Claude Farrère

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Claude Farrère
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Claude Farrère en 1923

Nom de naissance Frédéric-Charles Bargone
Naissance
Lyon, Drapeau de la France France
Décès (à 81 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Distinctions

Claude Farrère, né Frédéric-Charles Bargone le à Lyon, mort le à Paris, est un officier de marine et un écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Suivant les traces de son père, un colonel d’infanterie de marine, il se lance dans une carrière militaire et entre en 1894 à l’École navale. Il est promu enseigne de vaisseau en 1899, lieutenant de vaisseau en 1906, puis capitaine de corvette en 1918. Il démissionne de la Marine en 1919 pour se consacrer entièrement à l’écriture.

Son talent lui vaut un prix Goncourt en 1905 avec Les Civilisés. Il s’inspire de son expérience et de ses voyages pour rédiger une œuvre très abondante. Il écrit principalement des romans à succès, mais aussi des récits de voyages, des ouvrages de marines et des essais sur l'actualité internationale. Il est l'ami de Pierre Louÿs et de Victor Segalen et porta une grande estime à Pierre Loti : "j'eus l'honneur de sa suprême confidence. C'est moi qu'il fit à son lit de mort, et déjà mort plus qu'à moitié, jurer de continuer après lui de combattre pour la Turquie, cette Turquie musulmane injustement condamnée par une Chrétienté qui n'a plus de chrétien que le nom" (Cent dessins de Pierre Loti commentés par Claude Farrère, Arrault, 1948, p. 20). Claude Farrère précise aussi qu'il a servi quatorze ou quinze mois sous ses ordres "dans l'intimité d'un petit navire, quant il avait cinquante-trois ans et mois vingt-sept ; ma vie à moi semble avoir été calquée sur la sienne. J'ai été, comme Loti, un jeune officier pauvre et j'ai dû, comme lui, aider ma mère à vivre, parce que pension de veuve (1667 francs par an !) lui avait à peine suffi pour qu'elle pût me pousser vers cette Ecole Navale, qui avait été mon rêve constant, avant même que j'eusse seulement vu l'eau salée. Et, par la suite, tout ce qui advint à Loti m'est advenu" (Cent dessins, op. cit., p. 68-69).

L'œuvre de Claude Farrère fut parfois rapprochée de celle de ce dernier. Ainsi, il s'intéresse particulièrement à la Turquie qu'il a visitée 11 fois à partir de 1902, et surtout au Japon auquel il voue une amitié qui ne s'est jamais démentie. Claude Farrère est invité par le gouvernement japonais en 1938 en tant qu'écrivain « indépendant ». Au cours de ce séjour, il se rend en Chine du Nord, en Corée et au Mandchoukouo, et est décoré de l'insigne de deuxième classe de l'ordre du Trésor sacré[réf. nécessaire]. Claude Farrère a également écrit un recueil de nouvelles fantastiques, l'Autre côté, dont certaines nouvelles ont été reprises dans Fiction. En 1906, il publie L'Homme qui assassina (avec des illustrations de Ch. Atamian) : vingt ans avant Agatha Christie, Claude Farrère fait de l'assassin le narrateur d'un roman policier.

Claude Farrère rendant visite à Atatürk à Izmit en 1922

Il soutient l'Empire ottoman pendant les guerres balkaniques[1], puis le mouvement kémaliste pendant la guerre d'indépendance turque[2], mais regrette, à partir de 1925, la politique laïciste de Mustafa Kemal Atatürk. Farrère revient sur cet engagement dans Turquie ressuscitée (1930).

En 1933, il s’engage au sein du Comité français pour la protection des intellectuels juifs persécutés ; il demande aussi à la France de faire bon accueil aux Juifs qui fuient l’Allemagne, à la fois au nom de la générosité et au nom de l’intérêt bien compris du pays : ce serait « une bonne affaire » d’accueillir ces Juifs, comme l’Allemagne avait accueilli des protestants français après la révocation de l’édit de Nantes[3].

Pendant l'entre-deux-guerres, il a collaboré au journal des Croix-de-feu, Le Flambeau; il a adhéré à cette association en novembre 1932[4].

Le 6 mai 1932, s’interposant entre le président Doumer et son assassin Paul Gorgulov, il est blessé de deux balles dans le bras.

Il publie en 1934 une Histoire de la Marine française dans laquelle il explique que l'existence d'une marine a toujours été, en France, l'apanage d'une élite éclairée, généralement peu soutenu par l'opinion publique, et que les grandes défaites subies par la France (début de la guerre de Cent Ans, Louis XIV, Napoléon) étaient généralement dues à l'absence d'une marine.

Claude Farrère est élu à l'Académie française le , le même jour qu'André Bellessort et Jacques Bainville. Il bat de cinq voix son concurrent, Paul Claudel, pour succéder à Louis Barthou au 28e fauteuil. Après-guerre, il devient membre de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain[réf. nécessaire].

Claude Farrère fut président de l’Association des écrivains combattants. Il a donné son nom à une distinction littéraire délivrée par cette association, le prix Claude-Farrère, créé en 1959 pour « un roman d'imagination et n'ayant obtenu antérieurement aucun grand prix littéraire. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Claude Farrère lors de sa réception à l'Académie française en 1936
  • Le Cyclone (1902)
  • Fumée d'opium (1904)
  • Les Civilisés (1905) - Prix Goncourt
  • L'homme qui assassina (1906), en 1921,une édition illustrée de 47 bois de Gérard Cochet parut chez l'éditeur Georges Crès & Cie avant l'édition bibliophilique en 1926 (Éditions d'art Devambez) enrichie de quinze eaux-fortes par Henri Farge.
  • Pour vaincre la mer (1906)
  • Mademoiselle Dax, jeune fille (1907)
  • Trois hommes et deux femmes (1909)
  • La Bataille (1909)
  • Les Petites Alliées (1910)
  • Thomas l'Agnelet (1911), réédition en 1928 sous le nom de Thomas l'Agnelet, Gentilhomme de fortune
  • La Maison des hommes vivants (1911)
  • Dix-sept histoires de marins (1914)
  • Quatorze histoires de soldats (1916)
  • La Veille d'armes (1917, en collaboration avec Lucien Népoty)
  • La Dernière Déesse (1920)
  • Les Condamnés à mort (1920)
  • Roxelane (1920)
  • La Vieille Histoire (1920)
  • Bêtes et gens qui s'aimèrent (1920)
  • Croquis d'Extrême-Orient (1921)
  • L'Extraordinaire Aventure d'Achmet Pacha Djemaleddine (1921)
  • Contes d'Outre-Mer et d'autres mondes (1921)
  • Les Hommes nouveaux (1922)
  • Stamboul (1922)
  • Lyautey l'Africain (1922)
  • Histoires de très loin ou d'assez près (1923)
  • Trois histoires d'ailleurs (1923)
  • Mes voyages : La promenade d'Extrême-Orient (vol. 1, 1924),
  • Combats et batailles sur mer (1925, en collaboration avec le commandant Paul Chack)
  • Une aventure amoureuse de Monsieur de Tourville (1925)
  • Une jeune fille voyagea (1925)
  • L'Afrique du Nord (1925)
  • Mes voyages : En Méditerranée (vol. 2, 1926)
  • Le Dernier Dieu (1926)
  • Cent millions d'or (1927)
  • L'École de jazz de Claude Farrère et Dal Médico d'après Dancing mothers de Edgar Selwyn et Edmund Goulding, comédie en 4 actes, théâtre Femina, 21 octobre 1927
  • La Nuit en mer, Paris, libr. Flammarion, coll. Les Nuits, 1928.
  • L'Autre Côté (1928)
  • La Porte dérobée (1929)
  • La Marche funèbre (1929)
  • Loti (1929)
  • Loti et le chef (1930)
  • Turquie ressuscitée (1930)
  • Shahrâ sultane et la mer (1931)
  • Les Tribulations d'un Chinois en Chine (1931)[5].
  • L'Atlantique en rond (1932)
  • Deux combats navals, 1914 (1932)
  • Sur mer, 1914 (1933)
  • Les Quatre Dames d'Angora (1933)
  • Histoire de la Marine française (1934), réédition illustrée en 1956
  • Petits miroirs de la mer, avec Abel Bonnard, Maurice Guierre, Jean Painlevé, André Savignon et Roger Vercel (1934)
  • Le Quadrille des mers de Chine (1935)
  • L'Inde perdue (1935)
  • Sillages, Méditerranée et navires (1936)
  • L'Homme qui était trop grand (1936, en collaboration avec Pierre Benoit)
  • Visite aux Espagnols (1937)
  • Les Forces spirituelles de l'Orient (1937)
  • Le Grand Drame de l'Asie (1938)
  • Les Imaginaires (1938)
  • La Onzième Heure (1940)
  • L'Homme seul (1942)
  • Fern-Errol (1943)
  • La Seconde Porte (1945)
  • La Gueule du lion (1946)
  • La Garde aux portes de l'Asie (1946)
  • La Sonate héroïque (1947)
  • Escales d'Asie (1947)
  • Cent dessins de Pierre Loti commentés par Claude Farrère (1948)
  • Job, siècle XX (1949)
  • La Sonate tragique (1950)
  • Le Pavillon sur la dune, dans Les œuvres libres, 1er août 1950
  • Je suis marin (1951)
  • La Dernière Porte (1951)
  • L'île aux images, dans Les œuvres libres 1er août 1951
  • Le Traître (1952)
  • La Sonate à la mer (1952)
  • L'Élection sentimentale (1952), éd. Baudinière
  • Les Petites Cousines (1953)
  • Mon ami Pierre Louïs (1953)
  • L'amiral Courbet, vainqueur des mers de Chine, éd. françaises d'Amsterdam (1953)
  • Jean-Baptise Colbert (1954)
  • Le Juge assassin (1954)
  • Lyautey créateur (1955)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Beillevaire, « Après La Bataille : l'égarement japonophile de Claude Farrère » in Faits et imaginaires de la guerre russo-japonaise (1904-1905), p. 223-246, éditions Kailash, Paris, 2005, 590p., . (ISBN 2-84268-126-6)
  • Ali Özçelebi, Claude Farrère et la Turquie, Erzurum, Atatürk Üniversitesi basımevi, 1979.
  • Alain Quella-Villéger, Le Cas Farrère. Du Goncourt à la disgrâce, Presses de la Renaissance, Paris, 1989.
  • Alain Quella-Villéger, « Deux marins-écrivains face à la Marine française : Pierre Loti et Claude Farrère (1869-1919) », Guerres mondiales et conflits contemporains, n° 172, octobre 1993, pp. 153-160.
  • Maxime Revon, J. N. Faure-Biguet, Georges Gabory, Henry Marx, Jules Bertaut, « Claude Farrère » in La Nouvelle Revue critique, 1924.
  • Henri Troyat et Alphonse Juin, Le Fauteuil de Claude Farrère : discours de réception de M. Henri Troyat à l'Académie française et réponse de M. le Maréchal Juin, Paris, Plon, 1960.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Une rue de Paris porte son nom.
  • Une rue à Montchat, dans le 3e arrondissement de sa ville natale de Lyon, porte son nom.
  • Une avenue de Toulon porte son nom.
  • Une rue porte son nom dans le quartier de Sultanahmet à Istanbul : Klodfarer caddesi (de la transcription phonétique en turc de son nom)
  • Une rue de la ville d'Ermont porte son nom.
  • Dans la nouvelle de Boris Vian, Le Plombier, parue dans le recueil Les Fourmis, le narrateur admet désirer Jasmin sauf « les jours où elle se met à ressembler à Claude Farrère ».
  • Dans Un Captif amoureux, un ancien officier de l'armée ottomane dit à Jean Genet : « Vous venez d'un pays qui sera, après ma mort, encore dans mon cœur : celui de Claude Farrère et de Pierre Loti. »

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Claude Farrère, « Tchadaldja », L'Intransigeant, 21 janvier 1913 ; « Casse-cou ! », L'Intransigeant, 6 avril 1913 ; « Il faut qu'Andrinople soit turque », Gil Blas, 12 août 1913.
  2. Claude Farrère, « La Turquie et la paix », L'Intransigeant, 24 février 1920 ; « Le grand inconnu », Le Gaulois, 18 juillet 1922 ; « La France ne peut pas se battre contre les Turcs », Le Matin, 19 septembre 1922 ; préface à Léon Rouillon, Mon Beau Voyage. La Turquie et ses ennemis jugés par un soldat français, Paris, Les Gémeaux, 1923.
  3. Ralph Schor, L’Antisémitisme en France pendant l’entre-deux-guerres, Bruxelles, Complexe, 2005, p. 247, 295 et 299-300 ; « L'antisémitisme allemand », Paix et Droit. Organe de l'Alliance israélite universelle, mai 1933, pp. 8-9.
  4. Sean Kennedy, Reconciling France Against Democracy: The Croix de Feu and the Parti Social Français, 1927-1945, McGill-Queen's Press, 2014, p. 63, Philippe Rudaux, Les Croix de Feu et le P.S.F., France-Empire, 1967, L'Est républicain, 9 novembre 1933, "Claude Farrère chez les Croix de feu"
  5. Adaptation théâtrale à l'occasion de l'exposition coloniale de 1931 de l'œuvre de Jules Verne, en collaboration avec Charles Méré. Voir : Isabelle Scaviner, in Revue Jules Verne 33/34, Centre international Jules-Verne, 2011, p.41-51

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