Palais idéal

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Palais idéal
Le Palais idéal en mai 2014 (face Est).
Le Palais idéal en mai 2014 (face Est).
Présentation
Période ou style Art brut
Date de construction de 1879 à 1912
Propriétaire commune d'Hauterives depuis 1994.
Protection Logo monument historique Classé MH (1969)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Drôme
Localité Hauterives
Localisation
Coordonnées 45° 15′ 23″ N 5° 01′ 42″ E / 45.2564137, 5.028467945° 15′ 23″ Nord 5° 01′ 42″ Est / 45.2564137, 5.0284679  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Palais idéal

Le Palais idéal, ou Palais du Facteur Cheval, est un monument construit par le facteur Ferdinand Cheval de 1879 à 1912[1], situé à Hauterives en France.

Il est depuis le 23 septembre 1969 classé au titre des monuments historiques[1].

Aspect global[modifier | modifier le code]

Le Palais est aussi bien un hymne à la Nature qu'un mélange très personnel de différents styles architecturaux, avec des inspirations puisées tant dans la Bible (Grottes de Saint-Amédée et de la Vierge Marie, un calvaire, les évangélistes...) que dans la mythologie hindoue et égyptienne. Il ne faut pas oublier que Cheval fut facteur, à une époque où se développaient les voyages et la carte postale (apparue en France en 1873, cinq ans avant le début du Palais Idéal).

Les pierres sont assemblées avec de la chaux, du mortier et du ciment.

Ferdinand Cheval acheva la construction du Palais idéal en 1912.

Le Palais du Facteur Cheval mesure 12 mètres de hauteur et 26 mètres de long.

Commencement[modifier | modifier le code]

La pierre d'achoppement, à l'origine du Palais. Emplacement : sur la terrasse, face à l'ouest

Selon ses souvenirs, en avril 1879, durant l'une de ses tournées, le pied du facteur bute contre une pierre, manquant de le faire tomber sur le chemin. Son œil ayant été attiré par la forme curieuse de la pierre, il la ramasse et la glisse dans l'une de ses poches avec l'intention de la regarder plus tard à tête reposée. Elle sera nommée « la pierre d'achoppement ».

Dès le lendemain, repassant au même lieu, il constate la présence d'autres pierres ayant des formes encore plus singulières et, à son goût, plus belles que celle qu'il avait trouvée la veille. Il se fait alors la réflexion que, puisque la nature pouvait « faire de la sculpture », il pourrait très bien lui-même, fort de ses longues rêveries préparatoires, se faire architecte, maître-d'œuvre et ouvrier dans la construction d'un « Palais idéal ».

Durant les 33 années qui suivent, Ferdinand Cheval ne cesse de choisir des pierres durant sa tournée quotidienne, les portant d'abord dans ses poches, puis se munissant d'un panier, voire d'une brouette en certaines occasions. Revenu à son domicile, il passe de longues heures à la mise en œuvre de son rêve, travaillant de nuit à la lueur d'une lampe à pétrole. Il est alors considéré comme un excentrique par les gens du cru, qui ne disposent pas de la vision d'ensemble qu'avait l'architecte.

L’évolution de la façade Est[modifier | modifier le code]

Vue de la façade Est

Ferdinand Cheval passe les vingt premières années à construire la façade Est de ce qu'il nommera globalement le Temple de la Nature (le terme de Palais Idéal n'a été donné par Cheval qu'après sa rencontre avec le barde alpin Émile Roux Parassac en 1904).

On peut suivre là toute l'évolution intuitive, partie par partie, de l’architecte naïf dans l'élaboration de son Palais. C'est une évolution qui va de l'organique, telle une végétation luxuriante qui se répand autour de grottes et d'alcôves, à l'organisation symétrique d'une façade majestueuse, qui n'est pas sans rappeler la manière dont Augustin Lesage aborda sa première toile.

Ferdinand Cheval commença tout d'abord par creuser un bassin et à former autour une cascade : la Source de Vie (1879-1881). Poursuivant vers le nord, prenant de la hauteur, il construisit une seconde cascade, la Source de la Sagesse (1881-1884). Puis vient ce grand temple à la façade symétrique et aux colonnes boursouflées, le Monument égyptien (1884-1891) qui deviendra le Temple de la Nature. À partir de 1891, comme voulant établir une symétrie de taille avec la partie Nord, Cheval s'attaque au Sud, avec l'édification du Temple Hindou (1891-1895), à la faune et à la flore exotiques, et qui finira gardé par les trois impressionnants Géants (1895-1899) (représentant César, Vercingétorix et Archimède).

« La grotte où il y a trois géants c'est un peu de l'égyptien, en dessous on voit deux momies que j'ai façonnées et sculptées. Ces trois géants supportent la Tour de Barbarie où dans un [sic] oasis croissent les figuiers, les cactus, des palmiers, des aloès, des oliviers gardés par la loutre et le guépard. À la source de la vie j'ai puisé mon génie »

— Ferdinand Cheval, 1911

La façade Ouest[modifier | modifier le code]

Le temple hindou

Beaucoup moins organique, plus rigoureuse et délimitée dans ses formes, la façade ouest est ornée d'architectures miniatures du monde entier placées dans des alcôves : une mosquée, un temple Hindou, un chalet suisse, la Maison Carrée d'Alger, un château du Moyen Âge. On accède également par là à une galerie de vingt mètres de long, s'enfonçant dans le Palais et agrémentée de sculptures. Au-dessus se trouve une grande terrasse de 23 mètres de long (quasiment la totalité de la longueur du Palais) à laquelle on accède grâce à des escaliers.

Détail de la façade Nord

Les façades Nord et Sud[modifier | modifier le code]

Au nord, se trouve le côté du Temple de la Nature, des grottes et toutes sortes d'animaux (cerf, pélicans, crocodile...). Le sud, assez dépouillé, est un hommage de Cheval aux temps anciens, à travers un musée antédiluvien ; c'est aussi un accès dégagé de la terrasse, avec escalier et balcon.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Palais idéal du facteur Cheval à Hauterives, Drôme, autobiographie par Ferdinand Cheval, documents recueillis par André Jean, Grenoble, Impr. générale, 1952, 24 p.
  • Peter Weiss, Du Palais idéal à l'enfer ou Du facteur Cheval à Dante, textes choisis et préf. de Günter Schütz, trad. de l'allemand par Éliane Kaufholz-Messmer, Paris, Éditions Kimé, coll. « Détours littéraires », 114 p., 2000
  • Jean-Pierre Jouve, Claude Prévost, Clovis Prévost, Le Palais idéal du facteur Cheval : quand le songe devient la réalité, avec, en appendice, un choix de textes du facteur Cheval (1905-1911), Paris, Éditions du Moniteur, coll. « Les Bâtisseurs inspirés », 303 p., 1981
  • Marc Fenoli, Le Palais du facteur Cheval, avec des photographies de Laurent Nivon et Marc Fenoli, Grenoble, Glénat, 95 p., 1990
  • Adrian Henri, Le Palais du facteur Cheval, avec des ill. de Simon Henwood, Paris, Centurion jeunesse, 28 p., 1990
  • Conservation régionale des monuments historiques de Rhône-Alpes, Le Palais idéal du facteur Cheval : Drôme, Hauterives, Lyon, DRAC Rhône-Alpes, coll. « Patrimoine restauré », 10 p., 1991
  • Le Palais idéal du Facteur Cheval, rêves de pierres (bande dessinée), dessins de Thierry Schneyder et Julien Grycan, scénario de Philippe Bonifay, couverture de Jacques Terpant et couleurs de Jocelyne Charrance avec la collaboration du Conseil général de la Drôme, Grenoble, Glénat, mai 2006.
  • Gérard Denizeau, Palais idéal du Facteur Cheval, photographies de Michel Guillemot, Paris, Nouvelles éditions Scala, 2011, 192 p.
  • Facteur Cheval, album jeunesse réalisé par Eliette Jafflin-Millet, Éditions du Poutan, 2012, 34 p.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Le Palais idéal, titre du groupe français L'Affaire Louis Trio sur l'album éponyme sorti en 1997 sur le label EMI/Chrysalis.
  • Hugues Aufray, chanteur et sculpteur, pour le centenaire du Palais Idéal, a sculpté[2] le buste de Ferdinand Cheval.

Animations[modifier | modifier le code]

Des concerts ont lieu chaque été devant la façade Est :

Hugues Aufray en récital au Palais Idéal du Facteur cheval (le 28 juillet 2012)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]