Bernard Gui

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gui.
Bernard Gui
Image illustrative de l'article Bernard Gui
Bernard Gui présentant son ouvrage à Jean XXII
Biographie
Naissance 1261
Royère aujourd'hui commune de La Roche-L'Abeille
Décès 1331
Lauroux
Évêque de l’Église catholique
évêque de Lodève
13241331
Précédent Jean de Tixerandrerie Bernard Dumas Suivant
évêque de Tui en Galice
13231324
Précédent Juan Fernández de Sotomayor Simón Suivant
Autres fonctions
Fonction religieuse
Inquisiteur de Toulouse

Bernard Gui (né Bernard Guidoni, nom latin Bernardus Guidonis), né en 1261 dans l'ancienne paroisse de Royère aujourd'hui hameau de la commune de La Roche-L'Abeille dans le Limousin, et mort en 1331 à Lauroux dans l'actuel département de l'Hérault, fut un dominicain français, évêque de Lodève et de Tui (Galice) (Espagne). Il a été surtout rendu célèbre par son rôle d'inquisiteur de l'hérésie en Languedoc.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il embrasse les ordres à l'âge de dix-neuf ans (1280) en entrant comme novice au couvent dominicain de Limoges. Il devient prieur d'Albi dix ans plus tard (1294), puis de Carcassonne, de Castres et de Limoges[1]. Finalement, il est mandaté grand inquisiteur de Toulouse (13071323) (Toulouse, Lauragais, Bas-Quercy).

Médiocre théologien, il donne toute sa mesure dans ses nouvelles fonctions. Durant sa charge, il doit faire face aux trois grands types d'hérésies de son époque : le catharisme (13071323), le valdéisme (13161322) et les Béguards et Béguines (13191323).

Il appartient à la seconde génération d'inquisiteurs qui rendent à l'institution inquisitoriale son poids et son efficacité après une période de contestation. Il en est aussi le grand ordonnateur juridique. Il est l'auteur du premier des manuels d'Inquisition, la Practica Inquisitionis hæreticae pravitatis, rédigé entre 1319 et 1323. Réputé pour la sévérité de ses sentences (et la rigueur de ses enquêtes contradictoires), il fait exécuter notamment Pierre Autier, l'âme de l'ultime résistance cathare (avril 1310) et fait torturer et incarcérer Bernard Délicieux (1319).

Son Liber sententiarum (Livre des sentences) recueille les actes de 11 sermons généraux (appelés sermo generalis) et ses 916 décisions de justice prises, pendant son mandat d'inquisiteur à Toulouse, contre 636 personnes (décisions individuelles ou concernant toute une communauté). Les sermons révèlent que le but premier de l'Inquisition est la conversion des hérétiques et non leur anéantissement. Contrairement à l'image de l'inquisiteur implacable, ce registre montre la variété de ses sanctions : 30 % des décisions sont des libérations de peine, environ 6 % sont des condamnations au bûcher (principalement pour les relaps), plus de 50 % sont des condamnations à la prison (prison perpétuelle avec mise aux fers pour les cas les plus graves) ou la pénitence du port de la croix jaune[1].

Ses promotions en tant qu'évêque lui sont octroyées par le pape Jean XXII en récompense des services rendus en tant qu'inquisiteur. Il reçoit ainsi en 1324 le modeste évêché de Lodève.

Historien et hagiographe de son ordre, il est l'auteur de nombreux ouvrages de grande importance dont entre autres un célèbre manuel intitulé Practica Inquisitionis hæreticae pravitatis (Manuel de l'inquisiteur) portant sur les pratiques et les méthodes de l'inquisition à l'usage de ses frères.

Il rédige également un arbre de la généalogie des rois des Francs, cinq éditions furent produites entre 1313 et 1331, où c'est la première fois qu'on retrouve les mots arbre et généalogie dans un titre, à une époque où la notion d'arbre généalogique n'est pas encore arrêtée. C'est également la première fois qu'on applique à une généalogie royale les représentations d'ordinaire réservées aux généalogies bibliques[2].

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

  • Fleurs des chroniques
  • Chronique abrégée des empereurs
  • Chronique des rois de France
  • Catalogue des évêques de Limoges
  • Traité sur les saints du Limousin
  • Traité sur l'histoire de l'abbaye de Saint-Augustin-de-Limoges
  • Chronique des prieurs de Grandmont
  • Chronique des prieurs de l'Artige
  • Chronique des évêques de Toulouse
  • Sanctoral ou miroir des Saints
  • Vie des Saints
  • Traité sur les soixante-douze disciples et sur les apôtres
  • Traité sur l'époque de la célébration des conciles
  • Compilation historique sur l'ordre des Dominicains
  • Pratique de l'Inquisition

Dans les œuvres de fiction[modifier | modifier le code]

Il est l'un des principaux personnages du roman Le Nom de la rose d'Umberto Eco, dans lequel il se sert de la lutte contre l'hérésie dolcinienne dans la querelle politico-théologique sur la « pauvreté de Jésus » qui oppose le pape Jean XXII, dont il est l'envoyé, à l'empereur romain germanique Louis de Bavière et les franciscains menés par Michele da Cesena et Ubertin de Casale.

On retrouve ce personnage dans l'adaption cinématographique du roman, le film Le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud, où il est interprété par le comédien américain F. Murray Abraham. Toutefois, le nom du personnage est un peu modifié (il devient Bernardo Gui) et meurt à la fin du film.

Dans la bande dessinée Le Troisième testament (tome 1) de Dorison et Alice, il est également fait mention de l'inquisiteur Bernardo Gui.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Julien Théry, Le livre des sentences de l'inquisiteur Bernard Gui, CNRS éd.,‎ 2010
  2. Didier Lett, Christiane Klapisch-Zuber, L'Ombre des ancêtres. Essai sur l'imaginaire médiéval de la parenté, vol. 20, t. 41, Médiévales,‎ 2001 (lire en ligne), p. 176-180.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]