Cyanotype

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Photographie d'un saumon réalisée en cyanotype
Cyanotype de l'algue brune Dictyota dichotoma d'Anna Atkins (1799-1871).

Le cyanotype est un procédé photographique monochrome négatif ancien, par le biais duquel on obtient un tirage photographique bleu de Prusse, bleu cyan.

Cette technique a été mise au point en 1842 par le scientifique et astronome anglais John Frederick William Herschel.

Ce procédé utilise deux produits chimiques :

Le premier livre utilisant ce procédé est British Algae (1841-1853) de la Britannique Anna Atkins (1799-1871)[1].

Procédé[modifier | modifier le code]

On mélange en volumes égaux une solution à 8 % (masse sur volume) de ferricyanure de potassium et une solution à 20 % de citrate d'ammonium ferrique. Ce mélange photosensible est ensuite appliqué sur une surface, par exemple sur une feuille de papier, à l’aide d’un pinceau en couche homogène. On laisse sécher dans l'obscurité ce support préparé. Une fois sec, il présente une couleur jaune tirant sur le vert.

Les cyanotypes peuvent être réalisés sur tout support capable d'être rendu photosensibles par cette préparation. Le papier épais à dessin est le médium le plus courant, mais du tissu ou une surface non poreuse recouverte de gélatine peuvent être utilisés.

Sous l'exposition à des rayons ultraviolets, le fer des surfaces exposées est réduit, formant sur le papier une couleur bleu de Prusse à bleu cyan. L’intensité du changement de couleur dépend de la quantité de rayons UV, mais on peut obtenir des résultats satisfaisants après trois à six minutes d’exposition en plein soleil en été.

Les motifs, qui apparaissent en clair[2] sur fond sombre, peuvent être obtenus par contact avec tous formats de négatifs, sachant qu’il n’y a évidemment aucun agrandissement dans ce cas. N’importe quel type d'objet peut aussi être utilisé pour obtenir des photogrammes.

Après l’exposition, le fer non réagi (jaune-vert) est éliminé par rinçage à l’eau courante. Le cyanotype obtenu est ensuite séché à l'air libre.

Il existe des coffrets conçus pour exposer des cyanotypes, composés de tubes produisant une lumière UV avec une vitre abritant le papier recouvert du négatif. Le coffret se referme, évitant le contact des UV avec les yeux, et comporte une minuterie.

Il existe un autre procédé, plus récent et donnant le même résultat. La solution photosensible est alors constituée d'hexacyanoferrate de potassium ainsi que de dichromate d'ammonium. La solution de révélation, elle, est une solution de chlorure de fer (III). Le procédé est ensuite similaire au procédé traditionnel.

Conservation[modifier | modifier le code]

Contrairement à la plupart des procédés de reproduction anciens et récents, les cyanotypes n'aiment pas les environnements basiques, le risque étant de voir l'image pâlir.

Une autre caractéristique du cyanotype est sa propension à la régénération : les images ayant pâli, à cause d'une exposition prolongée à la lumière, peuvent souvent revenir à leur tonalité d'origine si on les entrepose dans un lieu obscur.

Des cyanotypes d'avant 1940 sont conservés dans des musées. Le musée Nicéphore-Niepce de Chalon-sur-Saône en expose parfois au public. Ils sont en parfait état de conservation.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anna Atkins, British Algae: Cyanotype Impressions
  2. Qui correspondent aux zones où les rayons UV sont moins passés, et ont donc moins agit sur le fer.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]