Abriès

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Abriès
Ancienne halle,actuel office du tourisme et hôtel de ville.
Ancienne halle,
actuel office du tourisme et hôtel de ville.
Blason de Abriès
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Briançon
Canton Aiguilles
Intercommunalité Communauté de communes du Queyras
Maire
Mandat
Jacques Bonnardel
2014-2020
Code postal 05460
Code commune 05001
Démographie
Population
municipale
343 hab. (2011)
Densité 4,5 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 47′ 46″ N 6° 55′ 40″ E / 44.796111, 6.927777 ()44° 47′ 46″ Nord 6° 55′ 40″ Est / 44.796111, 6.927777 ()  
Altitude Min. 1 513 m – Max. 3 305 m
Superficie 77 km2
Localisation

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Abriès

Abriès est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle fait partie du parc naturel régional du Queyras et se trouve aux portes de la réserve naturelle de la haute vallée du Guil.

Ses habitants sont appelés les Abriessois(es) ou les « trippés longés », ainsi surnommés par les villages voisins[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Abriès est située dans le département des Hautes-Alpes, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'Institut national de l'information géographique et forestière donne les coordonnées géographiques 44°47'46" N et 06°55'40" E[2]. Située dans le Queyras au confluent des torrents du Guil et du Bouchet, à 30 km de Guillestre, Abriès est une station de ski alpin et de ski de fond. La commune fait par ailleurs partie du Parc régional du Queyras.

Arc en ciel sur Abriès

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Abriès comptait de nombreux hameaux (le Roux, Valpréveyre aujourd'hui abandonné, le Villard, les Bertins, le Tirail, le Cros, la Montette, Malrif, Pré Roubaud, etc.). Aujourd’hui seul le hameau du Roux est habité en permanence, avec 52 habitants au 1er janvier 2013

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

En remontant la vallée du Guil, on trouve avant d'arriver à Abriès la commune d'Aiguilles, puis au-delà la commune de Ristolas d'où partent les sentiers menant au mont Viso qui culmine à 3 841 m. Abriès est par ailleurs limitrophe au nord-ouest avec la commune de Cervières dans le Briançonnais, au nord avec Cesana Torinese (valle del Thuras) et le Sauze di Cesana (val della Ripa), à l'est avec Prali (val Germanasca) et Bobbio Pellice (valle Pellice).

Histoire[modifier | modifier le code]

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L'histoire d'Abriès, du XVIe siècle à la fin du XVIIIe siècle, est établie par une historienne et anthropologue nord-américaine, Mme Harriet Rosenberg, auteur d'une thèse intitulée A Negociated World (la meilleure traduction de ce titre serait « un monde de compromis »), publiée par University of Toronto Press en 1988 et qui porte comme sous-titre « Three Centuries of Change in a French Alpine Community » (c'est-à-dire « trois siècles de changement dans une communauté des Alpes françaises »).

On peut consulter aussi à ce sujet le Dictionnaire historique et culturel du Queyras, en version numérisée, dans le blog Queyras-culture. Abriès, comme le Queyras, fut probablement un lieu de passage dans l'Antiquité, comme l'attesterait la présence de fibule sur la commune de Ristolas à La Monta. Il semble qu'une population se soit établie de façon permanente à Abriès à compter du XIe siècle ou du XIIe siècle. Les cartulaires des XIIe siècle et XIIIe siècle mentionnent les noms Abrii et Villa (la ferme ou le domaine) Abriarum (cf. le Dictionnaire topographique des Hautes Alpes, Joseph Roman, fin XIXe siècle). Dans un autre de ses ouvrages, intitulé Tableau historique des Hautes Alpes (2 volumes, 1887) et qui est, dans le tome II, un inventaire détaillé des archives du département, du VIe siècle à la fin du XVe siècle, Joseph Roman établit que la plus ancienne mention du nom Abriès, en dehors des cartulaires, date de 1259 : c'est une "charte de privilèges" accordée par le Dauphin Guigues aux citoyens d'Abriès. Les privilèges dont ces citoyens jouissent désormais sont de deux ordres : ils sont placés sous la sauvegarde du Dauphin quand ils se rendent à Briançon et en reviennent ; et tous les mercredis, est créé un marché à Abriès, avec exemption de toute redevance pour les habitants et obligation faite à tous les gens du Queyras de s'y rendre, "au moins un par maison et de ne rien vendre sans l'avoir offert à ce marché". De fait, Abriès entre dans l'histoire du Queyras et du Dauphiné comme un lieu d'échanges et de transactions, qui a été longtemps assez dynamique et a assuré la prospérité de cette communauté pendant plusieurs siècles - ce qui explique qu'il y ait encore dans cette petite commune, d'environ 350 habitants, de très nombreux commerces et que les habitants d'Abriès, quand ils ont quitté leur village, à partir de 1830, se soient spécialisés en Provence dans le commerce.

Abriès a été, comme tout le Queyras, le théâtre de conflits armés pendant plusieurs années, après 1562, au moment des guerres de religion. Ces conflits ont vu la victoire des armées protestantes, de sorte que le Queyras, et Abriès, ont été pendant près d'un siècle majoritairement protestants. Les érudits locaux estiment que les protestants représentaient entre 60 et 80 % de la population de la commune, le protestantisme commençant à refluer en 1660. C'est pourquoi la Révocation de l'Edit de Nantes, en 1685, a été un drame pour beaucoup d'habitants : certains revenant sincèrement au catholicisme, d'autres s'y convertissant de façade, d'autres enfin préférant quitter leur maison, franchir la frontière par le col des Thures, tout proche, et se réfugier en Suisse et en Allemagne. Ce drame est raconté par un historien allemand, Eugen Bellon, descendant d'un protestant d'Abriès, dans Dispersés à tous vents (Société d'études des Hautes-Alpes, Gap). En 1689, la Savoie et différents pays, qui s'allient dans la Ligue d'Augsbourg, déclarent la guerre à la France. Une armée française, commandée par Catinat, cantonne alors dans le Queyras, pour défendre les frontières, tandis que la Savoie arme les vaudois, alliés aux protestants, établis dans la vallée italienne du Pellice, de l'autre côté de la frontière. Des milices organisées font à plusieurs reprises, en 1690, 1691, 1692, des incursions meurtrières dans le Queyras et surtout dans le territoire de la commune d'Abriès : des hameaux isolés sont partiellement incendiés, des fermes sont pillées, du bétail est volé, des habitants sont tués. Ces drames expliquent peut-être que, si des protestants se sont courageusement maintenus à Arvieux, Molines et Saint-Véran, villages éloignés des frontières avec les vallées vaudoises, dans les villages de la vallée du Guil, Ristolas, Abriès, Aiguilles, Château-Queyras, ils se soient presque tous ralliés à la religion du Roi de France. Pendant plus d'un siècle et demi, Abriès a été une paroisse catholique dynamique, influencée par le catholicisme de la Contre-Réforme et du Concile de Trente (1545-1563) et qui a fourni à l'Église de France, surtout pendant le XIXe siècle, un très grand nombre de prêtres et de religieuses, comme l'établit le curé Jacques Gondret dans ses Mémoires historiques du Queyras (3 volumes, 1858, manuscrit).

La commune d’Abriès a beaucoup souffert des guerres, indirectement ou directement. Entre 1914 et 1918, de nombreux habitants, versés dans les régiments de Chasseurs alpins et donc partant souvent à l'assaut des lignes allemandes, sont morts sur le Front. Le Queyras a perdu alors près de 5 % de sa population. La liste des noms de soldats d'Abriès, morts pour la France alors, est très longue : elle peut être consultée sur le monument aux morts qui se trouve devant le cimetière et près de l'église. En juin 1940, au moment où l'Italie a déclaré la guerre à la France, les habitants ont été déplacés vers l'Ardèche. De très violents combats ont éclaté ; les troupes françaises ont pu repousser les envahisseurs italiens qui n'ont pas pu s’emparer du village, mais qui ont occupé les hameaux du Roux et de Valpreveyre, ainsi que la commune voisine de Ristolas. En août et septembre 1944, les Allemands, chargés de défendre les frontières de l’Italie du Nord et qui, pour cela, avaient installé une batterie de tir au col de la Mayt ont bombardé et détruit les trois quarts du hameau de Pra-Roubaud, la moitié du village du Roux. L'adroit d'Abriès, dont le fameux Grand Hôtel, a été incendié alors. Au cours de l'hiver 1944-45, ceux qui avaient tout perdu dans ces bombardements ont été contraints à un nouvel exode.

Comme les autres Queyrassins, les habitants d'Abriès ont quasiment tous reçu, et cela dès le milieu du XVe siècle, une instruction élémentaire. Des régents de village rémunérés par les communautés et les familles leur ont appris à lire, à écrire et à compter, savoir très utile dans les transactions commerciales. L'instruction se faisait à la mauvaise saison (de novembre à avril) dans une étable. Mme Rosenberg et d'autres historiens estiment qu'au XVIIIe siècle, plus de 90 % des habitants de la commune, hommes et femmes, étaient en mesure de signer de leur nom les actes notariés.

Abriès, comme beaucoup de villages du Queyras construits sur le cône de déjection d'un torrent (ainsi Ristolas, Aiguilles, Ville-Vieille), a été détruit en partie ou menacé par les crues du Bouchet. La plus grave s'est produite en 1728, le 20 mai, jour de la Saint-Bernardin. Les archives en font état et les érudits locaux, dont Jean Tivollier (Le Queyras, 2 volumes, Gap, 1939), qui ont lu ces archives, en décrivent les effets catastrophiques. C'est à la suite de cette crue et pour éviter que le torrent en crue ne détruise à nouveau des maisons dans le village qu'a été construite la haute digue de la rive gauche, laquelle est décrite dans l'Inventaire général du patrimoine de la France. Abriès est aussi protégé des crues du Guil par une très longue digue. D'autres crues, presque aussi graves que celle de 1728, se sont produites en 1948, 1957, 2000 et 2008.

Enfin, ce qui caractérise l'histoire d'Abriès, plus que celle des autres villages du Queyras, est la dramatique décroissance de la population en un siècle et demi. De 1806 à 1962, cette population est passée de plus de deux mille habitants à deux cents. Autrement dit, Abriès a perdu 90 % de sa population, alors que la dépopulation a été moindre dans les autres villages du Queyras : baisse de 50 à 60 % pendant la même période. Ce sont surtout les hameaux d'altitude qui se sont vidés en un demi-siècle, de 1850 à 1900, de toute population permanente et ont été transformés un temps en hameaux d'estive, puis laissés à l'abandon : autour d'Abriès, Malrif, le Tirail, Villard, le Cros, Patarel, le Petit Varenc, le Grand Varenc ; et autour du Roux d'Abriès, qui a été le siège d'une paroisse indépendante à partir du milieu du XVIIIe siècle, la Gasque, la Montette, Pra Roubaud, la Levée, les Granges, Valpreveyre, les Traverses et même le Roux, qui ne comptait plus que 8 habitants au début des années 1970. Abriès est aussi le village du Queyras dont la population a le plus changé depuis 1970. Les anciens habitants, qui vivaient de l'élevage et un peu du tourisme, ont été remplacés par une nouvelle population, plutôt jeune, venant de grandes régions industrielles en crise, et qui tire ses revenus presque uniquement du tourisme d'hiver ou d'été.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason d'Abriès

D'or au chamois de sable soutenu d'une fleur de lys d'azur[3].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1983 1989 René Vincent    
1989 1995 Claude Wursteisen PCF  
1995 2001 Jean Carre    
2001 2014 Joëlle Ocana   Réélue en 2008
2014 En cours Jacques Bonnardel[4] SE Chef d'entreprise

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'unique école d'Abriès, située à la sortie ouest de la commune.

La commune d'Abriès possède une seule école, une école primaire publique, construite en 1910. Son agrandissement fut nécessaire en 1982, en raison du nombre croissant d'élèves inscrits : un peu plus de 50 en 1982 contre une quinzaine auparavant. Cette augmentation est directement lié au tourisme. En effet, les jeunes du village n'ont pas quittés la commune et se sont mariés avec des jeunes filles venues de l'extérieur. L'instituteur assure les cours des élèves de 5 à 14 ans. Quelques cours de latin sont également assurés par le curé de la paroisse[5].

L'année 2009 pourrait voir la fermeture d'une classe dans la commune. Néanmoins, les élus d'Abriès et des communes voisines, également concernés par cette fermeture, s'y opposent. Un regroupement avec l'école d'Aiguilles est envisagé[6].

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Le résultat de l'élection présidentielle de 2012 dans cette commune est le suivant[7] :

Candidat Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Eva Joly (EÉLV) 20 7,49
Marine Le Pen (FN) 15 5,62
Nicolas Sarkozy (UMP) 58 21,72 99 36,94
Jean-Luc Mélenchon (FG) 81 30,34
Philippe Poutou (NPA) 11 4,12
Nathalie Arthaud (LO) 2 0,75
Jacques Cheminade (SP) 1 0,37
François Bayrou (MoDem) 20 7,49
Nicolas Dupont-Aignan (DLR) 3 1,12
François Hollande (PS) 56 20,97 169 63,06
Inscrits 312 100,00 312 100,00
Abstentions 39 12,50 32 10,26
Votants 273 87,50 280 89,74
Blancs et nuls 6 2,20 12 4,29
Exprimés 267 97,80 268 95,71

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 343 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 511 1 935 2 078 1 803 1 838 1 829 1 626 1 726 1 512
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 528 1 346 1 202 1 204 1 125 910 841 748 696
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
654 668 627 511 406 414 370 275 264
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
205 195 207 271 297 354 378 382 367
2011 - - - - - - - -
343 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Abriès en 1999 en pourcentage[10].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
Avant 1904
0,0 
4,3 
1905-1924
5,7 
9,8 
1925–1939
10,9 
20,7 
1940-1954
14,9 
20,1 
1955-1969
30,5 
16,3 
1970-1984
16,1 
28,8 
1985-1999
21,8 
Pyramide des âges en Hautes-Alpes en 1999 en pourcentage[11].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,1 
Avant 1904
0,3 
7,1 
1905-1924
10,6 
14,5 
1925–1939
15,2 
19,4 
1940-1954
18,6 
22,8 
1955-1969
22,3 
18,1 
1970-1984
16,1 
18,1 
1985-1999
16,9 

Économie[modifier | modifier le code]

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Il faut faire le circuit des Pierres Écrites, pierres gravées d'inscriptions jalonnant les rues et l'histoire d'Abriès.

Monuments[modifier | modifier le code]

Bâtiments religieux[modifier | modifier le code]

Église d'Abriès

L'église paroissiale Saint-Pierre-Saint-Paul-et-Saint-Antoine d'Abriès[12] est déjà attestée au XIIe siècle. Elle a été remaniée au XVIe siècle et restaurée après les guerres de religion, la nef a été couverte d'un lambris. Le clocher date de 1620.
À l'entrée de l'église, de part et d'autre de la porte romane en plein cintre, se tiennent deux lions mutilés, taillés dans la pierre, qui devaient être installés sur un porche inspiré de celui de la cathédrale Notre-Dame d'Embrun. Les inondations de 1728, lorsque le Bouchet est sorti de son lit, les avaient emportés jusqu'à la sortie du village. Ils ont donc du être remis en place[13].
L'église a un plan en croix latine à nef unique et une coupole à la croisée du transept. La nef a été agrandie d'une travée après la Révocation de l'Édit de Nantes (1685) pour accueillir les nombreux protestants convertis.
En 1864, un entrepreneur italien fut chargé de refaire le couvrement de l'église. La voûte et la charpente sont faites à cette date et le dôme en charpente du transept est haussé d'un seul bloc. La couverture a été refaite en 1985. Le cadran solaire sur le mur sud-est a été peint en 1821.

L'église se trouve au centre d'un ensemble de bâtiments religieux et qui ont perdu, pour certains d'entre eux, leur destination religieuse : la vicairie, ou ancienne résidence du vicaire forain de l'évêque d'Embrun, la chapelle des Pénitents, le presbytère, transformé en bibliothèque et où a été aménagé le musée du costume.

Elle comprend, outre le maître-autel, cinq autels, tous ornés d'un retable et/ou d'un tableau, de statues ou d'une façade sculptée en relief (saint Jean-Baptiste et l'adoration des Rois mages). Une fausse voûte peinte, de forme octogonale, représentant sur chacun des huit panneaux, en alternance, les quatre évangélistes et les quatre saisons. L'église contient de très nombreuses œuvres d'art : un retable architecturé monumental du XVIIe siècle, de style baroque, avec de nombreuses colonnes ornées, des sculptures en bois représentant saint Pierre et saint Paul, une crucifixion ; près de vingt tableaux des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, dont quatorze tableaux du chemin de croix ; de nombreuses statues de plâtre ou de stuc, peintes ou couvertes de feuilles d'or.

Le Chemin de Croix menant à Notre Dame des Sept Douleurs.

Les chapelles du village (Saint Roch[14], des Pénitents de la-Présentation-de-Jésus-au-Temple[15] et Saint-Laurent), les chapelles des hameaux, les oratoires, dont celui de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, comprennent tous un ou plusieurs tableaux et ex-voto et des statues. À voir aussi sur l'Adroit, un chemin de croix, érigé dans les années 1830, qui se termine par une chapelle, consacrée à Notre-Dame-des-Sept-Douleurs[16], et dont la niche de chacun des quatorze oratoires est ornée d'une plaque de métal gravée et peinte, représentant une des stations du chemin de croix canonique.

De nombreuses pierres écrites sont disséminées dans la communes. Une d'entre elles s'adresse au torrent Boucher, suite aux inondations de 1759-1768, de la manière suivante : « Bovcher - Si mon pied ne s'ébranle pas - ma tête ne te craint pas - j'ai qatre toises sovs moy - je me mocqve de toy »[13]. Autre pierre écrite, datant de la seconde moitié du XVIIIe siècle, sertie dans la façade de l'ancienne maison de Richard-Calve : « qui se regarde bien se connait bien et qui se connait bien peu s'estime », signé de BRCFD (Blaise Richard Calve fils de Daniel).

Les Halles[modifier | modifier le code]

Ancienne halle, actuel office du tourisme et hôtel de ville

Les halles[17], construites à la fin du XVIe siècle (la halle porte la date de 1609), sont un des monuments les plus importants de la commune. Elles ont été inscrites à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 27 juin 1925[18].

Au milieu du XIIIe siècle, le Dauphin comte de Viennois, chef de l'État du Dauphiné, dont faisait partie le Queyras, a autorisé les gens d'Abriès à créer un marché hebdomadaire, pour concurrencer le marché de Luzerne, de l'autre côté de la frontière, autrefois possession des princes de Savoie. L'ancienne prospérité d'Abriès, dont témoignent l'importance de sa population (2000 habitants en 1806), l'abondance des œuvres d'art qui ornent églises et chapelles, l'alphabétisation précoce de ses habitants (la communauté rémunérait un « régent » ou maître d'école dès le milieu du XVe siècle), était due au très important élevage ovin et à la transhumance inverse : les éleveurs quittaient Abriès en octobre, passaient les cols et allaient faire paître leurs troupeaux, jusqu'en avril, dans les vallées aujourd'hui italiennes, où ils vendaient, à Pâques, leurs agneaux et ils revenaient passer la fin du printemps et l'été à Abriès. C'est pour développer le commerce des brebis, des agneaux et de la laine que les halles ont été construites. Elles accueillaient deux foires par an, le 29 mai et le 29 septembre. À la suite de l'augmentation des droits de douane, de la croissance de la population en Italie et de la raréfaction des pâturages disponibles, puis du développement d'un élevage ovin dans la plaine de la Crau, l'élevage ovin et le commerce des agneaux s'est affaibli, les éleveurs d'Abriès se tournant vers l'élevage bovin et la fabrication des fromages. Ces halles ont été partiellement détruites pour y établir la mairie, la Poste et l'Office du tourisme.

Les spécificités architecturales de la commune sont les grosses fermes de la « reconstruction » (1947-1953), qui ont remplacé des fermes détruites par les Allemands lors des combats de septembre 1944 à Pra Roubaud, au Roux et à Abriès même. Sous un même toit, on trouve les trois espaces habituels de la maison queyrassine : étable au sous-sol, à côté au rez-de-chaussée la cuisine et les chambres et tout au-dessus d'immenses granges. Ces fermes, faites d'imposants volumes et tout en lignes et en angles, ont été dessinées par des architectes qui ont imposé un style fonctionnel, l'essentiel, selon eux, étant d'adapter l'architecture des bâtiments aux fonctions qu'ils devaient remplir.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Famille Berthelot : Au XVIIe siècle et jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, divers membres de la famille Berthelot ont détenu la charge de notaire royal, puis celle de châtelain du Queyras, transmise de père en fils jusqu'à la Révolution, les cadets étant souvent à Abriès « vicaires forains » de l'évêque d'Embrun.
  • Blaise Richard Calve (milieu du XVIIIe siècle-1818), issu d'une famille de marchands de laine, enrichie dans l'élevage ovin, et qui prêtait aussi à 5 %, contre hypothèques, d'importantes sommes d'argent. Il a épousé une fille Berthelot et, devenu veuf, il s'est remarié avec la fille d'un magistrat de Grenoble. En 1790, il est élu Président de l'Assemblée départementale des Hautes-Alpes, exerçant de fait pendant quelques années les responsabilités d'un préfet et d'un président de Conseil général ; et il a terminé sa brillante carrière comme juge de paix du canton d'Aiguilles.
  • Chaffrey Martin (1813-1872), né à Abriès, a été professeur de philosophie et aumônier au collège de Gap. Écrivain religieux très fécond et prolifique, auteur d’une méthode d’enseignement de la prédication, de nombreux ouvrages (au moins 16) sur l’éloquence religieuse et l’art de composer les sermons. En 1857, il fonde le « Journal de la prédication populaire et contemporaine ».
  • Guillaume Héritier (1907-2003), fut le doyen et la mémoire d'Abriès.
  • Famille Toy-Riont. Originaire du hameau de Pra-Roubaud, elle s'est enrichie à la fin du XIXe siècle dans le commerce de saindoux, fromages et salaisons à Marseille. Marius (1849-1898) fils de Jean 1840-1889) a pris l'initiative avec des amis du Queyras de construire à la fin du XIXe siècle, un Grand Hôtel à Abriès, hôtel de luxe qui a été détruit, en septembre 1944, lorsque l'Adroit où il était situé a été incendié par les Allemands. Son fils, Maurice licencié en droit (1876-1950) reprendra les affaires de son Père et s'intéressera à la margarine à partir de 1910, affaire qui fut développée et gérée par ses descendants jusqu'en 1988. Il sera décoré de la croix de guerre lors de la Première Guerre mondiale. Également à côté de ses affaires il fut élu conseiller général, député, puis sénateur des Hautes-Alpes. Il a présidé, pendant la Seconde Guerre mondiale, le Conseil départemental des Hautes-Alpes.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Jean Noël Bourcier, Abriès, mon village natal, Gap, Vollaire Productions,‎ 1983

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) J. N. Bourcier (1983), page 3
  2. « Fiche d'Abriès », sur le site de l'IGN, Consulté le 01/02/2009.
  3. « Blason Abriès », sur Armorial de France
  4. « Résultats de l'élection municipale de 2014 à Abriès », sur http://mairie.abries.free.fr (consulté le 27 juin 2014)
  5. J. N. Bourcier (1983), page 33
  6. « Éducation - Abriès : les élus prêts à démissionner », sur Le Dauphiné libéré
  7. Ministère de l'Intérieur - Hautes-Alpes (Provence-Alpes-Côte-d'Azur), « Résultats de l'élection présidentielle de 2012 à Abriès » (consulté le 27 juin 2014)
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  10. « Données de la pyramide des âges d'Abriès », INSEE, Consulté le 01/02/2009.
  11. « Pyramide des âges des Hautes-Alpes en 1999 », INSEE, Consulté le 01/02/2009.
  12. « Inventaire général : Église paroissiale Saint-Pierre-Saint-Paul-et-Saint-Antoine », base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. a et b (fr) J. N. Bourcier (1983), page 7
  14. « Inventaire général : Chapelle Saint-Roch », base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. « Inventaire général : Chapelle de Pénitents de la-Présentation-de-Jésus-au-Temple », base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. « Inventaire général : Chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs », base Mérimée, ministère français de la Culture
  17. « Inventaire général : Halle », base Mérimée, ministère français de la Culture
  18. « Notice no PA00080516 », base Mérimée, ministère français de la Culture