Niki de Saint Phalle

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Niki de Saint Phalle

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Portrait de Niki de Saint Phalle en 1964 par (Erling Mandelmann).

Nom de naissance Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle
Naissance 29 octobre 1930
Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine (France)
Décès 21 mai 2002 (à 71 ans)
La Jolla, comté de San Diego, Californie (États-Unis)
Nationalité Drapeau de la France Française
Activités plasticienne, peintre, sculptrice, réalisatrice de films
Mouvement artistique Nouveau réalisme

Œuvres réputées

Tirs, Le Cyclop, Nanas, Le Golem, Jardin des tarots, Fontaine Stravinsky, L'Arche de Noé, Hon/Elle

Niki de Saint Phalle, née Catherine-Marie-Agnès Fal de Saint Phalle, à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine, le 29 octobre 1930 et morte à La Jolla, comté de San Diego, Californie (États-Unis) le 21 mai 2002, est une plasticienne, peintre, sculptrice et réalisatrice de films français.

Niki de Saint Phalle a d'abord été mannequin, puis mère de famille avant d'aborder l'art en autodidacte. Elle n'a suivi aucun enseignement artistique. S'inspirant de plusieurs courants : art brut, art outsider elle a commencé à peindre en 1952. En 1961, elle est membre du groupe des Nouveaux réalistes, tout comme Gérard Deschamps, César, Mimmo Rotella, Christo et Yves Klein. Elle se marie en secondes noces avec l'artiste Jean Tinguely en 1971. Avec lui, elle va réaliser un grand nombre de sculptures-architectures, soit sur commande, soit pour le simple plaisir. Ensemble ils ont réalisé en France la fontaine Stravinsky sur commande d'État à Niki, et Le Cyclop, création de Jean, sans permis de construire.

Outre les Tirs, performances qui l'ont rendue internationalement célèbre dès les années 1960, Niki a créé un très grand nombre de sculptures monumentales dans des parc de sculptures. Certaines ont été réalisées sur sa propre initiative et avec ses deniers personnels comme celle du Jardin des tarots en Toscane, ou du Queen Califia's Magical Circle, dans le Kit Carson Park à Escondido (Californie).

D'autres ont été commandées par des États, ou des régions. Notamment en Israël à Jérusalem, la municipalité lui a commandé en 1971 un monstre pour enfants, Le Golem, inauguré en 1972 dans le parc Rabinovitch, qui porte désormais le nom familier de The Monster Park. En 1994, la Jerusalem Foundation lui passe une deuxième commande pour le Zoo biblique de Jérusalem. Niki produit un ensemble de sculptures d'animaux intitulé L'Arche de Noé qu'elle termine en 1998.
De même en 1987 François Mitterrand lui a commandé la fontaine de Château Chinon.

Jouant de sa beauté, de son talent à porter les toilettes les plus étranges, l'artiste a très vite attiré les médias sur elle et du même coup sur son compagnon devenu ensuite son époux : Jean Tinguely.
Mais si les médias se sont laissés abuser par cette apparente désinvolture, les historiens de l'art, comme Catherine Morineau, Pontus Hultén, ou Amelia Jones, ont bien retenu d'elle ses œuvres fortes, démesurées, et ses prises de risques. Niki de Saint Phalle laisse derrière elle une œuvre immense dont elle a fait de généreuses donations en particulier au Sprengel Museum Hannover et au musée d'art moderne et d'art contemporain de Nice.

Niki de Saint Phalle a également soutenu plusieurs causes : celle des Noirs américains, celle des malades atteints du sida, et la postérité de son compagnon en œuvrant pour l'ouverture d'un musée Tinguely à Bâle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait de Niki de Saint Phalle par Lothar Wolleh (1970).

Née d'une mère américaine, Jeanne-Jacqueline Harper, et d'un père français, André Marie Fal de Saint Phalle, elle est le deuxième enfant d'une famille de cinq (John, Marie-Agnès, Claire, Elizabeth, Richard)[1]. Confiée à ses grand-parents en France pendant trois ans à la campagne dans la Nièvre[1], elle a grandi à New York et s'est mariée à l'âge de dix huit ans avec le poète Harry Mathews, un ami d'enfance qui faisait alors son service militaire [2]. C'est d'abord un mariage civil, puis sur instance des parents de Niki, les jeunes gens procèdent à un mariage religieux à l'église française de New York.[3].

Pendant longtemps, elle cache un lourd secret qu'elle publiera à l'âge de soixante quatre ans dans son ouvrage Mon secret le 14 février 1994[4] : elle a été violée par son père à l'âge de onze ans.

Elle travaille d'abord comme mannequin[5], pour Vogue, Life et Elle encouragée par le peintre Hugh Weiss[note 1].

En 1953 (elle a alors 23 ans) elle est atteinte d'une grave dépression. Elle est soignée dans un hôpital psychiatrique[6]. « J'ai commencé à peindre chez les fous… J'y ai découvert l'univers sombre de la folie et sa guérison, j'y ai appris à traduire en peinture mes sentiments, les peurs, la violence, l'espoir et la joie[7]. » C’est là qu’elle commence sa carrière, à l'image des artistes de la Collection de l'art brut de Jean Dubuffet. L'exposition 2014 du Grand Palais de Paris « révèle la proximité de Niki de Saint Phalle avec Jean Dubuffet (1901-1985), le théoricien de l’art brut[8]. »

Vers 1955, elle voyage en Espagne avec son mari et découvre les jardins de Gaudí. À Paris, où elle trouve son inspiration au musée d'art moderne, elle rencontre Jean Tinguely, qu'elle épouse en 1971, après avoir divorcé de Harry[6].

Les Tirs, performances durant lesquelles l'artiste tire à la carabine sur des poches de peinture, éclaboussant de couleurs des tableaux-assemblages, la rendent célèbre internationalement dès 1960. Elle les dédie souvent à d'autres artistes qui participent eux-mêmes aux tirs : Tir de Jasper Johns, Hommage à Bob Rauschenberg (Shot by Rauschenberg). Ces hommages amènent à une étonnante performance collective à l'ambassade des États-Unis à Paris le 20 juin 1960, au cours de laquelle Robert Rauschenberg se lance dans un de ses Combine painting[9], pendant que David Tudor joue du piano en tournant le dos au public, que Tinguely présente une machine à strip-tease, et que Niki organise un tableau-cible auquel Jasper Johns ajoute des fleurs[10].

C'est à cette époque-là que Niki intègre le cercle des Nouveaux réalistes, participant à l'exposition organisée par Pierre Restany À 40 degrés au-dessus de Dada à la galerie J, dirigée par la femme de Restany, Jeannine de Goldschmidt. De juillet à septembre 1961, elle est au Festival des Nouveaux Réalistes à la galerie Muratore de Nice, organisée encore par Restany. Puis elle participe à l'exposition Le Nouveau Réalisme à Paris et à New York organisée à Paris, toujours par Restany à la Galerie Rive droite[11].

Elle crée des ex-voto, puis des Nanas, femmes plantureuses et colorées en grillage, papier mâché et polyester.

Ses œuvres plus tardives sont la Fontaine Stravinsky à Paris entre l'église Saint-Merri et le centre Pompidou, le Jardin des Tarots à Capalbio en Toscane, ou les Tableaux éclatés, dont elle a baptisé les trois premiers exemplaires Méta-Tinguely en hommage à son compagnon[12]. Des Tableaux éclatés se trouvent à l'espace Niki de Saint Phalle-Jean Tinguely du Musée d'art et d'histoire de Fribourg[13]. Sa dernière œuvre monumentale est un parc de sculptures en Californie : Queen Califia's Magical Circle.

Selon sa petite-fille, Bloum Cardenas, Niki et Jean ont toujours parlé ensemble de leur mort respective et de ce que deviendrait leur œuvre.

« Ils reformulaient sans cesse leurs testaments, ainsi que les détails des devoirs dont serait chargé celui qui survivrait à l'autre. Malgré la santé fragile de Niki, Jean aimait à dire : « Elle nous enterrera tous », ajoutant que sa propre œuvre disparaîtrait avec lui. Cette boutade, et le fait qu'il ait disparu avant elle, Niki l'a pris comme un défi : elle s'est battue contre tous pour que le musée Tinguely existe[14]. »

Elle s'est aussi engagée dans l'association AIDS et a réalisé avec son fils un film sur le sujet.

En 1992 elle réalise L'Arbre aux serpents, exposé dans la cour du Musée des beaux-arts d'Angers. En 1994, pour des raisons de santé, elle s'établit à La Jolla, en Californie, où elle installe son atelier dans lequel elle crée de nombreuses sculptures et de moins en moins de peintures[15]. Elle y reste jusqu'à sa mort en 2002.

L'artiste, dont les poumons ont été rongés par les poussières de polyester qu'elle découpait pour ses sculptures, souffrait d'insuffisance respiratoire depuis la fin des années 1970[16], et de polyarthrite rhumatoïde depuis le début des années 1980[17]. Elle s'éteint à l'hôpital de San Diego des suites de son insuffisance respiratoire chronique[18].

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Les Tirs[modifier | modifier le code]

La première séance de tirs a lieu le 12 février 1961, derrière l'impasse Ronsin. Les Tirs sont des tableaux préparés fixés sur une planche, composés de morceaux de plâtre, de tiges contenant des œufs et des tomates, des berlingots de shampoing et des flacons d'encre. Niki est une tireuse d'élite, elle a appris à tirer avec son grand-père. Très vite, une deuxième séance de tir a lieu le 26 février. Ce jour là, sont présents : le poète américain John Ashbery, Gérard Deschamps, Raymond Hains, l'artiste américaine Shirley Goldfarb, Sabine Weiss, Hugh Weiss, le journaliste américain Jim Metcalf, Eva Aeppli[19].

Le 23 avril 1961, à la suite d'une émission à l'ORTF En français dans le texte, qui présente les performances, Niki et ses tirs deviennent un phénomène national. C'est par ce film que le public français apprend que Niki a déjà une réputation internationale et qu'une séance de tirs a déjà eu lieu au Moderna museet de Stockholm. En fait grâce à Pontus Hultén, des tirs ont déjà été exposés au Stedelijk Museum et le 12 mars 1961, des œuvres ont été accrochées à un arbre en présence de William Seitz qui défend l'art moderne au MoMa[19]. D'autres Tirs sont largement diffusés, notamment celui où Jean Tinguely effectue un tir dans une cour de Stockholm pour la télévision suédoise.

Les Tirs sont la représentation d'une violence matérialisée, un moyen d'extérioriser les démons intérieurs de Niki[5]. Inévitablement liés à la mort, les Tirs paradoxalement, redonnent vie à la Vanitas traditionnelle. « Ce qui est pris en compte dans la série de Niki, c'est la représentation du temps (la performance, l'impact, l'affect) et cela va bien au-delà des belles atmosphères des Cathédrales de Monet ou même du magistral essai de Gilles Deleuze Différence et répétition[note 2] qui paraît à cette époque-là[20]. »

Dès cette période, selon Catherine Gonnard[note 3] Niki est « une figure de proue de l'avant-garde à la télévision. » Il est vrai que son personnage passe à l'écran. L'artiste connaît bien le media télévisuel et elle va l'utiliser. Tout comme tous les Nouveaux Réalistes de Restany qui vont s'annoncer eux aussi comme l'avant-garde sur un petit écran en noir et blanc[21]. Le premier tir de l'impasse Ronsin a été effectué devant les caméras de United Press International[22]. Le mardi suivant, c'est le magazine Télé 7 jours qui annonce : « Ultra borborygmes, sculpture détonante, peinture au 6.35, la tv vous présente l'avant-garde[23]. » Niki sait jouer de son élégance et de sa beauté, tantôt avec des blouses tachées et déchirées, tantôt en pull et pantalon, tantôt en combinaison blanche et bottes. Cette même élégance et cette beauté frappe le téléspectateur lors de l'entrevue diffusée le 3 février 1965 par l'ORTF à 21h20 dans l'émission Pour le plaisir[24]. Les discours misogynes ouverts ou sous-entendus s'empressent d'enfermer l'artiste dans ce que l'on qualifierait aujourd'hui de people, et dès les années 1970 laissent entendre que c'est surtout Jean Tinguely l'artiste du couple[25]. Ce qui explique la confusion sur l'importance de l'art de Niki de Saint Phalle, étonnement persistante jusqu'aux rétrospectives des années 2000[25].

Les Nanas[modifier | modifier le code]

Par la suite, Niki de Saint-Phalle explore les représentations artistiques de la femme en réalisant des poupées de tailles impressionnantes : les Nanas dont une version des plus connues se trouve au Musée Tinguely de Bâle : Gwendoline inspirée par la grossesse d'une de ses amies, Clarice Rivers (née Clarice Price) actrice [note 4]. Une autre version inspirée par la grossesse en général est Elisabeth[note 5], elle se trouve au Musée d'art moderne et contemporain de la ville de Strasbourg, 1965, 230 × 90 × 146 cm[26]. Une série de Nanas est en exposition permanente à l'endroit où s'installe le marché aux puces de Hanovre, (Allemagne).

Les Nanas sont non seulement géantes, chahuteuses, dansantes, jambes en l'air : Nana noire upside down (deux jambes en l'air), 135 × 105 × 108 cm, MAMAC de Nice Nana jambe en l'air (une seule jambe en l'air) 190 × 135 × 90 cm, coll. particulière[27], mais encore elles se produisent en scène dans une ballet de Roland Petit. Le ballet intitulé Éloge de la folie, monté au Théâtre des Champs-Élysées à Paris[28] où il fait un triomphe en mars 1966, met en scène les Nanas sur tiges, ou tenues à bout de bras par des danseurs[29]. Les décors sont de Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely et Martial Raysse, la musique est de Marius Constant, le texte de Jean Cau. Niki y dénonce la guerre avec des figures de tyranosaures, la drogue symbolisée par un danseur-pantin sur fond de panneau aux couleurs vives, mais aussi, l'intervention des Nanas symbolise la suprématie de la femme. Le public et la presse font un accueil triomphal au spectacle[29].

Article détaillé : Nana (Niki de Saint-Phalle).
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Le Golem[modifier | modifier le code]

Le Golem en 1990.
Le Golem en 2007.

Ce monstre à trois langues qui servent de toboggan est situé dans Rabinovitch Park à Jérusalem-Ouest. La population désigne désormais le parc sous le nom familier de The Monster Park. Commandé en 1971 par la municipalité de Jérusalem, Israël, il a été inauguré en 1972[30]. Une photo de 1974 montre Niki assise à côté de la maquette du Golem, elle porte un chapeau-bibi à voilette, un pull noir à col roulé, une chaîne dorée avec une grosse croix catholique, et un jean[30]. Une deuxième photo prise en 1972 par Leonardo Bezzola présente le All Stars Swiss Team comprenant Jean Tinguely, Rico Weber et Paul Wiedmer, ainsi que Niki de Saint Phalle, devant la carcasse du Golem en construction, structure semblable à un début de Tour Eiffel. Cette sculpture a suscité bien des hésitations au début, lorsque les parents la trouvaient effrayante, ainsi que le rapporte Jessica Steinberg, du Jérusalem Times [31]. Mais le maire de l'époque, Teddy Kollek, a tenu bon face aux opposants, puis les enfants se la sont appropriée et il existe actuellement un comité de soutien à la fois pour sa réhabilitation [32] et pour la conservation du parc qui l'abrite[33].

Article détaillé : Le Golem (Niki).

Le Jardin des Tarots[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jardin des Tarots.

Inspirée par le Parc Güell de Gaudí à Barcelone, le Palais idéal du facteur Cheval et les « monstres du bois sacré » des Jardins de Bomarzo[34], elle réalise, à Capalbio en Toscane, à partir de 1979, le Jardin des Tarots qui réunit des sculptures monumentales inspirées par les figures du tarot divinatoire. Il a ouvert ses portes en 1998. Ces sculptures étant habitables Niki de Saint Phalle a vécu dans la sculpture L'impératrice pendant toute la durée des travaux[35].

La Grotte[modifier | modifier le code]

La Grotte
Grotte avec Nana

Après la restauration de la grotte qui se trouve au nord-ouest des Jardins royaux de Herrenhäuser[36] de Hanovre - à l'occasion de l'Expo 2000 - Niki transforme l'intérieur de ce bâtiment en une véritable œuvre d'art. Ce travail commence dès 1999 et est terminé en 2003[37], fidèle aux plans de l'artiste décédée. La Grotte désignée par Niki sous le nom de The Grotto sera inaugurée en Mars 2003, en même temps que l'exposition de la donation Niki de Saint Phalle au Sprengel Museum de la ville de Hanovre dont elle a été faite citoyenne d'honneur[18].

La Grotte est composée de trois salles ornées de mosaïques : l'aile gauche est couverte de miroirs blancs, l'aile droite de morceaux de verres bleu-nuit et noirs, et la pièce centrale - par laquelle on entre - est ornée de bande de galets de toutes nuances, de miroirs tantôt blancs tantôt dorés et de verreries rouges, jaunes et orange. Toutes les mosaïques sont recouvertes de figurines plastiques sur le thème La Vie de l'Homme. Les ornements en forme de spirales à l'entrée de l'édifice représentent la Spiritualité. La salle des miroirs blancs sur le thème Jour et Vie montre avec plus de 40 figurines en relief des exemples de presque toutes les périodes de l'artiste. L'aile bleue est La Nuit et le Cosmos. Des figurines féminines dansent dans le ciel bleu-nuit et s'accrochent aux étoiles. Les fenêtres et portes de la grotte sont des grilles incrustées aussi de miroirs et de verreries.

Queen Califia's magical circle [modifier | modifier le code]

Le jardin, dont les sculptures ont été conçues pour un parc de divertissement selon le principe du jardin des tarots est situé à Escondido, en Californie[38]. Il comprend notamment la sculpture de la Reine Califia, personnage gigantesque chevauchant un aigle qui lui sert de trône, accompagnée de totems, de monstres labyrinthiques, d'un mur de serpents [39]. Cette œuvre a été inspirée à l'artiste par la lecture du livre de John McPhee Assembling California, qui représentait pour Niki une métaphore sur les forts contrastes économiques et démographiques au sein de la société californienne[40]. À l'instar du Jardin des Tarots, cette œuvre a été entièrement financée grâce à une série de produits vendus par Niki (parfums, déclinaisons), et ensuite offert à la ville de Escondido[40].

Article détaillé : Queen Califia's Magical Circle.

Niki et Jean[modifier | modifier le code]

Fontaine de jouvence, Duisburg, Allemagne par Niki de Saint Phalle
L'Ange Protecteur dans le hall de la Gare centrale de Zurich par Niki de Saint Phalle

Álvaro Rodríguez Fominaya, directeur du musée Guggenheim (Bilbao)[41], s'est penché sur les rapports des couples d'artistes en général et sur celui de Niki et Jean en particulier. Divorcée de l'écrivain américain Harry Mathews, dont elle a eu deux enfants (Laura Duke Condominas et Philip Mathews), Niki épouse Jean le 13 juillet 1971, lui-même récemment divorcé de sa femme Eva Aeppli.

Álvaro Rodríguez note que dans la plupart des couples d'artistes, la femme tient lieu d'assistante (on dit collaboratrice), ce qui est le contraire dans le couple Saint-Phalle-Tinguely, surtout à partir de 1972 lorsque Le Golem, sculpture monumentale pour jardin d'enfants de Jérusalem, est commandé à Niki en Israël. Pour construire cette grosse tête dont trois langues servent de toboggan de 9 × 14 × 16 m[42], Jean devient l'assistant de la créatrice. C'est lui qui intervient comme technicien, aidé par ses collaborateurs Rico Weber et Paul Wiedemer, une équipe que Niki surnomme All Stars Swiss Team et dont une partie sera présente pour la réalisation du Jardin des tarots en Toscane[43].

Si Niki a réellement été la collaboratrice de Jean pour le Cyclop à Milly-la-Forêt[44], la tendance s'est inversée pour le Jardin des Tarots à Capalbio en Italie, puis la Fontaine Stravinski à Paris[45]. , et aussi la fontaine de Château-Chinon (Ville) commandée en 1987 par François Mitterrand[43].

De juin à septembre 1966, Niki avait déjà réalisé avec l'aide de Jean Tinguely, Hon/Elle, une femme monumentale de 28 m de longueur sur 6 m de hauteur et de 9 m de largeur, couchée sur le dos avec les jambes écartées au Moderna Museet de Stockholm. Les visiteurs pouvaient rentrer dans la sculpture par son sexe et découvrir à l'intérieur plusieurs pièces réalisées par Niki. La statue a été détruite après l'exposition[46].

Après la mort de Jean, Niki a cherché par tous les moyens à lui rendre hommage. D'abord en donnant cinquante machines-sculptures de Tinguely pour permettre, en 1996, l'ouverture du musée Tinguely de Bâle[47]. Ensuite en lui dédiant trois Tableaux éclatés où le mot « Jean » est écrit en ferraille de même nature que les rouages et objets divers qui composent les tableaux surnommés par Niki : Méta Tinguely. Le premier est Jean I, le deuxième Jean II, et le troisième Jean III, 1992, peinture, bois, éléments métalliques et moteurs électriques sur bois 185 × 123 × 21 cm musée d'art moderne et d'art contemporain de Nice, donation Niki de Saint Phalle. Son hommage posthume au compagnon décédé se poursuivra dans toute la série des Tableaux éclatés, réalisés en collaboration avec le peintre Larry Rivers, qui emploient de éléments électriques et électromécaniques et qui évoquent l'artiste disparu. Selon Álvaro Rodríguez Fominaya :

« Sans doute faut-il y voir une tentative visant à perpétuer une relation dynamique et changeante, interrompue par l'absence, relation quelque peu chaotique et perturbée par les vicissitudes de la vie quotidienne, sentimentale et intellectuelle, mais qui s'est étendue sur cinq décennies, et qui nous a légué l'un des corpus les plus singuliers du travail artistique du XXe siècle[47]. »

En 1985, lorsque Jean, opéré du cœur, est resté dans le coma, Niki a fait brûler de nombreuses bougies dans une église orthodoxe de Genève dans l'espoir qu'il survive, et elle a fait le vœu de construire une chapelle s'il revient à lui. Ce sera La Chapelle de la Tempérance dans le Jardin des tarots de Capalbio[48]. Elle a aussi financé la réhabilitation du Cyclop et son entretien à partir de mai 1994 selon les indications que lui avait laissées Jean Tinguely. C'est à partir de septembre-octobre de la même année que l'État français a pris le relais[17].

Article détaillé : Le Cyclop.

« La sculpteuse »[modifier | modifier le code]

Longtemps, Niki de Saint Phalle a été classée au second rang des sculpteurs, puisque la langue française n'admet pas de féminin pour cet art. On la trouvera alors, comme Germaine Richier reléguée au rang de femme-sculpteur, le mot sculptrice étant considéré comme une faute de français, ou pire : une faute de goût[49]. Même l'ouvrage consacré à la sculpture moderne, édité par le Centre Pompidou en 1995[note 6], lui offre une portion congrue dans un ouvrage où Jean Tinguely est abondamment répertorié comme sculpteur. Niki est présente uniquement avec Leto ou La Crucifixion (1963)[50], rapidement citée entre Hans Bellmer, sculpteur occasionnel représenté par la Poupée figure féminine écartelée[51] et George Segal dont la représentation de « l'Homme » est concentrée sur La Caissière de cinéma[51]. Ce parti pris explique la méfiance de chroniqueurs misogynes qui ont longtemps traité Niki de Saint Phalle avec une certaine désinvolture, ainsi que le remarque Catherine Gonnard [25] et qu'on le vérifie dans l'ouvrage de Goldberg et Monnin sur la sculpture moderne où Niki ne figure qu'au tableau récapitulatif[52]

Si Niki a réussi « à envahir, la fleur au fusil, un espace public réservé aux hommes artistes et architectes (...), avec ses Tirs, il lui aura fallu le soutien d'homme féministes comme Jean Tinguely ou Ponthus Hultén pour s'aventurer dans le domaine de la sculpture publique à une époque ou seule Barbara Hepworth s'était lancée sans être ni féminine, ni féministe. Or ce sont ces deux attributs qui caractérisent la véritable innovation de Niki de Saint Phalle dans l'histoire de l'art[53]. »

Son chef-d'œuvre, exécuté avec la collaboration technique de Jean Tinguely et du finlandais Per Olof Ultvedt[note 7] va voir le jour en 1966 : une gigantesque sculpture Hon/Elle réalisée au Moderna Museet la propulse au rang des grands ainsi que le rapportent Jean-Louis Ferrier et Yann Le Pichon :

« Niki de Saint Phalle sculpte comme Arman accumule, comme Spoerri digère ses reliefs de repas dans de la résine epoxy, comme Christo emballe, comme Hains et Villeglé collent déchirent et décollent, comme Tinguely soude et démonte[54]. »

Cette œuvre gigantesque, de six tonnes et vingt trois mètres de long, qui portait le titre initial de Hon-en Katedral, a propulsé Niki de Saint Phalle encore plus qu'elle ne l'était déjà sur la scène internationale[55]. Il n'en reste que la maquette de Niki et de nombreuses photographies et des vidéos d'époque[56].

Saint Phalle et Tinguely avaient aussi une passion pour l'art éphémère, un art qu'ils pratiquent en concurrence à l'exposition internationale de Montréal de 1967, où les machineries de Tinguely affrontent les Nanas[57]. Cette installation artistique porte le nom de Paradis fantastique. Composée de neuf grandes sculptures de Niki et de six machines cinétiques noires de Jean, elle a été commandée par l'État français pour le pavillon de l'Exposition universelle de 1967. Les éléments, exposés un temps à la Albright-Knox Art Gallery de Buffalo, puis à Central Park à New York, restaurés par le artistes, ont été donnés à Ponthus Hultén qui les a rassemblés au Moderna Museet de Stockholm[58].

Hommages et postérité[modifier | modifier le code]

En mars 1987, sur proposition de Jack Lang, Niki a été nommée chevalier de la Légion d'honneur. Mais elle n'accepte pas la décoration[59]. En septembre 2014, un jardin flottant a été nommé en hommage à Niki de Saint Phalle, sur les berges de Seine du 7e arrondissement de Paris. À cette occasion, la statue La Nana Danseuse (Rouge d'Orient-Bloum) y est présentée jusqu'au 2 novembre de la même année[60].

Un grand nombre de musées à travers le monde possèdent des œuvres de Niki de Saint Phalle. La Niki Charitable Art Foundation située à Santee (Californie) en donne la liste[61].

Expositions posthumes récentes[modifier | modifier le code]

  • 2006 : Niki in the garden exposition des sculptures monumentales situées dans des jardins, à L'Atlanta botanical garden, Atlanta [62]. Même année : rétrospective au Daimaru Museum Umeda (Japon) et dans plusieurs musées japonais[63]
  • 2007 : Niki de Saint Phalle au Sprengel Museum Hannover , Städtische Galerie de Schieder-Schwalenberg, Allemagne
  • 2009 : Exposition itinérante dans plusieurs villes de la Maremme toscane (Arcidosso…) : L'ange luminaire
  • 2010 : Exposition au Château de Malbrouck[64]
  • 2011 : « Niki de Saint Phalle, son art, sa vérité, sa fantaisie » Nohra Haime Gallery, New York du 7 septembre au 29 octobre[65]. La même galerie présente encore lœuvre de Niki de Saint Phalle en 2012, du 2 au 29 août [66].
  • 2012 : « Niki de Saint Phalle », Moderna Museet Malmö, Malmö[67],
  • 2013 : « En joue ! Assemblage et tirs (1958 - 1964) » à la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois[68].
  • 2013 : « Niki de Saint Phalle », Moderna Museet, Stockholm du 20 avril au 1er décembre 2013 au Moderna Museet
  • 2014 : « Niki de Saint Phalle au palais du facteur Cheval » exposition de photographies retraçant l'aventure du Jardin des tarots au Palais idéal du facteur Cheval jusqu'au 10 janvier 2015[69]
  • 2014 : « Nanas 60-90, Niki de Saint Phalle » : Galerie Mitterrand, Paris du 24 octobre jusqu'au 12 décembre[70]
  • 2014 : Rétrospective « Niki de Saint Phalle » au Grand Palais en collaboration avec le musée Guggenheim (Bilbao). L'exposition est annoncée dans la presse avec des titres provocateurs, faisant presque tous allusion au surnom donné au couple Niki-Tinguely : Les Bonnie and Clyde de l'art, titre d'un documentaire présenté en 2010 à la télévision[71], repris en 2014 [72] :

L'autre référence principale mentionnée le plus souvent dans la presse concerne ses œuvres les plus connues, et aussi les plus inquiétantes parfois : les Nanas

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely. Les Bonnies and Clyde de l'art, film documentaire de Louise Faure et Anne Julien, Arte, 2010, 55 min, rediffusion mai 2012 [80].
  • La Grande Expo Niki de Saint Phalle, le roman d'une femme libre, film documentaire de Yoan Zerbit, 2014, 60 min diffusé sur Paris Première le 20 septembre 2014.
  • Niki de Saint Phalle, un rêve d'architecte, film documentaire écrit par Louise faure, réalisation Anne Julien et Louis Faure , France 2014, 52 min, inédit, diffusé sur France 5 le 28 septembre 2014.

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

Liste provisoire :

  • 1961, Tir de Jasper Johns, peinture, plâtre, bois, métal, ciment, 119 × 59 × 26 cm, Moderna Museet, donation de Pontus Hultén en 2005[81], Exemplaires de tirs
  • 1961, Tir sur tige, sacs plastiques remplis de peinture et fixés avec du métal sur une tige métallique montée sur socle, 55 × 30 × 13 cm, Sprengel Museum Hannover, donation de l'artiste en 2000[81].
  • 1961, Grand Tir-Séance Stockholm, peinture, plâtre, plastique, corde, métal, 258 × 155 cm, Moderna Museet, donation de l'artiste en 1972[82].
  • 1961, Grand Tir-Séance galerie J, peinture, plâtre, et objets divers (grillage, ficelle, plastique), 143 × 77 × 7 cm, collection particulière, exposée au Grand Palais de Paris en 2014, aimablement prêtée par la galerie Vallois[83], Grand Tir à la Galerie J
  • 1961, Old master-Séance galerie J, peinture, plâtre, grillage dans un cadre ancien, 42 × 48 cmcollection particulière[84].
  • 1961, Tir, plâtre, peinture, métal et objets divers sur de l'agglo, 175 × 80 cm, poids : 60 à 80 kg, achat 2004 Centre Pompidou, Paris[85]
  • 1962, La Cathédrale rouge, (Tir), peinture, plâtre, grillage et objets divers sur bois, 200 × 122 × 17 cm, donation de l'artiste en 2001 au Musée d'art moderne et d'art contemporain de Nice, présentée à l'exposition 2014 dans les galeries du Grand Palais, Paris[86].
  • 1962, Pirodactyl over New York, tir, plâtre, peinture, objets divers sur deux panneaux de bois, 250 × 310 × 30 cm, Musée Guggenheim de Abou Dabi[87].
  • 1962, La Sorcière rouge, assemblage, 198 × 125 × 25 cm, Niki Museum de Nasu (Tochigi) Japon[88].
  • 1962, Kennedy-Kroutchev, peinture grillage et objets divers sur bois 202 × 122,5 × 40 cm, Sprengel Museum Hannover, donation de l'artiste en 2000[89].
  • 1963, King Kong, peinture, plâtre et objets divers sur panneau en 5 parties, 276 × 611 × 47 cm[90].Moderna Museet, Stockholm, exposition 2013 réalisée avec le soutien de Deloitte King Kong au moderna Museet
  • 1963, La Mariée, grillage, plâtre, dentelle encollée, jouets divers peints, 226 × 200 × 100 cm, Centre Pompidou, Paris achat de l'État 1967, attribution 1976
  • 1963, Monster Woman, laine, objet divers, grillage sur tige et socle en métal, 65 × 52 × 16 cm, collection Marin Karmitz[91].
  • 1964, Lucrezia (The White Goddess), peinture grillage et objets divers sur panneau, 180 × 110 × 39 cm, collection particulière[92].
  • 1964, Portrait de Clarisse Rivers enceinte, visage et contours dessinés par Larry Rivers, collage, crayon de couleur, pastel, feutre sur papier 157 × 112 cm, Collection David et isabelle Levy, Bruxelles[93].
  • 1965, Leto ou La Crucifixion, (vers 1965), assemblage d'objets divers sur polyester peint, 236 × 147 × 61,5 cm, Centre Pompidou, Paris, achat 1975[94]
  • 1965, Samuela II, papier collé, peinture, tissu, grillage, 152,4 × 96,5 × 76,2 cm, Galerie d'art Albright-Knox , Buffalo[95].
  • 1965, Bénédicte, laine, tissu, grillage, 80 × 104 × 87 cm, collection particulière[96].
  • 1965, Nana assise, laine, papier collé, résine polyester, grillage, 100 × 140 × 140 cm, collection particulière[97].
  • 1965, Lili ou Tony, peinture, tissu, papier collé, résine polyester, grillage, 206× 130 × 130 cm, collection Georges-Phillipe & Nathalie Vallois[98].
  • 1965, Elisabeth, résine synthétique sur armature métallique, 230 × 90 × 146 cm, Musée d'art moderne et contemporain (Strasbourg)[26].Elisabeth
  • 1965-1967, Black Venus, polyester peint sur socle en ciment, 280 × 86 × 61 cm, Whitney museum[99].
  • 1966-1990, Gwendolyn, polyester peint sur armature métallique, édition 2 sur 3 252 × 200 × 125 cm, Sprengel Museum Hannover[100]. Une autre version de Gwendolyn est exposée au Musée Tinguely de Bâle
  • 1965-1966, Nana upside down, peinture, laine, tissu, sur grillage, 135 × 105 × 108 cm MAMAC Nice donation de l'artiste en 2001[101].
  • 1966, Nana jambes en l'air, polyester peint, 190 × 135 × 90 cm MAMAC Nice donation de l'artiste en 2001[101].
  • 1966, Nana jambe en l'air (une seule jambe), polyester peint, 190 × 135 × 90 cm collection particulière[27].
  • 1966, Dancing nanaAnna, papier collé peint, grillage sur socle de Jean Tinguely, hauteur 123 cm, collection particulière [102].
  • Le Monstre de Soisy, vers 1966, plâtre sur structure métallique, peinture, objets divers, 180 × 163 × 253 cm, don de Pontus Hultén en 2005
  • 1966-1967, Clarisse again, polyester peint, 190 × 125 × 140 cm, collection particulière[103].
  • 1966-19995, Dolorès, polyester peint sur grillage, hauteur, 550 com, Sprengel Museum[104].
  • 1968, Nana danseuse (Grande danseuse négresse), polyester peint, 230 × 150 × 60 cm collection particulière[105].
  • 1968, Nana-maison, intallation sur le toit de la Fondation Maeght à l'occasion de l'exposition L'Art vivant, dimensions, matière, localisation inconnue[106].
  • 1970, Dear Diana, feutre, mine graphite, stylo bille, craie et crayon de couleur sur carton mince, 56 3 × 76 2 cm, don de l'artiste, 1984 Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou[107]
  • 1970, Dear Diana 2, sérigraphie sur papier, 56,2 × 75,5 cm, don de l'artiste en 1984[107]
  • 1970, Devouring Mothers, polyester peint, Femme en blanc 90 × 60 × 60 cm, Femme jaune 84 × 78 × 70 cm, table 22 × 55 × 40 cm, Moderna Museet, Strocholm[108]. Devouring Mothers au Moderna Museet
  • 1971, Maman, mine graphite et feutre sur papier, 46 × 55 cm, Centre Pompidou, Paris[109], don de l'artiste en 1984
  • 1971, Le Thé chez Angelina, polyester peint, Femme rouge 170 × 180 × 110 cm, Femme verte : 190 × 120 × 100 cm, MUseum MOderner Kunst (MUMOK), Vienne, Autriche[110].
  • 1971, La promenade du dimanche, polyester peint, 195 × 215 × 200 cm, Niki Charitable Art Foundation[111].
  • 1972, Le Golem, sculpture monumentale, 9 × 14 × 16 m, commandée par la ville de Jérusalem-ouest pour le parc Rabinovitch[30]
  • 1973, Le Dragon de Knokke, maison de jeux pour enfant, 7 × 34,40 m dont Keith Haring peindra l'intérieur en 1980[112]. Une video du Grand Palais de Paris retrace l'aventure du Dragon de Knokke [113].
  • 1973, Daddy, film cinématographique 35 mm couleur, sonore, coréalisé par Peter Whitehead. Interprètes : Marcel Lefranc et Jean-Pierre Raynaud. Traduction : Arabel Herbout. Sous-titrage : Cinetitres LTC. Production : Lorrimer Films Ltd, don de l'artiste en 1984
  • 1973 Nana, pendentif, or et émail, 11 × 7 cm, collection particulière[114].
  • 1974, L'Aveugle dans la prairie, polyester peint au vinyle, armature métallique et grillage, Homme lisant son journal, 120 × 118 × 117 cm , Vache : 184 × 307 × 107 cm, Centre Pompidou, Paris, achat, 1980[115]
  • 1975, Un rêve plus long que la nuit, film réalisé par Niki de Saint Phalle avec l'aide de Jean Tinguely, produit et diffusé par Télé Hachette, durée 90 minutes, avec Laura Condominas, Régine Deforges Daniel Spoerri et toute la bande à Niki, c'est-à-dire une trentaine d'acteurs[116]. Dans les motifs-phares on trouve des phallus dont un géant qui prend feu et d'autres dépassant des vestes d'hommes vêtus sans pantalons avec des jarretelles noires[116].
  • 1977, Serpent jaune, broche, or, émail, diamants, turquoises, 9,5 × 3,5 cm, collection Clo Fleiss[note 8], Paris[114].
  • 1980, Le Fil du discours, sculpture, polyester peint, métal et ampoules, 128 × 50 × 34 cm, Musée des arts décoratifs de Paris, achat 2000.
  • 1983, Sun God, sculpture monumentale, fibre de verre sur socle en ciment, 1 050 × 450 × 300 cm, Campus de La Jolla, San Diego[99].
  • 1986, La Peste, assemblage relief, polyester peint, figurines de bébés en plastique, têtes de morts 113 × 185 × 30 cm, collection particulière[117].
  • 1987, Serpent goddess, dimensions non précisées, Musée d'art Didrichsen, Helsinki, Finlande[118]
  • 1989, Grand obélisque, mosaïque de verre rt de miroirs, céramique, feuille d'or, 197 × 60 × 93 cm, Sprengel Museum Hannover donation de l'artiste en 2000[119].
  • 1989, Double serpent, broche pendentif or, émail, rubis, émeraudes, collection Clo Fleiss, Paris[114].
  • 1990, Skull (Meditation room), crâne-habitacle, 230 × 310 × 210 cm, Sprengel Museum Hannover, don de l'artiste en 2000[120], exposée au Grand Palais en 2014 : Skull (Meditation room)
  • 1992, Nana and Serpent marbre peint, 64,8 × 41,3 × 33 cm, Metropolitan Museum of Art[121]
  • 1992, Arbre serpents-fontaine, polyester, peinture de polyuréthane, vernis, têtes recouvertes d'or, 260 × 310 × 220 cm, collection particulière[122].
  • 1992, Nana ballon vinyl, 51 × 43 cm, Niki Charitable Art Foundation , Santee[123]
  • 1994 L'Arche de Noé, (projet datant de 1978), vingt-trois sculptures pour le Zoo biblique de Jérusalem[124]
  • 1995-2003, Les Trois Grâces, polyester, mosaïque de miroir. Argent : 290 × 125 × 95 cm, Noir : 250 × 160 × 90 cm, Blanc : 290 × 120 × 90 cm, Niki Charitable Art Foundation, Santee[125].Les trois Grâces sur Wiki en. Une version des trois graces a été vendue aux enchères à Drouot en 2012 pour 75 000 €[126].
  • 1995, Nana danseuse (Rouge d'Orient), polyester peint,620 × 490 × 420 cm, galerie Mitterand, Paris Nana danseus (Rouge d'Orient)[127].
  • 1996, Nana ballon vinyl, corps noir , maillot avec des cœurs roses 81 × 74 cm, Niki Charitable Art Foundation , Santee[128]
  • 2000, La Cabeza, crâne monumental en mousse de polyuréthane, armature en acier et résine, éclats de miroir et vitrail, galets et cailloux divers, coquilles d'ormeaux, incrustations de verre en millefiori, 327 × 422 × 366 cm, Niki Charitable Art Foundation, Santee, Californie[129]. Cette très grande sculpture est parmi les dernières réalisées par l'artiste. Exceptionnellement montrée à Paris au Cent Quatre pendant l'exposition Niki de Saint Phalle au Grand Palais[130]
  • 2000, King Fisher Totem, polyuréthane, socle et armature en amétal, résine, éclats de miroir et vitrail, pierres, coquilles d'ormeaux, incrustations de verre coloré, 307,3 × 137,2 × 127 cm, Niki Charitable Art Foundation, Santee, Californie[131].
  • 2007, Nana ballon, vinyle, corps jaune, reproduction par la Niki Charitable Art Foundation, 125 × 112 cm[128].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Camille Morineau est conservatrice du patrimoine.
  2. 1968, Presses universitaires de France, réédité en 2000 par le même éditeur.
  3. Catherine Gonnard est historienne d'art et documentaliste audiovisuelle à L'INA
  4. Clarice Rivers du IMB movie data base répertoriée sur Wiki en comme femme de Larry Rivers
  5. Également orthographié Elizabeth, la sœeur de Niki. Toutes les Nanas de cett année-là portent l prénom d'ami proche - Nathalie Ernoult, p.329
  6. qui ne cite même pas Germaine Richier
  7. sculpteur et scénographe, né le5 juillet 1927 à Kemi, Finlande, mort le 21 novembre 2006 à Lidingö, Suède
  8. quelques indications sur Clo Fleiss et sa collection de bijoux d'artistes exposition 2009, voir aussi le bijoux de niki de Saint Phalle

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Nathalie Ernoult, attachée de conservation au Centre Pompidou dans Camille Morineau et al 2014, p. 312.
  2. lire sa biographie sur le site de la Niki Charitable Art Foundation.
  3. Nathalie Ernoult, attachée de conservation au Centre Pompidou dans Camille Morineau et al 2014, p. 315.
  4. Éditions La Différence, réédition 2010.
  5. a et b « L'invitée culturelle : Camille Morineau présente l'exposition Niki de Saint Phalle sous toutes ses coutures », RTS Info, RTS Un, Radio télévision suisse « 12:45 le journal »,‎ 22 septembre 2014 (lire en ligne [[vidéo], œuvres exposées au Grand Palais (Paris)])
  6. a et b précisions sur la NCAF.
  7. Niki de Saint Phalle, l'art comme thérapie, lire l'article.
  8. Niki et Dubuffet.
  9. Combine painting.
  10. Sarah Wilson, historienne d'art à l'Institut Courtauld, dans Camille Morineau et al 2014, p. 94.
  11. Camille Morineau et al 2014, p. 323
  12. Catherine Francblin dans Camille Morineau et al 2014, p. 12.
  13. espace Tinguely-Niki au musée de Fribourg.
  14. Bloum Cardenas, administratrice de la Niki Charitable Art Foundation de Santee (Californie), dans Camille Morineau et al 2014, p. 26.
  15. Lire sa biographie.
  16. Nathalie Ernoult, attachée de conservation au Centre Pompidou dans Camille Morineau et al 2014, p. 347.
  17. a et b Nathalie Ernoult, attachée de conservation au Centre Pompidou dans Camille Morineau et al 2014, p. 349.
  18. a et b Nathalie Ernoult, attachée de conservation au Centre Pompidou dans Camille Morineau et al 2014, p. 354.
  19. a et b Sarah Wilson, historienne d'art à l'Institut Courtauld, dans Camille Morineau et al 2014, p. 93.
  20. Sarah Wilson, historienne d'art à l'Institut Courtauld, dans Camille Morineau et al 2014, p. 92.
  21. Catherine Gonnard dans Camille Morineau et al 2014, p. 110.
  22. video : les Tirs de Niki commentés par Bloum Cardenas
  23. Catherine Gonnard dans Camille Morineau et al 2014, p. 111.
  24. Catherine Gonnard dans Camille Morineau et al 2014, p. 111.
  25. a, b et c Catherine Gonnard dans Camille Morineau et al 2014, p. 113.
  26. a et b Catherine Dossin, professeur assistante à l'Université Purdue, West Lafayette dans Camille Morineau et al 2014, p. 191.
  27. a et b Nathalie Ernoult dans Camille Morineau et al 2014, p. 195.
  28. fiche de l'Éloge de la folie à la BNF
  29. a et b Nathalie Ernoult dans Camille Morineau et al 2014, p. 330.
  30. a, b et c Camille Morineau et al 2014, p. 337.
  31. [1].
  32. réhabilitation du Monster.
  33. touche pas à mon monster park.
  34. Notice actualités de l'Exposition Niki de Saint Phalle au Grand Palais du 17 septembre au 2 février 2015 rédigée par Actes Sud.
  35. (en) Maria Chiara Pozzana, Gardens of Florence and Tuscany, a Complete guide, Giunti,‎ 2011, 192 p. (ISBN 978-8809759527), p. 146 .
  36. le Jardins royaux et la grotte de Niki de Saint Phalle
  37. Camille Morineau et al 2014, p. 355.
  38. parc de sculptures à Escondido.
  39. les sculptures de la reine Califia.
  40. a et b Lucia Pesapane dans Camille Morineau et al 2014, p. 267.
  41. notes sur Álvaro Rodríguez Fominaya.
  42. Catherine Francblin dans Camille Morineau et al 2014, p. 36.
  43. a et b Álvaro Rodríguez Fominaya dans Camille Morineau et al 2014, p. 269.
  44. histoire du Cyclp.
  45. lire les détails sur le dossier de l'exposition du Grand Palais.
  46. voir Hon grandeur nature au paragraphe Nana.
  47. a et b Álvaro Rodríguez Fominaya dans Camille Morineau et al 2014, p. 270.
  48. Nathalie Ernoult, attachée de conservation au Centre Pompidou dans Camille Morineau et al 2014, p. 345.
  49. Shizue Yoko Masuda 1998, p. 38.
  50. Goldberg, Monnin 1995, p. 80.
  51. a et b Goldberg, Monnin 1995, p. 80.
  52. Goldberg, Monnin 1995, p. 114-115.
  53. Camille Morineau et al 2014, p. 259.
  54. Ferrier et Le Pichon 1988, p. 630
  55. Camille Morineau et al 2014, p. 254.
  56. video Hon/Elle sur le site du Grand Palais, Paris
  57. Ferrier et Le Pichon 1988, p. 645
  58. Camille Morineau et al 2014, p. 332.
  59. Nathalie Ernoult, attachée de conservation au Centre Pompidou dans Camille Morineau et al 2014, p. 346.
  60. « Un jardin flottant nommé Niki », paris.fr, 19 septembre 2014.
  61. liste des musées où se trouvent les œuvres de Niki
  62. Niki in the garden
  63. Niki de Saint Phalle au Japon
  64. exposition au château de Malbrouck.
  65. [2]
  66. sélection de sculptures
  67. Malmö.
  68. En joue!.
  69. lire l'annonce.
  70. Galerie Mitterrand
  71. . première présentation.
  72. Bonnie and Clyde.
  73. Le Hold up de Niki de Saint Phalle.
  74. La flingueuse de l'art contemporain, Télérama.
  75. Libération Niki des saint Phalle, les armes à fond.
  76. Super Nana
  77. Sorcière a aimée
  78. super Nana de la sculpture
  79. Camille Morineau et al 2014, p. 12.
  80. voir le film intégral.
  81. a et b Camille Morineau et al 2014, p. 120.
  82. Camille Morineau et al 2014, p. 122.
  83. Camille Morineau et al 2014, p. 116.
  84. Camille Morineau et al 2014, p. 123.
  85. Tir au Centre Pompidou
  86. Camille Morineau et al 2014, p. 128.
  87. Camille Morineau et al 2014, p. 136-137.
  88. Camille Morineau et al 2014, p. 166.
  89. Camille Morineau et al 2014, p. 138.
  90. Catherine Gonnard dans Camille Morineau et al 2014, p. 135.
  91. Kalliopi Manioudaki historienne d'art dans Camille Morineau et al 2014, p. 185.
  92. Kalliopi Manioudaki historienne d'art dans Camille Morineau et al 2014, p. 165.
  93. Camille Morineau et al 2014, p. 190.
  94. Crucifixion au Centre Pompidou
  95. Camille Morineau et al 2014, p. 173.
  96. Camille Morineau et al 2014, p. 186.
  97. Camille Morineau et al 2014, p. 187.
  98. Camille Morineau et al 2014, p. 188.
  99. a et b Camille Morineau et al 2014, p. 54.
  100. Camille Morineau et al 2014, p. 192.
  101. a et b Camille Morineau et al 2014, p. 194.
  102. Camille Morineau et al 2014, p. 197.
  103. Camille Morineau et al 2014, p. 193.
  104. Camille Morineau et al 2014, p. 198.
  105. Camille Morineau et al 2014, p. 196.
  106. Camille Morineau et al 2014, p. 21-334.
  107. a et b voir la présentation.
  108. Catherine Dossin professeur assistante à la Purdue University de West Lafayette, comté de Tippecanoe Indiana) aux USA dans Camille Morineau et al 2014, p. 177 .
  109. Maman
  110. Camille Morineau et al 2014, p. 204.
  111. Camille Morineau et al 2014, p. 205.
  112. Camille Morineau et al 2014, p. 276.
  113. Dragon de Knokke
  114. a, b et c Camille Morineau et al 2014, p. 301.
  115. l'Aveugle dans la prairie
  116. a et b Camille Morineau et al 2014, p. 250-251.
  117. Camille Morineau et al 2014, p. 30.
  118. Serpent goddess au musée d'Helsinki
  119. Camille Morineau et al 2014, p. 141.
  120. Camille Morineau et al 2014, p. 142.
  121. Nana and Serpent.
  122. Camille Morineau et al 2014, p. 308.
  123. Camille Morineau et al 2014, p. 202.
  124. Luciana Pesapane historienne d'art dans Camille Morineau et al 2014, p. 274.
  125. Camille Morineau et al 2014, p. 201.
  126. les trois grâces à drouot
  127. Bloum Cardenas dans Camille Morineau et al 2014, p. 27.
  128. a et b Camille Morineau et al 2014, p. 203.
  129. Camille Morineau et al 2014, p. 255-258.
  130. La Cabeza
  131. Camille Morineau et al 2014, p. 305.

Liens externes[modifier | modifier le code]


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