Papier mâché

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La réalisation d'un cochon en papier mâché

Le papier mâché est un matériau de construction composé de plusieurs bandelettes de papier, auxquelles on ajoute parfois des morceaux de textile pour le rendre plus solide, qui sont assemblées par une colle humide type colle à papiers peints. Lorsque la colle sèche, l'objet ainsi formé durcit, devient très résistant et garde la forme.

Le carton-pâte[modifier | modifier le code]

Le Géant-Bœuf du Carnaval de Paris, tête en papier mâché, enduit, fourrure artificielle, peintures, vernis.

Une autre manière de le préparer est de réaliser une pâte modelable à base de papier. Il faut pour cela, après avoir détrempé les menus morceaux de papier longtemps au préalable, faire bouillir le papier dans un grand volume d'eau, puis mixer le liquide et mélanger la pâte obtenue après un léger égouttage, avec de la colle vinylique, type colle à bois, de la colle à papiers peints, de l'huile de lin pour la souplesse de la pâte, et éventuellement un peu de plâtre de paris pour absorber le trop plein d'humidité. La pâte ainsi obtenue s'utilise alors comme de la terre de modelage.

Avantages :

  • facile à utiliser ;
  • grande résistance après séchage.
  • il suffit d'appliquer du Gesso pour bien peindre par dessus.

Inconvénients :

  • séchage long (~24 heures)

Bref historique[modifier | modifier le code]

Une forme de papier mâché a d'abord existé en Chine, avant que des techniques plus efficaces soient inventées en Europe. Le britannique Henry Clay obtint en 1772 un brevet pour son papier mâché. C'est un matériau qui fut très utilisé au cours du XIXe siècle pour fabriquer des plateaux et petits meubles laqués ou des poupées avant l'apparition du plastique.

En 1904, dans La Revue universelle, on lit dans un article sur l'industrie parisienne du jouet[1] :

Carton-pâte. — Ici nous trouvons la petite fabrication, parce que ce commerce n'exige ni capitaux ni matériel important. La main-d’œuvre est tout. Du papier d'emballage ramassé dans les sous-sols des magasins, et vendu 16 francs les 100 kilogrammes ; de la colle de farine et alun (2 francs les 40 kilogrammes), un moule en pierre pour y tasser la pâte avec la mailloche ; et cela suffit pour monter, par moitiés qu'on soude ensuite, des masques, des chevaux, des accessoires de cotillon, des bigotphones, chevaux-jupons, poissons d'avril, charcuterie et pâtisserie de théâtre, passe-boules, quilles fantaisie.
Ces articles se fabriquent dans de modestes chambres du quartier du Temple et de Belleville ; la femme tasse, démoule, le mari soude et colorie, puis va vendre ou livrer.

Le papier mâché est traditionnellement utilisé pour réaliser des grosses têtes et figures géantes de Carnaval.

Le théoricien de l'art Jean Dubuffet expérimente cette matière dans les années 1960 sur des petites sculptures en papier mâché, coloré à l’encre et encollé[2]. La réalisation d'objets en papier mâché est de nos jours souvent réalisée dans le cadre d'activités ludiques ou artistiques. De nombreux artistes d'art contemporain ont utilisé le papier-mâché pour leur sculptures ; par exemple Kiki Smith[3] et John Connell[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'Industrie du jouet, La Revue universelle, 1904, tome IV, n°101, p. 15, 1re colonne.
  2. Jean Dubuffet (1901-1985)
  3. The Jerusalem Post, 21 septembre 2006[réf. insuffisante]
  4. San Francisco Chronicle, 6 mai 1998[réf. insuffisante]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]