Ernst Bloch

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Ernst Bloch
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Philosophe allemand

Période Contemporaine

Bundesarchiv Bild 183-27348-0008, Berlin, Ernst Bloch auf Begegnung der Geistesschaffenden.jpg
Naissance
8 juillet 1885 (Ludwigshafen)
Décès
4 août 1977 (Tübingen)
École/tradition
Principaux intérêts
Idées remarquables
Le principe espérance (redéfinition de l'utopie)
Œuvres principales
Le principe espérance
Influencé par

Ernst Bloch (1885-1977) est un philosophe allemand qui s'inscrit dans la lignée des marxistes « non-orthodoxes » tels Georg Lukács (durant les années 1920), Antonio Gramsci, Karl Korsch ou encore les penseurs de l'École de Francfort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Convaincu de la nécessité d'une révolution radicale en Allemagne, Ernst Bloch adhère très tôt au socialisme et fait campagne contre le militarisme prussien. En 1915, avec ses amis dadaïstes, il s'enfuit en Suisse où il travaille pendant toute la guerre à la rédaction du journal anti-impérialiste allemand Die freie Zeitung. Il retourne après la guerre en Allemagne où il fait paraître son premier ouvrage, L'esprit de l'utopie (Leipzig, 1918), qui fit de lui l'un des principaux théoriciens du concept d'utopie à la lumière de la tradition hégéliano-marxiste. Cette première publication eut une influence considérable sur plusieurs de ses contemporains, tels Walter Benjamin et Theodor W. Adorno.

Il publie ensuite sa thèse, Thomas Münster als Theologe der Revolution (1ère éd. Münich, 1922; 2e éd. revue, Francfort-sur-le-Main, 1962). Son combat politique s'oriente peu à peu vers une dénonciation violente du nazisme.

Après la publication de son ouvrage antinazi Héritage de ce temps (1935), Bloch est déchu de sa nationalité et contraint de quitter l'Allemagne pour New York. Dès 1938, il commence à ébaucher ce qui sera son opus magnum Le Principe espérance. Il fonde à New York avec B. Brecht et Thomas Mann une maison d'édition, Aurora Verlag.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il refuse une chaire à l'Université Goethe de Francfort pour une chaire à l'Université Karl Marx de Leipzig (1949). C'est alors qu'il commence à faire paraître Le principe espérance (3 vol., 1954-1959) où il s'interroge à nouveau sur le concept d'utopie en adoptant une méthode « archéologique », retraçant dans l'histoire mondiale et dans la culture de masse américaine les ferments de l'utopie en même temps que les sources de l'appauvrissement de l'« espérance ».

Il obtient les louanges et l'estime des autorités et de ses collègues par ses travaux sur Hegel (Subjekt-Objekt : Erläuterungen zu Hegel, 1ère éd., 1949), sur la gauche aristotélicienne (Avicenna und die aristotelische Linke, Berlin-est, 1952) ou pour son histoire du droit (Abriss der sozialen Utopien, New York, 1946) mais il est ensuite livré à la vindicte publique dans un écrit dénonçant son "révisionnisme" (Ernst Bloch's Revisionismus des Marxismus, Berlin-est, 1957). En 1959, l'université de Leipzig l'accuse d'être un "corrupteur de la jeunesse".

En 1961, après une tournée de conférences, il décide de ne pas retourner en Allemagne de l'Est et termine sa carrière universitaire par une charge de cours à l'université de Tübingen.

Opposé au marxisme stalinien, Ernst Bloch défend la nécessité de l'utopie qui, à ses yeux, n'a rien d'une forme d'aliénation. Pour ce marxiste non-orthodoxe, l'utopie permet de repenser l'histoire. En effet, selon le philosophe, l'expérience utopique est l'occasion d'une prise de conscience renouant – comme plusieurs l'ont remarqué[Qui ?] – avec une forme de messianisme moderne.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

  • Traces, Paris, Gallimard, 1968 (1998, coll. Tel), ISBN 2070750582
  • Thomas Munzer: théologien de la révolution, Paris, UGE, 10/18, 1975.
  • Droit naturel et dignité humaine, Paris, Payot, 1976.
  • L'esprit de l'utopie, Paris, Gallimard, 1977.
  • Héritage de ce temps, Paris, Payot, 1977.
  • Sujet-Objet. Éclaircissements sur Hegel, Paris, Gallimard, 1977.
  • L'athéisme dans le christianisme: la religion de l'Exode et du Royaume, Paris, Gallimard, 1978.
  • Experimentum mundi: question, catégories de l'élaboration, praxis, Paris, Payot, 1981.
  • Le principe espérance, 3 vol., Paris, Gallimard, 1976, 1982, 1991. Traduit de l'allemand par Françoise Wuilmart.
  • La philosophie de la Renaissance, Paris, Payot, 1994. Une étude de la Renaissance à partir de ses principaux penseurs, italiens et allemands (Rééd.: Payot-poche, 2007, (ISBN 2228901628)).
  • Avicenne et la gauche aristotélicienne, éd. Premières Pierres, 2008. Une étude de la philosophie péripatéticienne de la matière.
  • Symbole: les juifs. Un chapitre oublié de l'Esprit de l'utopie précédé de "Les juifs et l'utopie" par Raphaël Lellouche, Paris, Editions de l'éclat, 2009.[1]
  • Études critiques sur Rickert et le problème de la théorie moderne de la connaissance, Paris, Éd. de la Maison des sciences de l'homme, 2010 (coll. Philia). Traduction, introduction et notes par Lucien Pelletier.
  • Mémorial pour Else Bloch-von Stritzky, Paris, Ed. de la Maison des sciences de l'homme, 2011 (coll. Philia).

Titres originaux[modifier | modifier le code]

  • Kritische Erörterungen über Heinrich Rickert und das Problem der Erkenntnistheorie, Dissertation, 1909.
  • Geist der Utopie, 1918.
  • Thomas Müntzer als Theologe der Revolution, München, 1921.
  • Spuren, Berlin, 1930.
  • Erbschaft dieser Zeit, 1935.
  • Freiheit und Ordnung, Berlin, 1947.
  • Subjekt - Objekt, 1949.
  • Christian Thomasius, 1949.
  • Avicenna und die aristotelische Linke, 1949.
  • Das Prinzip Hoffnung, 3 vol., 1954-1959.
  • Naturrecht und menschliche Würde, 1961.
  • Tübinger Einleitung in die Philosophie, 1963.
  • Atheismus im Christentum, 1968.
  • Politische Messungen, 1970.
  • Das Materialismusproblem, seine Geschichte und Substanz, 1972.
  • Experimentum Mundi. Frage, Kategorien des Herausbringens, Praxis, 1975.