AMX-30

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
AMX-30
AMX-30B
AMX-30B
Caractéristiques de service
Service 1966-2011
Utilisateurs France, Espagne, Grèce, Chili, Bosnie-Herzégovine, Chypre, Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Venezuela
Conflits Guerre du Golfe
Production
Concepteur Direction des Études et Fabrications d'Armements & Atelier de Construction d'Issy-les-Moulineaux
Année de conception 1963
Constructeur Atelier de Construction de Roanne
Production 3 571 exemplaires avec les dérivés
Caractéristiques générales
Équipage 4 hommes pilote, chef de char, tireur et radio chargeur
Longueur 6,59 m (caisse)
Largeur 3,10 m
Hauteur 2,50 m
Masse au combat AMX-30B : 36 tonnes

AMX-30B2 : 37,7 tonnes
AMX-30B2 Brenus : 39,3 tonnes[1]

Armement
Armement principal un canon CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1 (47 obus)
Armement secondaire Une mitrailleuse AANF1 de 7,62 mm commandée depuis l'intérieur sur la coupole du chef de char (2 070 coups).

Un canon-mitrailleur M693 de 20 mm (480 obus) monté à gauche de l'armement principal.

Mobilité
Moteur AMX-30B : Hispano-Suiza HS-110 (polycarburant)

AMX-30 B2 : Hispano-Suiza HS-110-2
AMX-30 Brenus : MACK E9-750

Puissance AMX-30B : 680 ch (510 kW) à 2400 tr/min

AMX-30B2 : 720 ch (529 kW) à 2600 tr/min
AMX-30 Brenus : 750 ch (559 kW) à 2400 tr/min

Transmission AMX-30B : AMX 5-SD-200D (manuelle)

AMX30B2 : Minerva ENC 200 (semi-automatique)

Suspension à barres de torsion
Vitesse sur route 65 km/h sur route (40 km/h en tout terrain)
Puissance massique De 18 à 19 ch/t
Réservoir 970 ℓ
Autonomie 550 km

L'AMX-30 est la deuxième génération de char de combat principal qui équipa l'armée française pendant plus de 30 ans. Ce char de deuxième génération a été construit à environ 3 500 exemplaires à partir de 1966 (dont la moitié exportée), son châssis a été utilisé pour développer d'autres systèmes blindés tels le char de dépannage AMX-30D ou le véhicule d'emport du missile Pluton.

Présentation[modifier | modifier le code]

La naissance du char AMX-30 remonte à 1956, lorsqu'un groupe de travail composé d'experts français, allemands et italiens élabore les spécifications d'un char moyen européen destiné à remplacer le M 47 d'origine américaine. Les premiers prototypes sont livrés en 1960. L'évaluation des trois prototypes — deux allemands, un français — conclut que les chars de construction allemande sont supérieurs au modèle français. Malgré tout, la France décide d'arrêter la collaboration avec l'Allemagne et l'Italie en 1963 pour poursuivre la construction en série du modèle français pour équiper l'armée française. L'Allemagne de l'Ouest poursuit la mise au point d'un de ses modèles proposés, lequel devient le Leopard 1, et l'Italie achète des M60 américains.

Conçu par les Ateliers de construction d'Issy-les-Moulineaux (AMX), l'AMX-30 est un assemblage d'acier coulé et corroyé, la tourelle est coulée d'une seule pièce. L'équipage se compose de 4 hommes. Le pilote est assis à l'avant gauche du châssis, les 3 autres membres de l'équipage (le chef de char et le tireur à droite, le chargeur à gauche) sont installés dans la tourelle.

L'AMX-30B est mis en service à partir de 1967. Le premier régiment à en être équipé est le 503e régiment de chars de combat à Mourmelon, suivi du 501e à Rambouillet. Les régiments blindés des forces françaises en Allemagne sont équipés par les séries suivantes sorties des ateliers de Roanne. Au début des années 1980, 1 210 AMX-30 étaient en ligne en compagnie de 1 010 AMX-13[2]. Les AMX-30B sont retiré en 1997.

Son armement principal est un canon GIAT CN-105 F-1 à âme rayée d'un calibre de 105 mm, opéré par le tireur ou le chef de char (qui a une commande prioritaire), et la télémétrie optique est opérée par le chef de char qui définit la cible, calcule la distance et transmet les informations verbalement au tireur. L'AMX30B est reconnaissable de l'AMX30-B2 par les optiques de télémétries de part et d'autre de la tourelle.

L'AMX-30 dispose en armement secondaire d'un canon automatique coaxial de 20 mm, en remplacement de la mitrailleuse de 12,7 mm d'origine, et armant également l'AMX-10 P. Celui-ci a pour particularité de pouvoir être sur-pointé en site, indépendamment du canon principal, pour servir de DCA légère. Une mitrailleuse de 7,62 mm couplée à un projecteur (pouvant recevoir un filtre infrarouge pour la vision de nuit) est fixée sur le tourelleau et commandée depuis l'intérieur par le chef de char. Des lance-pots fumigènes disposés de part et d'autre de l'arrière de la tourelle complètent la défense rapprochée de l'engin blindé.

Comme d'autres blindés, il peut être équipé d'un schnorchel pour franchir les voies d'eau. Il fut modernisé en AMX-30B2 (canon, conduite de tir, télémètre laser, suspension, groupe motopropulseur, caméra thermique). l'AMX30-B2 avec sa conduite de tir automatisée (COTAC) et télémètre laser se différencie physiquement de l'AMX30B par l'absence des optiques de télémétrie de part et d'autre de la tourelle et par la présence d'une protubérance contenant la lunette chef au sommet de la tourelle, au-dessus du tireur.

L'ultime évolution est l'AMX-30 Brennus, qui est un AMX-30B2 recouvert de briques de blindage réactif. À partir de 1998, les différentes déclinaisons de l'AMX-30 commencent à être remotorisées après l'achat de 500 Renault Mack E9 fabriqué aux États-Unis.

Il est aujourd'hui remplacé dans l'Armée de terre française par le char AMX Leclerc depuis le début des années 2000 et est resté en service jusqu'en 2011 en France. Quelques versions dérivés dont l'automoteur AUF-F1, l'Engin Blindé du Génie (42 exemplaire valorisés entre 2006 et 2014[3]), le char de dépannage (58 exemplaire en 2011)[4], le SDPMAC, un châssis équipé de système de déminage pyrotechnique pour mines antichars (12 en 2013[5]) et dix AMX-30 B2 DT (char télécommandé, équipé d'outils de déminage pour permettre la création de brèches)[6] demeurent dans l'arsenal de l'Armée de Terre.

Dérivés[modifier | modifier le code]

AMX-30 EBG
  • AMX-30 A : char prototype
  • AMX-30 B : char de bataille
  • AMX AuF1 : canon automoteur de 155 mm à 407 exemplaires ;
  • AMX-30 EBG (Engin blindé de génie) : version destinée au Génie ;
  • AMX-30 ROLAND : version anti-aérienne tirant des missiles sol-air Roland ;
  • AMX-30 PLUTON : lanceur du Missile Pluton à tête nucléaire ;
  • AMX-30 B2 : remplacement de la télémétrie optique par une télémétrie laser et installation d'une conduite de tir analogique (les AMX30B2 n'ont plus les optiques de part et d'autre de la tourelle, mais une optique montée devant le tourelleau du chef de char). Amélioration de la puissance de feu, de la mobilité et de la protection ;
  • AMX-30 D : char de dépannage ;
  • AMX-30 DT : char de déminage ;
  • AMX-30 BRENNUS : version améliorée avec un blindage réactif ;
  • AMX-30 FORAD : version modifiée visuellement pour jouer le rôle de char ennemi lors des entraînements ;
  • AMX-32 : version pour l'exportation comportant un blindage plus évolué (composite) et une capacité de tir en roulant.
  • AMX-30 SDPMAC : système de déminage pyrotechnique pour mines antichar monté sur châssis d'EBG (mise en service en 2008).
  • AMX-30E : version fabriquée sous licence en Espagne.

Opérateurs[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://i159.photobucket.com/albums/t121/zurich2rd/img011_edited.jpg
  2. Xavier Palson, La guerre de demain, Taillandé, 1984, p. 123, ISBN 978-2-235-01600-1
  3. Guillaume Belan, « Le génie reçoit son dernier EBG valorisé », sur http://forcesoperations.com/,‎ 5 février 2014
  4. « Les chiffres-clés de la Défense – édition 2011 », sur Ministère français de la Défense,‎ 30 septembre 2011 (consulté le 3 octobre 2011)
  5. Frédéric Lert, « Engin Blindé du Génie : la valorisation se termine. », sur Force Opérations Blog,‎ 24 avril 2013 (consulté le 30 avril 2013)
  6. « Assemblée nationale Question écrite 47351 de M. François Cornut-Gentille », sur François Cornut-Gentille,‎ 13 mai 2014 (consulté le 17 mai 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :