Serres (Hautes-Alpes)

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Serres
Vue de Serres
Vue de Serres
Blason de Serres
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Gap
Canton Serres
Intercommunalité Communauté de communes du Serrois
Maire
Mandat
Bernard Mathieu
2014-2020
Code postal 05700
Code commune 05166
Démographie
Gentilé Serrois
Population
municipale
1 258 hab. (2011)
Densité 68 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 25′ 46″ N 5° 42′ 56″ E / 44.4294444444, 5.7155555555644° 25′ 46″ Nord 5° 42′ 56″ Est / 44.4294444444, 5.71555555556  
Altitude Min. 633 m – Max. 1 431 m
Superficie 18,57 km2
Localisation

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Serres est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Avec Senones (Vosges), Laval (Mayenne), Sarras (Ardèche) et Èze (Alpes-Maritimes), Serres est une des rares communes françaises à porter un nom palindrome.

Ses habitants sont appelés les Serrois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Serres est située dans le pays du Buëch, à 662 m d'altitude, dans une cluse où passe le Buëch, quelques kilomètres en aval du confluent entre le Buëch et le Petit Buëch. La ville doit son nom à sa position à l'extrémité du crête rocheuse - un "serre". Elle se trouve à l'aval d'une cluse franchie par le Buëch[1]

Serres est traversée par deux axes routiers importants :

La commune est dotée d'une gare ferroviaire sur la Ligne Lyon-Perrache - Marseille-Saint-Charles (via Grenoble) desservie par les TER de la relation Marseille - Briançon.

Économie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Les fouilles archéologiques ont montré l'occupation ancienne du lieu par les Ligures.

Le testament du patrice Abbon daté de 739 mentionne pour la première fois le castrum sur la Pignolette qui est l'origine de la ville. En 988, le clerc Richaud de Saint-André-de-Rosans donne à l'abbaye de Cluny tous les territoires et le lieu fortifié de Serredum (Serres). La ville va donner son nom à tout le pays environnant, le Serrois.

Au Moyen Âge, la ville devient la plus importante de la vallée et un château est construit sur le rocher de la Pignolette qui la domine. L'église paroissiale est construite au XIIe siècle. Elle est dédiée à saint Arey, évêque de Gap.

Des immunités sont accordées en 1285 à tout homme habitant Serres et son fort par Bertrand de Mévouillon, seigneur de Serres et de Mison, fils de Pierre de Mison et de demoiselle Galburge. Tout étranger établi à Serres depuis un an et un jour pouvait jouir des mêmes droits que les habitants de Serres.

En 1298 la seigneurie de Serres est achetée par le dauphin de Viennois. Le dauphin Jean II accorde des privilèges aux Juifs et aux Lombards. Le dauphin de Viennois transfère le chef-lieu du bailliage de Gapençais d'Upaix à Serres où il est resté jusqu'en 1512.

La ville se développe au XIVe siècle. Le pape Clément V s'installe à Avignon en 1309. Se trouvant sur une route reliant Avignon aux villes du nord de l'Italie, la présence des papes en Avignon va entraîner un accroissement du trafic. Serres voit alors le passage de nombreux voyageurs. Des marchands et des changeurs s'installent à Serres, lombards et juifs pour la plupart. Ces derniers se sont installés vers 1315 dans le quartier de Bourg-Reynaud dont on voit encore les hautes façades des maisons. On peut encore voir un tombeau du XIVe siècle sur lequel est inscrit en hébreu «Rabbi Joseph, fils de Rabbi Natanel d'heureuse mémoire».

En 1337, le dauphin Humbert II crée un entrepôt pour le sel venant de Provence et qui était distribué dans le Haut Dauphiné et dans le nord de l'Italie. Il fait venir du nord de l'Italie, vers 1340, Asturgone Massipi, pour diriger les travaux sur la façade de l'église et l'agrandissement du château.

Le 16 juillet 1349, le dauphin Humbert II fit à Lyon le «transport» du Dauphiné, à Charles de Normandie futur Charles V, petit-fils du roi de France, Philippe VI.

La ville continue à se développer jusqu'au XVIe siècle et de nouveaux remparts sont construits au XVe siècle dont il subsiste la porte Saint-Claude, entrée principale de la ville à l'est, et la porte Sainte-Catherine, à l'ouest. D'autres restes des anciennes portes subistent, la porte d'Eyguière au Bourg-Reynaud, la porte de Guire dans la rue principale, et la porte de Farine à l'Auche, la tour de Molend et des vestiges des remparts.

Les protestants construisent en 1565 un temple au quartier de l'Auche. Plusieurs synodes protestants vont s'y tenir, dont celui du 12 août 1643.

Durant les guerres de religion, le capitaine huguenot Montbrun met le siège devant la ville le 27 avril 1574, qui capitule après la bataille de La Bâtie-Montsaléon (8 mai).

François de Bonne, né en 1543 aux Diguières, à Saint-Bonnet-en-Champsaur, achète la seigneurie de Serres en 1576. En 1581, Lesdiguières est nommé chef des armées protestantes de la province du Dauphiné par le prince de Condé. On attribue à Lesdiguières la construction d'une maison de style Renaissance sur la rue principale. Serres est une place forte protestante reconnue par l'édit de paix de Grenoble signé en 1581 par le duc de Mayenne, confirmé par l'édit de Nantes, en 1598. À côté de la mairie se trouvent les voûtes du XVIe siècle, anciennes écuries et fonderie du duc de Lesdiguières.

En 1610, le comte Gaspard de Perrinet fait construire la façade de son hôtel sur la rue principale dont il subsiste la porte de style Renaissance. Les vantaux en noyer ont été sculptés par Daniel Guillebaud. Le bâtiment, aujourd'hui hôtel de ville de Serres, est classé Monument historique.

Le château de Serres est détruit en 1633 sur ordre du cardinal de Richelieu.

La promulgation de l'édit de Fontainebleau, en 1685, entraîne le départ de nombreux protestants de Serres, de la communauté des "vaudois" qui vont s'installer en Suisse, en Allemagne (où ils vont fonder le village de Serres Wiernsheim) et aux Pays-Bas.

La chapelle Bon Secours est construite en 1730 à l'emplacement de l'ancienne citadelle ruinée.

À partir de 1783, on entreprend de construire des digues le long du Buëch permettant de récupérer des terrains constructibles le long de la rivière.

En 1792, Serres devient le chef-lieu de canton. Les noms de lieux rappelant l'ancien régime sont changés. L'église Saint-Arey devient le temple de la Raison.

En 1805 débute la construction de la route entre Serres et le col de la Saulce (877 m) sur la D994 reliant les vallées du Buëch et de l'Eygues et conduisant par Nyons à la vallée du Rhône, et du pont du Moulin dans les gorges de la Blème.

La tour de l'Horloge est terminée en 1857. À la même date a été réalisée la placette de la Fontaine avec le lavoir abreuvoir, à côté du bâtiment de la mairie, rue Varafrain.

Le 1er février 1875 sont inaugurés le tronçon Veynes-Sisteron de la Ligne de Lyon-Perrache à Marseille-Saint-Charles (via Grenoble) et la gare de Serres. L'arrivée du train va entraîner une évolution les activités de la ville, en particulier du monde agricole amenant à une baisse de la population. De nombreuses activités existent à Serres au XIXe siècle, comme tisserands, chapeliers. Il y a une usine de pâte à papier, des fours à chaux, des magnaneries, une tannerie et un moulin. Elles vont disparaître au XXe siècle.

Les écoles du quartier Sainte-Catherine sont ouvertes en 1880. On peut y voir une méridienne réalisée en 1882, inscrite sur l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Le pont sur le Buëch est reconstruit en fer en 1895. On construit le barrage de Mizger en 1900 qui a été démoli en 1927.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, en 1946, il n'y a plus que 945 habitants à Serres. L'action du maire Auguste Gros (1873-1960), qui a été aussi président du Conseil général, va permettre le développement de la ville qui comptait plus de 1 200 habitants au 1er janvier 1965. Un nouveau pont sur le Buëch est construit en 1973.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Serres

Les armes peuvent se blasonner[2] ainsi :
D'hermine au chef d'or chargé de quatre pals de gueules.


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[3]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1989 2014 Michel Roy UMP Conseiller général depuis 1992
mars 2014 en cours Bernard Mathieu SE Retraité de la Fonction publique

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 258 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 200 999 1 249 1 081 1 155 1 143 1 088 1 122 1 130
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 018 1 025 1 101 1 143 1 147 1 169 1 207 1 206 1 202
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 244 1 126 1 201 1 045 952 965 941 869 887
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
1 031 1 256 1 283 1 200 1 106 1 204 1 309 1 258 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

À Serres, l'arbre de la Liberté en 1875 était un peuplier autour duquel on dansait en chantant :

"Le peuplier peut plier. Le peuple lié ne peut pas plier"[6]

Monuments historiques :

Culture[modifier | modifier le code]

Plusieurs associations très actives dans le village développent une offre culturelle diversifiée de qualité allant de la mise en valeur d'un patrimoine exceptionnel à l'art contemporain, en passant par un festival de jazz dont la notoriété dépasse largement la région.

  • Les Amis de Serres qui a pour but de favoriser les activités touristiques, sauvegarder le riche patrimoine architectural historique, préserver l'environnement et le cadre de vie de Serres. L’association organise diverses manifestations, entre autres Serres à la lumière du passé avec la présence d'artisans d'art (luthiers, ferronniers, tapissiers, brodeuses…), d'artistes (musique, chants, danses…) et la reconstitution de boutiques anciennes.
  • Serres Lez'Arts, association des artistes plasticiens serrois, qui organise, entre autres, des expositions d'art contemporain, notamment les journées portes ouvertes. Environ 25 artistes exposent pendant trois jours fin septembre un total de plus de 300 œuvres d'art contemporain, peintures, sculptures, installations…
  • Blue Buëch, qui organise depuis 2003 le Festival de Jazz de Serres chaque été, pendant environ une semaine, fin juillet. Toutes les formes de jazz sont représentées, classique et standard, manouche, vocal, blues, etc. avec pour constante la qualité de la programmation, largement reconnue. L'association organise également en cours d'année, avec d'autres associations comme Musique au Cœur des Baronnies, des concerts sur le thème Jazz et Classique.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Corréard est né à Serres.
  • Antoine Chevandier, député et sénateur de la Drôme, né à Serres.
  • Lesdiguières a acheté la seigneurie de Serres.
  • Pierre-Alexandre-Antoine Nicolas de Meissas (1765-1840), né et mort à Serres, député des Hautes-Alpes au Conseil des Cinq-Cents, sous-préfet d'Embrun, chirurgien-major militaire. Il a notamment soigné Napoléon Bonaparte.
  • Jules Itier enterré à Serres (famille originaire de Serres).
  • La famille Beau[11] : La famille Beau trouve ses origines à Nyons et à Serres.
    • Guillaume Beau, négociant en grains à Serres, se marie avec Dorothée Augier.
    • De ce mariage naît à Serres, le 8 février 1771, un dernier garçon, Alexandre Beau. À 18 ans, il part à Saint-Domingue pour gérer les propriétés familiales. La révolte des Noirs en 1791 le force à quitter l'île et à revenir à Marseille. Il est de retour à Serres en pleine Révolution où il devient commandant de la Garde Civile de sa ville, puis s'engage dans l'armée. En 1803, il est à Digne contrôleur des Contributions Directes. Poète à ses heures, il publie des poèmes en 1804. Il se marie en 1806 avec Lucrèce Thérèse Henriette Jacques de Rochas, appartenant à une vieille famille dignoise. Il devient conseiller municipal. Au moment du retour de Napoléon Ier de l'île d'Elbe, il a été un actif soutien à la reconnaissance de l'empereur à Digne par les autorités locales. La chute de l'empereur et le retour de Louis XVIII va le chasser provisoirement de ses fonctions qu'il ne retrouve qu'en 1824. En 1842 il devient le premier caissier de la nouvelle Caisse d'Épargne de Digne. Il meurt en 1861.
    • Alphonse Eugène Beau, dit Beau de Rochas, fils du précédent, est né à Digne le 9 avril 1815 et mort à Vincennes le 27 mars 1893. Il est l'inventeur du moteur à quatre temps et du moteur à réaction.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. GEO-ALP, un atlas géologique des Alpes françaises : Diois - Serres, Sigottier
  2. Blason : Au-dessus du blason, les armes de la ville ont trois tours en couronne représentant le bailliage et ses trois autorités : financière, judiciaire et administrative. Sur le blason, les rayures or et rouge sont l'emblème des princes d'Orange. Les queues d'hermine sont le symbole de la justice que représentait la famille de Mévouillon.
  3. Site de la préfecture des Hautes-Alpes, consulté le 9 mai 2008 (fichier au format Excel)
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  6. Jean Imbert : "Histoire de Serres et des Serrois" Cahiers de l'Alpe 1966
  7. « Église », base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. « Maison de Lesdiguières », base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. « Mairie », base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. « École primaire », base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. D'Ubaye en Verdon - Biographies : Alphonse Eugène Beau de Rochas