Festival de Cannes 1979

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La trente-deuxième édition du Festival de Cannes s'est déroulée du 10 au 24 mai 1979.

Jury longs métrages[modifier | modifier le code]

Palmarès[modifier | modifier le code]

Sélection officielle[modifier | modifier le code]

Film Réalisateur Pays
Apocalypse Now (A Work In Progress) Francis Ford Coppola Drapeau des États-Unis États-Unis
Arven (L'Héritage) Anja Breien Drapeau de la Norvège Norvège
Bez Znieczulenia (Sans Anesthésie) Andrzej Wajda Drapeau de la Pologne Pologne
Caro Papà (Cher Papa) Dino Risi Drapeau de l'Italie Italie
Days of Heaven (Les Moissons du ciel) Terrence Malick Drapeau des États-Unis États-Unis
Die Blechtrommel (Le Tambour) Volker Schlöndorff Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest, Drapeau de la France France
Een Vrouw tussen hond en wolf (Une femme entre chien et loup) André Delvaux Drapeau de la Belgique Belgique, Drapeau de la France France
L'ingorgo una storia impossible (Le grand embouteillage) Luigi Comencini Drapeau de l'Italie Italie
La Drôlesse Jacques Doillon Drapeau de la France France
Les Sœurs Brontë André Téchiné Drapeau de la France France
Los Sobrevivientes (Les Survivants) Tomas Gutierrez Alea Drapeau de Cuba Cuba
Rhapsodie hongroise I et II Miklós Jancsó Drapeau de la Hongrie Hongrie
My Brilliant Career (Ma brillante carrière) Gillian Armstrong Drapeau de l'Australie Australie
Norma Rae Martin Ritt Drapeau des États-Unis États-Unis
L'occupation en 26 images (Okupacija U 26 Slika) Lordan Zafranović Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie
Série noire Alain Corneau Drapeau de la France France
Siberiada (Siberiade) Andrei Mikhalkov-Kontchalovski Drapeau de l'URSS Union soviétique
The China Syndrome (Le syndrome chinois) James Bridges Drapeau des États-Unis États-Unis
The Europeans (Les Européens) James Ivory Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Victoria Bo Widerberg Drapeau de la Suède Suède, Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest
Woyzeck Werner Herzog Allemagne de l'Ouest Allemagne de l'Ouest

Fait marquant[modifier | modifier le code]

L'édition 1979 fait l'objet d'une importante controverse. Sept mois après avoir présidé le jury, la romancière Françoise Sagan dénonce le fonctionnement de l'institution dans Le Matin de Paris[1]. Selon elle, la direction du Festival a dicté en coulisse son palmarès aux jurés. Gilles Jacob, en charge de la sélection, revient sur cet épisode dans La Vie passera comme un rêve[2].

Sagan reste indifférente devant Apocalypse Now de Francis Ford Coppola pour lequel le Festival accepte au préalable tous les ordres, contre-ordres, contraintes techniques et caprices[3]. Conscient de l'ampleur de l’œuvre, Gilles Jacob déroge même à la règle qui interdit à un cinéaste déjà lauréat de la Palme d'or de revenir en compétition (Coppola l'avait obtenue cinq ans plus tôt pour Conversation secrète)[2].

Sagan ne jure que par Le Tambour de Volker Schlöndorff, adapté du roman homonyme de Günter Grass[3]. Ce film, commente Jacob, est « plus dans la tradition littéraire qu'elle préfère, même s'il y a du Conrad dans Apocalypse Now. »[2].

Sa ténacité finit par payer et, le jour précédant la clôture, le vote préliminaire du jury place Le Tambour en tête[2]. Au vu de ce résultat, le président du festival Robert Favre Le Bret et Maurice Bessy, ex-délégué général et juré cette année-là (à titre de compensation pour départ forcé), font pression dans la soirée sur les autres membres du jury, se voyant expliquer que l'intérêt supérieur de Cannes penche en faveur de Coppola pour des raisons évidentes d'image de marque, de visibilité planétaire de l'évènement ou d'intérêts diplomatiques, stratégiques et commerciaux (frilosité des studios américains à présenter leurs productions sur la Croisette en plus d'une direction promettant à l'époque le meilleur aux décideurs pour sélectionner tel et tel film)[2],[3].

Lors de l'ultime délibération, la Palme d'or est attribuée à la quasi-unanimité au film américain. Furieuse, Sagan se retire avant la fin des débats et fait ses valises[4]. Pour étouffer le scandale, une délégation vient lui proposer un compromis : accepter que la Palme soit décernée ex-æquo à Apocalypse Now et au Tambour en échange de son silence[2]. Sagan obtempère mais rompt sa promesse quelques mois plus tard. Sa révélation fracassante déclenche un mouvement de révolte dans la presse contre le Festival. Ce dernier répond que Sagan a laissé une ardoise de 10 000 francs au palace où elle logeait[3].

Lors du gala de clôture, Schlöndorff fit un discours sans ambiguïté sur David et Goliath et Coppola ne dit pas à un mot[2]. Ce dernier, qui venait de devenir le premier cinéaste doublement palmé, glissa plus tard à l'oreille de Gilles Jacob : « Je n'ai eu qu'une demi-palme. »[2].

Après cette édition houleuse, Jacob prit deux mesures pour la suite : supprimer définitivement la règle empêchant les lauréats de la Palme de revenir en compétition et interdire toute ingérence de la direction dans les décisions du jury[2]. Dès lors, le président et le délégué général assistent muets aux délibérations et se contentent juste d'expliquer, lors de la première réunion, le règlement intérieur ou de le rappeler par la suite si besoin est[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Dans les coulisses du jury du festival de Cannes », Le Point,‎ (lire en ligne)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Gilles Jacob, La Vie passera comme un rêve, Paris, Robert Laffont, , 384 p. (ISBN 9782221087398)
    pages 180 à 186
  3. a, b, c et d Jean-Luc Douin, « Sagan et le "complot" cannois », Vanity Fair,‎ (lire en ligne)
  4. Bertrand Meyer-Stabley, Françoise Sagan. Le tourbillon d'une vie, Pygmalion, , p. 147.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Autres éditions du Festival[modifier | modifier le code]