AMX-30

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AMX-30
AMX-30B
AMX-30B
Caractéristiques de service
Service 1966-2011
Utilisateurs France, Espagne, Grèce, Chili, Bosnie-Herzégovine, Chypre, Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Venezuela
Conflits Guerre du Golfe
Production
Concepteur Direction des Études et Fabrications d'Armements & Atelier de Construction d'Issy-les-Moulineaux
Année de conception 1963
Constructeur Atelier de Construction de Roanne
Production 3 571 exemplaires avec les dérivés
Caractéristiques générales
Équipage 4 hommes pilote, chef de char, tireur et radio chargeur
Longueur 6,59 m (caisse)
Largeur 3,10 m
Hauteur 2,50 m
Masse au combat AMX-30B : 36 tonnes

AMX-30B2 : 37,7 tonnes
AMX-30B2 Brenus : 39,3 tonnes[1]

Blindage (épaisseur/inclinaison)
Type de 15 à 80 mm d'acier homogène laminé[2]

AMX-30 Brenus : ajout de 112 briques réactives BS G2

Armement
Armement principal un canon CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1 (47 obus)
Armement secondaire Une mitrailleuse AANF1 de 7,62 mm commandée depuis l'intérieur sur la coupole du chef de char (2 070 coups).

Un canon-mitrailleur M693 de 20 mm (480 obus) monté à gauche de l'armement principal.

Mobilité
Moteur AMX-30B : Hispano-Suiza HS-110 (polycarburant)

AMX-30 B2 : Hispano-Suiza HS-110-2
AMX-30 Brenus : MACK E9-750

Puissance AMX-30B : 680 ch (510 kW) à 2400 tr/min

AMX-30B2 : 720 ch (529 kW) à 2600 tr/min
AMX-30 Brenus : 750 ch (559 kW) à 2400 tr/min

Transmission AMX-30B : AMX 5-SD-200D (manuelle)

AMX30B2 : Minerva ENC 200 (semi-automatique)

Suspension à barres de torsion
Vitesse sur route 65 km/h sur route (40 km/h en tout terrain)
Puissance massique De 18 à 19 ch/t
Réservoir 970 ℓ
Autonomie 550 km

L'AMX-30 est la deuxième génération de char de combat principal qui équipa l'armée française pendant plus de 30 ans. Ce char de deuxième génération a été construit à environ 3 500 exemplaires à partir de 1966 (dont la moitié exportée), son châssis a été utilisé pour développer d'autres systèmes blindés tels le char de dépannage AMX-30D ou le véhicule d'emport du missile Pluton.

Présentation[modifier | modifier le code]

Conçu par les Ateliers de construction d'Issy-les-Moulineaux (AMX), l'AMX-30 est un assemblage d'acier coulé et corroyé, la tourelle est coulée d'une seule pièce. L'équipage se compose de 4 hommes. Le pilote est assis à l'avant gauche du châssis, les 3 autres membres de l'équipage (le chef de char et le tireur à droite, le chargeur à gauche) sont installés dans la tourelle.

L'AMX-30B est mis en service à partir de 1967. Le premier régiment à en être équipé est le 503e régiment de chars de combat à Mourmelon, suivi du 501e à Rambouillet. Les régiments blindés des forces françaises en Allemagne sont équipés par les séries suivantes sorties des ateliers de Roanne. Au début des années 1980, 1 210 AMX-30 étaient en ligne en compagnie de 1 010 AMX-13[3]. Les AMX-30B sont retiré en 1997.

Son armement principal est un canon GIAT CN-105 F-1 à âme rayée d'un calibre de 105 mm, opéré par le tireur ou le chef de char (qui a une commande prioritaire), et la télémétrie optique est opérée par le chef de char qui définit la cible, calcule la distance et transmet les informations verbalement au tireur. L'AMX30B est reconnaissable de l'AMX30-B2 par les optiques de télémétries de part et d'autre de la tourelle.

L'AMX-30 dispose en armement secondaire d'un canon automatique coaxial de 20 mm, en remplacement de la mitrailleuse de 12,7 mm d'origine, et armant également l'AMX-10 P. Celui-ci a pour particularité de pouvoir être sur-pointé en site, indépendamment du canon principal, pour servir de DCA légère. Une mitrailleuse de 7,62 mm couplée à un projecteur (pouvant recevoir un filtre infrarouge pour la vision de nuit) est fixée sur le tourelleau et commandée depuis l'intérieur par le chef de char. Des lance-pots fumigènes disposés de part et d'autre de l'arrière de la tourelle complètent la défense rapprochée de l'engin blindé.

Comme d'autres blindés, il peut être équipé d'un schnorchel pour franchir les voies d'eau. Il fut modernisé en AMX-30B2 (canon, conduite de tir, télémètre laser, suspension, groupe motopropulseur, caméra thermique). l'AMX30-B2 avec sa conduite de tir automatisée (COTAC) et télémètre laser se différencie physiquement de l'AMX30B par l'absence des optiques de télémétrie de part et d'autre de la tourelle et par la présence d'une protubérance contenant la lunette chef au sommet de la tourelle, au-dessus du tireur.

L'ultime évolution est l'AMX-30 Brennus, qui est un AMX-30B2 recouvert de briques de blindage réactif. À partir de 1998, les différentes déclinaisons de l'AMX-30 commencent à être remotorisées après l'achat de 500 Renault Mack E9 fabriqué aux États-Unis.

Il est aujourd'hui remplacé dans l'Armée de terre française par le char AMX Leclerc depuis le début des années 2000 et est resté en service jusqu'en 2011 en France. Quelques versions dérivés dont l'automoteur AUF-F1, l'Engin Blindé du Génie (42 exemplaire valorisés entre 2006 et 2014[4]), le char de dépannage (58 exemplaire en 2011)[5], le SDPMAC, un châssis équipé de système de déminage pyrotechnique pour mines antichars (12 en 2013[6]) et dix AMX-30 B2 DT (char télécommandé, équipé d'outils de déminage pour permettre la création de brèches)[7] demeurent dans l'arsenal de l'Armée de Terre.

Historique[modifier | modifier le code]

Programme et études[modifier | modifier le code]

Contexte d'études[modifier | modifier le code]

Bien que l'occupation de la France pendant la Seconde Guerre mondiale a interrompu temporairement la recherche française en terme de recherche et développement de véhicules blindés de combat, la recherche clandestine a permis aux Français de récupérer rapidement le terrain perdu après la libération à la mi-1944. Pendant l'occupation, les Français avaient secrètement travaillé sur un programme de blindage qui fut repris en 1944 par l'atelier étatique : Atelier de Construction de Rueil (ARL), le projet résultant étant la conception et la production de l'ARL 44, qui a été produit à partir de 1946. Ce modèle était équipé d'un moteur Maybach HL 230 575 chevaux (429 kW), et armé d'un canon de 90 millimètre (3,5 po). Bien que ce véhicule de 48 tonnes métriques (53 tonnes courtes) fut comparable aux chars de combat contemporains en terme de puissance de feu et de puissance moteur, il avait certaines faiblesses constitutives principalement en terme de roulement. Un total de 600 unités étaient prévus, mais seuls 60 ont finalement été produit en 1950. Il furent délivré au 503e régiment de chars de combat de l'armée de terre française. Étant donné que l'ARL 44 a été considérée comme un véhicule bouche-trou pour les forces blindées de l'armée française depuis le début de sa création, le travail sur un nouveau char avait commencé dès Mars 1945.

Etude de base[modifier | modifier le code]

Le développement du nouveau char a été proposé à cinq fabricants distincts, l'Atelier de Construction d'Issy-les-Moulineaux (AMX), les Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM), la société Renault, la Société Lorraine de Dietrich (SLD-Lorraine) et la Société d'Outillage Mécanique et d'Usinage d'Artillerie (SOMUA). Le nouveau véhicule a été basée sur les nouvelles exigences d'après-guerre pour un seul char de combat. Le nouveau véhicule a reçu pour nom de baptème AMX 50, sa coque et la suspension étaient semblables à celles du char allemand Panther, qui avait été utilisé par l'armée française immédiatement après-guerre. Les spécifications du gouvernement français pour le nouveau char ont été fortement influencés à la fois par le Panther et le char lourd Tiger I ; spécifiquement l'armée française était à la recherche d'un char avec la protection du Panther et la puissance de feu du Tiger I. Bien que la conception fut emprunté aux chars allemands, y compris le moteur Maybach 1000 chevaux (750 kW), basé sur un modèle antérieur, et les roues avec un système de ressort à barre de torsion, l'AMX 50 a également inclus un certain nombre de caractéristiques uniques. Par exemple, il a inclus une tourelle rotative, monté sur un tourillon, ce qui était une première en son genre. La tourelle oscillante composée de deux parties, dont l'une était montés sur les tourillons de la partie inférieure, l'ensemble attachés à l'anneau de la tourelle. Le canon principal est fixé à la partie supérieure, afin de faciliter l'élévation des armes à feu et la dépression, de plus cela permet la simplification de l'équipement de lutte contre l'incendie et l'installation du système de chargement automatique. Parmi les trois entrepreneurs, Renault se retire du programme, au tout début de 1946, le gouvernement français sélectionne AMX et SOMUA afin de poursuivre le développement. Les prototypes furent désignés, et AMX termina son prototype en 1949, tandis que SOMUA ne terminera le sien que juste avant 1956. Le premier prototype d' AMX était armé d'un canon de 90 millimetre (3,5 po), mais un second prototype fut équipé d'un canon de 100 millimètres (3,9 pouces) en Juillet 1950. Bien qu'il vise à mettre l'AMX 50 en production en tant que le char moyen standard de l'Union européenne, des raisons financières et l'arrivée de l'aide militaire des États-Unis sous la forme de 856 chars M47 Patton ce qui a causé l'abandon du programme original. En 1951, il fut décidé de transformer le programme dans un projet de char lourd avec un canon de 120 millimètres (4,7 in) ; trois prototypes ont été construits, mais ce projet fut aussi abandonnée en 1956, principalement en raison d'une défaillance de conception et de grandes difficultés à produire un moteur suffisamment puissant.

Création de l'AMX-13[modifier | modifier le code]

Avec la disparition du programme AMX 50 en version canon de 100 millimètres (3,9 pouces) en 1951, la France a officiellement abandonné l'idée de produire un char moyen. Il était prévu que l'Allemagne de l'Ouest serait bientôt autorisé à se réarmer, or les Allemands était apparu comme souhaitant équiper leurs forces avec une foule de projet à faible coût, mais avec des chars puissamment armés, leur quantité devant compenser un manque de polyvalence en terme d'armement à l'inverse des derniers chars moyens. La perspective de la précense de milliers de chars Allemands induit les Français à adopter l'idée et envisagent de créer un char léger "Type 67" pour ses divisions blindées, pour lesquels l'AMX-13 a été spécialement conçu. Une conception d'une entreprise privée visant à répondre aux mêmes exigences fut le Char Batignolles-Châtillon. Un prototype dérivé de char intermédiaire, fait en 1955, a prouvé qu'il était possible de produire un char avec une arme de premier ordre et frontalement protégé par 80 millimètres de blindage (3,1 po) en acier ceci permettant une contrainte de poids de 30 tonnes métriques ( 33 tonnes courtes). Ceci ramena un regain d'intérêt pour le concept de char moyen.

Primo projets Europa-Panzer[modifier | modifier le code]

En 1956, l'UEO crée le groupe de travail de la défense FINBEL (nommé d'après les pays adhérent : la France, l'Italie, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg), celui ci avait été fondé en 1953 et était composé de représentants des différents états-majors, afin de rédiger un cahier des charges pour un nouveau char moyen pour éventuellement remplacer leurs chars de conception américaine et britannique. Cette même année, l'Allemagne de l'Ouest a rejoint le groupe de travail, le transformant en FINABEL (l'ajout du "A" debout pour "Allemagne" en français) et le 27 octobre 1956, à Colomb-Béchar un accord bilatéral fut conclu entre la France et l'Allemagne afin de collaborer à la construction d'un char. Bien que les autres nations FINABEL n'ait pas toutes participé officiellement, ce type de char fut appelé Europa-Panzer pour indiquer sa nature européenne commune, et des experts de tous les pays ont été impliqués dans le processus de conception.

La spécification (FINABEL 3A5) pour le nouveau char fut un char de combat léger et mobile, avec un réglage de la limite de poids à 30 tonnes (33 tonnes courtes) ceci afin de permettre un compromis entre la capacité du blindage et la vitesse du char. Les ingénieurs français et allemands, lors d'une conférence à Bonn le 12 Février 1957, ont défini les exigences pour l'avenir de ce char. Cela comprenait une largeur maximale de 3,15 mètres (10,3 pieds), une hauteur de 2,15 mètres (7,1 pieds) et un canon de 105 millimètres (4.1), et il commença à être mis au point par l'institut de recherche militaire franco-allemand à Saint Louis. Le nouveau char devait avoir un moteur à essence refroidi par air, une suspension à barre de torsion avec amortisseurs hydrauliques, un rapport puissance-poids d'au moins 30 chevaux (22 kW) / tonne et une autonomie d'au moins 350 km (220 mi).

En mai, l'Italie rejoint le projet, sans aucune contribution matérielle, parce que, après la guerre, il n'avait pas de bureau de conception de char. Cette même année, le 28 novembre à Paris, les ministères français et allemand de la Défense ont convenu d'un contrat qui permettrait aux deux pays de produire deux prototypes séparément. L'année suivante, cependant, le projet a subi un premier revers lorsque Charles de Gaulle pris le pouvoir en France et avec la création de la Cinquième République. Le traité de Paris avait pour point principal le développement d'une arme nucléaire commune et le 17 juin 1958, de Gaulle décida de refuser à l'Allemagne de l'Ouest et à l'Italie l'accès à la bombe atomique, pour éviter de s'opposer aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. De ce fait l'Allemagne perdit l'intérêt du projet de char commun.

Premiers prototypes communs[modifier | modifier le code]

Les prototypes français ont été développés et produits par l'Atelier de construction d'Issy-les-Moulineaux, sous la direction du général Joseph Molinié de la Direction des Etudes et Fabrications d'Armements (DEFA, la Direction Technique des Armements Terrestres) et et de l'ingénieur en chef AMX Heissler, le premier prototype fut achevé en Septembre 1960 et testé en Février 1961, le deuxième, avec un télémètre améliorée et un système de roulement de meilleur qualité, en Juillet 1961. Ces premiers véhicules avaient une tourelle très arrondie, dans une imitation délibérée du T-54 soviétique, et étaient équipé des moteurs à essence SOFAM. D'autre prototypes, avec une amélioration de la tourelle en fonte lisse, ont été fabriqués entre 1961 et 1963. Les travaux sur les prototypes allemands a été réalisée par deux équipes, dont l'équipe A composée de Porsche, Maschinenbau Kiel et Luther & Jung et l'équipe B composé par Ruhrstahl, Rheinstahl-HANOMAG et Henschel. Des maquettes en bois ont été réalisées en 1959, tandis que les deux premiers prototypes ont été achevés en 1961, (ils furent complété par l'équipe A).

Fin des accords franco-allemands[modifier | modifier le code]

De Gaulle ayant décidé que la France, tout en restant membre de l'Alliance Atlantique, ne participerait plus à l'organisation militaire de l'OTAN. Cela provoqua une rupture entre la France et l'Allemagne de l'Ouest, qui a alors commencé à mettre l'accent sur une normalisation avec l'achat de matériel américain, en particulier dans l'armement, afin de suivre la nouvelle politique de l'OTAN d'utiliser des moteurs diesel multicombustibles. Le ministre allemand de la Défense Franz Josef Strauss a commencé à s'opposer au projet commun de char. En juillet 1963, le comité de défense du Bundestag allemand décida de se procurer un char de production purement nationale. En réponse, le même mois, le gouvernement français a décidé de même.

Des essais comparatifs ont néanmoins été maintenus à Mailly-le-Camp, Meppen, Bourges et Satory entre cinq prototypes français et cinq prototypes allemands entre août et octobre 1963 en présence de délégation néerlandaise, belge et italienne sous la supervision américaine. Le char de type français avait reçu une désignation nationale distincte : AMX 30. Les essais ont indiqué que le modèle de char de type allemand, qui obtient son nom de Leopard le 1er Octobre, avait une meilleure mobilité et une meilleure accélération. Le gouvernement français décida qu'il ne pourrait pas se procurer un nouveau char jusqu'en 1965, tandis que les Allemands ont refusé d'adopter le canon de 105 millimètres franco-allemand (4,1 in), au lieu du calibre Royal Ordnance L7, dont ils avaient déjà ordonné l'achat de 1 500 pièces à l'automne 1962, leur plan ayant échoué pour faire produire en Allemagne par Rheinmetall un type de munitions commune d'une qualité suffisante. Les suggestions pour arriver à un compromis en combinant la tourelle français avec le châssis allemand échoua. En conséquence, le programme fut annulé et les Français et les Allemands ont définitivement adopté leurs deux chars distincts.

Premiers prototypes AMX-30[modifier | modifier le code]

Les prototypes de l'AMX-30 pèse 32,5 tonnes métriques (35,8 tonnes courtes), et étaient compactes, avec une largeur de 3,1 mètres (10 pieds), comparable seulement à la Swiss-Panzer 61, et une hauteur de 2,28 mètres (7,5 pi) , comparable seulement au modèle soviétique T-55. Contrairement à l'AMX 50, l'AMX-30 dispose d'une tourelle conventionnelle, car il a été constaté que c'était plus difficile pour sceller les tourelles oscillantes des poussières radioactives et contre l'eau lorsque le char était submergé. Les tourelles oscillantes ont également une plus grande faiblesse balistiques aux niveau de l'anneau de la jupe et de la tourelle. À l'origine, les deux premiers prototypes ont été propulsé par un moteur à allumage commandé de 720 chevaux (540 kW), qui fut nommé SOFAM 12 GS. Plus tard, un moteur diesel multi-combustible a été adopté, il fut développé par Hispano-Suiza. Les sept prototypes de l'AMX-30 seront reconstruits plus tard avec le nouveau moteur diesel. Deux autres prototypes, censé être des véhicules de préproduction, ont été livrés en Novembre 1965. Outre les moteurs diesel, ils changèrent le blindage, la tourelle et ajoutèrent des mantelets pour différentes armes à feu; ces derniers seront de nouveau modifié dans les véhicules qui seront produits.

Les premières versions produites de l'AMX 30B, nommé ainsi pour les distinguer des prototypes AMX 30A, ont été achevés en Juin 1966, fabriqués avec une version soudée de la coque et une tourelle entièrement coulé. A la production, la coque avait un poids de 36 tonnes (40 tonnes courtes). La capacité de survie de l'AMX-30 était fondée sur sa mobilité. Les ingénieurs français croyait à l'époque que la mobilité du char aurait été compromise s'ils avaient ajouté suffisamment de tôle d'acier pour protéger contre les menaces anti-chars modernes, y compris des ogives antichars hautement explosives. En conséquence l'AMX 30 a eu le plus mince blindage de tout char de combat principal produit à l'époque. La tourelle a une épaisseur de blindage d'un maximum de 50 millimètres (2,0 po), la pente du blindage est à 70 degrés sur la plaque avant et de 23 degrés sur le côté, offrant ainsi une protection contre 20 millimètres (0,79 in) de projectiles perforants. Les cotes du blindage sont : 79 millimètres (3,1 pouces) pour l'avant de la coque ; 59 millimètres (2,3 pouces) pour les côtés avant de la coque ; 30 millimètres (1,2 po) pour les côtés arrière et à l'arrière de la coque ; 15 millimètres (0,59 pouces) pour la partie supérieure de la coque et inférieure ; 80,8 millimètres (3,18 pouces) pour l'avant de la tourelle ; 41,5 millimètres (1,63 po) pour les côtés de la tourelle ; 50 millimètres (2,0 pouces) pour l'arrière de la tourelle et de 20 millimètres (0,79 in) pour le haut de la tourelle. Une protection supplémentaire est offerte par un système de protection radiologique, nucléaire, biologique et chimique, y compris un système de ventilation autonome.

Une des caractéristiques uniques de l'AMX-30 était l'obus Charge Creuse de 105 mm Modèle F1 (Obus G), celui-ci était tiré par un canon en acier monobloc de 105 millimètres (4,1 po). Ces obus souffrait de fortes contraintes lorsqu'il était stabilisé par rotation dans les canons rayés, cela entraîna le développement de l' Obus G. Ce projectile était composé de deux grandes parties, dont la coque extérieure et une coque intérieure en suspension, suspendu par des roulements à billes. Cela a permis la stabilisation du projectile par rotation, et donc plus précis qu'un obus explosif avec un empennage normale, en effet tandis que la coque intérieure ne bougeait pas,cela permettait à l'ogive de travailler avec une efficacité maximale. L'ogive, contenant 780 grammes hexolite, pourrait pénétrer jusqu'à 400 millimètres (16 po) de blindage en acier et était efficace contre les chars à une distance maximal de 3000 mètres (3300 m). Comme il combinait une bonne précision avec une pénétration qui était indépendante de l'angle du blindage, il a été considéré comme un «coup idéal». L'AMX-30 a également été conçu pour tirer la OCC Mle.60, le CSC F1 pour la formation et de l'OFUM PH-105 F1. Le canon principal a été couplé à un frein de bouche sans recul de 380 millimètre, qui avait une extension maximale de 400 millimètres (16 po), et avait un débattement de -8 degrés à 20 degrés. La puissance de feu de la tourelle a été complétée par une mitrailleuse Browning de 12,7 millimètres coaxial (0,50 in). Le chef de char peut également faire usage d'une mitrailleuse de 7,62 millimètre (0,300 in) anti-aérienne sur le toit de la tourelle. Le véhicule transportait 50 coups de 105 millimètres (4,1 in), 748 munitions de 12,7 millimètres et 2050 munitions de 7,62 millimètres. Le chef de char avait son poste de pilotage dans la coupole qui offrait dix épiscopes permettant une vision directe à 360°, et un télescope binoculaire avec un grossissement de 10x. Le chef de char a également un viseur optique large spectre. Le tireur a pour sa part un viseur pour le canon et deux périscopes d'observation.

La version de production de l'AMX-30 a été équipé d'un moteur diesel HS-110 de Hispano-Suiza, situé à l'arrière du char. Les 28,8 litres (1760 cu) dans le réservoir pouvaient être remplis sur le terrain en 45 minutes, et produit 720 chevaux (540 kW), offrant une vitesse maximale de 65 kilomètres par heure (40 mph) sur les routes. Le quantité totale de carburant de 970 litres (260 gallons), a donné l'AMX-30 une autonomie sur route de 600 km (370 mi). La boîte de vitesses est un AMX 5-SD-200D, avec cinq vitesses avant et cinq vitesses arrière. Cette transmission a été fortement influencée par celle du char allemand Panther et reposait sur un projet qui avait commencé en 1938. La transmission a été l'un des principaux défauts de l'AMX-30 et a causé une grande variété de problèmes mécaniques, y compris le fait que le pilote a besoin de changer les vitesses manuellement à certains moments précis, même si le char se déplaçait sur un terrain accidenté. Le poids du char est répartie sur cinq double roues de chaque côté, propulsés sur une chenille de 570 millimètres (22 po ). Le char pouvait traverser des obstacles d'1,3 mètres d'eau sans préparation, jusqu'à 2 mètres (2,2 m) avec une préparation mineur, et jusqu'à 4 mètres (4,4 m) avec une préparation complète. La préparation complète pour les opérations amphibie était composé de l'ajout d'un tuba, de l'installation de plaques d'obturation, posé sur l'avant de la coque, et sur les grilles d'entrée d'air du compartiment moteur, et l'installation d'équipements de conduite infra-rouge , y compris un projecteur. En 1969, un seul véhicule de formation de plongée spéciale a été adapté, surnommé l'AMX 30 Gloutte (du l'expression faire glouglou), sans moteur et chenilles, qui, sur une rampe pouvait rapidement être abaissée dans un réservoir par un treuil; il était équipé d'un tube d'évacuation.

Production[modifier | modifier le code]

Pendant la campagne de production de nombreuses améliorations ont été apportées. La stabilisation des armes à feu est inclus sur les modèles à partir de 1971, et à partir de 1972, on remplace la mitrailleuse lourde coaxial par un double autocanon de 20 mm (0,79 in) afin d'augmenter la puissance de feu contre les blindés légers et les hélicoptères, avec la possibilité d'avoir un débattement de -8 degrés à 40 degrés. Tous les véhicules de l'armée française ont finalement été amenés à cette nouvelle norme; la désignation est resté AMX 30B.

Dès 1973, sept ans seulement après le début de la production, les Français commence un programme de recherche pour une modification du char. Le projet devait aboutir à un AMX 30 Valorisé ("AMX-30") . En Juin 1979, l'armée française décide à la fois la modernisation des AMX-30 existant en rajoutant un système de contrôle de tir améliorée et une nouvelle transmission, ils prirent pour nom AMX-30B2. Les premiers nouveaux véhicules ont été mis en service en Janvier 1982. Les améliorations apportées au système de contrôle de tir M-508 COTAC APX inclus l'installation d'un télémètre laser et d'une télévision de faible luminosité (LLTV). La létalité du canon principal a été améliorée avec l'introduction d'un nouveau obus perforant stabilisé à sabot détachable (Pénétrateur à énergie cinétique). Le moteur d'origine a été changée contre une variante améliorée, connu sous le nom HS-110.2, produisant 680 chevaux (510 kW). La mauvaise transmission a été remplacée par une transmission semi-automatique SESM ENC200, avec un convertisseur de couple. La suspension a été améliorée par l'adoption de nouvelles barres de torsion et par un système de résistance aux chocs qui ont augmenté la gamme de déviation verticale des roues, ce qui améliore la mobilité hors route du char. Depuis 1998, l'armée française à remplacer les moteurs du restant des AMX-30 et de ses variantes avec 500 moteurs Renault Mack E9 de 750 ch.

Dans les années 1990, un système de blindage réactif, nommé Brenus ou Brennus, a également été développé pour l'AMX-30B2, mais n'a été délivré qu'à deux régiments de chars, les 1er et 2e régiments de Chasseurs, au sein de la force d'action rapide; les deux autres régiments équipés en AMX-30, les 2e et 5e régiment de Dragons, n'avaient pour leurs part qu'une mise à niveau légère des chars afin de permettre une éventuelle mise à niveau rapide, en cas d'urgence. Le système utilisé Brenus 112 GIAT BS G2 (Brique de Surblindage) est une boîte réactive à base d'explosifs avec un poids total de 1,7 tonnes (1,9 tonnes courtes), offrant une protection équivalente à 400 millimètres (16 po) d'acier à 60 °. Récemment, l'AMX-30 a également été utilisé comme un banc d'essai pour plusieurs technologies furtives, y compris le refroidissement par air des surfaces de la coque et l'utilisation de camouflage visuel. Ce prototype est connu sous le nom de Démonstrateur Furtif à Chenille. Sa coque et la tourelle sont entièrement couverts par une superstructure construite de plaques inclinées en matériau absorbant radar.

Comparaison avec les chars contemporains[modifier | modifier le code]

M60 Patton[8] Leopard 1[9] AMX-30[10] T-55[11] T-62[12] Chieftain
Poids 46000 kg (101200 lb) 42200 kg (92840 lb) 36000 kg (79200 lb) 36000 kg (79200 lb) 40000 kg (88000 lb) 56000 kg (123200 lb)
Canon 105 mm L7A3 rayé 105 mm L7A3 rayé 105 mm L/56 F1 rayé 100 mm D-10T2S rayé 115 mm U-5T lisse 120 mm L11 rayé
Calibre des munitions (mitrailleuse) 16,002 mm 13,97 mm 12,7 mm 10,922 mm 10,16 mm 15,748 mm
Autonomie (plein fait) 480 km 600 km 600 km 500 km 450 km 500 km
Puissance moteur 560 kW 620 kW 540 kW 430 kW 430 kW 560 kW
Vitesse maximum (sur route) 48 km/h 62 km/h 65 km/h 50 km/h 50 km/h 48 km/h
Blindage (frontal) 254 mm[13] 60 mm bombée[14] 80,8 mm[15] 203 mm[16] 242 mm[17] 195 mm à 62°.
Blindage (glacis) 266,7 mm LOS[18] 70 mm à 60°[14] 79 mm LOS[15] 97 mm à 58°[16] 102 mm à 60°[17] 172 mm à 72°

Dérivés[modifier | modifier le code]

AMX-30 EBG

L'AMX-30 a un certain nombre de modèles dérivés, y compris un certain nombre d'autres véhicules blindés basés sur le même châssis. Une version simplifiée du char, sans le projecteur et le périscopes infra-rouges et une coupole chef moins complexe a été développé pour l'exportation, connu sous le nom "AMX-30 Basic". Cette version est également dépourvu de système de filtration d'air sous pression, et les mitrailleuses ont été déplacé la mitrailleuse 7,62 millimètres a été mise en position coaxiale et la mitrailleuse de 12,7 millimètres Browning a été mise sur le toit de la tourelle. Une autre version a été prévu pour l'armée française, celui ci comportait un canon de 142 millimètres (5,6 in) capable de tirer l'ACRA supersonique (Anti-Char Rapide autopropulsé), un missile anti-char guidée, ainsi que des projectiles explosifs. Un prototype a été terminé en 1967 avec une nouvelle tourelle moulée, assez large pour contenir un armement beaucoup plus imposant. Cependant, les coûts élevés des missiles ont forcé l'armée française à l'abandon du programme en 1972. Les véhicules basés sur le châssis comprennent un véhicule blindé de dépannage, un char de déminage, un véhicule antiaérien automoteur, un lanceur de missiles nucléaires tactiques et une pièce d'artillerie automotrice.

Liste des noms des modèles[modifier | modifier le code]

  • AMX-30 A : char prototype
  • AMX-30 B : char de bataille
  • AMX AuF1 : canon automoteur de 155 mm à 407 exemplaires ;
  • AMX-30 EBG (Engin blindé de génie) : version destinée au Génie ;
  • AMX-30 ROLAND : version anti-aérienne tirant des missiles sol-air Roland ;
  • AMX-30 PLUTON : lanceur du Missile Pluton à tête nucléaire ;
  • AMX-30 B2 : remplacement de la télémétrie optique par une télémétrie laser et installation d'une conduite de tir analogique (les AMX30B2 n'ont plus les optiques de part et d'autre de la tourelle, mais une optique montée devant le tourelleau du chef de char). Amélioration de la puissance de feu, de la mobilité et de la protection ;
  • AMX-30 D : char de dépannage ;
  • AMX-30 DT : char de déminage ;
  • AMX-30 BRENNUS : version améliorée avec un blindage réactif ;
  • AMX-30 FORAD : version modifiée visuellement pour jouer le rôle de char ennemi lors des entraînements ;
  • AMX-32 : version pour l'exportation comportant un blindage plus évolué (composite) et une capacité de tir en roulant.
  • AMX-30 SDPMAC : système de déminage pyrotechnique pour mines antichar monté sur châssis d'EBG (mise en service en 2008).
  • AMX-30E : version fabriquée sous licence en Espagne.

Opérateurs[modifier | modifier le code]

  • Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine : 50 unités donné par les Émirats arabes unis[19].
  • Drapeau de Chypre Chypre : 52 unités.
  • Drapeau du Nigeria Nigeria : 16 unités.
  • Drapeau du Qatar Qatar : 30 unités, à terme sera remplacé par des Léopard 2[20].
  • Drapeau de la Tunisie Tunisie : Un certain nombre d'unités venant d'Arabie saoudite.
  • Drapeau du Venezuela Venezuela : 80 AMX-30V2 issue de la revalorisation de 82 AMX-30B acheté et 4 AMX-30D.

Anciens opérateurs[modifier | modifier le code]

  • Drapeau de la France France retiré du service seuls les modèles D (dépanneur), du génie et l'obusier AMX AuF1 sont toujours utilisés ainsi que les modèles FORAD de plus un certain nombre d'AMX 30 Brennus sont stockés dans les dépôts du Matériel.
  • Drapeau de l'Irak Irak : 100 unités achetés en 1978, réceptionné entre 1980 et 1981. Probablement non opérationnel et hors d'usage dans l'armée iraquienne.
  • Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite retiré du service.
  • Drapeau de l'Espagne Espagne retiré du service.
  • Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis retiré du service[Note 1],[21].
  • Drapeau du Chili Chili retiré du service.
  • Drapeau de la Grèce Grèce retiré du service.

France[modifier | modifier le code]

Au 1er janvier 1989, 1 217 chars AMX-30 sont en service dans l'armée de terre française soit 802 AMX 30B2 et 415 AMX 30 de première génération; 1 108 sont dans des formations d'active et 109 dans unités « école ». Ils sont répartit dans les 19 régiments de chars de combat des trois corps d'armée de la 1re armée française[22].

Galerie[modifier | modifier le code]

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://i159.photobucket.com/albums/t121/zurich2rd/img011_edited.jpg
  2. http://i298.photobucket.com/albums/mm249/bojank92/amx-30.jpg
  3. Xavier Palson, La guerre de demain, Taillandé, 1984, p. 123, ISBN 978-2-235-01600-1
  4. Guillaume Belan, « Le génie reçoit son dernier EBG valorisé », sur http://forcesoperations.com/,‎ 5 février 2014
  5. « Les chiffres-clés de la Défense – édition 2011 », sur Ministère français de la Défense,‎ 30 septembre 2011 (consulté le 3 octobre 2011)
  6. Frédéric Lert, « Engin Blindé du Génie : la valorisation se termine. », sur Force Opérations Blog,‎ 24 avril 2013 (consulté le 30 avril 2013)
  7. « Assemblée nationale Question écrite 47351 de M. François Cornut-Gentille », sur François Cornut-Gentille,‎ 13 mai 2014 (consulté le 17 mai 2014)
  8. Lathrop & McDonald, p. 28
  9. Jerchel, p. 28
  10. Ogorkiewicz, p. 20
  11. Zaloga (2004), p. 29
  12. Zaloga (1979), p. 20
  13. Gelbart, p. 21
  14. a et b Foss (1986), p. 40
  15. a et b Foss (1986), p. 28
  16. a et b Foss (1986), p. 94
  17. a et b Foss (1986), p. 87
  18. Foss (1986), p. 138
  19. (en) « Forces militaires de la Bosnie. », sur armyrecognition.com
  20. Qatar Orders 24 PzH 2000 Self-Propelled Howitzers and 62 Leopard 2 A7+ Main Battle Tanks – Deagel.com, April 18, 2013
  21. (en) « Armée du Nigéria », sur globalsecurity.org
  22. David Delporte, « Ordre de bataille de l’armée de terre au 1er janvier 1989 », sur Armée française en 1989,‎ 28 février 2015 (consulté le 5 mars 2015).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. 45 unités en stockage

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Eric H. Biass et Doug Richardson, « Time for Shifting Gears? », Armada International, Armada International,‎ 1 juin 2003 (lire en ligne [PDF])
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  • (en) Pierangelo Caiti, Modern Armour — The world's battle tanks today, London, Arms and Armour Press,‎ 1978 (ISBN 0-85368-412-X)
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Liens externes[modifier | modifier le code]

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