Chorges

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Chorges
La place du Fort
La place du Fort
Blason de Chorges
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Gap
Canton Chorges
Intercommunalité Communauté de communes de la vallée de l'Avance
Maire
Mandat
Christian Durand
2014-2020
Code postal 05230
Code commune 05040
Démographie
Gentilé Cathorigorois
Population
municipale
2 654 hab. (2011)
Densité 50 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 32′ 47″ N 6° 16′ 38″ E / 44.5464, 6.277244° 32′ 47″ Nord 6° 16′ 38″ Est / 44.5464, 6.2772  
Altitude Min. 773 m – Max. 2 510 m
Superficie 53,34 km2
Localisation

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Liens
Site web mairie-chorges.fr

Chorges (en Occitan alpin: Chòrjas) est une commune française, chef-lieu de canton, située dans le département des Hautes-Alpes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Caturiges

Géographie[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune est arrosée par plusieurs torrents qui coulent du nord au sud le long des pentes du Piolit, des Parias et du Pic de Chabrières, et se dirigent vers la vallée de la Durance. À l'ouest, le torrent des Réallons et le torrent du Dévezet (ce dernier suivant la limite entre les communes de Chorges et de la Bâtie-Neuve se jettent dans l'Avance, qui prend sa source tout près de la ville de Chorges et s'éloigne vers le sud-ouest[1]. Au centre, le torrent des Moulettes, dont le cours inférieur est noyé sous les eaux du lac de Serre-Ponçon[2] (baie des Moulettes, ou de Chanteloube). À l'est, c'est le torrent de Marasse qui sépare Chorges de Prunières[3].

Le lac de Serre-Ponçon baigne la commune au sud-est sur plusieurs kilomètres, selon un profil très découpé dans un relief relativement accusé. Toute la baie des Moulettes, ou de Chanteloube, ainsi que la moitié de la baie Saint-Michel dépendent de la commune de Chorges.

Climat[modifier | modifier le code]

Climat de la région d'Embrun 1961-1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −3,2 −2,1 0,1 3,1 6,7 9,9 12,4 12,1 9,7 5,8 0,9 −1,9 4,4
Température moyenne (°C) 1,2 2,7 5,5 8,7 12,7 16,2 19,3 18,8 15,9 11,4 5,6 2,4 10
Température maximale moyenne (°C) 5,7 7,6 10,9 14,4 18,6 22,4 26,2 25,5 22,1 16,9 10,4 6,7 15,6
Humidité relative (%) 66 64 61 61 64 65 59 62 66 68 68 66 64
Source : Infoclimat [4]


Histoire[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Certains historiens pensent que la ville a été fondée par le roi celte Magus[réf. nécessaire], 1 500 ans avant J.-C. D’autres pensent que ce sont des Grecs, vivant en Italie, et chassés de ce pays par les invasions celtiques qui sont à l’origine de la cité[réf. nécessaire]. Le nom de leur peuple, Cathorigorois, offre deux racines de la langue grecque, kat'oros, « sur la montagne » ou « habitants des montagnes ». Enfin, certains voient la ville fondée par des proscrits[réf. nécessaire], comme Rome.

Le même mot voudrait signifier, suivant des partisans d'étymologie celtique, « brûlé par le bourreau » (kat, « bourreau » et urig, « brûlé »)[réf. nécessaire]. D’autres spécialistes connus voient dans ce nom « Caturige » une autre signification supposée celtique, différente de la précédente : kat, « combat » et rig, « roi », d'où ils concluent que ce peuple devait être redoutable dans le métier des armes[réf. nécessaire]. Pour Nicolas Chorier, Chorges est une déformation du nom d’un peuple habitant l’Embrunois du temps des Celtes, les Caturiges[précision nécessaire]. Antonin parle de Cathorigorois, les manuscrits médiévaux de Caturicae ou Caturigae, les tables intermédiaires de Catoriges… On retrouve aussi le nom du village sous les formes Cadorgas et, en occitan, Chòrjas.

Faits historiques[modifier | modifier le code]

Les Cathorigorois se battent dans tous les passages des montagnes contre les armées de César. Vaincu, le village gaulois de Chorges devient une cité, appelée Civit Catur. Selon Pline, les Cathorigorois jouissent des privilèges latins, ce qui n’est pas le cas de la plupart des gallo-romains. La cité gallo-romaine est, au IVe siècle, la capitale du Pagus Rigomagensis de la Notitia Galliarum. Chorges est même la capitale d’un évêché, supprimé à l’époque de l’installation des Burgondes, vers 480.

Au XIe et XIIe siècles, l’Embrunais dépend d'un administrateur. Chorges est indépendante d’Embrun et possède sa châtellenie et son tribunal ou Cour commune. La bourgade est détruite avant 1077 par une guerre, selon Joseph Roman. Mais l’acte qui parle de la reconstruction, qui va durer un siècle, veut peut-être parler de ruines datant des guerres contre les Sarrasins.

Entre 1080 et 1083, Chorges est le centre d'un conflit opposant les moines de Sainte-Marie-Saint-Victor, dépendant de l'abbaye Saint-Victor de Marseille et les chevaliers qui leur disputent des terres. Les événements nous sont rapportés par les cartulaires de Saint-Victor de Marseille et ont fait l'objet d'un réexamen récent par Florian Mazel.

Le 23 juin 1585, le duc de Lesdiguières prend la ville[5],[6].

Chorges est initialement choisie comme siège du chef-lieu du département des Hautes-Alpes (1790), avant qu’il ne soit transféré à Gap.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires de Chorges après 1945[7],[8]
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1947 Denis Disdier    
1947 1953 Guy Dupuy    
1953 1959 Henri Gelpy    
1959 1965 Antoine Podevigne    
1965 1971 Jacqueline Brandi    
1971 1983 Lucien Guibaud PCF  
1983 2001 André Arnaud RPR  
mars 2001 mars 2008 François Fennebresque PS  
mars 2008 en cours Christian Durand DVD  

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Chorges fait partie:

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 654 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 650 1 508 1 719 1 936 2 009 2 010 1 891 1 872 1 892
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 799 1 814 1 795 1 707 1 770 1 989 1 617 1 480 1 559
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 377 1 406 1 351 1 270 1 269 1 363 1 308 1 248 1 263
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
1 141 1 173 1 242 1 391 1 561 1 882 2 353 2 485 2 654
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale Saint-Victor[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale Saint-Victor a gardé quelques survivances romanes après les restructurations intervenues au début du XVIIe siècle. Monument historique classé en 1862[11] datant du XIIe siècle, elle fut construite de 1121 à 1124 par les religieux de Saint Victor de Marseille. Elle eut à subir bien des vicissitudes et fut pillée par les mercenaires de François Ier en 1517, saccagée par les protestants de Louis Ayme en 1569, occupée par Lesdiguières en 1585. Un violent incendie ravagea le monument en 1586 lors du siège de Chorges par Epernon de la Valette contre les protestants. Incendiée par le comte de Savoie en 1699. En 1692, les troupes du duc de Savoie lui font subir le même sort.

Saint-Victor est de style composite. Constituée d'une nef rectangulaire de deux travées assez massives qui précèdent un chœur plus bas que le reste de l'édifice, l'ensemble des travées de la nef est voûté d'une anse de panier très irrégulière qui remplace probablement une couverture charpentée. Sur la façade méridionale, deux des trois anciennes baies romanes en plein cintre, très hautes, ont été maintenues. Dans la première travée, un pilier qui ne paraît pas antérieur au XIVe siècle soutient la tribune. On y reconnaît des motifs géométriques (triangles, cercles, et une roue à huit branches), tandis que sur le bénitier sont représentées des coquilles Saint-Jacques. À l'extérieur, l'abside pentagonale retient l'attention par sa forme assez inhabituelle; bien qu'elle paraisse assez remaniée son style reste roman. La façade méridionale garde également quelques marques de son appareil roman d'origine, malgré l'emploi de moellons de facture assez composite. La couleur rougeâtre indique la trace des incendies. On y distingue des traces d'arcs et de nombreux coups de sabre qui signalent les reprises. Dans l'ensemble, le monument a gardé, surtout au côté méridional, un aspect roman, renforcé par le caractère massif des proportions.
Le clocher prend appui sur le côté nord. Les deux étages supérieurs sont délimités entre eux par un cordon. Uniques à l'étage inférieur, les fenêtres sont géminées au-dessus. L'utilisation d'enroulements dans les colonnettes du clocher reste un usage archaïque.
L'accès sur le côté gauche se compose d'une porte avec arc en plein cintre à tores qu'accompagnent des colonnettes en retrait, dont les chapiteaux offrent un décor de type traditionnel (crochets, feuilles, écussons, anges, animaux) plus tardif que l'ensemble du monument. Dans ce portail l'emploi d'un trumeau central, exceptionnel dans le département, montre des tentatives d'innovation et l'application d'influences extérieures.

Autres lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Fontaine en marbre rose, construite suite à l'incendie du 9 septembre 1850. On peut lire sur la stèle : "Le Bourg de Chorges à ses bienfaiteurs, à l'occasion des 9 et 10 septembre 1850." L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1930[12].
  • Porte des Souchons. Seule porte de la ville ayant subsisté. Il existe une rue Porte Reveline qui témoigne de la présence d'une autre porte autrefois.
  • Pierre de Néron (époque romaine?), stèle située sur le parvis de l'église portant une inscription en latin où figure le nom de Néron.
  • Château de Chorges (détruit sous la Révolution), château aujourd'hui détruit mais dont différentes pierres ont été réutilisées dans le village (telles qu'un portique, des chapiteaux à personnages ou encore un haut de porte avec un écusson servant aujourd'hui de banc). Le château se trouvait en amont du village actuel, dans le lieu-dit Lachaup, au pied des vignes du Martouret.
  • Viaduc de Chanteloube, pont ferroviaire à l'origine destiné à relier Barcelonnette (la ligne ne fut jamais achevée). Le pont est aujourd'hui submergé par le Lac de Serre-Ponçon mais peut encore se traverser lorsque les eaux de la retenue sont basses.
  • Gare de Chorges
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Dioque, Au pays caturige, l'histoire bimillénaire de Chorges, Société d'études des Hautes-Alpes, 1980.
  • Jean Grosdidier de Matons, Armorial Haut-Alpin, Editions MEMOIRE & DOCUMENTS S.A.S.
  • Charles Monteynard, Cartulare monasterii beatorum Petri et Pauli de Domina, cluniascensis ordinis Gratianopoltanæ... page xxxiv.
  • Joseph Roman, Etat ecclésiastique administratif et féodal antérieur à 1789, histoire, biographie, bibliographie de chacune des communes qui le composent, l'édition de Paris : A. Picard, 1887-1890
  • Joseph Roman, Inventaire et analyse des documents du Moyen âge relatifs au Haut-Dauphiné, A. Picard, 1887-1890.
  • Nicolas Chorier, (1612-1692), Histoire générale du Dauphiné, 1869
  • Marcellin Fornier, (1592-1649), Histoire générale des Alpes Maritimes ou Cottiènes : et particulière de leur métropolitaine, Ambrun, AD des Hautes-Alpes, G 1513

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche cours d'eau l'Avance sur le site du SANDRE, consulté le 24 novembre 2012.
  2. Fiche cours d'eau Torrent des Moulettes sur le site du Sandre, consulté le 24 novembre 2012.
  3. Fiche cours d'eau Torrent de Marasse sur le site du SANDRE, consulté le 24 novembre 2012.
  4. Infoclimat
  5. Conseil général des Hautes-Alpes, Lesdiguières, consulté le 13 juillet 2010
  6. [1]
  7. a et b Liste des maires de Chorges, mise en ligne le 1er janvier 2007, consultée le 23 octobre 2009
  8. Site de la préfecture des Hautes-Alpes, consulté le 23 octobre 2009
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  11. « Notice no PA00080550 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. « Notice no PA00080551 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. Albanès, Joseph Hyacinthe (1822-1897). Gallia christiana novissima p. 465
  14. Cartulaire. Richerenches. Commanderie de l'Ordre du Temple. 1136-1214 p. XXVI