Serviteur de Dieu

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Page d'aide sur l'homonymie Ce titre ne doit pas être confondu avec Servus Servorum Dei, Serviteur des serviteurs de Dieu, l'un des titres du pape.

Dans l'Église catholique, à l'origine et jusqu'à une période très récente, serviteur de Dieu était une appellation non-réglementée, susceptible d'être utilisée pour n'importe quelle personne ayant une certaine piété. C'est pourquoi elle fut souvent utilisée pour désigner, sans porter aucun jugement, une personne susceptible de faire l'objet d'un procès de béatification.

Progressivement, l'appellation Serviteur de Dieu (avec une majuscule) est devenue, en pratique, une sorte de titre donné à une personne pour laquelle l'évêque a ouvert un procès de béatification ; cet usage est fixé notamment par l'article 5 § 2 de l'Instruction Sanctorum Mater de la Congrégation pour les causes des saints (17 mai 2007) : « Le fidèle catholique dont a été entreprise une cause de béatification et de canonisation est appelé Serviteur de Dieu. »[1]

Traditions[modifier | modifier le code]

Le titre de serviteur de Dieu ou servant de Dieu est répandu dans la tradition chrétienne et dans certaines autres traditions religieuses[2]. Même si ce titre est utilisé formellement au début du procès de canonisation, en réalité, son usage est propre à tout catholique, et n'est pas nécessairement une déclaration officielle de l'Église concernant une découverte sur la personne.

Dans la Bible et la liturgie catholique : le titre de « servus Dei » (et ses synonymes : minister, famulus...), ancilla au féminin, est utilisé, notamment dans les Psaumes, dans des versets repris par la liturgie et appliqués à n'importe quel fidèle. En particulier : « Salvum fac servum tuum, Deus meus, sperantem in te : mon Dieu, sauve ton serviteur qui s'appuie sur toi » (Ps. 85, 2).
Ainsi, dans l'ancien rituel des exorcismes, le prêtre s'attribuait ce titre de serviteur de Dieu : « ut indignissimo servo tuo... : et à moi, ton serviteur très indigne », et l'utilisait même pour la personne tourmentée : « Deus... respice super hunc famulum tuum : regarde ton serviteur ».

Étapes de la canonisation[modifier | modifier le code]

Serviteur de Dieu est la première étape dans un processus qui conduit à être ensuite déclaré Vénérable, à la suite d'un décret d'héroïcité des vertus ou de martyre, puis honoré par le titre de bienheureux lors de la béatification, après une confirmation des miracles attribués à la personne honorée. La dernière étape est la canonisation, lorsque la personne honorée reçoit le titre de saint.

Exemple récent[modifier | modifier le code]

Un exemple particulièrement intéressant de l'ouverture d'un procès de béatification est disponible sur le site du diocèse du Mans : le procès de béatification de la « Servante de Dieu », l'impératrice Zita de Bourbon-Parme a été ouvert le 10 décembre 2009 par l'évêque du Mans. Celui-ci avait reçu du Saint-Siège une autorisation en ce sens, du fait des liens spirituels très forts qui unissaient Zita à l'Abbaye Sainte-Cécile de Solesmes (située dans ce diocèse), où elle passait plusieurs mois chaque année[3].

Quelques « Serviteurs de Dieu »[modifier | modifier le code]

Le procès de béatification de Jean-Paul Ier[4] ont été ouverts : l'intéressé a donc le titre de « Serviteur de Dieu » (Jean XXIII et Jean-Paul II sont Saints ; Pie XII et Paul VI sont Vénérables respectivement depuis le 19 décembre 2009 et le 20 décembre 2012).

Figurent également dans cette liste de « Serviteurs de Dieu » (par ordre chronologique de décès) :

  • Le pape Benoît XIII (1649-1730) : son procès de béatification avait été ouvert le 21 février 1931, et a été relancé par un acte du Tribunal diocésain du diocèse de Rome début 2010[5].
  • Dom Prosper Guéranger (1805-1875), Fondateur de l'Abbaye de Solesmes, procès commencé en 2005.
  • Teresa-Helena Higginson (1844-1905), institutrice anglaise, mystique, stigmatisée, connue pour la dévotion au « Chef Sacré, Temple de la Divine Sagesse ».
  • Sœur Josefa Menéndez (1890-1923), religieuse espagnole, grande mystique, auteur de « Un Appel à l'Amour ».
  • Le cardinal Rafael Merry del Val (1865-1930), ancien secrétaire d'état de Pie X. Son procès de béatification a été ouvert le 26 février 1953 par le pape Pie XII, à l’instigation du cardinal Nicola Canali, ancien secrétaire particulier et ami intime de Merry del Val.
  • Luisa Piccarreta (23 avril 1865 - 4 mars 1947), mystique italienne (née à Corato), auteur de nombreux écrits, fruits de ses colloques spirituel avec Jésus. Son procès de béatification a été ouvert en 1994.
  • Jan Tyranowski (1900-1947), laïc polonais, organisateur des réunions de l'association le « Rosaire vivant », auxquelles a participé Karol Wojtyla, futur pape Jean-Paul II.
  • Le Père Jacques Sevin (1882-1951), jésuite, fondateur du scoutisme en France et de la congrégation de religieuses de Sainte-Croix de Jérusalem.
  • Jacques Fesch (1930-1957), repenti, revenu à la foi en prison, après avoir commis un meurtre.
  • Thérèse Neumann (1898-1962), mystique allemande, stigmatisée ; procès commencé en 2005.
  • Robert Schuman (1886-1963), procès ouvert en 1991.
  • Claire de Castelbajac (1953-1975)
  • Mgr Fulton Sheen (1895-1979), procès commencé en 2002.
  • Marthe Robin (1902-1981).
  • Le Père Joseph Wresinski (1917-1988), fondateur d'ATD Quart Monde.
  • Rosario Livatino (it) (1952-1990), juge anti-mafia assassiné, qualifié par Jean-Paul II de « martyr de la justice et indirectement de la foi ».
  • Le Père Candido Amantini (1914-1992), religieux passioniste, exorciste à Rome ; procès commencé en 2012.
  • Le professeur Jérôme Lejeune (1926-1994), à qui est attribuée la découverte de l'anomalie chromosomique à l'origine de la trisomie 21, également connu pour son combat pour la « défense de la vie humaine dès sa conception et jusqu'à sa fin naturelle ».
  • Le Père Henri Caffarel (1903-1996), fondateur des équipes Notre-Dame, cause ouverte en 2006.
  • Fra' Andrew Bertie (1929-2008), procès commencé en 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]