Saint-Jean-Saint-Nicolas

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Saint-Jean-Saint-Nicolas
L’église Saint-Jean.
L’église Saint-Jean.
Blason de Saint-Jean-Saint-Nicolas
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Arrondissement de Gap
Canton Canton d'Orcières
Intercommunalité Communauté de communes du Haut Champsaur
Pays Gapençais
Maire
Mandat
Josiane Arnoux
2014-2020
Code postal 05260
Code commune 05145
Démographie
Population
municipale
1 005 hab. (2011)
Densité 27 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 40′ 06″ N 6° 13′ 46″ E / 44.6683, 6.229444° 40′ 06″ Nord 6° 13′ 46″ Est / 44.6683, 6.2294  
Altitude Min. 1 077 m – Max. 2 614 m
Superficie 37,17 km2
Localisation

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Saint-Jean-Saint-Nicolas est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

La commune est située dans la haute vallée du Champsaur, entre le confluent du Drac noir et du Drac blanc en amont, et la plaine de Chabottes en aval. Le centre de la commune est le pont sur le Drac (dit « Pont du Fossé »), situé à la hauteur d'un resserrement de la vallée.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune culmine au nord-ouest à la Pointe sud de la Vénasque (2 620 m). Les autres sommets remarquables sont la Petite Autane au sud (2 519 m), le Soleil-Bœuf au nord-ouest (2 595 m), et le Palastre (2 276 m) au nord, sommet depuis lequel la vue embrasse toute la haute vallée du Champsaur.

La commune s'étend sur les deux versants de la vallée, dont l'orientation est ici est-ouest : l'adret (versant nord), bien ensoleillé, est le lieu du peuplement historique et des cultures et pâturages, l'ubac (versant sud) reste couvert de forêts, essentiellement de résineux.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

La commune est constituée de plusieurs hameaux :

  • Pont-du-Fossé est le principal hameau de Saint-Jean-Saint-Nicolas. Il se situe sur la route d’Orcières (D 944), à la jonction de la D43 et de la D13. C'est un des seuls villages du Champsaur où il y a toutes sortes de commerces (boulangerie, buraliste, droguerie, papeterie, épicerie, loueur d'équipements de sports d'été et d'hiver, coiffeur, bars…). On y trouve aussi la « maison de la vallée » du parc national des Écrins, une gendarmerie, un camping, une école primaire, une patinoire (en hiver) et une chapelle.

De nombreuses randonnées partent de Pont-du-Fossé vers le Frustel (1 304,6 mètres), vers le canal de Gap et vers les Autanes. Des circuits pédestres sont proposés près de la maison de la vallée.

  • Saint-Jean est l'une des deux anciennes paroisses dont la fusion a créé la commune. Connue au cartulaire de Saint-Chaffre (1179) comme Ecclesia Sancti-Joannis, puis Parochia Sainctus Johannes de Monteorserio au XVe siècle, et enfin Saint Jean de Montorcier au XVIIe[1], Saint-Jean était, selon J.Ranguis, possession probable du Patrice Abbon, qui l'aurait cédée à l'abbaye de la Novalaise au VIIIe siècle[2], la paroisse était au XIIe siècle propriété de l'abbaye de Saint-Chaffre ; la dîme revenait au prieur de Notre-Dame de Chabottes, qui la céda en 1686 au curé de Saint-Jean[3]; à cette même date, la paroisse fut intégrée dans l'archiprêtré d'Orcières nouvellement créé.
L'église paroissiale de Saint-Jean-Saint-Nicolas, à Saint-Jean

L'église et son cimetière y sont toujours présents, et le hameau reste le second en importance de la commune. On y trouve un lycée professionnel spécialisé dans le bois, un musée, un gîte d'étape, un oratoire.

  • Saint-Nicolas est l'autre ancienne paroisse fondatrice de la commune. Connue au cartulaire de Saint-Chaffre comme Ecclesia de Monteorsiero, puis au XVIe siècle Sanctus Nicolaus de Monteorsiero, et enfin Saint Nicolas de Montorcier au XVIIIe[4], l'église primitive était établie sur le coteau aujourd'hui nommé Frustelle, aux côtés du château du seigneur de Montorcier. Dépendaient de la paroisse de nombreux lieux d'habitation répartis sur le flanc est de la colline, depuis le sommet jusqu'à ses pieds. Détruite, comme le château, lors des guerres de religion, elle ne fut jamais reconstruite ; ce n'est qu'en 1750 qu'une nouvelle église fut enfin construite auprès des habitations, au lieudit les Reynauds. Il n'en reste que la pannelle ; le presbytère, initialement aux Ranguis, fut reconstruit après de la nouvelle église.
  • Montorcier : ce petit groupe de maisons au bord du torrent de Brudour a hérité du nom de l'ancienne propriété seigneuriale.
La chapelle des Ranguis
  • Les Bonnets
  • Les Roranches
  • Les Richards
  • Les Ricous
  • Les Ranguis

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

L'occupation humaine du site de Saint-Jean-Saint-Nicolas à l'époque préhistorique n'est attestée que par quelques rares pièces en pierre polie, et un dolmen aux Roranches. Les Romains, présents dans toute la région, n'ont pas laissé de traces dans le haut-Champsaur. Après les invasions barbares des Ve et VIe siècles, la région se développe. Au début du VIIIe siècle, les paroisses du Haut-Champsaur étaient sous l'autorité du patrice Abbon, gouverneur de Suse, en Piémont. Au début du Xe siècle, de nombreux Sarrasins vécurent dans la haute vallée du Drac ; en témoignent par exemple une « grotte des Sarrasins » au-dessus du confluent du Drac noir et du Drac blanc, une « tour sarrasine » emportée par le Drac en 1856, peut-être aussi le hameau voisin des Tourengs.

La vallée du haut-Drac était un des passages utilisés pour joindre la région de Briançon, par le col de Freissinières. La tradition rapporte qu'Hannibal y serait passé pour se rendre en Italie[5]. Arey, évêque de Gap au VIIe siècle, y aurait subi l'attaque par un ours que rapporte sa légende. Le contrôle de l'accès à la haute vallée était donc important. Le resserrement de la vallée au pied du Mons Orcierus (mont des ours) constituait un point stratégique. C'est là que s'établit la seigneurie de Montorcier. Au XIe siècle, le seigneur de Montorcier étendait sa souveraineté largement au-delà du Champsaur. Les paroisses de Saint-Jean (Ecclesia Sancti Joaniis) et de Saint-Nicolas (Ecclesia de Monteorsiero) sont référencées au XIIe siècle par le cartulaire de Saint-Chaffre[6].

Humbert II, le dernier dauphin de Viennois, fit du château de Montorcier, acquis par un de ses ancêtres, une résidence somptueuse[7]. Le dauphin Louis II, fils de Charles VII, faisait régulièrement étape à Montorcier sur la route d'Embrun. Il était proche des populations, et parlait leur langue. Devenu roi de France sous le nom de Louis XI, il donna des armoiries à plusieurs familles du Champsaur. En 1442, il autorisa le creusement d'un canal de Pont-du-Fossé à Saint-Laurent[8].

Au XVIe siècle, Montorcier était le siège d'un mandement couvrant tout le haut-Champsaur[9]. Il le restera jusqu'à la Révolution.

Lors des guerres de religion, François de Bonne, natif de Saint-Bonnet, entraîna le Champsaur dans le camp des Réformés. Mais lorsqu'il se convertit au catholicisme et devint duc et pair de France en 1611, il ramena « son » Champsaur au royaume de France et le pacifia. Il en devint le bienfaiteur, construisant des ponts et des hôpitaux. En 1692, les troupes du duc Victor-Amédée II de Savoie ravagèrent la région, mais n'en prirent pas possession. Les archives des paroisses de Saint-Jean et Saint-Nicolas sont brûlées[10]. Par rachats successifs, de 1686 à 1730, les jésuites du collège d'Embrun devinrent « seigneurs d'Orcières » et propriétaires d'une grande partie du haut-Champsaur.

La Révolution n'a pas laissé de traces importantes. En 1790, le Champsaur est intégré au département des Hautes-Alpes, dans l'arrondissement de Gap, sauf les communes d'Orcières, Champoléon et Saint-Jean-Saint-Nicolas, qui sont rattachées à l'arrondissement d'Embrun. De 1792 à 1796, la commune de Saint-Jean-Saint-Nicolas est brièvement rebaptisée Montorcier[11]. En 1926, la suppression de l'arrondissement d'Embrun ramènera la commune dans celui de Gap.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[12]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Jean Pierre Eyraud PS  
mars 2008 en cours Josiane Arnoux UMP  

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 005 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
843 771 663 775 761 781 783 873 879
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
819 863 876 879 947 923 916 860 814
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
769 739 703 673 642 638 628 700 664
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
672 695 746 823 865 781 909 941 1 005
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2004[14].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le village est classé deux fleurs au concours des villes et villages fleuris.

Mémoire de Montorcier au sommet de Frustelle

Frustelle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Montorcier.

C'est sur la colline de Frustelle, qui domine la vallée, qu'étaient au XIIe siècle le château fort de Montorcier, qui fut construit là pour surveiller le passage, et l'église primitive de Saint-Nicolas. Ravagés par les guerres de religion, il n'en est resté longtemps que le clocher. Le lieu est aujourd'hui abandonné, et enclos dans une propriété privée.

Prégentil[modifier | modifier le code]

Un château existe à Prégentil au tout début du XIVe siècle. En 1339, le dauphin, qui en est le propriétaire, en fait don à Étienne Roux, son maître d'hôtel, en remerciement de ses services.

En 1541, Prégentil appartient à Noble Arnaud, qui fait sculpter au-dessus de la porte d'entrée un écu avec rose et fleur de lys. En 1552, c'est un notaire, Honoré de Serres, qui l'achète. Puis en 1593, le duc de Lesdiguières achète les terres du domaine. Nicolas de Gril, seigneur de Saint-Michel-de-Chaillol, en devient propriétaire en 1674. La famille le conserve pendant deux siècles, avant de le perdre au profit des Baille de Champoléon, dont les descendants sont encore aujourd'hui les propriétaires.

Les tours crénelées du château d'origine ont disparu et divers remaniements ont été opérés au XVI° siècle. Mais pour l'essentiel le bâtiment a échappé aux destructions et notamment aux ravages des guerres de religions, qui ont fait disparaître tant de bâtiments, dont le château voisin de Montorcier. Aujourd'hui, la demeure de Prégentil est la plus ancienne bâtisse de tout le Champsaur.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Louis Poutrain (1897-1983), prêtre dans le Haut-Drac de 1937 à 1971 ; fonde en 1941 avec son frère Pierre un centre de formation aux métiers du bois (aujourd'hui lycée d'enseignement professionnel privé Pierre-et-Louis-Poutrain) ; résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, déporté à Auschwitz et Flossenburg ; publie en 1982 La Déportation Au Cœur d'Une Vie (Éditions du Cerf).
  • Pierre Poutrain (1908-1944), frère de Louis, cofondateur du centre de formation de Saint-Jean, résistant, prisonnier, évadé, fusillé à Gap le 19 juin 1944.
  • Robert Faure, né à Prégentil en 1930, écrivain, auteur de nombreux ouvrages sur le Champsaur.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé J. Ranguis, Histoire de mandement de Montorcier, 1905, réédition par Vollaire, à Gap, 1978.
  • Robert Faure, dit Faure de Prégentil, Encyclopédie historique, authentique, distractive, humoristique, gastronomique, touristique, linguistique du Champsaur, imp. Louisjean, Gap, 2005, (ISBN 2-909956-49-0).
  • Joseph Roman, Dictionnaire topographique des Hautes-Alpes, 1886, rééd. C.Lacour, Nîmes, 2000, (ISBN 2-84406-757-3).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. J.Roman, Dictionnaire…, p. 142
  2. J.Ranguis, Histoire…, p. 53-54
  3. idem, p. 55-56
  4. J.Roman, Dictionnaire…, p. 145
  5. Faure de Prégentil, Encyclopédie du Champsaur, pages 21 & suiv.
  6. J.Roman, Dictionnaire topographique des Hautes-Alpes, pages 142 et 145.
  7. Encyclopédie du Champsaur, pages 47-48.
  8. id., pages 49-50.
  9. J.Roman, page 98
  10. Encyclopédie du Champsaur, page 58.
  11. id., page 63.
  12. Site de la préfecture des Hautes-Alpes, consulté le 9 mai 2008 (fichier au format Excel)
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011