Theodor Reik

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plaque mémoriale, Berlin, en Allemagne.

Theodor Reik (1888 Vienne-1969 New York) est un psychanalyste autrichien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il a fait des études de psychologie, de lettres et de philosophie à l'université de Vienne et consacre sa thèse doctorale à l'ouvrage de Gustave Flaubert, La Tentation de saint Antoine. Il rencontre S. Freud en 1910, et rejoint en 1912 la Société psychanalytique de Vienne, dont il devient secrétaire à la suite d'Otto Rank. Il est analysé par Karl Abraham, à Berlin et devient l'un des premiers analystes non-médecins. Il est connu surtout pour son article sur La couvade (1914), re-publié dans son ouvrage sur Le rituel (1974). Pendant la guerre, Reik est mobilisé dans l'armée autrichienne. Après la guerre, il s'intéresse à l'effroi dans plusieurs de ses travaux et articule cette notion à la névrose traumatique[1].

A Vienne, les pratiques de soins font débat entre politiques et expertises (Tréhel, G., 2013). Reik est poursuivi pour pratique illégale de la médecine. C'est dans ce contexte que Freud prend son parti et écrit son livre Pour l'analyse profane. Reik décide alors de s'installer à Berlin, en 1928, où il enseigne à l'Institut psychanalytique. Il fuit le nazisme en rejoignant les Pays-Bas en 1934, mais il est à nouveau contraint de fuir, du fait des événements politiques et de la montée de l'antisémitisme. Il s'installe alors définitivement aux États-Unis, dont il devient citoyen en 1944, mais se voit refuser la possibilité d'être membre à part entière de la société psychanalytique de New York, car il n'est pas médecin. Il décide, avec d'autres collègues, de fonder une association particulièrement adressée aux psychanalystes-psychologues, la National Psychological Association for Psychoanalysis (en). Il a participé à des émissions de télévision et écrit de nombreux ouvrages, notamment Le besoin d'avouer (1925) et Écouter avec la troisième oreille (1948). Dans son ouvrage Masochism in Modern Man (1941), publié en France sous l'intitulé Le Masochisme (1953), il explique que les patients qui se provoquent des lésions agissent de la sorte pour démontrer leur force émotionnelle, induire les autres à se sentir coupables et pour obtenir une sensation de « victoire à travers la défaite ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Trehel, « Theodor Reik (1888-1969) : sur l’effroi », l'Information Psychiatrique, vol. 88, no 6,‎ 1er juin 2012, p. 455-466 (ISSN 0020-0204, lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]