Crémieu

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Crémieu
Une des rues médiévales de Crémieu et le Chateau Delphinal
Une des rues médiévales de Crémieu et le Chateau Delphinal
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement La Tour-du-Pin
Canton Crémieu
Intercommunalité Communauté de communes de l'Isle-Crémieu
Maire
Mandat
Alain Moyne-Bressand
2008-2014
Code postal 38460
Code commune 38138
Démographie
Gentilé Crémolans
Population
municipale
3 357 hab. (2011)
Densité 547 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 43′ 33″ N 5° 15′ 08″ E / 45.7258333333, 5.25222222222 ()45° 43′ 33″ Nord 5° 15′ 08″ Est / 45.7258333333, 5.25222222222 ()  
Altitude Min. 203 m – Max. 415 m
Superficie 6,14 km2
Localisation

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Crémieu
Les remparts

Crémieu est une commune française située dans le département de l’Isère, en région Rhône-Alpes. Crémieu a conservé sa cité médiévale. Les habitants sont appelés les Crémolans et Crémolanes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Crémieu est situé au nord-ouest du département, à 15 km au nord de Bourgoin-Jallieu, 12 km à l'est de l'aéroport Lyon-Saint-Exupéry (Satolas) et environ 40 km à l’est de Lyon.

Les communes limitrophes sont Leyrieu au nord, Annoisin-Chatelans, Siccieu-Saint-Julien-et-Carisieu, Dizimieu, Villemoirieu et Saint-Romain-de-Jalionas.

Selon de classement établi par l'INSEE en 1999, Crémieu est une commune urbaine, la ville centre d'une unité urbaine de deux communes (la seconde étant Villemoirieu), qui fait partie de l'aire urbaine de Lyon[1].

Géographie physique[modifier | modifier le code]

La ville se trouve au contact entre une zone de collines à l'est et les terrains plats de la vallée du Rhône qui coule 5 km au nord.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancienne ville résidence des dauphins du Viennois. Crémieu est mentionné dès le IXe siècle ; mais apparaît dans l'histoire au XIIe siècle.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le château et le prieuré

À la fin du XIIe siècle, Crémieu est le siège d'une châtellenie de la Baronnie de La Tour-du-Pin, rattachée en 1282 au Dauphiné, lui-même rattaché à la Couronne de France en 1349. Le château est établi sur la colline Saint-Laurent. Situé à la frontière entre le Dauphiné et les Savoie, la châtellenie de Crémieu joue un rôle militaire important. Face au château, un prieuré de bénédictins, entouré de ses propres fortifications, se trouve au sommet des falaises de Saint-Hippolyte. En 1247, ce prieuré est rattaché à l'Abbaye de Saint-Chef.

La ville basse

La ville se développe tout au long du XIIIe siècle sous les murailles du château delphinal, puis entre les deux collines ; située sur la route de l’Italie, elle a une certaine activité comme centre du commerce des grains entre la France et la Savoie, la Suisse et l'Italie. En 1315, une charte de franchises accorde aux habitants de nouvelles libertés et d'importants privilèges commerciaux. L'existence d'un atelier monétaire, attestée en 1337, indique l'essor économique de la ville. La ville basse qui, à partir du XIVe siècle, attire les riches marchands, conserve encore à l'heure actuelle maisons et anciens hôtels particuliers à l’architecture soignée. C'est le début d'une période de prospérité de deux siècles qui nécessitera la construction de nouveaux remparts englobant les deux collines et la ville basse ; au XVe siècle, une vaste halle, recouverte de lauze de Crémieu, remplace le marché créé en 1314.

Le couvent des Augustins

C'est au début du XIVe siècle, que Jean II, dauphin de Viennois, fonde, dans la partie neuve de la ville, un prieuré destiné à accueillir une dizaine d'ermites de Saint-Augustin, ordre mendiant formé au XIIIe siècle. Les travaux de construction du couvent débutent au XIVe siècle et se poursuivent par de nombreux remaniements jusqu'au XIXe siècle : édification du clocher au-dessus d'une tour de défense en 1508, réaménagement du cloître et construction du portail au XVIIe siècle par exemple. À la Révolution française, le 9 mai 1791 précisément, les bâtiments et l'église sont adjugés à la municipalité de Crémieu pour la somme de 7 000 livres, et affectés à de nouveaux usages.

Époques moderne et contemporaine[modifier | modifier le code]

Ancienne filature de lin
L'évolution économique

Le déclin du commerce, renforcé en 1702 par la suppression des foires annuelles instaurées au XIVe siècle, incite les habitants à développer l'industrie du textile grâce à la production de lin des campagnes voisines et celle du cuir qui occuperont en 1710 près du quart de la population. Par ailleurs, au XVIIe siècle, de nombreux ordres religieux et confréries (Capucins, Pénitents Blanc, Visitandines, Ursulines) s'installent à Crémieu, prenant possession d'une ville dont l'activité commerciale faiblit.

Le couvent de la Visitation

Jeanne de Chantal fonde le couvent de la Visitation en 1627, les religieuses ne disposent que d’une petite maison et d’une chapelle. Les bâtiments actuels construits entre 1632 et 1682 sont saisis comme bien national et vendus en 1792. Trente ans plus tard, la municipalité y installe l’hôpital, auquel est annexé le Refuge des vieillards, en 1864. Une nouvelle chapelle est construite en 1884 par l'architecte lyonnais Pierre Richard.

Le château

Le château delphinal est abandonné au cours du XVIIIe siècle et sert de carrière de pierres jusqu’à la Révolution, avant d’être en partie reconstruit au XIXe siècle. Il a été classé monument historique en 1943.

Une destination pour les peintres

Au début du XIXe siècle, Crémieu et ses environs deviennent une destination des paysagistes lyonnais et grenoblois à la recherche de sujets pittoresques. Très rapidement, des peintres d'horizons géographiques et artistiques variés installent leur chevalet dans l'Isle Crémieu. Une centaine d'artistes y travaillent au cours du siècle dont Auguste Ravier, Paul Flandrin, Hector Allemand, mais aussi Camille Corot, Charles-François Daubigny et Gustave Courbet qui ont immortalisé l'écluse de l'étang de la Tuille à Optevoz.

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, de jeunes artistes séjournent à leur tour à Optevoz, attirés par la renommée de leurs illustres prédécesseurs. Alexis-Paul Pachot d'Arzac, Philippe Tassier et Charles Rouvière ont notamment laissé des décors peints dans plusieurs maisons du canton[2].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Crémieu Blason D'azur, au dauphin d'or, soutenu de trois miroirs d'argent cerclés aussi d'or[3], la banque du blason.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1983 en cours Alain Moyne-Bressand UMP Député, conseiller général

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 357 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 236 2 123 2 184 2 318 2 401 2 310 2 292 2 284 2 302
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 356 2 370 2 244 2 055 1 978 1 797 1 838 1 694 1 912
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 893 1 743 1 696 1 929 1 971 1 854 1 682 1 536 2 148
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
2 416 2 393 2 450 2 409 2 855 3 169 3 330 3 357 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5])
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Une zone artisanale et industrielle est implantée sur la Ville sur le site des Triboullières.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La ville conserve de nombreuses maisons anciennes (XVIe-XVIIIe siècles), de beaux restes de fortifications (portes du XIVe siècle, segments de murailles), de vastes halles couvertes (XVe siècle), et le couvent des Augustins dont le cloître est intact et qui sert de mairie depuis la Révolution française.

Le château delphinal domine la ville côté Est, tandis que les ruines d'un prieuré fortifié couvrent toute la colline Saint-Hippolyte à l'Ouest.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Daniel Chabrun (1925-2006), chef d'orchestre français, possédait une résidence familiale à Crémieu. En effet, par sa mère, Marthe Audibert, il est arrière-petit-fils de Félicité Guichard, épouse Audibert : la famille Guichard est une des plus anciennes familles de Crémieu.
  • Joseph La Bonnardière (1829-1887), médecin et historien, inventeur et promoteur du mot thalassothérapie, formé du grec thalassa (mer) et therapeia (traitement médical). Joseph La Bonnardière était originaire de Crémieu, et non d'Arcachon, comme on le prétend souvent par erreur. C'est à Montpellier qu'il rédige et soutient, le 31 décembre 1865, sa thèse de médecine Introduction à la Thalassothérapie[6], signant du même coup l'acte de naissance officiel d'une pratique thérapeutique aujourd'hui universellement connue. Devenu médecin, il exerce pendant une brève période à Cadéac et Arcachon, avant de regagner sa ville natale, pour s'établir bientôt définitivement à Grenoble. Fils et petit-fils de médecins crémolans, il était également le neveu du Dr Jérôme La Bonnardière, maire de Crémieu et Conseiller Général de l'Isère[7].
  • Achille Raverat, né à Crémieu en 1812, baron, hommes de Lettres, dessinateur et grand voyageur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. cheminement : sur la petite carte de France, onglet Départements, puis choisir le département, puis menu déroulant Couches d'aide à la sélection, sur le site insee.fr
  2. 38138 - Crémieu, sur le site geneanet.org
  3. Gaso
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  6. Joseph La Bonnardière, Introduction à la Thalassothérapie, Thèse de médecine, Boehm & Fils, Montpellier, 1865.
  7. Jean-Michel Gilot - Généalogie du Dr Joseph La Bonnardière

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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