Jean Cau

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Jean Cau, né à Bram dans l'Aude le et décédé à Paris le , est un écrivain et journaliste français. Il repose au cimetière La Conte de Carcassonne[1]. Il a été le secrétaire de Jean-Paul Sartre et a reçu en 1961 le prix Goncourt pour son roman La Pitié de Dieu.

Journaliste à Combat avec Alexandre Astruc, Robert Scipion, Jean Cau le gauchiste hantait les caves de Saint-Germain-des-Prés en 1946 en compagnie de Raymond Queneau, d'abord au Caveau des Lorientais, puis au Tabou[2]. La réputation d'homme de droite qu'il a eue ensuite a créé une vive déception dans cette joyeuse bande d'intellectuels. Le journal L'Express écrivait en 1973, après la parution de son livre Les écuries de l'Occident – Traité de morale, aux éditions de La Table Ronde en 1973  : « Ce n'est pas la première fois, à gauche, que l'on perd en route un de ces brillants fils d'ouvriers, que, par exception, la société a laissé s'approcher du banquet[3] »

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 8 juillet 1925 d'un père ouvrier cheminot, et d'une mère femme de ménage, à Bram, dans le département de l’Aude, Jean Cau fait d'abord ses études au lycée de Carcassonne où il obtient le baccalauréat. Il vient à Paris pour préparer l’École normale supérieure à Louis-le-Grand, puis passe une licence de philosophie[4].

Il cherche à devenir le secrétaire d'un grand écrivain. Pour cela, il s'adresse à plusieurs écrivains (Julien Benda, Albert Camus, entre autres), seul Jean-Paul Sartre, lui répond. Jean Cau devient son secrétaire[5],[6]. Il deviendra aussi journaliste et grand reporter, d'abord, à l'Express et au Nouvel Observateur, puis au Figaro et à Paris Match.

Venu de l'extrême gauche, il s'est rapproché du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), appelé aussi « Nouvelle Droite », et a écrit des textes polémiques fustigeant le gauchisme, la décadence de l'Europe ou exaltant le combat et les traditions européennes

« He began his fulgurant career as a right-wing pamphleteer in the tradition of Mauriac and Raymond Aron. Socialist politicians and bearded Marxist- Stalinist intellectuals and professors were attacked with ever-increasing venom in brilliant displays of cruel and entertaining invective. One of his parting blows against Sartre was: I owe him nothing, yet I owe him everything (...). Sartre countered with : Don't worry, Jean, I've a brain cast in pure gold[6]. (Traduction : Il commença une fulgurante carrière comme pamphlétaire de droite dans la tradition de Mauriac et Raymond Aron. Les politiciens socialistes et les intellectuels et enseignants barbus subirent des attaques de plus en plus venimeuses dans une suite d'invectives cruelles et humoristiques. Une de ses flèches contre Sartre, au moment de leur séparation disait : « Je ne lui dois rien, et pourtant je lui dois tout (...) ». Sartre répliqua : - Ne t'inquiète pas Jean, j'ai un cerveau en or pur[6]. »

Il fut également parolier, notamment pour Régine.

À partir des années 1970, les romans de Jean Cau, ainsi que plusieurs de ses essais et divers articles confiés à la revue Éléments, sont teintés d'un paganisme solaire, comme l'illustre ce « prière d'insérer » de l'auteur en couverture du roman Le Grand soleil[réf. nécessaire] :

« J'ai voulu rêver, en somme, d'un village où reviendraient, par la grâce d'un enfant, les anciens dieux, décapités, mutilés, émasculés, mais toujours rayonnants et prêts à revivre, au soleil, et à régner innocemment... d'un village de marbre dont le dieu s'appelait Apollon et dont le prince revenu est un enfant. J'ai rêvé un conte païen se déroulant au soleil invaincu[7][réf. insuffisante]. »

Jacques Marlaud a consacré tout un chapitre à Jean Cau dans son étude sur le paganisme littéraire et philosophique contemporain. Il écrit :

« Jean Cau païen, ayant fait voler en éclats les oripeaux de la pensée chrétienne, revient avidement aux sources de l'âme européenne : la forêt germanique du Nord, qui hanta l'imagination de Dürer et Wagner, tout comme les garrigues ensoleillées du Sud où ont fleuri naguère les temples de marbre blanc[8]. »

Dans la préface écrite par Jean Cau à l'étude de J. Marlaud, l'écrivain approuve vivement la démarche de ce dernier consistant à retracer un paganisme du style et de la pensée chez les auteurs contemporains :

« Aussi bien, lorsque Jacques Marlaud soupçonne justement de quelque aristocratique solitude et de paganisme littéraire des Paul Morand, Déon, Céline, Nimier, Marcel Aymé, Chardonne, etc. (et Giono, et Valéry...), « rebelles du style », il met dans une juste cible. [...] Grâce à lui, je sais pourquoi nous sommes encore quelques-uns, en cette fin de siècle, à danser sans remords la pyrrhique"[9][réf. insuffisante]. »

Il avait une place régulière au Bistrot du 121, rue de Rome, dans le 17e arrondissement de Paris, témoignée par une plaque (actuellement restaurant Clou de Fourchette).

Tauromachie[modifier | modifier le code]

Jean Cau était un passionné de tauromachie. Il écrivit plusieurs articles et ouvrages sur le sujet, montrant son attachement à ce qu'il estimait être des rites ancestraux, païens, de jeu avec l'animal sauvage. Il séjourna en Espagne pour préparer plusieurs romans - dont Les oreilles et la queue.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Scénariste

Théâtre[modifier | modifier le code]

Adaptation
Auteur

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Blanchard, Jean-Pierre: Jean CAU, « le cathare », N° 6, Montségurle, novembre 2001.
  2. Boggio, p. 111.
  3. Alain de Benoist, p. 443.
  4. Benoist, Alain de: Jean Cau, article paru en 2008 dans Le Spectacle du monde.
  5. Claude Lanzmann interviewé par François Busnel, Le Grand Entretien, France Inter, mardi 8 mars
  6. a, b et c Jean Cau secrétaire de Jean-Paul Sartre dans The Independant
  7. Jean Cau, Le Grand soleil, Julliard, 1981.
  8. Jacques Marlaud, Le Renouveau païen dans la pensée française, Livre-Club du Labyrinthe, 1981.
  9. Jean Cau, Préface, Le Renouveau païen dans la pensée française', op. cit.