Jean Cau
Jean Cau, né à Bram dans l'Aude le 8 juillet 1925 et décédé à Paris le 18 juin 1993, est un écrivain et journaliste français. Il repose au cimetière La Conte de Carcassonne[1]. Il a été le secrétaire de Jean-Paul Sartre et a reçu en 1961 le prix Goncourt pour son roman La Pitié de Dieu.
Journaliste à Combat avec Alexandre Astruc, et Robert Scipion, Jean Cau le gauchiste hantait les caves de Saint-Germain-des-Prés en 1946 en compagnie de Raymond Queneau, d'abord au Caveau des Lorientais, puis au Tabou[2]. La réputation d'homme de droite qu'il a eu ensuite a créé une vive déception dans cette joyeuse bande d'intellectuels. Le journal L'Express écrivait en 1973, après la parution de son livre Les écuries de l'Occident – Traité de morale, aux éditions de La Table Ronde en 1973 : « Ce n'est pas la première fois, à gauche, que l'on perd en route un de ces brillants fils d'ouvriers, que, par exception, la société a laissé s'approcher du banquet[3] »
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Biographie [modifier]
Né le 8 juillet 1925 d'un père ouvrier cheminot, et d'une mère femme de ménage, à Bram, dans le département de l’Aude, Jean Cau fait d'abord ses études au lycée de Carcassonne où il obtient le baccalauréat. Il vient à Paris pour préparer l’École normale supérieure à Louis-le-Grand, puis passe une licence de philosophie[4].
Il cherche à devenir le secrétaire d'un grand écrivain. Pour cela, il s'adresse à plusieurs écrivains (Julien Benda, Albert Camus, entre autres), seul Jean-Paul Sartre, lui répond. Jean Cau devient son secrétaire[5],[6]. Il deviendra aussi journaliste et grand reporter, d'abord, à l'Express et au Nouvel Observateur, puis au Figaro et à Paris Match.
Venu de l'extrême gauche, il s'est rapproché du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE), appelé aussi « Nouvelle Droite », et a écrit des textes polémiques fustigeant le gauchisme, la décadence de l'Europe ou exaltant le combat et les traditions européennes
« He began his fulgurant career as a right-wing pamphleteer in the tradition of Mauriac and Raymond Aron. Socialist politicians and bearded Marxist- Stalinist intellectuals and professors were attacked with ever-increasing venom in brilliant displays of cruel and entertaining invective. One of his parting blows against Sartre was: I owe him nothing, yet I owe him everything (...). Sartre countered with : Don't worry, Jean, I've a brain cast in pure gold[6]. (Traduction : Il a commencé une fulgurante carrière comme pamphlétaire de droite dans la tradition de Mauriac et Raymond Aron. Les politiciens socialistes et les intellectuels et enseignants barbus ont subi des attaques de plus en plus venimeuses dans une suite d'invectives cruelles et humoristiques. Une de ses flèches contre Sartre, au moment de leur séparation disait : « Je ne lui dois rien, et pourtant je lui dois tout (...) ». Sartre répliqua : - Ne t'inquiète pas Jean, j'ai un cerveau en or pur[6]. »
. Il fut également parolier, notamment pour Régine.
À partir des années 1970, les romans de Jean Cau, ainsi que plusieurs de ses essais et divers articles confiés à la revue Éléments, sont teintés d'un paganisme solaire, comme l'illustre ce « prière d'insérer » de l'auteur en couverture du roman Le Grand soleil[réf. nécessaire] :
« J'ai voulu rêver, en somme, d'un village où reviendraient, par la grâce d'un enfant, les anciens dieux, décapités, mutilés, émasculés, mais toujours rayonnants et prêts à revivre, au soleil, et à régner innocemment... d'un village de marbre dont le dieu s'appelait Apollon et dont le prince revenu est un enfant. J'ai rêvé un conte païen se déroulant au soleil invaincu[7][réf. insuffisante]. »
Jacques Marlaud a consacré tout un chapitre à Jean Cau dans son étude sur le paganisme littéraire et philosophique contemporain. Il écrit :
« Jean Cau païen, ayant fait voler en éclats les oripeaux de la pensée chrétienne, revient avidement aux sources de l'âme européenne : la forêt germanique du Nord, qui hanta l'imagination de Dürer et Wagner, tout comme les garrigues ensoleillées du Sud où ont fleuri naguère les temples de marbre blanc[8]. »
Dans la préface écrite par Jean Cau à l'étude de J. Marlaud, l'écrivain approuve vivement la démarche de ce dernier consistant à retracer un paganisme du style et de la pensée chez les auteurs contemporains :
« Aussi bien, lorsque Jacques Marlaud soupçonne justement de quelque aristocratique solitude et de paganisme littéraire des Paul Morand, Déon, Céline, Nimier, Marcel Aymé, Chardonne, etc. (et Giono, et Valéry...), « rebelles du style », il met dans une juste cible. [...] Grâce à lui, je sais pourquoi nous sommes encore quelques-uns, en cette fin de siècle, à danser sans remords la pyrrhique"[9][réf. insuffisante]. »
Tauromachie [modifier]
Jean Cau était un passionné de tauromachie. Il écrivit plusieurs articles et ouvrages sur le sujet, montrant son attachement à ce qu'il estimait être des rites ancestraux, païens, de jeu avec l'animal sauvage. Il séjourna en Espagne pour préparer plusieurs romans - dont Les oreilles et la queue.
Œuvres [modifier]
- Le Fort intérieur, Gallimard, 1948
- Maria-nègre, Gallimard, 1948 (ISBN 978-2070212842)
- Le Coup de barre, Gallimard, 1950 (ISBN 9782070212859)
- Le Tour d'un monde,Gallimard, 1952 (ISBN 978-2070212866)
- Les Paroissiens, Gallimard, 1958 (ISBN 978-2070212873)
- Mon village, Gallimard, 1958 (ISBN 978-2070212880)
- Vie et mort d'un toro brave, Gallimard, 1961
- La Pitié de Dieu, Gallimard, 1961 (ISBN 978-2070212903 et 978-2070365562) (Prix Goncourt)
- Les Parachutistes - Le Maître du monde, Gallimard, 1963 (ISBN 978-2070212910)
- Le Meurtre d'un enfant, Gallimard, 1965 (ISBN 978-2070212927)
- Lettre ouverte aux têtes de chiens occidentaux, Albin Michel, 1967 (ISBN 978-2226045768)
- Un testament de Staline, Grasset, 1967 (ISBN 978-0036186756)
- Les Yeux crevés, Gallimard, 1968 (pièce de théâtre)
- Le pape est mort, La Table Ronde, 1968 (ISBN 978-2710322184)
- Le Spectre de l'amour, Gallimard, 1968 (ISBN 978-2070268856)
- L'Agonie de la vieille, La Table Ronde, 1969 (ISBN 978-2710322061)
- Tropicanas, de la dictature et de la révolution sous les tropiques, Gallimard, 1970 (ISBN 978-2070268870)
- Les Entrailles du taureau, Gallimard, 1971 (ISBN 978-2070279951)
- Le Temps des esclaves, La Table Ronde, 1971 (ISBN 978-2710316862)
- Ma misogynie, Julliard, 1972
- Les écuries de l'Occident – Traité de morale, La Table Ronde, 1973 (ISBN 978-2710312284)
- La Grande Prostituée – Traité de morale II, La Table Ronde, 1974 (ISBN 978-2710323150)
- Les Enfants, Gallimard, 1975 (ISBN 978-2070291663)
- Pourquoi la France, La Table Ronde, 1975 (ISBN 978-2710315858)
- Derrière le rideau, avec Joseph Breitbach et Paul Chambrillon, préface, Editions Emile-Paul, 1975
- Lettre ouverte à tout le monde, Albin Michel, 1976 (ISBN 978-2226003744)
- Otages, Gallimard, 1976 (ISBN 978-2070294336)
- Une nuit à Saint-Germain des Près, Julliard, 1977 (ISBN 978-2260000709)
- Discours de la décadence, Copernic, 1978 (ISBN 978-2859840150)
- Une passion pour Che Guevara, Julliard, 1979 (ISBN 978-2260001393)
- Nouvelles du paradis, Gallimard, 1980 (ISBN 978-2070299942)
- La Conquête de Zanzibar, Gallimard, 1980 (ISBN 978-2070290376)
- Le Grand Soleil, Julliard, 1981 (ISBN 978-2260002536)
- La Barbe et la Rose, La Table Ronde, 1982 (ISBN 978-2710300915)
- Une rose à la mer, La Table Ronde, 1983 (ISBN 978-2710301318)
- Proust, le chat et moi, La Table Ronde, 1984 (ISBN 978-2710301905), rééd. 2009 (ISBN 9782710331094)
- Croquis de mémoire, Julliard, 1985 (ISBN 978-2260004028, 978-2266016742 et 978-2710328896)
- Mon lieutenant, Julliard, 1985 (ISBN 978-2260004202)
- Sévillanes, Julliard, 1987 (ISBN 978-2260005087), rééd. Bernard Pascuito 2009 (ISBN 978-2-350-85076-4) réed. Ëditions Atlantica 2013 (ISBN 978-2758804734)
- Les Culottes courtes, Le Pré-aux-Clercs, 1988 (ISBN 978-2714421265 et 978-2253056089)
- La Grande Maison, Le Pré-aux-Clercs, 1988 (ISBN 978-2714422927)
- Le Choc de 1940, Fixot, 1990 (ISBN 978-2876450929)
- Les Oreilles et la Queue, Gallimard, 1990 (ISBN 978-2070719860)
- Le Roman de Carmen, Éditions de Fallois, 1990 (ISBN 978-2877060875)
- La Rumeur de Mazamet, Le Pré aux Clers, 1991 (ISBN 978-2714426666)
- L'Ivresse des intellectuels : Pastis, Whisky et Marxisme, Plon, 1992 (ISBN 978-2259025171)
- L'Innocent, Flammarion, 1992 (ISBN 978-2080644565)
- Nimeno II, torero de France, Marval, 1992 (ISBN 978-2862341064)
- La Folie corrida, Gallimard, 1992 (ISBN 978-2070726660)
- Au fil du lait, Educagri, 1993 (ISBN 978-2866211769)
- Composition française, Plon, 1993 (ISBN 978-2259000878)
- Contre-attaques : éloge incongrue du lourd, Labyrinthe, 1993 (ISBN 978-2869800113)
- L'Orgueil des mots, Filipacchi, 1995 (ISBN 978-2850183744) (posthume)
- Fernando Botero, la corrida, La Bibliothèque des Arts, 2001 (ISBN 978-2850471599) (posthume)
- Monsieur de Quichotte, Le Rocher, 2005 (ISBN 978-2268051666) (posthume ou réédition ?)
- Le Candidat (préface d'Alain Delon), Éditions Xenia, 2007 (ISBN 978-2888920496) (posthume)
Filmographie [modifier]
- Scénariste
- 1966 : La Curée de Roger Vadim
- 1972 : Les Fossés de Vincennes, téléfilm de Pierre Cardinal
Théâtre [modifier]
- Adaptation
- 1964 : Qui a peur de Virginia Woolf ? de Edward Albee, mise en scène Franco Zefirelli, théâtre de la Renaissance, avec Madeleine Robinson, Raymond Rouleau
- 1965 : Numance de Cervantès, mise en scène Jean-Louis Barrault, Isaac Alvarez, Chorégies d'Orange, Odéon-Théâtre de France
- 1969 : L'Assassinat de Sister George de Franck Marcus, mise en scène Andréas Voutsinas, théâtre Édouard VII
- 1971 : Pauvre France ! de Ron Clark et Sam Bobrick, mise en scène Michel Roux, théâtre Fontaine, théâtre des Nouveautés en 1974
- 1979 : Le Piège d'Ira Levin, mise en scène Riggs O'Hara, théâtre Édouard VII
- Auteur
- 1963 : Les Parachutistes, mise en scène Antoine Bourseiller, Studio des Champs-Élysées
Bibliographie [modifier]
- Philippe Boggio, Boris Vian, Paris, Le Livre de pPoche, 1995, 476 p. (ISBN 978-2-253-13871-6)
- Alain de Benoist, Vu de droite : Anthologie critique des idées contemporaines, Paris, Le Labyrinthe, 1er septembre 2001, 638 p. (ISBN 2-86980-051-7)
Liens externes [modifier]
- (fr)/(en) Jean Cau sur l'Internet Movie Database
- Jean Cau « le cathare », article de Jean-Pierre Blanchard
Notes et références [modifier]
- Blanchard, Jean-Pierre: Jean CAU, « le cathare », N° 6, Montségurle, novembre 2001.
- Boggio, p. 111.
- Alain de Benoist, p. 443.
- Benoist, Alain de: Jean Cau, article paru en 2008 dans Le Spectacle du monde.
- Claude Lanzmann interviewé par François Busnel, Le Grand Entretien, France Inter, mardi 8 mars
- Jean Cau secrétaire de Jean-Paul Sartre dans The Independant
- Jean Cau, Le Grand soleil, Julliard, 1981.
- Jacques Marlaud, Le Renouveau païen dans la pensée française, Livre-Club du Labyrinthe, 1981.
- Jean Cau, Préface, Le Renouveau païen dans la pensée française', op. cit.
- Écrivain français du XXe siècle
- Journaliste français du XXe siècle
- Polémiste
- Lauréat du prix Goncourt
- Nouvelle droite
- Naissance en 1925
- Naissance dans l'Aude
- Décès en 1993
- Collaborateur de Paris Match
- Collaborateur du Nouvel Observateur
- Collaborateur de L'Express
- Journaliste du Figaro
- Collaborateur de L'Idiot international