Nicolas de Cues

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Nicolas de Cues
Image illustrative de l'article Nicolas de Cues
Biographie
Naissance 1401
à Cues (Allemagne)
Décès 11 août 1464
à Todi (Italie)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
en 20 décembre 1448 par le
pape Nicolas V
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de S. Pietro in Vincoli
Évêque de l’Église catholique
Fonctions épiscopales Évêque de Brixen (Saint-Empire, auj. Bressanonte en Italie)
Cardinal-vicaire de Rome

Blason

Nicolas de Cues

Philosophe allemand

Renaissance

Naissance 1401
à Cues (Allemagne)
Décès 11 août 1464
à Todi (Italie)
École/tradition Scolastique, néoplatonisme, humanisme
Principaux intérêts Théologie, métaphysique, mathématiques, ecclésiologie, politique
Idées remarquables Coincidentia oppositorum (coïncidence des opposés)
Œuvres principales De la docte ignorance
Influencé par Platon, Aristote, Augustin, Proclus, Pseudo-Denys l'Aréopagite, Jean Scot Érigène, Raymond Lulle, Albert le Grand, Maître Eckhart
A influencé Pic de la Mirandole, Charles de Bovelles, Lefèvre d'Etaples, Guillaume Briçonnet, Giordano Bruno, Descartes, Leibniz, Blumenberg, Georg Cantor

Nicolas Krebs (1401 - 11 août 1464), plus communément appelé Nicolas de Cues, est un penseur allemand de la fin du Moyen Âge. Il est également connu sous les noms de Nicolas Chrypffs, Nicolas de Cusa, Nicolaus Cusanus ou encore Nicolas de Cuse ou le Cusain en raison de son lieu de naissance (Cues sur la Moselle).

Il fut cardinal, puis il devint vicaire temporel et ami du pape Pie II. Sa cosmologie de nature essentiellement spéculative représente l'une des premières grandes alternatives à l'univers fermé de la scolastique aristotélicienne. Sa théorie de la connaissance a durablement influencé la philosophie des sciences (Giordano Bruno, Descartes[1]…) et l'astronomie théorique (Galilée…). Pour Ernst Cassirer, la docte ignorance constitue l'une des premières formulations de l'épistémologie moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nicolas Chrypffs (ou Krebs : écrevisse, crabe) est né à Cues en 1401. Il est le fils d'un riche batelier du nom de Jean Chrypffs et de Catherine Roemer. Protégé du comte Ulrich de Mandersheid, il reçoit une éducation soignée : sans doute envoyé d'abord à Deventer, chez les frères de la vie commune, il étudie ensuite brièvement à Heidelberg (1416-1417), puis plus longuement à Padoue, où il approfondit ses connaissances en philosophie, jurisprudence et mathématiques. Docteur en droit en 1423, il revient ensuite à Cologne (1425), où il étudie la théologie, sous la direction d' Heymeric de Campo (van de Velde), qui l'initie à Raymond Lulle et Albert le grand. Il fait à cette époque des recherches érudites de manuscrits rares ou inédits (Paris, 1428). Il travaille en même temps, en qualité de juriste et de secrétaire au service de l'archevêque-électeur de Trèves, Othon de Ziegenhein.

À la mort de ce dernier (13 février 1430), il soutient, la candidature de son protecteur Ulrich de Manderscheid (alors doyen du chapitre de Cologne et archidiacre de Trèves), au poste d'archevêque-électeur. Mais les électeurs se déchirent, une partie préférant Jacques de Sierck. Devant une situation bloquée au niveau local, le pape intervient en nommant un troisième homme, Raban de Helmstatt. Ulrich de Manderscheid, qui est convaincu de s'imposer bientôt au plan local sur Jacques de Sierck, s'estime lésé par cette intervention. Aussi cherche-t-il un soutien chez les Pères du Concile de Bâle (1431-1449). Nicolas de Cues, qui le représente, arrive en 1432 au concile, dont les travaux sont dirigés par Giuliano Cesarini. Sa place est alors évidemment dans le camp des partisans du Concile contre les tenants de la primauté du pape. Ses efforts en faveur de son protecteur se soldent par un échec en 1434.

Mais en 1437 a lieu l'événement décisif de la vie de Nicolas: il se range du côté du pape, lorsque celui-ci décide de créer un "contre-concile" à Ferrare (puis Florence), cependant que les Bâlois créent de leur côté un "anti-pape" (Félix V). Il se met désormais sous la protection du légat pontifical, Cesarini, que Nicolas de Cues a probablement connu à Padoue comme professeur de droit canon. Et il fait partie, en 1437, de l'ambassade chargée par le pape Eugène IV d'inviter l'empereur byzantin Jean VIII Paléologue et le patriarche de Constantinople à prendre parti pour le concile de Ferrare et non celui de Bâle. Les Grecs, qui ont en tête de se réunir avec l'Eglise de Rome pour obtenir son soutien contre les Turcs, choisissent le parti de la centralisation pontificale contre celui de la dispersion conciliaire.

Nicolas de Cues ne demeure toutefois pas à Ferrare : il est en effet envoyé en Allemagne pour rallier les princes et les ecclésiastiques allemands à la cause du pape. Ses talents de diplomate font alors merveille, et lui valent son surnom d'« Hercule des Eugéniens », tant il met de force de conviction dans la défense d'Eugène IV. Sa mission était cependant ardue. Elle lui vaut l'hostilité de nombreux ecclésiastiques allemands, à commencer par Jean Wenck de Herrenberg, un universitaire de Heidelberg, qui l'attaque dans son De ignota litteratura (L'ignorance des Lettres). Plus tard, au début des années 1450, le chartreux Vincent d'Aggsbach essaie encore de convaincre les moines bénédictins de Tegernsee, près de Münich, que la pensée cusaine ruine la véritable théologie mystique, qu'il conçoit beaucoup moins spéculative. En plus des lettres qu'il a adressées aux moines de tegernsee, le Cusain nous a laissé, de cette période, le Traité sur la Vision de Dieu (Le Tableau) de 1453.

En récompense de tous ses efforts, Cues est nommé cardinal-prêtre de Saint-Pierre-aux-Liens en 1448, puis évêque de Brixen (Bressanonte) en 1450. Envoyé de nouveau comme légat apostolique en Allemagne, pour prêcher cette fois-ci l'année jubilaire, il entre finalement dans son diocèse en 1452. Il y rencontre l'hostilité malveillante de l'archiduc Sigismond d'Autriche, qui soutient des moniales de Sonnenburg, révoltées contre les velléités réformatrices de leur évêque.

Défait, Nicolas cherche refuge au château de Buchenstein (Andraz) (1458). C'est là qu'il reçoit la nouvelle de sa nomination à Rome comme vicaire général du pape « humaniste » Pie II (Eneas Silvio Piccolomini). On le charge de proposer des mesures générales en vue de la réforme de l’Église, mais il rencontre derechef une vive opposition au sein de la Curie. Il meurt en 1464 à Todi.

La philosophie[modifier | modifier le code]

Esprit œcuménique et conciliant, Nicolas de Cues marque sans conteste la fin du Moyen Âge, et annonce le début de la Renaissance.

Il commence par se rendre célèbre en étant le premier à oser remettre en cause l'authenticité de la Donation de Constantin (La Concordance catholique, l. III, chap. 2, n. 294-298, 1433). Il sera suivi sur cette voie par Lorenzo Valla huit ans plus tard (Sur la donation de Constantin, à lui faussement attribuée et mensongère, 1441).

Lecteur assidu de Raymond Lulle, il élabore une méthode intellectuelle pour essayer de penser l'Infini ou Maximum : selon lui, en passant à la limite, la raison est obligée de changer de régime, en passant du principe de non-contradiction à celui de la « coïncidence des opposés ». Un polygone inscrit dans un cercle finit par exemple par devenir le cercle lui-même, et donc une figure sans côté (un non-polygone), à mesure que le nombre de côtés augmente.

De manière générale, il importe peu de savoir si Dieu doit être pensé comme Forme ou Matière, Acte ou Puissance : tous ces termes conviennent, pourvu qu'on les considère comme des conjectures initiales à dépasser. Que l'on choisisse de penser l'être comme actus essendi ou comme forma essendi, il demeure que, comme Anselme de Cantorbéry l'a appris au Cusain, la pensée doit procéder à un double dépassement : du concept fini à ce qu'on peut concevoir de plus grand ; puis du concept du maximum à ce qui est plus grand que ce qu'on peut concevoir. Dieu n'est pas n'importe quel acte ou forme, c'est l'acte et la forme les plus grands ; et il est si grand qu'il excède même l'acte et la forme.

Sa manière de penser la création est elle aussi originale, puisqu'il pense celle-ci, dans le deuxième livre de la Docte ignorance, comme une espèce de contraction de l'Être divin, qui fait entrer du vide dans l'être, ce qui permet la diversité des étants. On est ici tout près de la notion kabbalistique de tsim-tsoum.

Esprit curieux et rigoureux, sa bibliothèque a été conservée à Bernkastel-Kues. Elle offre en particulier les meilleures copies de certaines œuvres latines du dominicain Maître Eckhart, dont il s'est partiellement inspiré sur certains points de doctrine touchant à la vie mystique (codex cusanus 21, de 1444).

Nicolas de Cues dans la Basilica San Pietro in Vincoli, à Rome

L'astronomie[modifier | modifier le code]

Nicolas de Cues rompt avec la distinction aristotélicienne entre les mondes supra-lunaire et sub-lunaire, en appliquant à la « machine du monde » l'image de la sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part. Cette image, dont l'origine remonte aux écrits hermétiques (Livre des XXIV philosophes, prop. II), reçut son expression classique à la fin du XIIe siècle, en particulier chez Alain de Lille, dans ses Règles de Théologie, où elle était appliquée exclusivement à Dieu. Nicolas de Cues accepte cette image symbolique, qu'il applique d'ailleurs aussi à Dieu ; son originalité est de l'utiliser aussi à propos de l'univers, quitte à bouleverser la cosmologie traditionnelle et ainsi continue le pas menant à la révolution copernicienne.

Sans être à proprement parler infini, l'univers est sans limite finie, indéfini ou « indéterminé » (sans terme assignable). Il reprend en cela les déductions déjà faites par Nicole Oresme au siècle précédent. Comme l'univers est indéfiniment grand, la terre ne peut plus en être le centre :

« Bien que le monde ne soit pas infini, il ne peut cependant pas être conçu comme fini, puisqu'il lui manque les termes entre lesquels il serait enclos. Par conséquent, la terre, qui ne peut pas en être le centre, ne peut pas être privée de tout mouvement. En effet, il est nécessaire qu'elle soit mue de façon telle qu'elle soit mue infiniment moins. Comme donc la terre n'est pas le centre du monde, de même la sphère des fixes n'en est pas la circonférence, bien que, si l'on compare la terre au ciel, la terre paraît plus proche du centre et le ciel de la circonférence. »[2]

Il confirme que, comme tous les astres, la terre n'est pas fixe mais en mouvement :

« Il résulte de tout cela que la terre se meut. Et puisque du mouvement des comètes, de l'air et du feu, nous savons que les éléments se meuvent, et que la lune [se meut] de l'Orient à l'Occident, moins [vite] que Mercure ou Vénus ou le soleil et ainsi de suite, il s'ensuit que la terre se meut moins que tout le reste, et cependant elle ne décrit pas, comme une étoile, un cercle minimum autour du centre ou du pôle, pas plus que la huitième sphère ne décrit un [cercle] maximum comme on vient de le démontrer. »[3]

Le Cusain prend ainsi part à ce mouvement de transition entre le Cosmos clos de l'Antiquité et l'Univers infini de l'époque moderne. Giordano Bruno, lecteur de Nicolas de Cues, s'inspirera de ses propositions pour sa théorie concernant l'infinité de l'univers ; René Descartes reconnaîtra dans sa correspondance l'originalité de sa pensée. Toutefois, la cosmologie présentée par Nicolas de Cues ne peut ni ne veut être parfaitement mathématisée. Cette insistance sur l'« imperfection » naturelle le distingue, sur ce point, clairement de ses successeurs, comme Copernic et Galilée ; peut-être est-ce un ultime vestige de la vision sub-lunaire d'Aristote, pour qui la physique ne pouvait être réduite en aucun cas aux mathématiques, du fait de l’individualité concrète des corps matériels[4].

La théologie[modifier | modifier le code]

Penseur audacieux sous une apparence conservatrice, Nicolas de Cues laisse une empreinte ambiguë dans l'histoire de l'Église : défenseur acharné de la cause pontificale, l'« Hercule des Eugéniens » (surnommé ainsi parce qu'il a défendu la cause du pape Eugène V avec la force d'Hercule) est aussi célèbre pour avoir inspiré la pensée de nombre de novateurs postérieurs.

Sa christologie est remarquable. Refusant d'associer une quatrième personne à la Trinité, il défend l'union hypostatique : le Christ ne doit pas le fait d'être « un homme » à une subsistance humaine, mais au Verbe. Du coup, en Christ, l'humanité est unie personnellement à l'Être maximal, à l'Infini. Jésus existe ainsi en tant que personne dès l'origine, sans attendre les étapes du développement progressif de l'embryon. Il est de ce fait « minimus homo » (sermon 17). Il est cependant aussi « maximus homo », homme parfait possédant au plus haut degré les vertus humaines. Minimum et maximum coïncident là aussi.

Cette union hypostatique rend possible l'échange des propriétés essentielles que l'on appelle « communication des idiomes » en théologie. Dans la Crucifixion, Dieu accède en effet à la connaissance de la mortalité, et l'humanité accède à l'immortalité et à l'ubiquité. Cette manière de penser la Croix retiendra l'attention de l'évangélique français Lefèvre d'Etaples, qui édite les œuvres du Cusain en 1514.

Œuvres originales de Nicolas de Cues[modifier | modifier le code]

  • De maioritate auctoritatis sacrorum conciliorum supra auctoritatem papae, 1433.
  • De concordantia catholica (La Concordance catholique), 1433/34.
  • De docta ignorantia (De la docte ignorance), 1440.
  • De coniecturis (Les Conjectures), env. 1441/42.
  • Epistola ad Rodericum Sancium de Arevalo (Lettre à Rodrigue Sanchez), 1442.
  • De deo abscondito (Le Dieu caché), 1444/45.
  • De quaerendo deum (Chercher Dieu, La recherche de Dieu), 1445.
  • De filiatione dei (La Filiation de Dieu), 1445.
  • De dato patris luminum (Le don du Père des Lumières), 1446.
  • De Genesi (La Genèse), 1447.
  • Apologia doctae ignorantiae (Apologie de la Docte ignorance), 1449.
  • Autobiographia (Autobiographie), 1449.
  • Idiota de sapientia (Le Profane, L'Idiot. Sur la sagesse), 1450.
  • Idiota de mente (Le Profane, L'Idiot. Sur l'esprit), 1450.
  • Idiota de staticis experimentis (Le Profane, L'Idiot. Sur les expériences pondérales), 1450.
  • Conjectura de novissimis diebus (Conjecture touchant les derniers temps) - 1452. - Le texte complet en français libre de droit : [1]
  • De pace fidei (La Paix de la foi), 1453.
  • De icona. De visione Dei (Le Tableau ou la Vision de Dieu), 1453.
  • Complementum theologicum (Complément théologique), 1453.
  • De mathematicis complementis (Les Compléments mathématiques), 1453/54.
  • De beryllo (Le Béryl), 1458.
  • De mathematica perfectione (La Perfection mathématique), 1458.
  • De aequalitate (L'Egalité), 1459.
  • De principio (Le Principe), 1459.
  • Trialogus de possest (Dialogue à trois sur le pouvest), 1460.
  • Reformatio generalis (Projet de Réforme générale), env. 1460.
  • Cribratio Alkorani (Le Coran passé au crible, Le Coran tamisé), 1460/61.
  • Directio speculantis, seu De non aliud (Le Non-Autre), 1462.
  • Commentatio de notione creandi (fragmentum ca. 1462.
  • De venatione sapientiae (La Chasse de la Sagesse), 1463.
  • De ludo globi (Le Jeu de boule), 1463.
  • Compendium (Abrégé, Résumé), 1463.
  • De apice theoriae (La Pointe de la théorie, La Cime de la contemplation), 1464.
  • Sermones (Sermons, Homélies)

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Ulrich Pinder, Speculum intellectuale felicitatis humane. Compendium breve de bone valitudinis cura, quod est Regimen sanitatis, Nüremberg, 1510. Recueil de morceaux choisis du Cusain, plus ou moins habilement collés ensemble.
  • Opera, ss dir. Lefèvre d'Etaples, Paris, Josse Bade, 1514 ; réédité par Henri Petrus, Bâle, 1565.
  • Opera, Strasbourg, Martin Flach, 1528.
  • Opera omnia, éd. de l'Académie de Heidelberg, Leipzig, Meiner, 1932 et suiv.

Textes traduits en français[modifier | modifier le code]

  • La Conjecture des derniers jours ; tr. François Bohier, Paris, 1562.
  • De la vision de Dieu ; tr. Golefer, Paris, 1630.
  • De la Docte ignorance ; tr. Louis Moulinier, Paris, Alcan, coll. "Textes et traductions pour servir à l'histoire de la pensée moderne", 1930.
  • Oeuvres choisies ; tr. Gandillac, Paris, Aubier, 1942.
  • La Concordance catholique ; intr. de Jacques Doyon et Joseph Tchao, tr. Roland Galibois et Maurice de Gandillac, Sherbrooke, Université de Sherbrooke - Paris, Vrin, coll. "Publications du Centre d'études de la Renaissance [de l'Université de Sherbrooke]" 5, 1977. (ISBN 2-7116-9246-9)
  • La Paix de la foi ; intr. de Jacques Doyon et Joseph Tchao, tr. Roland Galibois et Maurice de Gandillac, Sherbrooke, Université de Sherbrooke - Paris, Vrin, coll. « Publications du Centre d'études de la Renaissance [de l'Université de Sherbrooke] » 4), 1977, (ISBN 2-7116-9247-7)
  • Lettres aux moines de Tegernsee sur la docte ignorance. Du jeu de la boule ; tr. Maurice de Gandillac, Paris, O.E.I.L., coll. « Sagesse chrétienne » 5, 1985, (ISBN 2-86839-028-5)
  • Le tableau ou La vision de Dieu ; tr. Agnès Minazzoli, Paris, Cerf, coll. « La nuit surveillée », 1986, (ISBN 2-204-02581-X)
  • Trois traités sur la docte ignorance et la coïncidence des opposés ; tr. Francis Bertin, Paris, Cerf, coll. « Sagesses chrétiennes », 1991, (ISBN 2-204-04221-8)
  • Sermons eckhartiens et dionysiens ; tr. Francis Bertin, Paris, Cerf, coll. « Sagesses chrétiennes », 1998, (ISBN 2-204-05917-X)
  • Du Non-Autre. Le guide du penseur ; tr. Hervé Pasqua, Paris, Cerf, coll. « Sagesses chrétiennes », 2002, (ISBN 2-204-06837-3)
  • Trialogus de Possest ; tr. P. Caye, D. Larre, P. Magnard, F. Vengeon, Paris, Vrin, 2006, (ISBN 2-7116-1837-4)
  • Les Écrits mathématiques ; tr. Jean-Marie Nicolle, Paris, Champion, 2007, (ISBN 978-2-7453-1573-1)
  • La Paix de la foi suivie de la Lettre à Jean de Ségovie ; tr. Hervé Pasqua, Paris, Téqui, 2008.
  • De la Docte ignorance ; tr. Hervé Pasqua, Paris, Bibliothèque Rivages, 2008.
  • La Filiation de Dieu ; tr. Jean Devriendt, intr. M-A. Vannier, Orbey, Arfuyen, 2009.
  • La Sagesse selon l'Idiot ; tr. Françoise Coursaget. Intr. et commentaires Roger Bruyeron, Hermann, 2009.
  • Le Traité du béryl, tome I, tr. Maude Corrieras, Paris, Ipagine, 2010.
  • De la Docte ignorance ; tr. Jean-Claude Lagarrigue, Paris, Cerf, coll. « Sagesses chrétiennes », 2010.
  • Les Conjectures ; tr. Jean-Michel Counet, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Les classiques de l'humanisme », 2011.
  • Le Coran tamisé ; tr. Hervé Pasqua, Paris, PUF, coll. « Épiméthée », 2011
  • Les Conjectures ; tr. Jocelyne Sfez, Paris, Beauchesne, coll. « Le grenier à sel », 2011
  • Dialogues de l'Idiot. Sur la sagesse et l'esprit ; tr. Hervé Pasqua, Paris, PUF, coll. « Épiméthée », 2011.
  • Les opuscules des années 1440-49 (Le Dieu caché; La recherche de Dieu; la filiation de Dieu; le don du Père des lumières; Conjectures des derniers jours; Dialogue sur la genèse) et 1459 (L'Egalité ; le Principe); introduction, traduction et notes de Hervé Pasqua, ICR, Ipagines, Rennes 2011.
  • La Sagesse, l'esprit, les expériences de statique selon l'Idiot ; tr. Françoise Coursaget, intr. et commentaires Roger Bruyeron, Hermann 2012
  • La Docte Ignorance ; tr. Pierre Caye, David Larre, Pierre Magnard et Frédéric Vengeon, Paris, GF Flammarion, 2013

Bibliographie secondaire (par ordre chronologique)[modifier | modifier le code]

  • Vansteenberghe, Edmond, Le Cardinal Nicolas de Cues (1401-1464). L'action, la pensée, Paris, Alcan, 1920.
  • Henry Bett, Nicolas of Cues, Londres, 1932
  • Gandillac, Maurice de, La philosophie de Nicolas de Cues, Paris, Aubier, « Philosophie de l'Esprit » 24, 1941.
  • Koyré, Alexandre, Du monde clos à l'univers infini, tr. Raïssa Tarr, Paris, PUF, 1962.
  • Bufo, Giovani, Nicolas de Cuse ou la métaphysique de la finitude, Paris, Seghers, "Philosophes de tous les temps" 10, 1964.
  • Anawati, Georges Chehata, Nicolas de Cues et le problème de l'Islam, dans Nicolo Cusano agli inizi del mondo moderno, Florence, 1970, p.141-173.
  • Counet, Jean-Michel, Mathématiques et dialectique chez Nicolas de Cuse, Paris, Vrin, 2000.
  • Gandillac, Maurice de, Nicolas de Cues, Paris, Ellipses, coll. "Philo", 2001.
  • Bédard, Jean, Nicolas de Cues, Montréal, Éditions de l'Hexagone, 2001.
  • Larre, David (éd.), Nicolas de Cues, penseur et artisan de l’unité. Conjectures, concorde, coïncidence des opposés, Paris, ENS Editions, 2005.
  • Counet, Jean-Michel et Mercier, Sébastien (éd.), Nicolas de Cues, les méthodes d’une pensée, Louvain-la-Neuve, Editions de l’ISP, 2006.
  • Vannier, Marie-Anne (éd.), La naissance de Dieu dans l’âme chez Eckhart et Nicolas de Cues, Paris, Cerf, coll. "Patrimoines", 2006.
  • Bocken, Iñigo, L’art de la collection. Introduction historico-éthique à l’herméneutique conjecturale de Nicolas de Cues, trad. J.-M. Counet, Louvain-la-Neuve, Editions de l’ISP, 2007.
  • Flasch, Kurt, Initiation à Nicolas de Cues, adapt. fr. J. Schmutz & M. Corrieras, Paris - Fribourg, Cerf - Academic Press, 2008.
  • Vannier Marie-Anne (éd.), La prédication et l'Eglise chez Eckhart et Nicolas de Cues, Paris, Cerf, coll. Patrimoines", 2008.
  • Vannier Marie-Anne (éd.), La Trinité chez Eckhart et Nicolas de Cues, Paris, Cerf, coll. "Patrimoines", 2009.
  • Nicolle, Jean-Marie, L'homme à la proposition d'or, Paris, Ipagine, 2010.


  • Haubst, Rudolf, Das Bild des Einen und Dreieinigen Gottes in der Welt nach Nikolaus von Kues, Trèves, 1952.
  • Haubst, Rudolf, Die Christologie des Nikolaus von Kues, Fribourg-en-Brisgau, 1956.
  • Flasch, Kurt, Die Metaphysik des Einen bei Nikolaus von Kues, Leiden, Brill, 1973.
  • Hagemann, L., Nikolaus von Kues im Gespräch mit dem Islam, Altenberge, 1983.
  • Heinemann, W., Einheit und Verschiedenheit. Das Konzept eines intellektuellen Religionsfriedens in der Schrift 'De pace fidei' des Nikolaus von Kues, Altenberge, 1987.
  • Euler, W. A., Unitas et pax. Religionsvergleich bei Raimundus Lullus und Nikolaus von Kues, Würzburg, 1990.
  • Haubst, Rudolf, Streifzüge in die Cusanische Theologie, Münster, 1991.
  • Flasch, Kurt, Nikolaus von Kues. Geschichte einer Entwicklung, Francfort, Klostermann, 1998.
  • Flasch, Kurt, Nikolaus von Kues in seiner Zeit. Ein Essay, Stuttgart, Reclam, 2004.
  • Casarella, P. J. (éd.), Cusanus, the Legacy of Learned Ignorace, Washington D.C., The Catholic University of America Press, 2006
  • Leinkauf, Thomas, Nicolaus Cusanus. Eine Einführung, Münster, Aschendorff, 2006.
  • Moritz, A., Explizite Komplikazione. Der radikale Holismus des Nicolai Cusanus, Münster, Aschendorff, 2006.
  • Catà, Cesare, La Croce e l'Inconcepibile. Il pensiero di Nicola Cusano tra filosofia e predicazione, Macerata, Edizioni EUM, 2009.
  • Sfez, Jocelyne, L'Art des conjectures de Nicolas de Cues, Paris, Beauchesne, 2012.
  • Certeau, Michel de, La Fable mystique (XVIe-XVIIe siècle), t. 2, Paris, Gallimard, coll. "Bibliothèque des histoires", 2013, ch. 1 ("Le regard: Nicolas de Cues"), p. 51-121.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Descartes, Lettre à Chanut, 6 juin 1647.
  2. De docta ignorantia, chapitre 11 du livre II, n. 157, p. 100
  3. De docta ignorantia, p. 102.
  4. Alexandre Koyré, Du monde clos à l'univers infini, Gallimard, p. 17-43