Vanité

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Wiktionnaire Cet article a pour sujet un genre pictural. Pour une définition du mot « vanité », voir l’article vanité du Wiktionnaire.
Jacques de Gheyn le jeune Vanité vers 1603
Vanité de Juriaen van Streeck.
Jeune homme au crâne, Frans Hals.
Vanité de Philippe de Champaigne (1602-1674).
Vanité évoquant saint François d'Assise, par Luis de Morales (XVIe siècle).

La Vanité est un genre particulier de nature morte, à implication philosophique. Les objets qui y sont représentés symbolisent les richesses de la nature, et des activités humaines, mises en regard d'éléments évoquant le triomphe de la Mort, le plus souvent : un crâne humain.

Très répandues à l'époque baroque, particulièrement en Hollande où ce genre s'est développé dans un foyer culturel aux environs de 1620, la vanité s'étend à des représentations picturales comprenant aussi des personnages vivants comme Les Ambassadeurs d’Holbein.

Histoire[modifier | modifier le code]

À partir du foyer intellectuel de Leyde, ce genre de nature morte s'est développé vers 1620. La Vanité s'est ensuite répandue en France et dans tous les Pays-Bas à partir du XVIIe siècle[1]. Georges de La Tour a traité ce sujet de nombreuse fois notamment dans La Madeleine à la veilleuse et sur le thème de la Madeleine repentante[2]

Leurs titres et leurs conceptions sont issus de la sentence de l’Ecclésiaste, livre de l’Ancien Testament (Bible) : « הֲבֵל הֲבָלִים הַכֹּל הָֽבֶל » (vanité des vanités, tout est vanité). Le terme traduit par « vanité » signifie littéralement « souffle léger, vapeur éphémère ». Le message est de méditer sur la nature passagère et vaine (d’où « vanité ») de la vie humaine, l’inutilité des plaisirs sexuel du monde face à la mort qui guette. C’est en même temps un élément essentiel à l’émergence de la nature morte en tant que genre.

Si la nature morte existe pendant la Grèce (rhopographie, étudiée par les nécromanciens) et la Rome antiques (mosaïques de Pompéi), elle disparaît pendant un millénaire de la représentation picturale classique car l’art byzantin ne l’utilise pas [réf. nécessaire].

Si les objets au Moyen Âge peuvent figurer dans la peinture traditionnelle (groupe, situation...), c’est parce qu’ils ont un sens. Dans les vanités, les objets représentés sont tous symboliques de la fragilité et de la brièveté de la vie, du temps qui passe, de la mort. Parmi tous ces objets symboliques, le crâne humain, symbole de la mort, est l’un des plus courants. On retrouve ce memento mori (souviens-toi que tu mourras) dans les symboles des activités humaines : savoir, science, richesse, plaisirs sexuels outranciers, beauté immaculée… Les vanités dénoncent la relativité de la connaissance et la vanité du genre humain soumis à la fuite du temps, à la mort[réf. nécessaire].

La première vanité de l'histoire de la peinture occidentale, date de 1603, est attribuée sans certitude aucune à Jacques de Gheyn le jeune[3].

La Renaissance et son humanisme continuera la représentation de la vanité jusque dans les cabinets intimes (studiolo) des hommes lettrés et puissants (celui du duc de Montefeltro à Gubbio, celui de François Ier au palazzo Vecchio...)[réf. nécessaire]

La nature morte n’apparaît comme genre qu’au XVIIe siècle, la vanité s’installe dans les tableaux moralisés devenus nécessaires à la dévotion de l’Europe sous des formes et avec des intentions différentes au nord et au sud, pour les catholiques et pour les protestants[réf. nécessaire].

Le temps et la mort ne cessent de vouloir être captés par les artistes. On retrouve à travers cette volonté de capter l’insaisissable, la liaison entre les vanités classiques et contemporaines[réf. nécessaire].

Les trois groupes de vanités selon Ingvar Bergström[modifier | modifier le code]

Ingvar Bergström (1913-1996), historien de l'art et professeur à Göteborg, divise les vanités en trois groupes[4] :

Michel Laclotte et Jean-Pierre Cuzin citent parmi les éléments du répertoire des vanités : les objets évoquant la vie terrestre contemplative (sciences, lettres et arts), ou la vie terrestre relative au plaisir des cinq sens, de la richesse et de la puissance (argent, armes). Le troisième groupe est caractérisé par les objets évoquant la fuite du temps, la destruction de la matière (fruits abîmés, fleurs fanées) et l' inscription dans le tableau: Vanitas vanitatis et omnia vanitas ou une formule analogue[1]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Laclotte Cuzin 1987, p. 935
  2. Laclotte Cuzin 1987, p. 498
  3. Quin, p. 13.
  4. Tapié (dir.) et al., p.  212.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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