Armoire de fer

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L'armoire de fer était une ouverture aménagée dans un mur, faisant office de coffre fort dissimulé par un lambris pivotant situé dans les appartements de Louis XVI, au palais des Tuileries. Son existence fut révélée publiquement le [1] à Roland, ministre girondin de l'Intérieur, informé par l'artisan qui l'avait fabriquée, un serrurier nommé François Gamain[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Cette armoire était destinée à dissimuler la correspondance de Louis XVI avec, entre autres, Mirabeau, Maximilien Radix de Sainte-Foix, conseiller occulte du souverain, Joseph Duruey et Tourteau de Septeuil, ses banquiers, Arnaud de Laporte, intendant de la Liste civile sur laquelle des fonds étaient prélevés, François de Bonal, évêque de Clermont, etc. C'est à la suite de cette découverte que la dépouille de Mirabeau fut retirée du Panthéon. La plupart des pièces concernaient les correspondances des ministres de Louis XVI (Montmorin, Valdec de Lessart, Bertrand de Molleville, le comte de Narbonne, Cahier de Gerville, Dumouriez, etc.). D'autres lettres concernaient aussi presque tous les acteurs de la Révolution, que ce soit le général Santerre ou La Fayette, Antoine de Rivarol ou Talleyrand. D'autres documents étaient des rapports concernant les activités de corruption menées par les agents des ministres sous la direction de Collenot d'Angremont qu'on se précipita d'« expédier », avec Arnaud de Laporte, dans les jours qui suivirent le 10 août 1792. Ils furent les deux premiers guillotinés pour raisons politiques[3].

Tous ces documents, malgré les lacunes et filtrages probables, démontraient la duplicité des conseillers et des ministres — du moins ceux en qui Louis XVI avait confiance — qui avaient mis en place une diplomatie et une police parallèles. On découvrit surtout l'existence d'un vaste réseau de corruption mis en place et structuré dès 1791 par Montmorin, pour corrompre des meneurs populaires ou des orateurs de clubs, comme Antoine Joseph Santerre ou François Desfieux[4]. Des tentatives avaient même été menées pour gagner des députés de l'Assemblée, notamment lorsqu'après la journée du 20 juin 1792, il avait été question d'aborder la question du « décret de déchéance ».

Lors de la journée du 10 août 1792, les papiers personnels de Louis XVI et de Marie-Antoinette furent confiés à des membres de leur entourage. Ainsi, Mme Campan, première femme de chambre de la reine, recueillit-elle une liasse de documents importants qu'elle remit à Georges Gougenot de Croissy (1721 – 1796), secrétaire honoraire du roi. D'autres papiers, lettres et correspondances, furent mis en lieu sûr ou détruits. Mais les plus grandes destructions sont imputables à ceux qui avaient été compromis par les conseillers occultes de Louis XVI. Le ministre de l'Intérieur Roland aurait joué un rôle à cet égard et fait disparaître ce qui concernait son collègue Danton. Le 20 novembre 1792, Jean-Marie Roland déposait ces archives, du moins ce qui en restait et qui était considérable, sur le bureau de la Convention nationale, brisant ainsi toutes les manœuvres destinées à empêcher de renvoyer Louis XVI en jugement[5].

Publication[modifier | modifier le code]

Suite à cette affaire, un décret (décret du 6 décembre 1792) a été publié portant sur le triage des papiers et pièces qui provenaient du château des Tuileries, et sur la publication sur ordre de la Convention en décembre 1792 et janvier 1793, par l'imprimerie nationale, des papiers des Tuileries y compris ceux de « l'armoire de fer » :

  • Premier recueil des pièces trouvées aux Tuileries, et le 10 août, recueillis par le Comité de surveillance, imprimées d'après le décret de la Convention nationale du 5 décembre 1792, Paris, imprimerie nationale, décembre 1792.
  • Deuxième recueil des pièces (…) remises à la Commission des vingt-quatre, par le Comité de surveillance de la ville, Paris, imprimerie nationale, décembre 1792.
  • Troisième recueil des pièces trouvées dans l'armoire de fer (…) (deux volumes).
  • Quatrième recueil des pièces trouvées dans l'armoire de fer (…) qui est une suite du troisième recueil (…), trois tomes.
  • Cinquième recueil des pièces trouvées dans les papiers de M. de Montmorin, Laporte, intendant de la Liste civile, d'Abancourt, ex-ministre, et à l'hôtel Massiac dont les originaux sont en dépôt au comité de surveillance de l'assemblée nationale (…), Paris, imprimerie nationale.
  • Sixième recueil des papiers trouvés aux Tuileries (…) imprimés par ordre de la convention, Paris, 1792.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Dominique Bourzat, Les après-midi de Louis XVI, Levallois-Perret, La Compagnie littéraire-Brédys,‎ 2008, 225 p. (ISBN 978-2-8768-3193-3, OCLC 231587734)
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  3. Bernard Lerat, Le terrorisme révolutionnaire : 1789-1799, Paris, Editions France-Empire,‎ 1989, 276 p. (ISBN 978-2-7048-0633-1, OCLC 21669627), p. 95.
  4. Troisième recueil des pièces…
  5. Albert Mathiez, La révolution française, t. 2 : La Gironde et la Montagne, Paris, Denoël, coll. « Bibliothèque Médiations » (no 249),‎ 1985, 248 p. (ISBN 978-2-2823-0249-2, OCLC 490361212), chap. 4, (« Le procès du roi »)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]