Vanité

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Wiktionnaire Cet article a pour sujet un genre pictural. Pour une définition du mot « vanité », voir l’article vanité du Wiktionnaire.
Vanité de Juriaen van Streeck.
Jeune homme au crâne, Frans Hals.
Vanité de Philippe de Champaigne (1602-1674).
Vanité évoquant saint François d'Assise, par Luis de Morales (XVIe siècle).

Très répandu à l'époque baroque, particulièrement en Hollande, ce thème de la vanité s'étend à des représentations picturales comprenant aussi des personnages vivants comme Les Ambassadeurs d’Holbein.

Histoire[modifier | modifier le code]

Leurs titres et leurs conceptions sont issus de la rengaine de l’Ecclésiaste, un livre de l’Ancien Testament (Bible) : « הֲבֵל הֲבָלִים הַכֹּל הָֽבֶל » (vanité des vanités, tout est vanité). Le terme traduit par « vanité » signifie littéralement « souffle léger, vapeur éphémère ». Le message est de méditer sur la nature passagère et vaine (d’où « vanité ») de la vie humaine, l’inutilité des plaisirs du monde face à la mort qui guette. C’est en même temps un élément essentiel à l’émergence de la nature morte en tant que genre.

Si la nature morte existe pendant la Grèce (rhopographie, étudiée par les nécromanciens) et la Rome antiques (mosaïques de Pompéi), elle disparaît pendant un millénaire de la représentation picturale classique car l’art byzantin ne l’utilise pas.

Si les objets au Moyen Âge peuvent figurer dans la peinture traditionnelle (groupe, situation...), c’est parce qu’ils ont un sens. Dans les vanités, les objets représentés sont tous symboliques de la fragilité et de la brièveté de la vie, du temps qui passe, de la mort. Parmi tous ces objets symboliques, le crâne humain, symbole de la mort, est l’un des plus courants. On retrouve ce memento mori (souviens-toi que tu mourras) dans les symboles des activités humaines : savoir, science, richesse, plaisirs sexuels outranciers, beauté immaculée… Les vanités dénoncent la relativité de la connaissance et la vanité du genre humain soumis à la fuite du temps, à la mort.

La première vanité de l'histoire de la peinture occidentale, date de 1603, et est l'œuvre de Jacques de Gheyn le jeune[1].

La Renaissance et son humanisme continuera la représentation de la vanité jusque dans les cabinets intimes (studiolo) des hommes lettrés et puissants (celui du duc de Montefeltro à Gubbio, celui de François Ier au palazzo Vecchio...)

La nature morte n’apparaît comme genre qu’au XVIIe siècle, la vanité s’installe dans les tableaux moralisés devenus nécessaires à la dévotion de l’Europe sous des formes et avec des intentions différentes au nord et au sud, pour les catholiques et pour les protestants.

Le temps et la mort ne cessent de vouloir être captés par les artistes. On retrouve à travers cette volonté de capter l’insaisissable, la liaison entre les vanités classiques et contemporaines.

Les trois groupes de vanités selon Ingvar Bergström[modifier | modifier le code]

Ingvar Bergström (1913-1996), historien de l'art et professeur à Göteborg, divise les vanités en trois groupes[2] :

  1. Premier groupe : « il évoque la vanité des biens terrestres »
    • livres, instruments scientifiques, art : vanité du savoir
    • argent, bijoux, pièces de collection, armes,sabres,armes en tout genre, couronnes et sceptres : vanité des richesses et du pouvoir
    • pipes, vin, patates, fromage, jambon, instrument de musique et jeux : vanité des plaisirs
  2. Deuxième groupe : « il évoque le caractère transitoire de la vie humaine »
    • squelettes, crânes, mesure du temps, montres et sabliers, bougies et lampes à huile, feu, dragon, fleurs,...
  3. Troisième groupe : « il contient les éléments qui sont les symboles de la résurrection et de la vie éternelle »
    • épis de blé, couronnes de lauriers, écu de chêne

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karine Lanini, Dire la vanité à l'âge classique : Paradoxes d'un discours, Honoré Champion, coll. « Lumière classique », 2006, 695 p. (ISBN 978-2-7453-1319-5)
  • Anne-Marie Charbonneaux (dir.), Les vanités dans l'art contemporain, Flammarion, 2005, 231 p. (ISBN 2-08-011460-3)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Quin, p. 13.
  2. Tapié (dir.) et al., p.  212.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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