Joseph de Pesquidoux

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Pierre Édouard Marie Joseph Dubosc, comte de Pesquidoux, dit Joseph de Pesquidoux, né le à Savigny-lès-Beaune (Côte-d'Or) et mort le sur la commune du Houga (Gers), est un écrivain français, membre de l’Académie française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joseph de Pesquidoux est né au Château de Savigny-lès-Beaune (Côte-d'Or), demeure de ses ancêtres maternels, le 13 décembre 1869. Ses parents, Lèonce Dubosc, comte de Pesquidoux (1829-1900) et Olga Beuverand de la Loyère Savigny, Comtesse Olga (1845–1918), sont tous les deux écrivains.

Il fit ses études à l’École des Frères du Houga.

« Ses enfances, il les a dites lui-même, toutes campagnardes, libres sous le ciel libre, avec pour compagnons les fils des métayers voisins et des enfants du village… mais il était déjà aussi épris de solitude et de rêve : Dans le grand parc familial, comme la fleur, l’oiseau, la bête, il s’enivre de lumière et d’air… » - (Maurice Genevoix)[1].

Il fut ensuite envoyé au Collège des Pères Dominicains[2] à Arcachon et poursuivit ses études à l’Université de Paris en lettres classiques.

Son service militaire le ramena au 9e régiment de chasseur à cheval « le Royal Gascogne » comme maréchal des logis[1] à Auch qui a été la ville de garnison de 1831 à 1919. Par la suite, il effectua très régulièrement des périodes militaires qui l’amenèrent au grade de lieutenant de réserve.

Après son mariage, en 1896, avec sa cousine Marie Thérèse d’Acher de Montgascon (1875-1961), il séjourna quelques années à Paris.

Ses Premiers vers (1896) furent préfacés par François Coppée. Il composa ensuite des pièces de théâtre (deux de ses drames furent joués sur des scènes parisiennes dont l’une Ramsès fut présentée au pavillon d’Égypte lors de l'Exposition universelle de 1900).

À la mort de son père en 1900, seul fils avec deux sœurs mariées, il dut prendre la responsabilité du patrimoine héréditaire familial au Château de Pesquidoux[3] sur la commune de Perchède en Gascogne, qu'il ne quittera plus jamais[1].

Père de six enfants, il s’engagea à plus de 45 ans dans la guerre de 1914-18, en tant que lieutenant, puis fut promu capitaine sur le front. Il fut décoré pour sa conduite courageuse et reçut deux citations. Il contracta dans les tranchées des infirmités qui le firent souffrir le restant de sa vie.

Dans son discours de réception[1] à l’Académie Française Maurice Genevoix l’évoque aux Éparges[4] : « Déjà, cette guerre, âpre et boueuse, l’avait dépouillé de son panache. Pour ce cavalier, ce Gascon, cela avait dû être dur… »

Marc Fumaroli, dans son discours pour la réception de Jean Clair dans cette même académie, le 18 juin 2009, ajoute « Monsieur de Pesquidoux était aussi un héros, meurtri mais survivant, du massacre de la guerre de 1914-18, où il avait été jeté, officier de cavalerie, à l’âge de quarante-cinq ans »[5].

Revenu dans le Gers, Joseph s’attacha à mettre en scène la vie, les coutumes, les rites, les fêtes de sa province d’Armagnac.

Son ami, Jean de Pierrefeu[6], rédacteur en chef du journal hebdomadaire « l’Opinion[7] » l’incita à rassembler ses récits en un livre : ce fut la publication de « Chez nous » en 1920 qui en fit d’emblée un écrivain apprécié. Paul Souday, critique redouté du Temps, écrivit : « La France a découvert un grand écrivain ». Poète jusqu’en sa prose la plus familière, il réussissait, dans sa chronique journalière, à mettre en valeur la noblesse et la pérennité des humbles tâches de la vie paysanne.

Des critiques littéraires le surnommeront « le Virgile gascon[8] ». Plus récemment, Marc Fumaroli reprend cette comparaison « Le comte de Pesquidoux était l’auteur de la Harde, du Livre de Raison, géorgiques d’autant plus goutées du public de l’entre-deux-guerres qu’elles étaient fondées à la fois sur une expérience personnelle de gentilhomme campagnard, à la tête du beau et ancien domaine viticole de sa famille en Armagnac, et sur une forte culture latine qui lui assurait une seconde généalogie chez Virgile, Horace et Columelle ».

Dans un petit film ancien, sonorisé, Joseph de Pesquidoux commente une course landaise à Rion-des-Landes. Ce document a été diffusé pour illustrer ce sport peu connu lors de l'exposition Universelle des Sports à New York en 1939.

Les années 1920 furent particulièrement riches en publications et en succès : André Gide dans Voyage au CongoLe Retour du Tchad écrit « Selon mon habitude d’inviter imaginairement un ami, un inconnu parfois, à partager ma joie, ce matin je chasse avec Pesquidoux qui ne se doute guère assurément que je fus un des premiers à m’éprendre de ses écrits… »[9].

Il reçut le Grand prix de littérature de l’académie française en 1927[10] et fut admis dans cette même académie en 1936[11], succédant à Jacques Bainville, au 34e fauteuil auquel se présentaient également André Maurois et Jacques Bardoux. Maurice Genevoix qui lui succéda devait souligner : « les dons admirables de l’artiste, … une richesse sensorielle surabondante : formes, couleurs, lignes des horizons, souffles, murmures, odeurs, saveurs, toucher du vent, de l’eau qui coule ou dort… ».

Joseph fut également élu, en 1938, au 15e fauteuil de l’Académie des Jeux floraux de Toulouse[12]. Cette société savante est considérée comme la plus ancienne d'Europe, elle fut reconnue d'utilité publique depuis 1923.

Durant l’occupation, il fut membre du Conseil National en 1941 (Commission de la Réorganisation des Régions), mais il se tint à l’écart de la vie politique, uniquement préoccupé d’assurer la vie matérielle de ses compatriotes dans sa région d’Armagnac[13]. En 1944, se situe un épisode relaté par Guy Labedan, historien de la 2e Guerre mondiale, dans son ouvrage « La 2e Guerre mondiale dans le Gers » : … « dans le bourg du Houga, à titre de représailles, les allemands pillent l'Hôtel Lafontan puis le détruisent à l'explosif »[14].

Le président du conseil départemental, Joseph de Pesquidoux fait de son mieux pour arrêter les exactions. Il garda ce poste de 1942 à 1944 sous le gouvernement de Vichy attestant son soutien à la politique du Maréchal Pétain[15].

Il fut Président d'Honneur de la Société archéologique et littéraire du Gers.

Il était Officier de la Légion d’Honneur et titulaire de la Croix de Guerre 1914-1918.

Parmi ses enfants, Arnaud de Pesquidoux (1907-1997), dit « Jean Taillemagre »[16] fut porté aux médias. Ce dernier a été journaliste, chroniqueur de radio et auteur de dossiers animalistes à « Télé 7 jours »[3].

Il mourut au château de Pesquidoux, le 17 mars 1946 et a été inhumé au cimetière de la commune du Houga[17].

Une plaque commémorative fut apposée, le 11 septembre 1971[18], sur la façade du château de Pesquidoux, lors d’une cérémonie, présidée par Maurice Genevoix, Secrétaire perpétuel de l’Académie française, en présence de nombreuses personnalités dont M. Gabriel Delaunay, préfet de la Région Aquitaine[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Liste exhaustive issue du site de la Bibliothèque Nationale de France[19] et croisée avec les informations de l'IdRef du Sudoc[20]. Les énumérations présentes ne tiennent pas comptes des différentes éditions, ré-éditions et/ou révisions. Joseph de Pesquidoux a été également préfacier de dix huit ouvrages.

Bibliographies[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Plusieurs appellations lui ont été attribuées dans des lieux du sud-ouest de la France :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Discours de réception de Maurice Genevoix du 1er novembre 1947, sur le site de l'académie française (consulté le 17 avril 2017)
  2. Historique de l’école Saint-Elme d’Arcachon,publié le 24 septembre 2012 sur le site du Collège/Lycée Saint Elme (consulté le 17 avril 2017)
  3. a et b Château de Pesquidoux à Perchède, sur le site de la Fédération des maisons d'écrivain et des patrimoines littéraires (consulté le 17 avril 2017)
  4. [PDF] La commémoration des Éparges, publié en avril 2015 sur le site de l'université Paris I Panthéon-Sorbonne (consulté le 17 avril 2017)
  5. Marc Fumaroli accueille Jean Clair à l'Académie française, sur le site du journal lemonde.fr (consulté le 17 avril 2017)
  6. Jean de Pierrefeu (1881-1940), sur le site de l'IdRef (consulté le 17 avril 2017)
  7. Jean de Pierrefeu (1883-1940), publié le 9 mars 2009 sur le site du Crid 14-18 (consulté le 17 avril 2017)
  8. [PDF] M. de Pesquidoux, qu'il appelle le Virgile gascon dans l'Express du 2 novembre 1927, sur le site Rosalis, bibliothèque numérique de Toulouse (consulté le 17 avril 2017)
  9. André Gide « Le retour du Tchad », passage : je chasse avec Pesquidoux, sur le site de books.google.fr (consulté le 17 avril 2017)
  10. L'année littéraire 1927, sur le site jstor.org (consulté le 17 avril 2017)
  11. Joseph de Pesquidoux, sur le site de l'académie française (consulté le 17 avril 2017)
  12. Comte de Pesquidoux, de l’Académie française, sur le site de l'Académie des Jeux floraux (consulté le 17 avril 2017)
  13. Gisèle Sapiro « Le champ littéraire français sous l'occupation », p. 8.
  14. Guy Labedan « Lieux de mémoire de la 2e guerre mondiale dans le Gers », p. 45.
  15. [PDF] Fonds du cabinet du préfet, sur le site des Archives Départementales du Gers (consulté le 17 avril 2017)
  16. Gérard Calvet « Éloge de Joseph de Pesquidoux », p. 3.
  17. Cimetière de la commune du Houga, visité en août 2012 sur le site landrucimetieres.fr (consulté le 20 avril 2017)
  18. Inauguration d’une plaque sur la maison de Joseph de Pesquidoux, à Perchède, sur le site de l'académie française (consulté le 20 avril 2017)
  19. Auteur de textes : Joseph de Pesquidoux (1869-1946), sur le site de la BNF (consulté le 16 avril 2017)
  20. Notices bibliographiques : Joseph de Pesquidoux (1869-1946), sur le site du Sudoc (consulté le 16 avril 2017)
  21. Plaine Pesquidoux, sur le site de gralon.net (consulté le 20 avril 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]