Camille Flammarion

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Camille Flammarion

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Nicolas Camille Flammarion

Naissance 26 février 1842
Montigny-le-Roi (Haute-Marne) (France)
Décès 3 juin 1925 (à 83 ans)
Juvisy-sur-Orge (Essonne) (France)
Nationalité Drapeau de la France France
Champs Astronomie
Diplôme Séminaire de Langres
Renommé pour Observations du Soleil, du cycle solaire et de Mars
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur

Nicolas Camille Flammarion, né le 26 février 1842 à Montigny-le-Roi (Haute-Marne) et mort le 3 juin 1925 à Juvisy-sur-Orge (Essonne), est un astronome français.

Il fut un membre très actif de maintes sociétés savantes et d’associations pour la vulgarisation des sciences positives. Ses découvertes scientifiques l’ont placé et le maintiennent encore au XXIe siècle au premier rang des vulgarisateurs français, en mettant à la portée du grand public les problèmes de l'astronomie, de l’atmosphère terrestre et du climat. Il a, par les côtés mystiques et spirites de certaines de ses œuvres, ajouté à la notoriété de son nom.

Biographie[modifier | modifier le code]

Aîné d’une famille de quatre enfants (le cadet Ernest fut le fondateur de la Librairie Flammarion et des Éditions Flammarion), il grandit dans une famille modeste à Montigny-le-Roi. Ses parents Jules et Françoise Flammarion tiennent un commerce de mercerie. Il est confié à l'abbé Mirbel, curé du village, pour son éducation. Sa passion pour l'astronomie naît le 9 octobre 1847 lorsqu'il observe une éclipse annulaire, sa mère ayant placé un seau d'eau faisant office de miroir[1].

Camille Flammarion et sa première épouse, Sylvie Petiaux

Sa famille, montant tenter sa chance à Paris suite à des difficultés financières (Montigny-le-Roi est touchée par une épidémie de choléra), le destine à l'état ecclésiastique. Elle le laisse en pension au séminaire de Langres en 1853. Il rejoint ses parents à Paris en 1856 où il devient apprenti chez un graveur ciseleur et y apprend notamment le dessin. Son père, employé aux studios Tournachon-Nadar, lui fait découvrir la photographie. Il parvient à terminer ses études en 1858 en suivant des cours gratuits du soir pour préparer le baccalauréat. Surmené par la charge de travail qu'il s'impose, son médecin le docteur Fournier, percevant la passion de Camille pour l'astronomie, lui trouve une place d'élève astronome à l'Observatoire impérial de Paris, où il est attaché au bureau des calculs et assiste après ses heures de travail le professeur Jean Chacornac aux observations nocturnes. Il est congédié par son directeur Urbain Le Verrier à la suite de la publication de son ouvrage La Pluralité des mondes habités en 1862, ouvrage qui fait scandale car il y envisage un monde extraterrestre, mais le directeur du bureau des calculs, Charles-Eugène Delaunay, le réengage pour calculer les éphémérides annuelles de la Lune. Succédant ensuite à l’abbé Moigno, il entre à la rédaction de la revue Le Cosmos, où il mène une campagne contre l’administration de Le Verrier[2].

En 1865, il devient rédacteur scientifique du journal Le Siècle et donne de nombreuses conférences publiques sur l’astronomie populaire. En 1868, il entreprend plusieurs ascensions en ballon afin d'étudier l'état hygrométrique et la direction des courants aériens de l’atmosphère. Le 2 avril 1869, il prononce l'éloge funèbre d'Allan Kardec et affirme : « le spiritisme est une science, pas une religion »[3].

En 1874, il épouse et emmène en ballon pour leur voyage de noces Sylvie Petiaux-Hugo[4], plus âgée que lui, avec laquelle il entretenait une liaison depuis plusieurs années et qui partageait le même intérêt pour l'astronomie. En 1876, Flammarion observe le changement des saisons sur les régions sombres de Mars. De 1876 à 1880, il effectue plusieurs vols en aérostat pour étudier les phénomènes atmosphériques et en particulier l’électricité atmosphérique. Avec les bénéfices de L’Assommoir de Zola, Camille et Ernest publient l'impressionnant album L'Astronomie populaire en 1879 qui sera tiré à 130 000 exemplaires entre 1879 et 1924[5].

Camille Flammarion à Juvisy (au milieu des années 1880)

Il fonde en 1883 l’observatoire de Juvisy-sur-Orge où il fait construire une coupole astronomique et réunit une riche bibliothèque privée en ce qui concerne l'histoire des sciences. Il y développe l'astrophotographie avec son adjoint Ferdinand Quénisset. En 1887, il crée la Société astronomique de France, dont il est le premier président et dont il dirige le bulletin mensuel jusqu'à sa mort, l'Astronomie[3].

En 1892, il publie La Planète Mars et ses conditions d’habitabilité où il fait des analyses et des observations détaillées de la découverte de Giovanni Schiaparelli que la planète Mars possède des canaux et des mers. Il y inclut toutes les observations connues de la planète effectuées depuis 1636. Influencé par les travaux de William Henry Pickering, il émet même l’hypothèse que la planète rouge est peut-être habitée par « une race supérieure à la nôtre »[6].

En 1912, il reçoit la Légion d'honneur pour ses travaux de vulgarisation de l’astronomie[7].

Après la Première Guerre mondiale, il se consacre davantage aux questions spirites qu'aux sciences. Après la mort de sa première femme emportée par la grippe espagnole, il épouse en 1919 son assistante Gabrielle Renaudot (bachelière et auteur de nombreuses communications scientifiques).

Camille Flammarion meurt le 3 juin 1925 dans son cabinet de travail à Juvisy-sur-Orge, terrassé par une crise cardiaque[8]. Il est inhumé dans le parc de l'observatoire de Juvisy-sur-Orge.

Son nom, Flammarion, a été donné à un cratère lunaire, en 1935 par l'Union astronomique internationale. Il fut le premier à proposer les noms de Triton, lune de Neptune, et d'Amalthée, lune de Jupiter, noms qui ne furent officiellement adoptés que des décennies plus tard[3].

Décorations[modifier | modifier le code]

Œuvre scientifique[modifier | modifier le code]

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Camille Flammarion étudie l’impact du Soleil sur les plantes ainsi que le cycle solaire. Il démontre que les taches solaires apparaissent au moment où l’activité est à son maximum. À l’observatoire de Juvisy-sur-Orge, il embauche Eugène Antoniadi avec qui il étudie la planète Mars et ses « canaux ». Il publie également en 1878 un Catalogue des étoiles doubles et multiples en mouvement relatif certain.

Œuvres spirites[modifier | modifier le code]

Buste de Camille Flammarion

En 1861, Flammarion découvre Le Livre des Esprits d’Allan Kardec, codificateur du spiritisme. Il entre en contact avec Kardec et assiste à de nombreuses séances spirites, où il fait la connaissance de Victor Hugo. À partir de 1862, il écrit de nombreux ouvrages sur les communications avec les morts, les maisons hantées. Certains de ses livres, tels que Les Habitants de l’autre monde, sont une profession de foi spirite. En 1869, il rédige et prononce l'éloge funèbre d'Allan Kardec et déclare : « Car, Messieurs, le spiritisme n'est pas une religion, mais c'est une science dont nous connaissons à peine l'a b c. ... En quoi consiste le mystère de la vie ? Par quel lien l'âme est-elle attachée à l'organisme ? par quel dénouement s'en échappe-t-elle ? Sous quelle forme et en quelles conditions existe-t-elle après la mort ? Quels souvenirs, quelles affections garde-t-elle ? Ce sont là, Messieurs, autant de problèmes qui sont loin d'être résolus et dont l'ensemble constituera la science psychologique de l'avenir[10]. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Camille Flammarion[modifier | modifier le code]

Universum par Camille Flammarion.
Gravure sur bois de Flammarion, Paris, 1888. Coloris : Heikenwaelder Hugo, Vienne, 1998.
Page de garde de Dieu dans la nature

Camille Flammarion est l'auteur d'une cinquantaine d’ouvrages, parmi lesquels :

  • Les Habitants de l’autre monde ; révélations d’outre-tombe publiées par Camille Flammarion, communications dictées par coups frappés et par l'écriture médiumnique au salon Mont-Thabor, médium mademoiselle Huet, chez Ledoyen, libraire éditeur, Paris. Première série 1862. Seconde série 1863
  • La Pluralité des mondes habités (1862), ouvrage traduit en plusieurs langues (dans l'édition de 1877 parue chez Didier à Paris le titre est : La Pluralité des mondes habités : étude où l’on expose les conditions d’habitabilité des terres célestes discutées au point de vue de l’astronomie, de la physiologie et de la philosophie naturelle. Cette édition, entre autres gravures, comporte en frontispice, les aspects de la Terre et de Mars. En table des matières : Études historiques, les mondes planétaires, physiologie des êtres, les cieux, l’humanité dans l’univers, appendice.) [1]
  • Les Mondes imaginaires et les mondes réels (1864) [2]
  • Des Forces naturelles inconnues ; à propos des phénomènes produits par les frères Davenport et par les médiums en général, Étude critique par Hermès (pseudonyme de l’auteur), Didier et Cie, Paris (1865) [3]
  • Les Mondes célestes (1865)
  • Les Merveilles célestes - Lectures du soir à l'usage de la jeunesse (1865) [4]
  • Études et lectures sur l’astronomie (9 volumes, 1866-1880). T. I [5]. T. II [6]
  • Dieu dans la nature (1866) [7]
  • Contemplations scientifiques (1870-1887, 2 séries)
  • Voyages aériens (1870)
  • L’Atmosphère (1871).
  • Récits de l’infini (1872)
  • Histoire du ciel (1872)
  • Récits de l’infini, Lumen, histoire d’une comète (1872)
  • Dans l’infini (1872)
  • Vie de Copernic (1873)
  • Les Terres du ciel (description physique des planètes de notre ciel) (1877)
  • Atlas céleste (1877)
  • Cartes de la Lune et de la planète Mars (1878)
  • Catalogue des étoiles doubles en mouvement (1878)
  • Astronomie sidérale, catalogue des étoiles doubles et multiples (1879)
  • Astronomie populaire, description générale du ciel (1880, couronnée par le prix Montyon de l’Académie française) [8]
  • Les Merveilles célestes (1881) [9]
  • Les Étoiles et les curiosités du ciel (1881), édition avec gravures [10]
  • Le Monde avant la création de l’homme, (1886), origine du monde, de la vie, de l’humanité, édition avec gravures [11]
  • Dans le ciel et sur la Terre (1886)
  • Les Comètes, les étoiles et les planètes (1886)
  • Au cours de ces années, il a publié une série de cartes, globes et planisphères donnant la position des étoiles. Un grand nombre de mémoires publiés dans les comptes rendus de l’Académie des sciences notamment sur les taches du soleil, les montagnes de la lune.
  • L'Atmosphère : Météorologie populaire (1888), édition avec gravures [12]
  • Uranie (1889) [13]
  • Qu'est-ce que le ciel? (1892)
  • Stella (1897)
  • Centralisation et discussion de toutes les observations faites sur Mars (2 vol., 1892-1902)
  • Clairs de lune (1894) [14]
  • La Fin du monde (1894) [15]
  • L’Inconnu et les problèmes psychiques. Manifestations de mourants. Apparitions. Télépathie. Communications psychiques. Suggestion mentale. Vue à distance. Le monde des rêves. La divination de l’avenir. E. Flammarion, Paris, (1900), édition complétée en (1911) et en (1917). [16]
  • Les Imperfections du calendrier (1901)
  • Astronomie des dames (1903)
  • Les Phénomènes de la foudre (1905)
  • L’Atmosphère et les grands phénomènes de la nature (1905)
  • Les Forces naturelles inconnues (1907) [17]
  • Mémoires biographiques et philosophiques d’un astronome (1911) Texte en ligne
  • La Mort et son mystère
  • Les Maisons hantées : en marge de « La mort et son mystère » (1923) Ernest Flammarion 1923 - Éditions J'ai lu L'Aventure mystérieuse N°A247
  • Discours présidentiel à la Society for Psychical Research, suivi d'Essais médiumniques (1923)

Il a également traduit en français l'ouvrage Les Derniers Jours d'un philosophe, de Sir Humphrey Davy (1869)[11].

En 2005 a été édité Fantômes et sciences d’observation. Cet ouvrage était pratiquement terminé lors de son décès.

Il a également contribué à un grand nombre d’articles à diverses revues savantes, dont L'Astronomie, la Revue scientifique, La Nature et La Science illustrée.

Études sur Camille Flammarion[modifier | modifier le code]

  • Fabien Locher, Le Savant et la Tempête. Étudier l’atmosphère et prévoir le temps au XIXe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Carnot »,‎ 2008 (sur Flammarion et l'aérostation).
  • Philippe de la Cotardière et Patrick Fuentes, Camille Flammarion, Paris, Flammarion, coll. « Grandes Biographies », 1994.
  • Danielle Chaperon, Camille Flammarion, entre astronomie et littérature, Paris, Éditions Imago, 1998.
  • Georges Didi-Huberman, L'Empreinte du ciel, Aigremont, Éditions Antigone, 1994. (présentation des Caprices de la foudre de Camille Flammarion.)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. Duplay, « La vie de Camille Flammarion », L'Astronomie, vol. 89,‎ 1975, p. 405-408 (lire en ligne)
  2. Camille Flammarion Fiche sur culture.gouv.fr
  3. a, b et c Franck Ferrand, « Camille Flammarion », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 14 juin 2012
  4. Féministe, parente lointaine de Victor Hugo par sa mère, elle fondera l'association pacifiste la paix et le désarmement par les femmes en 1899.
  5. A. Duplay, op. cité, p. 412
  6. (en), « SAYS 2 CROPS A DAY GROW ON THE MOON : Prof. Pickering Is Convinced Markings Are Caused by Vegetation in the Craters », sur The New York Times,‎ 9 octobre 1921
  7. Chronologie: Légion d'honneur
  8. A. Duplay, op. cité, p. 419
  9. Son dossier de Légion d'honneur est consultable en ligne dans la base Léonore.
  10. Discours de Camille Flammarion prononcé sur la tombe d'Allan Kardec, 1869.
  11. Information mentionnée parmi la liste des œuvres de Camille Flammarion en premières pages de l'ouvrage Astronomie populaire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Article de Fernand Divoire, à l'occasion de la mort de Camille Flammarion- dans L'ami du lettré 1926, p. 204 et 205.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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