René Laloux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Laloux (homonymie).

René Laloux

Naissance 13 juillet 1929
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Décès 14 mars 2004 (à 74 ans)
Angoulême
Profession réalisateur
Films notables La Planète sauvage,
Les Maîtres du temps,
Gandahar

René Laloux (13 juillet 1929, Paris - 14 mars 2004, Angoulême) est un dessinateur, peintre et sculpteur, mais aussi et surtout le réalisateur ou coréalisateur de plusieurs films d'animation français renommés.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts dans le cinéma d'animation[modifier | modifier le code]

René Laloux est né à Paris le 13 juillet 1929. Il se découvre très rapidement deux passions : le dessin et le cinéma. À treize ans, il quitte l'école et débute un apprentissage de sculpture sur bois auprès de son oncle Lucien Pessey, dont il fera brièvement son métier à dix-sept ans. Il suit en parallèle des cours de dessin à Paris et s'intéresse notamment au cinéma américain représenté par Charlie Chaplin, Disney ou Tex Avery.

Alors qu'il pratique le théâtre en amateur, il rencontre le marionnettiste Yves Joly à l'occasion d'un stage de comédien à Marly-le-Roi. Lors de son service militaire en Autriche, il contracte une maladie virale qui l'empêchera par la suite de poursuivre le métier de marionnettiste. Après son service militaire, il exerce divers métiers sans rapport avec des talents artistiques, la peinture et l'écriture, qu'il cultive par ailleurs[1].

Sa carrière dans le cinéma d'animation débute alors qu'il intègre, en tant que moniteur pour s'occuper d'activités artistiques, la clinique psychiatrique de La Borde, à Cour-Cheverny, où exercent les docteurs Jean Oury et Félix Guattari. De 1956 à 1960, il y anime, pour les patients de l'établissement, des ateliers de peinture, de marionnettes et d'ombres chinoises. C'est en 1960 qu'il réalise en tant que professionnel son premier court métrage animé sur une histoire écrite par les patients de la clinique, qui s'intitule Les Dents du Singe. Il remporte plusieurs prix (prix Émile-Cohl, grand prix de Mannheim, prix de la qualité du Centre National du Cinéma) pour cette première œuvre à la fois enfantine et grotesque.

Années 1960 : les premiers projets de courts métrages[modifier | modifier le code]

René Laloux rencontre à cette époque Roland Topor, écrivain et dessinateur avec qui il signera plusieurs de ces travaux, ainsi qu'Alain Goraguer, compositeur. En 1964, il collabore avec eux pour la réalisation du court métrage Les Temps Morts, sorte de cadavre exquis sur le thème de l'assassinat. La réalisation du court métrage Les Escargots se fera un an plus tard.

Un premier long métrage : La Planète Sauvage - 1973[modifier | modifier le code]

Cette collaboration se poursuit avec la réalisation du premier long métrage de René Laloux, La Planète Sauvage, film d'animation pop et philosophique, sorti sur les écrans en 1973. Entamé en 1969, le film a été réalisé en Tchécoslovaquie, essentiellement pour des raisons budgétaires.

Adaptation du roman de science-fiction Oms en série, de Stefan Wul, les collaborateurs se sont inspirés par son univers onirique, où les hommes réduits au statut d’animal de compagnie auprès d’extra-terrestres géants, se rebellent et tentent de gagner leur indépendance. La musique, sous influence psychédélique, et la poésie de ce film l’imposent dès sa sortie comme un des très grands films d’animation pour adulte et reçoit ainsi un succès critique (prix spécial du jury au vingt-sixième festival de Cannes) et public. Il sera également distingué au festival de science-fiction de Trieste, au festival d'Atlanta et à celui de Téhéran.

Les Maîtres du Temps - 1981[modifier | modifier le code]

La production de longs métrages d'animation s'avérant très difficile en France, c'est à nouveau à l'étranger - en Hongrie- qu'est réalisé Les Maîtres du Temps. Sorti en 1981, le film est à nouveau adapté d'un roman de Stefan Wul, l'Orphelin de Perdide. Prévu à l'origine pour être le premier volet d'une série de métrages réalisés en collaboration avec les dessinateurs du journal Métal hurlant, les Maîtres du Temps est dessiné par Moebius. L'univers futuriste du film, son graphisme et sa poésie lui permettent un succès relatif aux États-Unis.

Années 1980 : une série de courts métrages[modifier | modifier le code]

S'ensuivent plusieurs années difficiles pendant lesquelles René Laloux réalise néanmoins le court métrage de la Maîtrise de la Qualité avec l'aide de Mœbius[réf. nécessaire] et José Xavier, dessinateur. Il collabore ensuite avec la série télévisée De l'Autre Côté, puis réalise un nouveau court avec Philippe Caza : La Prisonnière, en 1985.

La conception de Gandahar (jusqu'en 1987)[modifier | modifier le code]

En 1977, René Laloux monte un studio d'animation à Angers et cherche à réaliser un nouveau long métrage de science-fiction, adapté du roman Les Hommes-Machines contre Gandahar, de Jean-Pierre Andrevon. Le projet, en collaboration avec le dessinateur Philippe Caza, n'aboutit pas dans l'immédiat, malgré la réalisation d'un pilote de quelques minutes.

À la fin des années quatre-vingt, il réussit à faire aboutir son projet d'adaptation du roman de Jean-Pierre Andrevon. Réalisé à Pyongyang, en Corée du Nord, Gandahar est son dernier long-métrage. Dessiné par Philippe Caza, réalisé en collaboration avec Philippe Leclerc, sur une musique de Gabriel Yared, le film sort en salles en 1987.

C'est cette même équipe qui réalise le court Comment Wang-Fô fut sauvé, adapté de la nouvelle du même nom de Marguerite Yourcenar.

Derniers projets[modifier | modifier le code]

René Laloux et le dessinateur Patrice Sanahujas essayeront par la suite de réaliser À l'ombre du dragon, d'après un roman de Serge Brussolo. Après de nombreuses difficultés financières et plusieurs moutures, le projet est finalement abandonné par Laloux à la suite du décès imprévu de plusieurs des principaux collaborateurs, dont Patrice Sanahujas et le scénariste Raphaël Cluzel. Une adaptation du roman, portée par le producteur Léon Zuratas et réalisée par Caza et Philippe Leclerc, voit le jour beaucoup plus tard en 2003, sous une forme entièrement différente.

Retiré à Angoulême, René Laloux se consacre à l'écriture, la peinture et à l'enseignement. En 1996 il publie un livre sur l'histoire du cinéma d'animation, Ces images qui bougent. De 1996 à 1999, il dirige le laboratoire d'imagerie numérique du Centre National de la Bande Dessinée et de l'Image (CNBDI) et fait, en 1998, le projet d'un dernier film : L'Œil du Loup, en collaboration avec Patrice Sanahujas.

René Laloux décède à Angoulême le 14 mars 2004, à la suite d'un infarctus.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Longs métrages
Courts métrages

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. éléments biographiques extraits des Mondes fantastiques de René Laloux, Fabrice Blin, Dreamland éditeur, 2004

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Laloux, Ces dessins qui bougent : 1892-1992 : cent ans de cinéma d'animation, Paris, Dreamland éd,‎ 1996 (ISBN 2910027082)
  • Fabrice Blin, Les mondes fantastiques de René Laloux, Chaumont, le Pythagore,‎ 2004, 190 p. (ISBN 9782908456431).
  • Xavier Kawa-Topor, La Planète Sauvage, édition Les Enfants de Cinéma, collection "Cahiers de note sur...", 2005, 40 p.
  • Éric Leguèbe, La Planète Sauvage, dans Phénix no 29, 1973.

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Rencontre avec René Laloux, vidéo éditée par l'Atelier d'animation d'Annecy et de Haute-Savoie (AAA), 2002.

Liens externes[modifier | modifier le code]