmes indiens, Paris, Gallimard, 1990 (poésie), p. 7-26.
    • « Notes pour une lecture », introduction à Miguel Ángel Asturias, Une certaine Mulâtresse, Paris, Flammarion, 1994 (GF), p. 9-27.
  • Xavier Domingo, Entretiens avec Miguel Ángel Asturias, Paris, Belfond, 1966.
  • Europe, Miguel Ángel Asturias, 553-554, mai-juin 1975.
  • Aline Janquart, « Maladrón ou la longue gestation de Gestas », América, 12, 1993, p. 203-210.
    • « Hétérodoxies et déviance religieuse dans Maladrón », América, 14, p. 73-86.
    • « Miguel Ángel Asturias », in Claude Cymerman et Claude Fell (dir.), Histoire de la littérature hispano-américaine de 1940 à nos jours, Paris, Nathan, 1997 (Fac littérature), p. 25-29.
  • Dorita Nouhaud, Miguel Ángel Asturias, l’aventure antérieure, Paris, L’Harmattan, 1991 (Recherches & Documents Amérique latine).
    • La Brûlure de cinq soleils, Limoges, Presses Universitaires du Limousin (PULIM), 1991.
    • Étude sur Maladrón de Miguel Ángel Asturias, Paris, L’Harmattan, 1993.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, (ISBN 978-2914611480), p. 62

Liens externes[modifier | modifier le code]

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