Blindage réactif

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Schéma du fonctionnement d'un blindage réactif explosif

Le blindage réactif est un type de blindage utilisé sur les véhicules ou les chars qui réagit à l'impact d'une arme pour en réduire les dommages sur le véhicule protégé. Ce type de blindage est le plus efficace contre les charges creuses. Le plus commun est le blindage réactif explosif (souvent siglé ERA pour l'anglais Explosive Reactive Armour) mais des variantes existent avec le blindage réactif explosif auto-limitant (SLERA pour self-limiting explosive reactive armour), le blindage réactif non énergétique (NERA pour non-energetic reactive armour) et le blindage réactif non explosif (NxRA pour non-explosive reactive armour).

La plupart des munitions antichar fonctionnent en perçant le blindage du véhicule et tuant l'équipage à l'intérieur et/ou détruisant les systèmes mécaniques du véhicule. Il fallut donc rechercher des protections contre ces armes.

Historique[modifier | modifier le code]

Le concept d'une contre-explosion fut proposé par le chercheur et académicien soviétique B. Voitsekhovsky de l'Institut de recherche sur l'acier (NII Stali) en 1949. Les premières productions pour tests intervinrent dans les années 1960 mais les tests faute de calculs assez poussés ne furent pas concluants et provoquèrent même des accidents. Les Soviétiques, pensant leurs tanks suffisamment blindés, ne poussèrent pas plus en avant leur recherche jusqu'à ce que le projet ne soit réétudié en 1974. Parallèlement, des travaux similaires étaient menés en Occident et un chercheur ouest-allemand Manfred Held réussit pour la première fois à mettre au point un blindage réactif en 1967-1968. Ces blindages furent conçus et installés pour la première fois, sur base de l'expérience allemande, sur des chars israéliens lors de la guerre du Liban en 1982 et prouvèrent leur efficacité.

Blindage réactif explosif[modifier | modifier le code]

Le blindage réactif explosif consiste à disposer sur le blindage une couche sandwich blindage léger – explosif – blindage léger principalement sous forme de boites. La partie réactive des boites se trouvant à distance du blindage d'origine.. Quand le jet de la charge offensive vient au contact de la boite, il fait exploser la petite couche d'explosif de celle-ci ce qui va alors projeter simultanément la première couche de blindage de la boite vers l’extérieur et faire exploser la charge assaillante assez loin du blindage principal du char en cas d'arme simple. Lors d'une attaque par une munition pénétrante, la projection de la plaque de métal va endommager la partie pénétrante de l'arme. En cas d'attaque par charge creuse, la projection de la plaque perturbe la pénétration métallique en séparant le jet en plusieurs parties, rendant l'arme moins efficace. Quant au tube pénétrant, la plaque projetée le dévie et le casse.

La deuxième couche de blindage du caisson et le blindage principal du véhicule peuvent alors encaisser sans trop de dégâts l'explosion de la tranche sandwich.

La perturbation de la munition assaillante vient essentiellement du fait que la plaque projetée emporte une partie du jet (de métal issu de la charge creuse) lui ôtant une grande partie de son efficacité par perte de masse et le transformant en plusieurs jets de moindre efficacité.

L'avantage d'un blindage réactif léger est le faible accroissement de la masse du tank ou du véhicule à sur-blinder et la possibilité de protéger tout type de véhicule. On les retrouve désormais en équipement additionnel ou appliqué sur beaucoup de blindés, même de conception ancienne et antérieurs à l'apparition de cette technologie. Les parties protégées sont celles les plus susceptibles d'être frappées comme l'avant du tank (glacis) et le devant et les côtés de la tourelle. Leur usage nécessite que le blindage du véhicule soit suffisant pour protéger le véhicule et son équipage de l'explosion du blindage explosif. Ainsi ce type de blindage supplémentaire n'est pas monté sur les parties les moins blindées comme l'arrière des chars.

Un autre problème rencontré avec ce type de protection est le danger pour quiconque se trouve à proximité du char lors de l'explosion. La combinaison de l'explosion de la plaque avec la vitesse ou l'explosion de la munition assaillante fragmente fréquemment la plaque, créant un nombre significatif d'éclats pouvant générer des blessures graves ou mortelles pour les personnes proches. Cela rend dangereux l'utilisation rapprochée de blindés protégés par blindage explosif et d'infanterie.

Blindage réactif non explosif et non énergétique[modifier | modifier le code]

Ces blindages NERA et NxRA agissent de la même manière que le blindage réactif explosif, mais sans couche explosive. Deux plaques de métal enserrent une couche inerte, comme par exemple du caoutchouc. Quand ce blindage est frappé par un projectile, une partie de l'énergie de l'impact est dissipée dans la couche inerte et la forte pression exercée provoque une courbure locale des plaques dans la zone d'impact. Le point d'impact du projectile se décale alors par rapport à la plaque augmentant l'épaisseur relative du blindage. C'est le même effet que le second effet du blindage explosif mais en n'utilisant que l'énergie de la charge creuse plutôt que celle de l'explosif du blindage. Cependant, ce blindage offre une protection moindre que celle du blindage explosif à taille similaire. Par contre, les NERA et NxRA sont plus légers et ne présentent aucun danger lors de leur manipulation et de leur utilisation avec de l'infanterie à proximité. Ils peuvent théoriquement être placés sur n'importe quelle partie du véhicule et peuvent être disposés en plusieurs couches si nécessaire. Un des avantages clés de ce type de protection, c'est sa capacité à résister aux charges creuses à double tête, qui utilisent une petite tête pour faire exploser le blindage explosif avant que la tête principale n'attaque.

Blindage réactif électrique[modifier | modifier le code]

Une nouvelle technologie appelée armure réactive électrique (aussi connue sous le nom d'armure réactive électro-magnétique) est en développement. Cette armure est faite d'au moins deux plaques conductrices séparées par un espace ou un matériau isolant, créant un condensateur de haute capacité. En opération, une source générant une haute tension charge le blindage. Quand un projectile pénètre dans les plaques, il « ferme » le circuit, déchargeant le condensateur qui relâche sa charge électrique dans le projectile, le vaporisant ou le faisant passer dans un état de plasma, réduisant considérablement sa capacité de nuisance. Cette technique reste encore largement secrète sur la résistance qu'elle oppose aux charges creuses et aux projectiles cinétiques et n'a jamais encore été employée sur un théâtre de guerre.

Source[modifier | modifier le code]