Steampunk

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Série Science-fiction
Cet article fait partie de la série
Science-fiction
La SF à l’écran
autre-A-B-C-D-E-F-G
H-I-J-K-L-M
N-O-P-Q-R-S-T
U-V-W-X-Y-Z
Le monde de la SF
Auteurs - BD de SF
Fandom - Prix littéraires
Thèmes et genres
Catégorie

Le steampunk est un sous-genre de la science-fiction, dont l'intitulé a été forgé par allusion au cyberpunk.

Sommaire

[modifier] Caractéristiques

Le steampunk (littéralement punk à vapeur, mais souvent traduit futur à vapeur) est un terme inventé pour qualifier un genre de la littérature de science-fiction de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle dont l'action se déroule dans l'atmosphère de la société industrielle du XIXe siècle. Jules Verne ou H.G. Wells fournissent aux auteurs de steampunk les caractéristiques et l'esthétique de cet univers à travers leurs romans ou les premières adaptations cinématographiques qui en ont été faites[1]. Les puristes veulent bien accepter que l'on fasse déborder le steampunk, au départ cantonné à l'ère victorienne, jusqu'à l'époque édouardienne. Parmi les oeuvres fondatrices françaises du genre, on peut sans doute citer aussi les anticipations militaires d' Emile Driant alias Capitaine Danrit.

Par extension, sont assimilés au genre du steampunk les récits qui se déroulent dans le futur, quand leur décor rappelle l'esthétique industrielle du XIXe siècle, ou que la société qu'elles décrivent ressemble à celle de cette période, comme Les Chemins de l'espace (1993) de Colin Greenland.

Ordinateur Steampunk

Sous-genre de la SF, les œuvres du steampunk relèvent aussi très souvent du fantastique, de l'aventure et du roman policier. Pour distinguer les récits purement fantastiques se déroulant dans l'univers industriel du XIXe siècle, les critiques utilisent parfois le terme Gaslamp Fantasy[2] C'est un genre dans lequel s'illustre notamment Anne Rice. Le Steampunk recoupe fréquemment d'autres genres classés dans la science-fiction comme ceux du voyage temporel, de l'uchronie (histoire alternative) et des mondes parallèles. D'aucuns ont qualifié le genre steampunk de " chroniques du futur antérieur ".

Une des principales différences avec la Science-fiction des auteurs du XIXe siècle réside dans la présence d'éléments modernes, ordinateurs ou manipulations génétiques. Le steampunk se distingue aussi par son humour, bien des auteurs considérant le genre comme un jeu littéraire fait de clins d'œil aux pères de la science-fiction, du roman fantastique ou du roman d'aventures[3].

Le terme de steampunk désigne aussi des œuvres cinématographiques qui s'en réclament directement ou que les critiques ont classées rétrospectivement dans le genre, notamment la série télévisée Les Mystères de l'Ouest. Au cinéma on peut citer des films comme C'était demain, Wild Wild West, les dessins animés Atlantis et Steamboy.

Dans la bande dessinée, de Metropolis des époux Lofficier et Ted McKeever à la Ligue des gentlemen extraordinaires d'Alan Moore, en passant par le Tarzan revisité par Stan et Vince, ou par tous les détectives et aventuriers sacrifiant à la mode rétro (Adèle Blanc-Sec de Tardi, toute l'œuvre de Winninger, Professeur Motus de Counhaye, Alcesteir Crowley de Cossu, le steampunk est également bien représenté.

[modifier] Communauté et état d'esprit

A l'heure actuelle il n'existe peu ou pas de communauté Steampunk francophone. En effet malgré l'attirance de nombreuses personnes pour ce genre, bien peu encore se qualifie comme "steampunks". Une des communauté les plus connue est celle du forum anglophone "brass goggles".[réf. nécessaire]

Le steampunk peut être résumé approximativement en un mot: "Bricoleur". En effet c'est un état d'esprit visant à créer, expérimenter, et construire des objets ou des œuvres soi même (c'est en quelque sorte l'incarnation du D.I.Y ou D.O.Y du mouvement punk), ce qui cristallise le cliché du scientifique fou ou de l'ingénieur de génie. C'est aussi la recherche d'une esthétique définie par des lieux communs steampunk.

[modifier] Esthétique

En un raccourci caricatural, on pourrait dire que le steampunk part du postulat que dans un univers où les machines à vapeur auraient progressé au-delà de ce que nous connaissons, les hommes n'auraient pas éprouvé le besoin d'inventer les moteurs à combustion interne. L'esthétique de cette civilisation uchronique est donc très différente de la nôtre, puisque l'absence de pétrole entraîne celle des matières plastiques ainsi qu'un retard dans le développement de l'électricité et de l'informatique ou leur inexistence pure et simple. Le tout se déroule dans une ambiance architecturale et sociale de fin du XIXe siècle. L'industrie du charbon étant très développée, en parallèle avec celle de la métallurgie, le fer puddlé y tient lieu de matière première principale. De même, l'esthétique est souvent associée aux boiseries sombres et au laiton. Les engrenages complexes ou simplement décoratifs sont, eux aussi, souvent employés.

L'allure vestimentaire quant à elle est un mélange du siècle victorien et d'accessoires divers. Elle incorpore aussi des éléments d'avant et après les deux guerres mondiales. On ne manquera pas non plus de rapprocher l'esthétisme steampunk du style gothique, lui aussi d'inspiration très victorienne.

Tandis que l'ère de l'électronique tend inexorablement à la miniaturisation, l'élément esthétique fondamental du steampunk est son gigantisme. Cette technologie, délibérément bloquée au stade de la machine à vapeur, produit des constructions démesurées, complexes extravagants de tuyauteries actionnées par des leviers et des claviers aussi nombreux que compliqués. Les véhicules à vapeur semblent souvent lourds et difficilement maniables, nécessitant une très forte dépense d'énergie pour un rendement mécanique faible. Le héros classique dans ce genre d'univers est le mécanicien de génie.

Toutefois il est à noter étrangement certains univers steampunk parallèle semblent posséder une certaine avancé technologique supérieur à la notre. Notamment concernant les greffes mécanique (par exemple dans l'animé Fullmetal alchemist) ou dans des films comme Wild Wild West. La mécanique y est aussi mieux développée (l'araignée mécanique de Wild Wild West), tout comme les automates à vapeur.

[modifier] Histoire

Tout a commencé, si l'on se réfère au terme Steampunk (forgé d'après celui de Cyberpunk, à partir de steam, vapeur, renvoyant à la Révolution industrielle), par les délires littéraires du trio d'amis K.W. Jeter - Tim Powers - James Blaylock. Jeter a donné l'inédit Morlock Night (1979) et Machines infernales (1987), Powers Les Voies d'Anubis (1983) et Le Poids de son regard (1989), et Blaylock Homunculus (1986) et Le Temps fugitif (1992). Hormis Le Poids de son regard, plus sombre, ce sont de véritables hommages (quoique lucides et souvent cruels), aussi frénétiques qu'humoristiques, à une époque révolue, qui marquait une révolution non seulement dans l'économie mais aussi dans les mentalités.

Cette mode inspira la création de nombreuses œuvres. Parmi les plus célèbres exemples, citons : La Machine à différences (1990) de William Gibson et Bruce Sterling qui introduit l'ingénieur victorien Charles Babbage et Ada de Lovelace ; la trilogie des Loups-garous de Londres (1990-94) de Brian Stableford ; Anno Dracula (1992) et ses suites de Kim Newman ; La Liste des sept (1993) de Mark Frost ; La Trilogie Steampunk (1995) de Paul Di Filippo ; Les Vaisseaux du temps (1995) de Stephen Baxter ; Le Prestige (1995) de Christopher Priest ; L'Extase des vampires (1996), encore de Brian Stableford ; Darwinia (1998) de Robert Charles Wilson ; etc. La trilogie "À la croisée des mondes" de Phillip Pullman a également de nombreux accents steampunks, bien que l'élément "machine à vapeur" n'y soit pas présent.

La France n'a pas non plus été en reste, même si elle y est venue un peu tardivement, comme le prouve son anthologie Futurs antérieurs (1999) de Daniel Riche. Ces dernières années, la moisson est aussi riche que talentueuse : Les Grandes profondeurs (1991) et Bouvard, Pécuchet et les savants fous (2000) de René Réouven ; Les Inhumains (1992) de Serge Brussolo ; les deux opus de la Bibliothèque Noire (1998-99) d'Hervé Jubert ; L'Équilibre des paradoxes (1999) de Michel Pagel ; Confessions d'un automate mangeur d'opium (1999) de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit ; La Cité entre les mondes (2000) de Francis Valéry ; La Lune seule le sait (2000) et Pandemonium (2001) de Johan Heliot ; L'Instinct de l'équarisseur (2002) de Thomas Day ; La Ligue des héros (2002) de Xavier Mauméjean ; et tant d'autres. Les amateurs de BD, eux, se délecteront avec le très vernien Le Démon des glaces (1974) de Tardi ou le méconnu Captain Hard (1989) de Walter Fahrer.

Mais d'autres titres, répondant aux mêmes critères, furent publiés avant 1979 : les exégètes les ont baptisés du nom générique de proto-Steampunk. Cet ancêtre compte des œuvres marquantes comme Le Voyage de Simon Morley (1970) et sa suite tardive Le Balancier du temps (1995) de Jack Finney ; la trilogie uchronique du dénommé Oswald Bastaple (1971-81) de Michael Moorcock ; Frankenstein délivré (1973) de Brian Aldiss ; les extravagances de Philip José Farmer comme Chacun son tour (1973) ou Le Saigneur de la jungle (1974) ; La Machine à explorer l'espace (1976) de Christopher Priest ; voire le plus polardisant Fata Morgana (1977) de William Kotzwinkle.

Telescope Steampunk exposé à Londres

Il est possible de classer ces œuvres en deux catégories. La première comprendrait celles qui créent leur propre univers dans les contraintes fixées (celles de Powers, Blaylock, Gibson & Sterling, Stableford). La seconde, au contraire, ultra-référentielle, engloberait celles qui se réfèrent à l'environnement littéraire et culturel de l'époque pour accumuler les personnalités réelles ou imaginaires (Sherlock Holmes, Frankenstein, Dracula, Jekyll, Jack l'éventreur, etc.), ou bien s'inspirent de romans de l'époque de Wells, Verne ou Doyle. Le fameux univers généalogique Wold Newton rassemblant tous les grands héros de la littérature populaire, inventé par Philip José Farmer, n'est pas étranger à cet engouement. Ce dernier sous-genre est illustré notamment par la BD La Ligue des gentlemen extraordinaires d'Alan Moore, récemment traduite, mais aussi par des auteurs comme Kim Newman, Stephen Baxter, René Réouven ou Johan Heliot.

Au sein de ce dernier steampunk référentiel, se détache la SF holmésienne, qui commence à compter bon nombre d'illustrations : Sherlock Holmes' War of the Worlds (1975) des Wellman père et fils, Exit Sherlock Holmes (1977) de Robert Lee Hall, Le Dossier Holmes-Dracula (1978) de Fred Saberhagen, Le Bestiaire de Sherlock Holmes (1987) de René Réouven, l'anthologie Sherlock Holmes en orbite (1995), L'Instinct de l'équarrisseur de Thomas Day

De nombreux textes steampunk demeurent inédits en français, à commencer par la pièce fondatrice, Morlock Night de K.W. Jeter, Black as the Pit, from Pole to Pole (1977) de Howard Waldrop et Steven Utley, The Hollow Earth (1990) de Rudy Rucker, Anti-Ice (1993) de Stephen Baxter ou l'irrespectueux Zeppelins West (2001) de Joe R. Lansdale.

Si l'on voulait situer le steampunk visuellement dans notre histoire, il faudrait prendre la période allant de l'aire victorienne à 1950.

[modifier] Clins d'œil

Ils constituent un ingrédient habituel du genre. Le "M" de la Ligue des gentlemen extraordinaires semble évoquer celui de James Bond, mais se révélera être un tout autre "M" tout aussi connu et plus sinistre. « Appelez-moi Ishmael », dit le second de Nemo en accueillant l'équipe sur le Nautilus (cette phrase est l'incipit de Moby Dick). « Il manque un portrait sur votre mur », fait-on remarquer à Dorian Gray; Hyde est de son côté retrouvé dans la rue Morgue (référence à Edgar Poe), etc.

[modifier] Steampunk et post apocalyptique

Qu'on le veuille ou non, le steampunk de par son esthétique se rapproche assez, par certains points, des univers dit "Post-apocalyptique" tel que Fallout. Notamment à cause de la technologie qui semble être grossière et de récupération. Assez souvent ces deux univers empiètent l'un sur l'autre.

[modifier] Musique

L'univers musical a, lui aussi, été influencé par le steampunk. Toutefois contrairement à d'autres mouvements tels que le rock punk ou le goth., la musique steampunk n'est pas vraiment un genre à part entière. Dans le sens que l'on retrouve du steampunk dans la musique, aussi bien dans des groupes de metal, de folk ou de rap.

Ces musiques sont caractérisées par un ou plusieurs points :

  • 1 L'esthétisme et l'habillement des membres du groupes.
  • 2 Les sonorité employées (bruit de pistons, d'engrenages, de mécaniques etc...).
  • 3 Les thèmes de paroles (univers uchronique).

Il est à noter qu'une majeure partie de la musique est issue du milieu de la musique industrielle.

La première vague de musique de ce style est partie des états-unis avec des groupes/artistes tels que :

Puis sont venus d'autres groupes/artistes influencés (ou non) par les premiers:

  • Narval (Steampunk Metal, Français)
  • Extraordinary Contraption
  • Synthonym
  • Atomsk

Un des labels de musique connu est Gilded Age Records, qui regroupe de nombreux artistes plus ou moins influencés par cet univers.

[modifier] Attractions

Space Mountain de la Terre à la Lune (1995-2005) à Disneyland Paris empruntait de nombreuses caractéristiques au style Steampunk, tiré du roman éponyme de Jules Verne, proposait un voyage vers la Lune en recréant une atmosphère "victorienne/vernienne" très particulière.

[modifier] Jeux vidéo

[modifier] Séries télévisées

[modifier] Films

[modifier] BD

[modifier] Bibliographie


[modifier] Mots dérivés et adjectif argotique

Il est intéressant de noter que les fans francophones du genre ont développé un petit panel de mots et d'expressions axés autour du steampunk.[réf. nécessaire] Ceci aussi bien humoristique que sérieux.

  • Steam : décrit l'univers steampunk en général ;
  • Steamy : se dit d'un objet ou d'un lieu associé au visuel steampunk ;
  • By the cogs! : expression anglaise créée par les membres du forum "brass goggles" et reprise par les francophones. Signifie littéralement « Par les engrenages ! », utilisé pour marquer sa surprise.

[modifier] Liens Externes

[modifier] Notes et références

  1. 20 000 lieues sous les mers (1954), de Richard Fleischer, Aventures extraordinaires (1957) de Vynález Zkazy et Karel Zeman, ou La Machine à explorer le temps, de George Pal (1960)
  2. Voir Encyclopédie de la Fantasy' de John Clute et John Grant.
  3. Ainsi, dans La Ligue des gentlemen extraordinaires, un homme d'équipage accueille-t-il Allan Quatermain sur le Nautilus d'un « Appelez-moi Ismaël », incipit du roman Moby Dick; Mister Hyde est retrouvé à Paris dans la rue Morgue, allusion à Edgar Allan Poe, etc.
  4. editions delcourt


Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Steampunk ».
Créer un livre