Transgendérisme

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Le transgendérisme est un terme qui englobe tout le spectre des personnes qui ont une identité de genre différent à la norme, allant du travesti au transsexuel. Le terme est aussi parfois utilisé pour signifier une option entre travesti et transsexuel. Le concept est également profondément enraciné dans l'antique tradition de l'androgynie.

Définition[modifier | modifier le code]

Le transgendérisme est devenu un lieu de conscience entre les travesti·e·s et les transsexuel·le·s qui se sentaient inutilement désunis au sein de leur propre subculture. Ces dernières années il a été inclus dans l'acronyme LGBT — auparavant LGB (lesbiennes, gays, bisexuel·le·s) — pour montrer un nouveau aspect politique en ce qui concerne la revendication des droits pour, et la prise en compte de ce groupe qui est encore souvent mal compris par le grand public.

Beaucoup de gens confondent le sexe avec le genre. Le sexe est d'ordre biologique alors que le genre est d'ordre psychosocial. Donc, si la biologie ne dicte pas réellement le genre ou la personnalité, la dichotomie faite entre masculin et féminin n'est que le moyen de comprimer ou de restreindre toutes les variétés potentielles de la manière d'être humain.

On désigne, comme travesti·e·s (ne pas oublier les drag kings et autres FtM) des personnes qui se considèrent comme « hommes » (ou comme femmes) tout en pratiquant plus ou moins intensément le crossdressing. Les travestis masculins ont été stigmatisés et assimilés à des hommes anormaux, non intégrés ou même des fétichistes pervers. Les travesties sont elles demeurées presque invisibles pendant des siècles. Ce n'est que récemment que l'existence des drag kings leur a donné un peu de visibilité.

Surtout en début de parcours, il arrive souvent que des personnes transsexuelles mettent de côté leur côté féminin (pour les transsexuels) ou leur côté masculin (pour les transsexuelles), ce qui peut donner l'image d'un comportement stéréotypé. Cette tendance est d'autant plus forte que ces personnes doivent faire face à des psychiatres peu respectueux qui exigent d'elles ces mêmes comportements stéréotypés. Par ailleurs, ces comportements sont assez semblables à ceux que l'on observe chez les adolescents, à un moment de leur vie d'intense exploration. De même que les adolescents passent à l'âge adulte, une fois la transition achevée, une fois que la personne ne peut plus être mise en danger par les psychiatres, au moment où elle trouve sa place dans la société, il est fréquent qu'elle intègre ses diverses potentialités sans plus se demander si elles sont masculines ou féminines. Une femme célèbre ayant eu un passé transsexuel fait du motocross, d'autres font du tir ou des arts martiaux, certains hommes ayant un passé transsexuel ne dédaignent pas le repassage, etc. Cette évolution est d'autant plus rapide et facile que la personne a une bonne sécurité intérieure.

Certains personnes transgenres ont une forme d'identité qui leur est propre, en ce sens que nombre d'entre elles s'identifient à la fois comme hommes et comme femmes. Une opération de réattribution de sexe n'aurait, de ce fait, pas de sens à leurs yeux car elle ne résoudrait rien. Leur transition est aussi spécifique en ce sens qu'elle mêle intimement les multiples aspects de leur identité sexuelle. Le terme transgenre est parfois utilisé dans un sens large — pour inclure toute personne d'identité de genre non conventionnelle — parfois dans un sens restreint pour signifier une personne vivant, à plein temps, dans le rôle d'une personne du sexe biologique opposé, mais ne pas souhaitant se faire opérer ou de prendre des hormones — c'est-à-dire, se situant sur la gamme des identités de genre, quelque part entre un travesti (qui typiquement ne se travestit pas à plein temps) et un transsexuel.

L'androgynie n'est pas un concept nouveau, mais a récemment resurgi dans notre conscience collective en tant qu'idée véhiculant un énorme potentiel de développement individuel et social. Elle a été appelée la « 11e méga-tendance ». Les personnes qui veulent souligner le fait qu'elles ne se considèrent ni tout à fait masculines ni tout à fait féminines (ou bien qu'elles se considèrent comme les deux à la fois, ou parfois plus l'un, parfois plus l'autre) peuvent se qualifier d'androgyne, ou bien d'intergenre. Les gens qui veulent insister sur le fait que parfois ils se sentent masculins, parfois féminins (peut-être, en partie, selon l'apparence qu'ils ont choisi de se donner à un moment donné, ou le contexte social où ils se trouvent) s'appellent parfois bigenre.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le préfixe « trans- » signifie : d'un côté à l'autre de, au-delà de, à travers, de façon à définir un changement. Les mots tels que transition, transformation, transparent, transpersonnel, transcender - ont tous trait au « transvestissement » (travestissement), au transgendérisme (s'identifier à travers les différents traits du genre), et au transsexualisme (qui va jusqu'à mettre en conformité le sexe biologique avec l'identité de genre dominante).

Le terme « genre » a récemment été reconnu comme définissant le statut individuel, social et légal d'une personne, indépendamment de son sexe biologique; par exemple, attribuant des traits d'agressivité, d'instinct maternel, de compétitivité, d'expressivité, etc.

Elles ont dit[modifier | modifier le code]

Sandra BEM, pionnière dans ce domaine dit « ... l'androgynie pourvoit aussi bien une vision de l'Utopie qu'un modèle de santé mentale... Elle n'exige pas de l'individu qu'il bannisse de son "soi" les attributs et comportements que la culture a pu de façon stéréotypée définir comme étant inappropriés à son sexe. » En fait, le seul et unique moment où être homme et femme a une importance indéniable, c'est lors de la reproduction ; cela ne revient pas à dire que les questions psychosociales liées au genre soient sans importance.

Nath-Sakura, photographe transsexuelle, explique : « Rien ne nous est donné une fois pour toutes. Rien n'est inévitable. Nous n'avons ni à subir ni à faire subir ce que nous sommes. Le rôle des transgenres consiste à montrer qu'il existe des passages, entre les sexes, entre les identités, entre les existences. Bettina Rheims nous voit comme des espionnes, moi je pense que nous sommes seulement des passeuses, à la fois filles de contrebande et résistantes de l'ombre. » (Dualités, LP Éditions, 2006)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]