Horreur (littérature)

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L'horreur est un genre littéraire (considéré comme un sous-genre du fantastique en France mais reconnu comme un genre à part entière dans les pays anglo-saxons sous le nom d'Horror Fiction[réf. nécessaire]) s'inscrivant dans le registre de la peur. Ce genre met souvent en scène des phénomènes surnaturels (et des créatures à l'avenant : vampires, fantômes, loup-garous et autres monstres) mais aussi des tueurs en séries. Le roman d'horreur cherche à susciter chez le lecteur l'angoisse et l'effroi, ou à tout le moins à le mettre mal à l'aise (l'inquiétante étrangeté par laquelle on a parfois cherché à définir le fantastique est ici exacerbée).

Historique[modifier | modifier le code]

Le roman d'horreur étant considéré comme un sous-genre du roman fantastique ou les deux genres étant assimilés suivant les pays, beaucoup d'auteurs et de romans importants pour ce dernier genre le sont aussi pour le roman d'horreur, à commencer par Edgar Allan Poe. Ceci dit, le roman d'horreur a une histoire qui lui est propre, brièvement résumée ici.

On peut considérer que certains contes « pour enfant » (Hansel et Gretel par exemple) sont les premiers récits d'horreur. Il ne faut pas oublier que les premières versions des contes (dont la tradition orale nous donne une idée) ont été fortement édulcorées (au XVIIe et XVIIIe siècle) par ceux qui ont fait la célébrité du genre, comme Charles Perrault ou les frères Grimm, afin précisément d'être adaptés au public enfantin (qui n'était pas forcément le public visé à l'origine).

Au XIXe siècle, Horace Walpole lance le roman gothique dont les thèmes de prédilection (le décor : château isolé dans un paysage hostile, ruines, souterrains ; les personnages : jeunes filles en détresse, apparitions) vont longtemps perdurer dans le genre. Si certains romans gothiques fournissent une explication rationnelle des événements à la fin, d'autres sont ostensiblement fantastiques. C'est à cette veine que se rattachent deux romans qui vont être particulièrement importants pour le genre, notamment grâce à leurs adaptations cinématographiques :

Ces deux romans peuvent être considérés comme le point de départ de toute la littérature d'épouvante. Remarquons cependant que le roman gothique, ainsi que les « ghost stories » anglaises qui en découlent, illustrées notamment par Henry James (Le Tour d'écrou), sont les seules productions du genre à être considérés par les critiques et historiens de la littérature - pour qui la littérature dite « populaire » ne mérite pas d'être prise en considération, même quand sa qualité atteint ou dépasse celle de certaines œuvres de la littérature dite « générale ».

Au début du XXe siècle, le genre connaît une évolution remarquable sous l'impulsion de Maurice Level en France, et surtout d'H. P. Lovecraft, qui parvient à imposer une nouvelle mythologie, centrée autour d'un dieu monstrueux nommé Cthulhu (et perpétuée par des écrivains comme August Derleth, Clark Ashton Smith, Robert Bloch, Brian Lumley). Sa volonté d'apporter une dimension cosmique à l'horreur (en donnant souvent une origine extra-terrestre à ses monstres) place son œuvre à la lisière de la science-fiction.

Dans les années 1950, des écrivains comme Richard Matheson ou Shirley Jackson (à l'origine du renouveau du roman gothique sous la forme du néo-gothique) vont donner les premiers exemples du roman d'horreur moderne, avec une approche plus psychologique du genre et en faisant volontiers des emprunts à d'autres genres (comme le roman policier ou la science-fiction).

Au début des années 1970, divers ouvrages (tous adaptés au cinéma) vont relancer l'intérêt pour le genre : Rosemary's baby d'Ira Levin, L'Exorciste de William Peter Blatty, L'Autre de Tom Tryon, Entretien avec un vampire d'Anne Rice. C'est en 1974 que James Herbert sort Les Rats, le premier épisode d'une trilogie sur des rats mutants. En 1974 arrive aussi (avec Carrie) l'un des plus célèbres écrivains d'épouvante : Stephen King, avec notamment des romans comme The Shining ou Le Fléau, qui font aujourd'hui partie de la culture populaire moderne et même de la littérature tout court (beaucoup d'écrivains américains comme Bret Easton Ellis avouent leur admiration pour lui).

Au milieu des années 1980, le mouvement splatterpunk essaie de renverser les clichés du genre avec une bonne dose de nihilisme punk, sous l'impulsion notamment de Clive Barker. Depuis 1988, l'association des écrivains d'horreur (Horror Writers Association) remet annuellement les prix Bram Stoker pour récompenser les meilleurs romans et nouvelles d'horreur de l'année précédente[1].

Les années 1990 et 2000 ont vu l'émergence de nouveaux auteurs tels que Laurell K. Hamilton ou Christopher Golden qui abordent notamment le thème des vampires sous un angle nouveau.

En France, plusieurs collections littéraires sont entièrement consacrées à la littérature d'horreur. C'est le cas des collections Gore (éd. Fleuve noir, 1985-1989 ; puis éd. Vaugirard, 1989-1990), Maniac (éd. P. Siry, 1988) et Trash (Trash éd., 2013-).

Liste d'auteurs de romans et nouvelles d'Horreur[modifier | modifier le code]

Au Québec

En France

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • H. P. Lovecraft, Epouvante et surnaturel en littérature : un des auteurs-phare du genre livre une histoire détaillée du genre depuis les origines jusqu'à lui
  • Stephen King, Anatomie de l'horreur en deux tomes : une réflexion sur le genre par un de ses plus grands praticiens, qui intègre de nombreuses considérations historiques

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Past Stoker Nominees & Winners », sur Horror Writers Association (consulté le 15 juin 2011)