Louis Madelin

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Louis Madelin
Louis Madelin-1927.jpg
Louis Madelin, député des Vosges (1927)
Fonctions
Président
Société de l'histoire de France
-
Frédéric Soehnée (d)
Député
Vosges
-
Fauteuil 5 de l'Académie française
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 85 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Formation
Activités
Père
Amédée Madelin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
René Madelin (d)
Geneviève Madelin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Membre de
Conflit
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Archives conservées par

Louis Emile Marie Madelin est un historien, député et académicien français né à Neufchâteau (Vosges) le , mort à Paris le et inhumé au Cimetière de Grenelle.

C'est un spécialiste de la Révolution et du Premier Empire, biographe de Fouché et auteur d'une monumentale Histoire du Consulat et de l’Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Louis Madelin est le cinquième des dix enfants de Marie Bonnet et Amédée Madelin.

Sa famille maternelle est issue de la haute bourgeoisie parisienne. Son grand-père maternel Jules Bonnet est avocat et doyen de l'ordre. Son arrière-grand-père est bâtonnier, député de Paris, vice-président de la chambre et défenseur du général Moreau poursuivi par Napoléon en 1804 pour ne pas avoir dénoncé la conspiration de Cadoudal et Pichegru.

La famille Madelin, originaire de Sallanches en Savoie, s'établit en Lorraine au milieu du XVIIIe siècle. Le père de Louis, Amédée, étudie le droit à la Sorbonne aux côtés d'Émile Gebhart et d'Émile Baudelot. Procureur impérial à Neufchâteau en 1870, il est un temps pris en otage par l'occupant allemand. En 1874 il est nommé procureur de la République à Bar-le-Duc. En 1880, Amédée Madelin est acculé à la démission en raison de ses opinions religieuses et politiques et devient avocat. Orléaniste, il échoue à se faire élire député comme candidat conservateur en 1885 et 1889[1].

Louis Madelin a, entre autres, pour frère le général René Madelin père d'Antoine Madelin, et pour sœur Geneviève Madelin épouse de Léon Zeller et mère d'Henri Zeller et d'André Zeller.

En 1898, Louis Madelin épouse Émilie Baudelot avec qui il aura quatre enfants. À la suite du décès de son épouse en 1910, il se marie en secondes noces avec Marthe Clavery, en 1912. Sa seconde épouse meurt en 1973 à 92 ans.

Formation[modifier | modifier le code]

En 1878, Louis Madelin entre à l'école Fénelon de Bar-le-Duc où l'enseignement est assuré exclusivement par des prêtres et des séminaristes, son père ayant une aversion pour les lycées de l'État. Après son baccalauréat, il intègre la faculté de lettres de Nancy en 1888. Ayant obtenu sa licence, il devient, le 25 août 1891, le plus jeune agrégé de France. Il suit l'enseignement de l'École nationale des chartes, mais démissionne en deuxième année pour postuler à l'École française de Rome. Ayant choisi de consacrer sa thèse à Fouché, il séjourne de 1895 à 1897 en Italie où il accède aux archives de Florence, Venise, Naples, Milan et du Vatican.

Le 30 janvier 1901, au bout de six années de préparation, Louis Madelin soutient à la Sorbonne ses thèses pour le doctorat es-lettres devant un jury composé de Lavisse, Gebhart, Aulard, Lemonnier, Denis, Charles Dejob et présidé par Alfred Croiset. Lavisse attaque la thèse en français jugeant cette biographie comme une « réhabilitation » de Fouché. Madelin n'obtient que la mention honorable. En dépit de la censure universitaire, et grace à l'abondance d'articles de presse, le livre de Madelin est un succès de librairie contribuant à sortir le personnage de Fouché de sa seule légende noire[2].

Il est un temps chargé de cours libres à la Sorbonne. Il n'obtiendra jamais de chaire universitaire, refusant à maintes reprises des postes dans l'enseignement secondaire. En 1922, il postule à la succession d'Alphonse Aulard à la chaire d'histoire de la Révolution française à la Sorbonne. Il se retire de la compétition après une campagne où Ernest Labrousse déclare à son sujet : « À la Sorbonne. Un détracteur de la Révolution va-t-il enseigner l'histoire de la Révolution ? »

Entrée dans le monde des lettres[modifier | modifier le code]

L'Académie française couronne son Fouché du prix Thiers. Mais Léon Madelin échoue à plusieurs reprises à se faire publier par la Revue des Deux Mondes. Il collabore néanmoins à la Nouvelle Revue et à Minerva. Il écrit des chroniques historiques pour la Revue hebdomadaire et des recensions de livres d'histoire dans le bulletin critique. En 1902, il entre dans la Société des Études historiques. En 1906, il fait paraître La Rome de Napoléon récompensé du prix Gobert de l'Académie française. Un extrait de son ouvrage lui permet enfin d'entrer à la Revue des Deux Mondes. En 1907 il effectue avec l'Alliance française une tournée de quatre mois aux États-Unis et au Canada. Il donne soixante-quinze conférences sur l'Empire et est reçu par le président Roosevelt. À son retour en 1908 des articles élogieux relatent les succès de ses conférences. Il est sollicité pour écrire une synthèse sur la Révolution et une autre sur L'Histoire du Consulat et de l'Empire pour la collection L'Histoire de France racontée à tous de la librairie Hachette. Il est accueilli par la Société des gens de lettres et Le Foyer.

Première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la première Guerre mondiale, il est mobilisé, dès 1914, comme sous-officier au 44e régiment d'infanterie territoriale, avant d'être affecté par le général Heer au quartier général de la Région fortifiée de Verdun devenu en février 1916 quartier général de la 2e armée de Pétain. Passé sous-lieutenant, il est appelé par Nivelle en 1917 à la « section information » du GQG[3],[4]. Chevalier de la légion d'honneur à titre civil en 1913, Louis Madelin est titularisé à titre militaire en janvier 1918[5]. Il est démobilisé en 1919 avec le grade de lieutenant et la Croix de guerre.

Politique[modifier | modifier le code]

Il est élu député des Vosges 1924 à 1928 sous la bannière de la Fédération républicaine, conservatrice.

Homme de lettres[modifier | modifier le code]

Louis Madelin à l'Académie française

En 1927, Il est élu face à Tristan Bernard au fauteuil numéro 5 de l'Académie française, où il remplace Robert de Flers ; son successeur sera Robert Kemp. En 1934, il succède à Lyautey à la présidence de l'Association des Amis du berceau de Jeanne d'Arc, qui co-organise avec les Compagnons de Jeanne d'Arc des manifestations apolitiques rassemblant plusieurs milliers de personnes de 1937 à 1939 à Domrémy. En tant qu'académicien français, il devient membre associé de l'Académie de Stanislas à Nancy[6].

De 1936 à 1953, il publie la grande œuvre de sa vie, l'Histoire du Consulat et de l'Empire :

  • I. La jeunesse de Bonaparte
  • II. L'ascension de Bonaparte
  • III. De Brumaire à Marengo
  • IV. Le Consulat
  • V. L'avènement de l'Empire
  • VI. Vers l'Empire d'Occident 1806-1807
  • VII. L'Affaire d'Espagne 1807-1809
  • VIII. L'apogée de l'Empire 1809-1810
  • IX. La crise de l'Empire 1810-1811
  • X. L'empire de Napoléon
  • XI. La Nation sous l'Empereur
  • XII. La catastrophe de Russie
  • XIII. L'écroulement du Grand Empire
  • XIV. La campagne de France
  • XV. L'interrègne impérial
  • XVI. Les cent-jours Waterloo

En 1948, il participe à la création et prend la présidence du Comité d'Honneur pour la Libération de Philippe Pétain, puis en 1951 est membre du comité d'honneur de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain[7].

Il est promu officier de la légion d'honneur en 1930, reçu par le général René Madelin commandant la 19e division d'infanterie à Rennes. En 1956, il accède à la distinction de commandeur de la légion d'honneur, reçu par l'académicien Henry Bordeaux.

Ecriture et autographe de Louis Madelin (1871–1956), historien, député, et académicien français.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1901 De conventu Bononiensis
  • 1901 Fouché (Ouvrage couronné par l'Académie française. Prix triennal Thiers)
  • 1905 Croquis lorrains
  • 1906 La Rome de Napoléon
  • 1906 Le général Lasalle
  • 1911 La Révolution
  • 1913 La France et Rome
  • 1914 Danton
  • 1916 La Victoire de la Marne
  • 1916 L'Aveu, la bataille de Verdun et l'opinion allemande
  • 1917 La Mêlée des Flandres, l'Yser et Ypres
  • 1918 L'Expansion française de la Syrie au Rhin
  • 1919 Les heures merveilleuses d'Alsace et de Lorraine
  • 1920 Verdun. La bataille de France.
  • 1921 Le chemin de la victoire, 2 vol
  • 1922 La France du Directoire
  • 1925 La Colline de Chaillot
  • 1925 Le maréchal Foch
  • 1926 La France de l'Empire
  • 1928 Les hommes de la Révolution
  • 1929 Le Consulat de Bonaparte
  • 1931 La Fronde
  • 1932 Le Consulat et l'Empire, 2 vol
  • 1933 Les grandes étapes de l'Histoire de France
  • 1935 Lettres inédites de Napoléon à l'impératrice Marie-Louise, écrites de 1810 à 1814. Napoléon. La Contre-Révolution sous la Révolution
  • 1936 Le crépuscule de la monarchie
  • 1937 François Ier, le souverain politique
  • 1937-1953 Histoire du Consulat et de l'Empire, 16 vol.
  • 1944 Talleyrand
  • 1945 Édition des Mémoires de Fouché.
  • 1947 Nouvelle édition, complétée par de nouveaux éléments, de sa biographie de Fouché de 1901, qui l'avait fait connaitre.
  • 1955 Fouché

Sources[modifier | modifier le code]

Tombe de Louis Madelin au cimetière de Grenelle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le dernier représentant d'une histoire à l'ancienne dans Histoire du Consulat et de l'Empire tome 1, Johan Ranger, collection Bouquins, Robert Laffont, Paris, 2003, p.VI-VIII
  2. Johan Ranger, « Louis Madelin et son Fouché »
  3. Rémy Porte, in Dictionnaire de la Grande Guerre 1914-1918, sous la direction de François Cochet et Rémy Porte, collection Bouquins, Éd. Robert Laffont, S.A. Paris, 2008. page 668. (ISBN 978-2-221-10722-5)
  4. Souvenirs sur les maréchaux Foch et Pétain, Léon Zeller, Économica, Paris, 2018, p.144-145
  5. « base Leonore »
  6. (fr) « MADELIN Louis », sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) (consulté le 25 octobre 2013)
  7. Jacques Leclercq, Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours , L'Harmattan, Paris, 2008 (ISBN 9782296064768), p. 136
  8. Archives nationales

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Louis Madelin », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Antoine de Baecque (dir.), « Ni Révolution, ni Contre-Révolution : Louis Madelin », in Pour ou contre la Révolution, Bayard, Paris, 2001, p. 512-515 (ISBN 2-227-02009-1)
  • Albert Ronsin (dir.), Les Vosgiens célèbres. Dictionnaire biographique illustré, Éditions Gérard Louis, Vagney, 1990, p. 243 (ISBN 2-907016-09-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]