Le Monêtier-les-Bains

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Le Monêtier-les-Bains
Le Monêtier-les-Bains.
Le Monêtier-les-Bains.
Blason de Le Monêtier-les-Bains
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Briançon
Canton Le Monêtier-les-Bains
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Briançonnais
Maire
Mandat
Anne-Marie Forgeoux-Damarius
2014-2020
Code postal 05220
Code commune 05079
Démographie
Population
municipale
1 023 hab. (2011)
Densité 10 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 58′ 37″ N 6° 30′ 34″ E / 44.9769444444, 6.5094444444444° 58′ 37″ Nord 6° 30′ 34″ Est / 44.9769444444, 6.50944444444  
Altitude Min. 1 397 m – Max. 3 659 m
Superficie 97,87 km2
Localisation

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Liens
Site web monetier.com

Le Monêtier-les-Bains en occitan Monestièr est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Monêtier-les-Bains est un village des Hautes-Alpes, situé à 1 500 mètres d'altitude, chef-lieu du canton du Monêtier-les-Bains (comprenant les communes de Villeneuve-la-Salle et Saint-Chaffrey) et composante de la station de ski de Serre Chevalier.

Elle s'étend sur 9 787 hectares entre les chaînons du Galibier dans le massif des Cerces et de Combeynot dans le massif des Écrins, et comprend les fameux cols du Lautaret (limite climatologique entre les Alpes du Nord et du Sud, ouvrant sur l'Isère et l'Oisans) et du Galibier (col ouvrant sur la Savoie et haut-lieu du Tour de France).

La commune est limitrophe du Parc national des Écrins ; on trouve une maison du parc au hameau du Casset.

De par l'étendue de la commune, le territoire comporte de nombreux lacs de montagne (sont cités les principaux).

  • Rive gauche de la Guisane le Grand Lac est le lac principal (2282 m.). Autour de ce lac (vers 2500 - 2600 m.) se trouve des petits lacs, permanents ou temporaires (lac de la Ponsonnière, lacs des Crouserocs).
  • Rive droite, dans la station de Serre-Chevalier, un lac (artificiel) sert de réserve d'eau pour une partie de la station de Serre-Chevalier, au col de l'Eychauda.
  • Rive droite, les lacs d'Arsine (lacs blancs, 2450 à 2500 m.) et les lacs du Réou d'Arsine (petits lacs, vers 2250 m.) sont dans un paysage de moraine et de prairies. Le lac de la Douche a une ambiance un peu plus forestière (altitude d'environ 1900 m).
  • Le lac de Combeynot (2530 m.) est isolé dans le massif du Combeynot[1].

Outre le chef-lieu, la commune comprend les hameaux du Lautaret (altitude 2 090 mètres), du Lauzet (alt. 1 668 m, sur la limite entre zones externes et internes des Alpes), des Boussardes (1 660 m), du Casset (1 512 m, dans la haute vallée de la Guisane), des Guibertes (1 440 m), du Freyssinet (1 460 m) et du Serre-Barbin (1 450 m).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Monêtier-les-Bains a son origine dans l'occitan monestier (ou monastier) le monastère, lieu d'accueil et refuge pour les pèlerins créé au IXe siècle par des moines à l'initiative d'Eldrade, supérieur de l'Abbaye de la Novalaise. Il est connu au Moyen Âge comme le Monestier de Briançon.

Le Monêtier était le centre sous l'Ancien Régime d'un puissant réseau de colportage de livres, bien étudié par Laurence Fontaine[2] qui met par exemple en exergue le cas de Jean Delorme, originaire de Monêtier, qui par ses entreprises commerciales et ses stratégies d'alliance matrimoniale met en en place, via ses enfants et petits-enfants, un vaste réseau commercial à cheval sur les espaces alpins et méditerranéen : après s'être installé à Avignon en 1692 pour y exercer la profession de libraire puis d’imprimeur, il maria ses deux fils avec deux filles de la famille Josserand, autre famille de marchands du Monêtier. Ses petits-enfants entrèrent également dans le réseau du colportage du livre par une alliance matrimoniale avec l'agent des éditeurs Cramer de Genève. À partir de cette alliance, les Cramer, éditeurs de Genève, firent appel à des migrants du Dauphinois pour distribuer leurs livres dans les montagnes des Alpes. Ils employèrent alors plusieurs colporteurs du village de Monêtier. Entre les années 1755-1760, 38 libraires originaires de Monêtier s'installèrent dans les grandes villes culturelles d'Europe en France, Italie, Espagne et surtout à Lisbonne au Portugal. On a recensé 45 familles du Monêtier et des alentours vivant en Espagne. Ces réseaux de colportage permirent d'ouvrir des dépôts et boutiques dans les principales villes européennes[3].

À partir du XVIe siècle, la commune a connu une activité minière non négligeable (anthracite...) avec les exploitations installées au Freyssinet (prospection du BRGM, concession Mayer, concessions de Pierre-Grosse), au-dessus de plateau de Puy-Jaumar (mine de la Benoîte), sans oublier la présence de la seule mine de graphite en France (mine du Chardonnet, à près de 2 800 mètres d'altitude), dont l'activité culmina durant la Première Guerre mondiale, le graphite étant utilisé pour la fabrication des obus. Pour certaines de ces mines (Benoîte, Chardonnet, etc.), des téléphériques descendaient le produit d'extraction dans la vallée afin qu'il soit évacué par camions. Cette activité initiée au début du XXe siècle s'est développée dans les années 1930 pour disparaître au début des années 1970. Pour des raisons de sécurité, la préfecture a entrepris à la fin des années 1990 de détruire certaines des installations encore existantes (trémies, entrées de galerie, pylônes, etc.).

En 1893, une délibération du conseil municipal change le nom en « Le Monêtier-les-Bains » afin de développer le thermalisme, lié à une source thermale réputée pour ses propriétés gastriques, rhumatologiques et dermatologiques. Cette source était déjà connue au temps des Romains, quand le village s'appelait Stabatio. Les habitants du Monêtier sont surnommés « les tripes chaudes » (en occitan vivaro-alpin las tripas chaudas) puisqu'ils soignaient certains maux en buvant l'eau (chaude) de la source.

Blason[modifier | modifier le code]

Blason communal

D'azur à la coquille d'argent accompagnée en chef, à dextre et à senestre de deux équerres affrontés d'or, et en pointe d'un huchet contourné d'or embouché, lié, virolé et enguiché de sable

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

La commune a été créée en 1793 chef-lieu de canton sous le nom de Monestier puis est devenue Le Monêtier-de-Briançon et en 1893 a pris son nom actuel : Le Monêtier-les-Bains.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1944   Eugène Bonnardel SE  
  1982 Henri Buisson SE  
1982 1983 Jean Coibrié SE  
1983 1984 Jacques Gendron SE  
1984 1989 Jean Louis Damarius SE  
1989 1995 Paul Finat SE  
1995 2014 Pierre Bouvier[4] RPR-SE  
2014 en cours Anne-Marie Forgeoux-Damarius DVD  

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 023 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 020 2 577 2 491 2 641 2 594 2 849 2 797 2 800 2 791
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 773 2 639 2 546 2 381 2 360 2 287 2 179 2 068 2 052
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 912 1 860 1 710 1 240 1 098 893 781 691 732
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
734 806 832 970 987 1 009 1 062 1 066 1 023
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

L'activité économique du Monêtier-les-Bains est essentiellement tournée vers le tourisme, comme c'est le cas dans la plupart des communes des Hautes-Alpes.

L'activité hivernale est liée à la station de ski, initialement régie communale, puis devenue syndicat d'économie mixte avec l'intégration dans l'appellation « Serre-Chevalier » dans les années 1980, et dont la gestion de l'activité est désormais confiée à la Compagnie des Alpes.

L'activité estivale profite de l'attrait pour le parc national des Écrins, avec la venue de randonneurs et d'alpinistes désireux d'effectuer des courses dans le massif de l'Oisans.

Les Grands-Bains - janvier 2013.

La commune cherche également à développer une activité permanente de thermalisme avec comme pilier le nouvel établissement thermo-ludique les Grands-Bains. Depuis son ouverture en août 2008, celui-ci permet à la commune de renouer avec une tradition thermale tombée en désuétude depuis un demi-siècle. Le complexe combine une offre de piscine à eau thermale naturellement chaude (37°C), de soins du corps et de soins esthétiques. Les retombées pour la commune se montent à une cinquantaine d'emplois (masseuses, esthéticiennes, personnel d'entretien et de surveillance des bassins...).

Une activité agro-pastorale subsiste toujours, avec la présence sur la commune de 14 agriculteurs et quelques beaux troupeaux ovins et bovins, ainsi que de fromageries bio artisanales (fromages de brebis). La foire aux bestiaux, organisée le deuxième samedi de septembre, est devenue un rendez-vous important de la profession, avec la présence d'éleveurs de tout le département, et d'acheteurs de Savoie et d'Auvergne.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Barthélemy Gallice dit Gallice Bey, enfant du Lauzet. Au milieu du XIXe siècle, le vice-roi Mohamed Ali projeta le réaménagement de la ville d’Alexandrie. Il fit alors appel à un ingénieur français, Barthélémy Gallice, et le nomma directeur des fortifications. Ce dernier entreprit l’énorme tâche de fortifier la ville selon les principes de Vauban. Mais son grand projet de modernisation des fortifications entra en conflit avec une évolution contradictoire : l’explosion démographique. La ville turque était devenue trop petite et la nouvelle Alexandrie cosmopolite avait besoin de davantage de terrains. La ville allait commencer à s’étendre depuis son noyau ottoman sur l’isthme vers le sud et l’ouest, puis vers l’est. En même temps que Gallice Bey érigeait des bastions (dont G3 et G4) devant la Porte de Rosette à l’est, on commençait à détruire la portion nord-ouest de la muraille.
  • Jacques Ratton (en), dit aussi Jacóme Ratton, né le 7 juillet 1736, de Jacques Ratton et de son épouse Françoise Bellon, au Monêtier-les-Bains, et mort à Paris, le 3 juillet 1820 fût un industriel et un commerçant, naturalisé portugais, qui contribua au développement du tissage mécanique, et à l'introduction de la culture de l'eucalyptus et de l'araucaria au Portugal. Anobli à l'instigation de son protecteur, le marquis de Pombal, il fut promu Gentilhomme (Fidalgo) de la maison royale et chevalier de l'Ordre du Christ. Il fit construire le Palaçio Ratton qui abrite aujourd'hui, la Cour Constitutionnelle et la Cour Suprême du Portugal. Selon l'habitude des émigrants de cette époque, il grandit chez ses grands parents au Monêtier-les-Bains jusqu'à l'âge de quatorze ans et rejoignit ensuite ses parents qui s'étaient installés à Porto. En juin 1810, après le départ des troupes de Napoléon Ier du Portugal, et notamment à cause de son amitié avec le général Paul Thiébault, il fut accusé de trahison au profit de la France et condamné à l'exil dans l'île de Terceira aux Açores qu'il parvint à faire convertir en exil à Londres, puis à Paris où il mourut.

Activités culturelles[modifier | modifier le code]

  • Festival international d'orgue, créé en 1999.
  • Cours d'orgue et de chant.
  • Spectacle historique vivant par le groupe folklorique Le Quadrille du Tabuc.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Chancel, Les paysans-mineurs du Briançonnais, éd. du Fournel, L'Argentière-la-Bessée, 2005, 158 pages, (ISBN 9782915493153).
  • Quadrille du Tabuc, L'histoire du bourg en images et l'histoire des hameaux en images, deux tomes, Le Monêtier-les-Bains, 2003, (ASIN B000WR34OA).
  • Xavier Moutard, Contes et légendes du Lauzet en Briançonnais, Alpes de lumière, Mane, 1999, (ISBN 978-2906162501).
  • Émilie Carles, Une soupe aux herbes sauvages, éd. Robert-Laffont, Paris, 1999, (ISBN 978-2221082164).
  • Mireille Marks, Mon bonheur sur les cimes, éd. Denoël, 1981, (ASIN B000XBIKSK).
  • Michel Floro et Alain Rota," Les Secrets de la Barotte " aux Éditions Transhumances(2010)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://geoportail.gouv.fr/
  2. Laurence Fontaine, Histoire du colportage en Europe, XVe-XIXe siècle, Albin Michel, 1993
  3. Cogné A., Les circulations internationales en Europe (1680-1780) ; Neuilly, éd. Atlande, 2012, p. 117-120
  4. Site de la préfecture des Hautes-Alpes, consulté le 9 mai 2008 (fichier au format Excel)
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  7. (fr) Les Orgues des régions de France. : Monetier-les-Bains, église Notre-Dame-de-l'Assomption, Orgue Merklin (1860) - Guillemin (1969) - Steinmann (1999))
  • Notices de la Base Mérimée
  1. « Eglise paroissiale », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Chapelle Saint-André », base Mérimée, ministère français de la Culture et « Chapelle Saint-Martin », base Mérimée, ministère français de la Culture